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Yeys ‘chemin de sortie’

Un mot toulousain absent des dictionnaires, sauf le FEW.

Michel Prun  m’écrit le 4 mars 2022:

Yeys
Dans son livre La Grande Lande et Croix Daurade (partie du gardiage de Toulouse), l\’Abbé G. Lafforgue (imprimerie et libraire Edouard Privat, Toulouse, 1909, numérisé par la BNF  utilise plusieurs fois le mot yeys (par exemple dans la légende de la carte du gardiage du Capitoulat de Saint-Sernin de 1690, p. 150 et p. 149 dans l\’expression « yeys de service » ou chemin de servitude. Autres mentions : p. 157, p. 159, p. 161, p. 314, p. 371, p. 372, p. 411. On ne trouve ce terme ni dans les dictionnaires occitans en ligne accessibles par Lexilogos, ni dans les dictionnaires proposés par le même site. Paul Cayla, Dictionnaire des institutions, des coutumes et de la langue en usage dans quelques pays de Languedoc de 1535 à 1648, indique à l »entrée yeysses « voies par lesquelles on peut sortir d\’un terrain : confront de mydy les communals et yeyssel... (Mas Saintes Puelles, 1542) ».

Peut-on associer ce mot avec latin exire ? Le FEW III, p. 296 fournit les attestations Apr. ieisset “ issue, chemin ” (Albi 1355, AM 15, 509 ». et plus haut sur la page  I  eisi  et eisada  » sortie » ».  Il s’agit de dérivés du verbe exire  « sortir ».

Excellent travail. Consulter le FEW ça vaut la peine.  Merci.!

Un extrait du livre de l’Abbé Lafforgue, p.157:

 

 

Beloce, pelorso ‘prunelle’

Pierre Gastal, ami étymologiste et auteur du dictionnaire

Nos Racines celtiques, du gaulois au français

m’a demandé de publier son article Beluce, un mot probablement d’origine gauloise, dans mon site.  Le mot est très rare en occitan mais il y a une attestation dans le  Trésor de Mistral pelorso  avec quelques formes  franco-provençales du Forez:

mais je n’en ai pas trouvé d’autres pour le moment.

Voici son article:

BELOCE (nf, anc. fr.) : fruit du prunelier sauvage (« belocier/belossier »), prunelle noire (prunus spinosa) dont on fait une liqueur.

Étym. : v.fr. beloce/beloche du gaulois *beluccia (id.), p.ê. ligure (*belusca d’après Bloch-von Wartburg repris par P. Guiraud p. 68) mais c’est peu probable vu l’extension géographique du mot : Normandie, Est, Nord-Est, Savoie belosse ; Franche-Comté belousse/peloce (expression comtoise : « envoyer aux peloces » : envoyer sur les roses) ; Jura plousse/palousse => Ploussard, cépage rouge jurassien dont la couleur rappelle la prunelle.

Néanmoins, ce terme fait en gaulois double emploi avec *agranio.

* Il est présent dans l’Est (sauf l’Alsace-Moselle alémanique) et le Centre-Est (P.-H. Billy).

La belôche est une petite prune bleue produite à Vandoncourt (Doubs) et dans les environs => belôchier (prunier), cf. Henri Frossard*, L’impasse du Laquet (1964).

*H.F. 1915-1995, né à Brognard, Doubs, instituteur, directeur du collège de Blamont/Dbs, écrivain, espérantiste, communiste…

* Patois belocière/belorcière/blossière : terre qui produit des beloces. (H. Suter)

* Par l’occ. pelòrsia (prov. pelorsoMistral) : Dauphiné, Vivarais, Lyonnais pelorse, Velay pialorse, Forez pelosse, Beaujolais, Sologne plosse.

* En Bretagne, breton KLT boloz/poloz, vannetais pelorz, il coexiste avec irin (voir *agranio) : Polotrézen/Fin. (l.d. Plougourvest – + drezen : ronce = « prunelle épineuse »), Betpelorz/Mor. (l.d. Pluvigner – « prunier sauvage » – bret. bot : arbuste, buisson), Béloerzec/Mor. (l.d. Sulniac – « lieu des prunelles » – abs. carte IGN), lieux-dits bretons.

N.B. v.irl./irl. áirne (prunelle), gallois eirin, breton irin.

* En Dauphiné-Vivarais, de l’occ. pelòrsia : La Pélorsière/Ardc (l.d. Annonay), Combe Pélorset/Dr. (l.d. Saint-Donat-sur-l’Herbasse).

* Pseudo-Apulée 99, 27 : « Galli bolus serron… Itali hedera nigra ». Dans le CGL 3, 553, 53 : « buluuse seron, hedera nigra ».

