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V = B, B = V

Latin v devient b dans une grande partie de l’occitan de l’ouest.

Scaliger, je crois le fils Joseph Juste, a √©crit √† propos des habitants du P√©rigord et des r√©gions voisines : quibus vivere est bibere ‘pour qui vivre est boire‘, mais cela reste √† v√©rifier.

Boire est bien dans le Thesoc, mais vivre n’y est pas. A la place vous pouvez v√©rifier avec les formes pour vin.

 

Vabor, babou

Vabor, babou « chaleur humide et √©touffante, temps orageux ». La forme vabor donn√©e par Alibert ne se retrouve dans aucun autre dictionnaire occitan. Toutes les autres sources donnent une forme avec b- initial: Cahors bobour « chaleur excessive », C√©vennes babou « vapeur » (M).

L’abb√© de Sauvages explique qu’une boubourado est une vapeur chaude et √©touffante qui sort d’un endroit renferm√© .. qui est occasionn√©e par un temps couvert et orageux. La boubourado ou touffo est mortelle pour les vers-√†-soie. Fran√ßais touffe1. Ci-dessous une description de l‘ao√Ľra-roussa et de la touffo tir√©e du livre du m√©decin¬† Rouger F.A. Topographie statistique du canton du Vigan. Montpellier 1819 :

Etymologie: latin vapor, vaporem bien s√Ľr comme fran√ßais vapeur (qui est un emprunt au latin), mais avec cette diff√©rence qu’une partie de l’occitan et le catalan (bub√≥) sont les seules langues romanes o√Ļ le mot n’a pas subi de transformations sous l’influence d’autres mots.
Dans une partie de l’occitan le b- initial a √©t√© remplac√© par un g-, gabou ou gabour « air √©touffant » (Toulouse; Montauban) et √† Castres une forme avec insertion d’un -m- : gamboul.

Toutes les formes  avec un -p- comme languedocien vapour, sont des emprunts au latin plus ou moins anciens.Cf. fr. vapeur.

____________________________________

 

Notes
  1. Du prov. toufo, m√™mes sens (v. Mistral), a. prov. estofar ¬ę √©touffer, suffoquer ¬Ľ (xves. ds Levy Prov.), empr. √† l’a. fr. estoffer (v. √©touffer). TLF s.v. touffe¬≤

Vache sétoise!

Vache « Dans le quartier de Cette (=S√®te) nom d’un filet tra√ģnant pour la p√™che. Statistique des p√™ches maritimes. 1874, p.115 » (Littr√©) vient du latin vacca. Un autre attestation de 1868 dans BHL Blanchere. (1821, La Fl√®che ‚Äď 1880, Le Havre). J’ai quelques doutes sur l’existence¬† de ce mot.

une vache sétoise (???)

Pour l’explication de ce sens voir l’article bouletchou.

Vaciwo, basiwo

Vaciwo, basiwo « ovin de deux ans » (Thesoc, dans le Sd-Ouest) vient du latin vaciva « vide inoccup√©e, libre (au propre et au fig.) ». En parlant des animaux cela veut dire « une femelle qui n’est pas pleine ».¬†Voir aussi l’article anoublo.

Le mot a √©t√© emprunt√© par le fran√ßais. (TLFvacive « ovin d’un an »).¬†

Vallat, valat

Vallat, valat s.m.¬† « ravin, foss√©; tranch√©e pour d√©fricher un champ (S); vall√©e ».¬† Ce dernier sens est d√Ľ √† l’influence du fran√ßais. Gr√Ęce au moteur de recherches interne je peux savoir ce que les visiteurs ont cherch√© dans mon site : 9 fois le mot vallat cette semaine. Alors je m’y mets.

La latin avait deux mots¬† vallis¬† s.f. « vall√©e » et vallum s.n. « palissade, parapet, rempart ». Ce dernier existe toujours en italien et espagnol vallo ‘rempart’.¬† En Gaule ces deux mots sont assez t√īt devenus identiques dans la langue parl√©e. Vallis et vallum ont¬† abouti √† val en galloroman, et cette forme s’est maintenue surtout dans les noms de lieu.¬† Il faudra pour chaque toponyme v√©rifier s’il s’agit d’un rempart ou d’une vall√©e.