Lat. médiév. bolluca (Merriam-Webster) ; m.angl. bolaster (= bullace tree) => mod. bullace (prune ou prunelle). (Mac Bain’s)

* Du gaulois *agranio : occ. agranhon (prunelle) => Midi agrinio (prunelle), aragnon ; catalan aranyo, aragonais arañon, basque aran (prune).

Lat. prunus spinosa ; irl. pluma (prune) ; Nord-Picardie drageno, fourdraine (+ anc. fr). (W. von Wartburg dans P. Guiraud p. 69)

Walther von Wartburg consacre plusieurs pages à ce mot dans le tout premier volume du FEW qui date de 1922. Voir cet article  bulluca « Schlehe » ( = EW I, p.623-625). Il propose trois  types d’étymon  1.bullica  2.bullucea et 3.Pullucea.   Suivi d’une explication   et des références.

 

Rit, tir ‘canard’

rits et ritas du Quercy

Rits, ritas et ritous du Quercy et quelquees tirs du Tarn.

Un habitant du Quercy me signale que dans sa région le canard c’est le rit, accompagné de la rite et du ritou..

Je me suis laissé dire que l’origine provenait du gaulois RITU – le gué- les canards sont les animaux du gué. RITONA est la déesse des gués pour les gaulois. Que pensez vous de cette hypothèse.

J’ai vérifié dans ma source principale , le FEW, que tout étymologiste devait connaître, et le mot s’y trouve dans la catégorie des mots d’origine inconnue, FEW  XXII,2 p.18. Si vous suivez ce lien vous verrez sur la droite de la page : canard et au avant dernier paragraphe  ; Tarn rit m. « canard » (p.744)  , ce qui veut dire que dans le village numéro 744 de l » Atlas linguistique  de la France, le mot est attesté.  Ensuite également dans le Tarn et Garonne dans les villages n° 731 et n°733; dans le département du Lot  et de l’Aveyron selon les sources du FEW’ que je peux vous donner si cela vous intéresse!).

Dans le paragraphe suivant vous verrez : Apr. rita f. « cane »  Tarnet Garonne 1480, ce qui veut dire « attesté en 1480″( source:  « Bibliothèque méridionale II/19, page 480°probablement 2e Série volume 19;  et c’est ici que Google intervient pour vous la trouver. (J’ai essayé et trouvé la Bibliothèque méridionale, mais pas le volume exact.

Pour le Quercy est attesté  ritou !  ritou ! ritou ! pour appeler les canards., ce qui nous donne probablement  l’origine du mot  rirt   onomatopée pour appeler les canards.  D’ailleurs dans la même région on les appelle aussi avec  « ilou, ilou, ilou » » (voir la p. 19 du FEW cité ci-dessus).

Dans plusieurs villages  est attesté la forme  « miroir » si on peut dire cela:

FEW XXII 2 p18

Étymologie identique , onomatopée.

 

 

 

Truffoles ‘pommes de terre’

Un ami d’origine ardéchoise m’a écrit une petite histoire à propos des:

Truffoles, c’est comme ça que l’on appelait les pommes de terre surtout du côté de chez ma Maman en haute Ardèche (St Agrève…1040 mètres d’altitude où je suis né ! et où la burle souffle l’hiver). Dans la Vallée de l’Eyrieux, donc plus bas (la ferme de mes parents est à 450 mètres d’altitude) on faisait plutôt des rates dans les échamps situés à l’adret , abrités de la bise (vent du Nord froid que l’on appelle mistral ici !) pour les expédier (via un « groupeur-grossiste » qui les transportait vers les grands villes (Paris, Lyon) mais aussi des pommes de terre de conservation.


Truffoles« pomme de terre » n’est pas une AOC ou APC, mais  presque. Voicet r l’article

L’étymologie est le latin tuber « genre de rave » attesté en ancien provençal depuis le XIIe siècle  dans la forme trufa « espèce de champignon souterrain » (tuber cubarium).  Plus tard , du  XIIIe au  XVe siècle  trufa signifie aussi « moquerie, plaisanterie ». Voir FEW XIII,2 p.384

Olivier de Serres introduit la cartoufle en France en 1619 après un voyage en Suisse.   Vous trouverez la suite de cette grande révolution alimentaire dans l’article cité ci-dessus.

L’histoir de ratifle et cartoufle, allemand  Kartofflme  se trouve dans l’article Tartifles.

Etn’oublions pas la truffade du Cantal!

gringo ‘Américain, étranger’ (esp.) et...

Gringo « Américain, étranger qui parle mal l’espagnol »  est un mot espagnol, dont létymologie n’est pas sûr, mais j’ai trouvé une piste qui pourrait etre ex)loitée par quelqu’un qui qui aime chercher dans de vieux livres.