Dans le sens « vall√©e » il est remplac√© par vall- + ata > vall√©e en fran√ßais , valada en occitan. Cf. anglais wall « rempart », cf. Wall street,¬† (< vallum),¬† et¬† vale¬† « vall√©e »¬† de l’ancien fran√ßais val¬† « vall√©e » et valley, n√©erlandais wal « rempart », et¬† vallei « vall√©e »; le quartier rouge d’Amsterdam s’appelle « de Walletjes » litt√©ralement « les petits remparts », allemand der Wall « rempart ».

   Walletjes Amsterdam

Des remparts  à New York et à Amsterdam

Vallat est un autre d√©riv√©, avec le suffixe -attu¬† de vallum qui signifie « foss√© » depuis les plus anciens textes en occitan¬† comme dans les parlers modernes : ‘foss√©, ruisseau, rigole, ravine’ . La forme gasconne barat ‘foss√©’ a m√™me servi de mod√®le au fran√ßais baradine « foss√© √©tabli sur une colline pour donner de l’√©coulement aux eaux », mais ce mot a disparu du fran√ßais actuel d’apr√®s le TLF.

Pour l’abb√© de Sauvages un valat est un ‘ruisseau’ ou un ‘ravin’ lorsque c’est une ravine qui l’a creus√©. Un val√†-rati√© est « une pierr√©e , une longue tranch√©e qu’on remplit de blocaille de cailloutage & qu’on recouvre de terre … pour les conduire √† une fontaine: dans ce dernier cas les pierr√©es doivent √™tre sur un lit de glaise ou de tuf ou de rocher ». Vous voyez que l’abb√© essaie d’instruire ses lecteurs, comme j’ai expliqu√© dans le paragraphe que je lui ai consacr√©!

Raymond Jourdan, le p√®re d’un fid√®le visiteur, a fait une description d√©taill√©e la culture de la vigne en Languedoc dans la p√©riode entre les deux guerres.¬† Il utilise le vocabulaire occitan, tel qu’on le parlait √† l’√©poque √† Montagnac (H√©rault).¬† Son fils a eu la gentillesse de me faire parvenir ce texte illustr√© de dessins √† main lev√©e.¬† J’en ai appris √©norm√©ment de choses sur la viticulture.¬† La description commence avec le d√©foncement lo rompre¬† et se termine¬† avec l’entonnaire qui s’occupait de la retiraison¬† pour le n√©gociant. Son lexique¬† avec une orthographe « normalis√© » est consultable ici MontagnacViitiiculture. Ci-dessous je copie la graphie de l’auteur Raymond Jourdan de Montagnac.

Dans le deuxi√®me chapitre¬† « La pr√©paration √† la plantation » il √©crit:

Lors du d√©foncement les hommes suivent la charrue et retirent racines et cailloux qu’ils entassent. Apr√®s les racines sont br√Ľl√©es et les cailloux utilis√©s pour faire des drainages : ballat ratier (foss√© √† rats) dont l’ouverture donne sur un foss√© ou un ruisseau et qui comporte parfois plusieurs branches pour mieux drainer la parcelle.

En bout de branche est install√© un biradou,¬† endroit o√Ļ le ballat-ratier d√©bute et o√Ļ l’animal qui s’y refuge, lapin, counil, rat, serpent (ser), martre, putois (peudis), belette, (moustelle)¬† peut se retourner pour ressortir et dans le cas du lapin √©chapper au furet (foude )¬† et venir en sortant s’emm√™ler dans la bourse (pant√©no) que le chasseur a plac√©e.

En plus il y a un dessin:

Valat est aussi devenu nom propre. Un visiteur m’√©crit : « ma grand m√®re maternelle de mon p√®re √©tait n√©e Valat, mari√©e √† un M. Nicolas, on l’appelait Marie de Valado (f√©minin de Valat).

Il y a aussi le nom propre Val.

Valleraugue Boloraubo

ShareBoloraubo  le nom de Valleraugue en prononciation locale.

Dictons sur le mois d’avril.

O lo fi d’obriel, lo blaquo mouonto ol ciel¬†¬†¬†¬† A la fin d’avril la v√©g√©tation monte au ciel (en haut de la montagne)

O lo fi d’obriel touto bestio tchandjo d√© pel¬†¬†¬† A la fin d’avril toutes les b√™tes changent de poil;

O lo fi d’obriel , lous bolatch o fiel¬†¬† A la fin d’avril les ruisseaux coulent √† flots. (Source Atger, Charles)

N√© Paysbassol, je suis devenu *Boloraubois en 1979. Quand j’ai commenc√© ce site, il y a plus de 10 ans, j’ai d’abord √©crit¬† des articles¬† comme¬†traversier¬† que j’avais entendu l√†-haut.¬† Ensuite j’ai trouv√© le Compoix de Valleraugue qui m’en a inspir√© pas mal.¬† Ma fille qui y habite toujours¬† m’a aussi fourni des mots du terroir. Son beau-p√®re m’a aid√© en lisant √† haute voix le proverbes et dictons en patois, que j’ai enregistr√©s. Mon petit-fils m’a fourni la photo de la pansieire. Il y a aussi le mas du Valdeyron o√Ļ j’ai habit√© depuis 1979.¬† Tous ces liens¬† m’y attachent. En bas de cette page j’ai r√©uni quelques documents sur le patois de Valleraugue que vous pouvez consulter.AtgerD1

Voici la liste (et c’est pas fini) :

Acaba√Įre http://www.etymologie-occitane.fr/2011/06/acabaire-ocobaire/
Acabar http://www.etymologie-occitane.fr/2011/06/acabar/
Acantonar http://www.etymologie-occitane.fr/2011/06/acantonar/
Afenassar http://www.etymologie-occitane.fr/2011/06/afenassar/
Aigavers http://www.etymologie-occitane.fr/2011/07/aigavers/
Aire, airiel http://www.etymologie-occitane.fr/2011/07/aireairiel/
Aissou, aissada http://www.etymologie-occitane.fr/2011/07/aissou-aissada/; aissada http://www.etymologie-occitane.fr/2011/07/aissada/
Amarinier http://www.etymologie-occitane.fr/2011/07/amarinier-amarino/
Androune http://www.etymologie-occitane.fr/2011/07/androune-andronne/
Anglada http://www.etymologie-occitane.fr/2011/07/anglada/
Apilar http://www.etymologie-occitane.fr/2011/07/apilar/
Arrapoman http://www.etymologie-occitane.fr/2011/10/arrapar-arapar/

Arseilhera http://www.etymologie-occitane.fr/2011/09/arseilhera-2/

Asagadouiro http://www.etymologie-occitane.fr/2014/06/asagadouiro-pelle-a-arroser/
Ase http://www.etymologie-occitane.fr/2011/07/ase-ay/
Bartas http://www.etymologie-occitane.fr/2011/07/bartas/
Borio http://www.etymologie-occitane.fr/2011/07/borio/
Calendas http://www.etymologie-occitane.fr/2011/07/calendas/
Cana http://www.etymologie-occitane.fr/2011/07/cana-canne/

Canton, cantou http://www.etymologie-occitane.fr/2011/06/canton-cantou/

Cloca, cloussi http://www.etymologie-occitane.fr/2011/08/cloca-cloucho/
Clueg http://www.etymologie-occitane.fr/2011/08/clueg/
Compoix, coumpés http://www.etymologie-occitane.fr/2013/01/compoix-coumpes/
Croto http://www.etymologie-occitane.fr/2011/08/croto/
Degra http://www.etymologie-occitane.fr/2011/08/degra/
Destre http://www.etymologie-occitane.fr/2011/07/destre/
Dralha http://www.etymologie-occitane.fr/2011/08/dralha/
Enregistrements de proverbes par un patoisant de Taleyrac
Espérou, esperar http://www.etymologie-occitane.fr/2011/08/esperar/
Esquichar, kitŇ°√° ¬ę¬†exprimer le suc¬†¬Ľ http://www.etymologie-occitane.fr/2011/08/esquichar-esquicher-quicha-anglais-to-squeeze/
Euze, elze http://www.etymologie-occitane.fr/2015/01/euze/
Fa√Į http://www.etymologie-occitane.fr/2011/08/fai-faisses/
Fataire http://www.etymologie-occitane.fr/2011/08/fataire/
Fau http://www.etymologie-occitane.fr/2011/09/fau-fag/
Foganha http://www.etymologie-occitane.fr/2011/11/foganha/
Foguier, cap foguier http://www.etymologie-occitane.fr/2011/11/foguier-cap-foguier/
Issartiel http://www.etymologie-occitane.fr/2011/06/issart/
Jas http://www.etymologie-occitane.fr/2011/06/jas/
Laier http://www.etymologie-occitane.fr/2015/04/laier-laguiar/
Lampourda-bardane http://www.etymologie-occitane.fr/2013/03/lampourda-bardane/
Marron http://www.etymologie-occitane.fr/2011/07/marron/
Mascarà http://www.etymologie-occitane.fr/2011/09/mascara/