Voir la deuxième partie de mon article Panta intitutée Un petit chemin de travers.

L’idée m’est venue de l’article Pantaleon du FEW VII, p.565.

Une visiteuse bienveillante m’ a incité à  relire mon article:

Salut, Robert–
Il me semble que c’est Saint Jean Baptiste le patron de Genoa.
En tout cas, comment fais-tu le saut de Saint Grégoire au mot « gringo »? Je n’ai pas compris. Ça me hante!
Et bravo pour to web site sur l’étymologie occitane! J’apprends quelque chose à chaque fois que je l’explore!

et après ma réponse explicative, elle m’a donnée les informations suivantes;

Ceci pourrait t’aider: un livre écrit par Arturo Ortega Moran, Cápsulas de lengua: las palabras y sus historias, dans lequel il dit: greguería, que significa griteríaconfusa. Il y mentionne aussi le Universal Vocabulario en Latín y Romance, par Alonso (Alfonso) (de) Palencia, 1490.

 

Et peut-être via « archive.org » — Antroponimie ed omonimie nel campo della zoologia  popolare PDF, trouver le tome que tu cherches? 

Re PANTA-: dans le film du même nom, la jeune Frida crie « PANSÓN! » envers Diego Rivera… Aha!

Voici de qui elle parle:

 

Bourrido

Bourrido, -a un plat d’origine provençale tellement bon que Wikipedia y consacre un article.

L’origine du mot est d’après le FEW I, 619b  le verbe latin bullire « bouillir » influencé par le mot burra « laine », mais ce lien ne m’est pas clair.

(Extrait du FEW).

Cet article du FEW fait partie des articles à refaire.

Voir à ce propos le site le l’ATILF.   Le TLF  confirme l’étymologie de von Wartburg, tout en relevant le problème de phonétique historique du passage de -ll- à -rr-:

GASTR. Soupe provençale de poissons de mer, liée avec des jaunes d’œufs et de l’aïoli. La bourride de sardines fraîches (L. DAUDET, La Mésentente, 1911, p. 194); la bourride, lactescente et crémeuse (L. DAUDET, La Recherche du beau, 1932, p. 122).
Étymol. et Hist. 1735 (Le Cuisinier moderne, La Haye, t. 3, p. 29). Empr. au prov. bourride, bourrido, attesté au même sens fin XVIe s. dans PANSIER; issu de boulido « ce qu’on fait bouillir », part. passé substantivé de bouli (bouillir*), avec pour -rr- peut-être infl. des représentants du b. lat. (bourre*) (cf. bourri « grumeau qui se forme dans la bouillie », MISTRAL), le changement spontané de -ll- en -r- étant seulement caractéristique du gasc. et non de la région méditerranéenne (gasc. bourit, ide « bouilli, -e, cuit totalement »; bourit, -ide « bouillon, bouillonnement », PALAY).

En plus le forme bouligo   est très courante en occitan, dans la recette de l’ aigo boulido.

Première attestation de 1735 d’après Alain Rey, Dictionnaire historique de la langue frtançaise. Paris, 1993, qui s’est donné la peine de cherche la date de la citation de Mistral du poète  J.D.Gaut.

C’est Daudet qui l’utilise en premier dans un texte en français.

Bourride à la sétoise, avec la lotte.

Comme il n’y a pas beaucoup d’attestations anciennes de ce mot, je vous présente l’article de Mistral dans son Trésor:

bourrido et courre bourido chez Mistral.

 

 

argelas et paliure

Un de mes tout premiers articles pour  ce site date de 2005  et concerne le mot argelas  « genêt épineux ».

C’est grâce Michel Prodel, qui publie une série d’articles très intéressants et bien documentés sur les toponymes de la Corrèze, que je peux corriger mon erreur.

épine du ChristMichel Prodel, Les plantes épineuses dans la toponymie de la Corrèze écrit à la page 4 paragraphe 1.6 ars, arn « paliure ».  Les noms de la famille  ars, arn d’origine inconnue,  désignent des plantes épineuses …

En effet, le volume XXI du FEW qui contient les mots d’origine inconnue  l’article paliure comprend tous les mots  du type arn. (FEW XXI, 114)
Il y a une seule attestation de ars avec un -s, un -s final d’ailleurs, qui est défini comme un pluriel.

Par contre le FEW distingue bien le type arn de tous les autres qui peuvent provenir de la racine *arg- dont le type argelas (les attestations du type argelas sont à biffer dans laréunies dans le volume XXI,105b). Ils sont repris dans l’article *arg-  du volume XXV, voir l’extrait ci-dessous.