Matusolen http://www.etymologie-occitane.fr/2011/09/mateusalem/

Mauro http://www.etymologie-occitane.fr/2011/09/mauro/
Mazet, mas http://www.etymologie-occitane.fr/2011/09/mazet-maset-mas/
Migon http://www.etymologie-occitane.fr/2011/09/migon/
Nadal http://www.etymologie-occitane.fr/2011/11/nouve-nau-nadau-nadal/
Onça http://www.etymologie-occitane.fr/2011/10/onca-douzieme-partie/
Osca, osque http://www.etymologie-occitane.fr/2011/10/osca-osque/
Pan http://www.etymologie-occitane.fr/2011/10/pan/
Paoumoulo, poumelo http://www.etymologie-occitane.fr/2015/03/paoumoulo-poumelo/
Parran, parragine http://www.etymologie-occitane.fr/2011/10/parran-parragine/
Passièra http://www.etymologie-occitane.fr/2011/10/passiera-pansieire/
Pelous bogie http://www.etymologie-occitane.fr/2013/09/pelous-bogue-chataigne/

Petas http://www.etymologie-occitane.fr/2011/07/petas-ou-pedas-une-histoire-de-grecs-et-de-romains/

Pétoule http://www.etymologie-occitane.fr/2011/10/petoule/
Peyremale http://www.etymologie-occitane.fr/2011/10/peyremale-peire/
Plan http://www.etymologie-occitane.fr/2011/10/plan/
Plantolier http://www.etymologie-occitane.fr/2011/10/plantolier-plantoliera/
Podar http://www.etymologie-occitane.fr/2011/10/podar/

Poleja http://www.etymologie-occitane.fr/2011/10/poleja/

Pradet de Ganges http://www.etymologie-occitane.fr/2014/10/pradet-ganges-reboussier/
Rapar http://www.etymologie-occitane.fr/2011/05/rapar/
Rascar http://www.etymologie-occitane.fr/2011/10/rascar/
Reboussier http://www.etymologie-occitane.fr/2011/10/reboussier/
Rove http://www.etymologie-occitane.fr/2011/10/rove-rouve/
Toponyme -acum http://www.etymologie-occitane.fr/2015/08/acum-anum-ascum-uscum/
Tosela http://www.etymologie-occitane.fr/2011/10/tosela/
Traversier http://www.etymologie-occitane.fr/2011/10/traversier/
Visette http://www.etymologie-occitane.fr/2011/08/visetta/

Documents sur le patois de Valleraugue.

Le plus ancien est le Compoix de Valleraugue de 1625. Des extraits avec des explications et des photos se trouvent dans le Lexique publi√© par l’AGAC-Valleraugue.

L’√©tude la¬† plus ancienne¬† est Le patois de Valleraugue (Gard) par Henri Bel publi√© en 1895. 12 p. in-8o. (Dijon, 1895; extrait de la Revue Bourguignonne de l’Enseignement sup√©rieur, V (1895), p. 175-186. La suite n’a jamais vu le jour.Bel_tout¬† en PDF

Henri Bel √©tait bon connaisseur de son patois. Il a transcrit le chant V, le 22e groupe de vers commen√ßant par: Un v√®spre dounc dins la Crau vasto jusqu’au vers: Coume un lebri√© tanco un besti√†ri de Mistral en patois local en cr√©ant une graphie qui rend la prononciation locale.¬†Bel H.Mireio en PDF¬† (scrollez vers la page 3 et 4) et le texte de Mistral pour comparaison. MistralMireioV-22 ss

Un Allemand , Rudolf Hallig, a fait une enqu√™te sur le patois de Valleraugue en 1932 ou 1934. Les r√©sultats sont conserv√©s √† ATILF √† Nancy, et publi√©s dans le FEW, la source principale de mon site. Il faudra attendre la num√©risation compl√®te du FEW ou habiter aux √Čtats-Unis,¬† pour pouvoir retrouver toutes les attestations du patois de Valleraugue qui s’y trouvent.

Dans le vol. XXIV du FEW sont cit√©s les mots vallerauguois : d√•b√•ntal« tablier », aŌÖgl√°no , « noisette », √°gre « aigre », √•grin√°s « houx », az√ľg√° « aiguiser », √•z√•g√° « arroser », malolayze « malaise », alos « versoir », alos « oreilles d’un √©crou », laŌÖz√©tto « alouette », am√°re « amer’, √•mpŌÖl√©to « mache », √•m√©llo « amande », nazdŇĶ√®l « orvet », l√•ndy√© « landier, chenet »

Plus r√©cent est le petit livre de¬† Charles Atger, Valleraugue. Petites Histoires et Anciennes Coutumes¬†¬Ľ Le Vigan, 1972. Il contient un petit lexique et quelques histoires en patois de Valleraugue. J’ai repris quelques-uns de ses proverbes et dictons lus √† haute voix. Il est disponible au Centre de documentation et d’archives du Parc national des C√©vennes √† G√©nolhac. Permalink¬†Cliquer sur le « thumbnail »

Ici une liste des toponymes de Valleraugue Valleraugue Toponymes que j’ai copi√©s du¬† Dictionnaire topographique du d√©partement du Gard, comprenant les noms de lieu anciens et modernes.. par M.E.Germer-Durand. Paris, Imprimerie Imp√©riale, 1886. . Une excellente version dans le site de Georges Mathon, http://www.nimausensis.com/Germer_Durand/TopographiqueGD.pdf

 

 

Vanetge, baniège

Vanetge, bani√®ge « verveux, nasse en fil ». Un verveux est un « Filet de p√™che am√©nag√© en nasse, utilis√© dans les cours d’eau, de forme conique, mont√© sur des cercles d’osier, et que l’on tend sur le fond, l’ouverture vers l’amont. » (TLF).

Dans le latin utilis√© en Gaule du VIIe au Xe si√®cle, le mot venna signifiait « treillage ou palissade servant √† arr√™ter et √† prendre les poissons ». Ce sens semble survivre en ancien languedocien vanneg√©, bani√©ga « nasse de p√™cheur », occitan bagnecho (Tarn) , ban√®ge (Corr√®ze) et dans les d√©p. de la Dordogne et du Lot : banh√®ge, banh√®ja (Thesoc).

Le seul probl√®me que cette √©tymologie pose est le fait que le mot fran√ßais vanne, en occitan vano ou bano¬† « vanne, √©cluse » est attest√© au moins un si√®cle avant le d√©riv√© vaniega « nasse ». D’apr√®s le TLF il faut supposer deux branches qui sortent du m√™me tronc venna.¬† (TLF)

Varaire

Varaire s.m. « (h)ell√©bore ». Attest√© en occitan depuis le XIIIe si√®cle. Varaire¬† vient directement du¬† latin veratrum « hell√©bore ».¬† Avec une transformation r√©guli√®re varaire devient boraire en Aveyron.¬† A Al√®s est attest√© le verbe envarair√° « empoisonner avec de l’hell√©bore.

Il est conserv√© en occitan et en franco-proven√ßal, comme en italien: veladro. Par contre en catalan baladre d√©signe le « laurier rose ». L’ell√©bore le plus connue est l’ellebore f√©tide, qui s’appelle aussi pied de Griffon, rose de serpent, patte d’ours, mords-cheval, herbe printani√®re, favalau, ...(Wikipedia).

L’ell√©bore √©tait consid√©r√©e comme un rem√®de universel contre la folie,¬† d√®s l’Antiquit√©. Plus ici.

  

ellebore                                                              ellebore fétide

D’autres noms occitans de l’hell√©bore dans Rolland , Flore populaire…¬† Vous y trouverez aussi 2 pages avec les « Usages » et « Folklore » comme par exemple celui-ci pour le Gard:

Un ouvrage indispensable pour celui qui s’int√©resse √† la botanique et aux parlers galloromans et d’ailleurs. Rolland fait partie des g√©ants de la fin du XIXe si√®cle. Pour le type veratrum il a relev√© :

Pour  le Gard il mentionne aussi:

 

      

Vedel, vedeou

Vedel « veau » est la forme r√©guli√®re du latin vitellum « veau » en occitan. Pour les variantes voir le Thesoc.¬†¬† Ici c’est le sens qui m’int√©resse.

Un visiteur me signale : √† Adissan les expressions « fa lo ved√®l » ou « va vedelar« , se disent¬† √† propos d’un mur de sout√®nement qui prenait « du ventre ». Cet emploi du mot vedel, vedeou en proven√ßal est attest√© en franco-proven√ßal du Vaud (Suisse) en proven√ßal et en languedocien jusqu’√† St-Affrique. Pour l’abb√© de Sauvages (S1), il s’agit sp√©cialement d’un √©boulement d’un mur de terrasse ou de la br√®che qui s’y est faite d’elle-m√™me.