Description de paliure (Wikipedia):

Ce sont des arbustes ou petits arbres de 3 à 15 m de hauteur. Les tiges poussent en zig-zag, avec une feuille et deux stipules épineux à l’extérieur de chaque coude. Les feuilles sont caduques ou persistantes, ovales, de 2 à 10 cm de long et de 1 à 7 cm de large, d’un vert brillant, avec trois nervures visibles à la base, et un bord dentelé ou lisse. Le fruit est une noisette ligneuse au centre d’une aile circulaire de 1 à 3,5 cm diamètre.

Paliure=Detail_fruitpaliure détail fruit

 Dans l’article *arg- du FEW XXV se trouve la remarque (p.182b) : « Le matériel correspondant est à biffer ici 21,105b ».  Il s’agit des mots que voici:argelasXXI 105 vers XXVTraduction du texte : Les traces les plus anciennes de cette famille se trouvent dans les documents en latin médiéval; : Argilargueira toponyme de la région  nîmoise, datant d’environ 1180.

 Le catalan argelac « ajonc » et  aregelaga s.f. appartiennent à la même famille. Le fameux étymologiste Corominas a démontré que l’arabe al-gaulac a été emprunté aux langues romanes et non pas l’inverse.

Le petit Louis Argilas, un des personnages du dernier « Vargas » que je suis entrain de lire porte un nom de famille bien gardois. D’après Geneanet les Arjalas sont concentrés dans la région nîmoise.(https://geneafrance.com/?n=ARGELAS) 

L’étymologie de ce nom Arjalas n’est pas 100%  claire et son origine remonte à une époque très lointaine, mais son sens est évident.

Tourdre ‘grive’

Tourdre (des vignes) « grive » vient du latin turdus « grive »ou pour être plus précis d’un dérivé diminutif *turdulus, turdula » qu’on retrouve en Ligurie et les Abruzzes italiennes.

Voici une image de l’académie du goût. C’est la tradition ! On les chasse et les mange. et s’il n’y en a plus , on tire sur les merles.

:

La première attestation en occitan tortre date du XVe siècle et vient de Montagnac. En occitan tourdre  est vivant spécialement dans le milieu des chasseurs.

Tourdre a été emprunté par quelques savants au XVIe siècle et des auteurs  français comme par exemple Stendhal. Ensuite il apparaît dans des dictionnaires de Trévoux, mais a disparu depuis.Curieusement il réapparaît dans le Trésor de la langue française TLF du XXe siècle.

L’abbé de Sauvages explique que certains Français l’utilisent par pédanterie, croyant parler latin.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

FEW XIII/2, 429 et commentauire p.430

Baisse, beso ‘hotte’

Jean-Pierre, manduellois venu d’Ardèche, a continué ses recherches sur lo beso et lou coulassou  et il a trouvé un article sur la  beso qui est  utilisée en Saône-et-Loire. Un article très intéressant, avec une description et la manière de s’en servir. Le petit établi est typique pour cette région de plaine. En Ardèche on n’en a pas besoin. Voici une  copie:

appeléé « bachoule« 

La description et l’utilisation détaillée:

description et utilisation

Le mot baissa existe en provençal  et signifie « terrain basse » . Il est dérivé du verbe *bassiare « abaisser ». La petite étoile signifie que le mot n’est pas vraime,t attesté en latin classique mais le fait qu’on le trouve dans toutes les langues romanes, rend son origine latine, du latin parlé,très probable.

*bassiare « baisser, abaisser »  FEW I, 272

Le nom de la beso dans le dép. Saône et Loire bachoule vient du latin bascauda. Cliquez sur FEW 1,267

Taoulié ‘banc en pierre’

Tâoulié « Banc en pierre coquillière en un seul bloc ou en trois parties que l’on pouvait voir sous les fenêtres des maisons du centre du village dont il en reste seulement quelques vestiges. Les soirs d‟été, on sortait une ou deux chaises et son propriétaire et les voisins échangeaient les nouvelles. Dans la journée, on y voyait aussi des gamattes avec du linge qui trempait, (La bugade). Avec la nouvelle urbanisation, ses villas, ses clôtures et la Télé, ce petit édifice de convivialité n‟est plus à la mode.

Il y en avait un dans ma rue à Manduel, mais il a été enlevé  parce qu’il gênait les automobiles à la sortie de l’école.

tâoulier

Étymologie  est le latin tabula « planche »FEW XIII,1 p.18

Pour L’abbé de Sauvages tâoulié est aussi un terme  de magnaguier « table » ou « tablette »  d’un atelier de vers-à-soie qu’on dresse avec des planches ou des claies. (Sauvages 1)