Est-ce un hasard qu’on retrouve la m√™me image « veau » en anglais calf¬† « veau » mais aussi « Un gros morceau de glace flottante, scission d’un glacier ou d’un iceberg » (depuis 1812) ? D’apr√®s Harper l’origine du mot calf est une racine indo-europ√©enne *gel- >*gelb(h)- qui signifie « gonfler » et de l√† sont n√©s les sens « l’ut√©rus, le fŇďtus, les jeunes d’un animal. ». N√©erlandais afkalven « se dit du terrain que la mer ou une rivi√®re affouille », vient d’apr√®s le NEW de la m√™me racine que le mot kalf « veau ». Le nouveau EWN donne une autre origine, mais les attestations de l’occitan et de l’anglais¬† rendent l’√©tymologie¬† kalf, calf¬†¬† bien plus probable. En languedocien ¬† un « √©boulis de terre » s’appelle aussi s√°oumo de t√©ro d’apr√®s l’abb√© de Sauvages. Voir l’article¬† sauma. Cet emploi peut venir de l’image d’un mulet charg√© de sacoches pleines.

Il s’agit d’une diff√©rence de point de vue.¬† Une paroi qui s’afaisse¬† se gonfle vue de l’ext√©rieur, mais se creuse vue de l’int√©rieur.

Cette histoire fait partie de mes Contributions √† une nouvelle approche. inspir√©es par Jean-Philippe DALBERA Des dialectes au langage. Une arch√©ologie du sens (Linguistique fran√ßaise, 13). ‚Äď Paris : Champion, 2006.

Ci-dessous le parement ext√©rieur de la cabane fait ventre, ¬†vedel et s’√©boule en raison du manque de boutisses susceptibles de l’ancrer dans la ma√ßonnerie ou parce que le blocage int√©rieur, empil√© √† la va-vite, se tasse et agit comme un coin. Voir le site incontournable Pierreseche.com.¬†

   

vedel, vedèou                                                                                             calf

Un bon exemple ci-dessous : la rivi√®re « gonfle », mais le terrain se « creuse »:

néerlandais afkalven  

Le dictionnaire √©tymologique de l’anglais par Douglas Harper √©crit:

calve (v.)
Old English cealfian, from cealf « calf » (see calf (n.1)). Of icebergs, 1837.
calf (n.1)
« young cow, » Old English cealf (Anglian c√¶lf) « young cow, » from Proto-Germanic *kalbam (cognates: Middle Dutch calf, Old Norse kalfr, German Kalb, Gothic kalbo), perhaps from PIE *gelb(h)-, from root *gel- « to swell, » hence, « womb, fetus, young of an animal. » Elliptical sense of « leather made from the skin of a calf » is from 1727. Used of icebergs that break off from glaciers from 1818.

Vedigana

Vedigana,¬† bedigano s.f. »vigne sauvage » (Toulouse, repris par Alibert)¬† d√©riv√© du latin vitex « sorte de saule, agnus castus ».

Vitex a abouti √† veze, vedze, vige « osier » et se trouve partout en occitan¬† except√© le gascon. Cf. l’article¬† vige. ¬† L’agnus castus est aussi appel√© p√®bre. Voir ce mot.

Le transfert ¬† « saule » > »osier  » se comprend parce que les tiges des deux plantes sont tr√®s flexibles et servent aux m√™mes techniques. La bedigano est souvent utilis√©e pour lier les vignes, de l√† le sens « vigne sauvage ». Languedocien bedisso « scion d’osier » appartient √† la m√™me famille vitex.¬† Voir aussi lambrusquiero.¬†

La vedigano se trouve dans les segonnaux (morceaux de terre potentiellement exploitable compris entre un fleuve et ses digues)¬† du Rh√īne, et elles y atteignent une longeur d√©m√©sur√©e.¬† Dans les temps anciens, sp√©cialement en Camargue la « vedigano de lambrusco » ou¬†lambrusquiero de vedigan¬† seule √©tait tol√©r√©e dans les embarrages pour frapper les taureaux, car elles sont plus souples que les b√Ętons ordinaires. (Pov√©da, Le parler camarguais).

Roumanille a √©crit un conte : La vedigano – La verge d’osier. Que vous pouvez lire en cliquant sur ce lien.

 

Nous voyons ici l’int√©r√™t de l’ethnobotanique. Les noms des plantes et leur classification r√©f√®rent √† d’autres crit√®res que la botanique scientifique.¬† Saule, agnus castus et vigne sauvage font des b√Ętons flexibles: vedigano.

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