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Cabessaou ‘coussinet de tête’

Cabessaou « tortillon, coussinet qu’on met sur la tête pour porter un fardeau ». Étymologie : dérivé du latin capitium « ouverture de la tunique par laquelle on passe la tête ». FEW II, 261b en bas de page.

La géolocalisation de ce mot avec ce sens  est limité à l’occitan à l’Ouest du Rhône. Je ne sais si l’objet et son utilisation est également limité?

cabessaou

cabessaou du XXIe siècle

Le sens le plus proche du mot latin se trouve dans l’Aveyron lo cabesso,dans l’expression otopà pel lo cabesso « saisir par le collet ».

Le sens le plus répandu de cabès   (chevet en français) latin est « traversin ».

Un chef 3*** a appelé cabessàou une crêpe roulée ». Un visiteur me le signale:

Je viens de lire l’article consacré à cabessaou et je voudrais signaler que ce mot désignait les » crêpes roulées ». L’;analogie de la forme de la crêpe roulée avec la forme du traversin explique sans doute cela.
Cette dénomination pour les crêpes était en usage dans la région de Tonneins, Le  Mas d’Agenais Damazan et environs.
Amicalement

 

 

Cabessaou "coussinet"

Cabessaou « tortillon, bourrelet, coussinet qui sert à porter un fardeau sur la tête ». Une image d’un cabessaou  par René Domergue (Montpezat).  L’étymologie est  capitium  qui en latin signifie « ouverture pour la tête dans une tunique ». Mistral donne les formes suivantes:

La forme la plus courante est cabessaou  avec un –e-.   

Il y a un autre groupe de mots qui y ressemble beaucoup, dont le verbe cabussar « plonger avec la tête  en avant ».  Ce verbe   et ses dérivés, qui sont très fréquents dans tout le domaine occitan, sont  classés par le FEW dans l’article caput « têtepour des raisons d’ordre phonétique.

Dans le Thesoc je trouve s.v. « tortillon » les formes cabessal, cabessala, cabelhada, capelada et capeluda  dans lesquelles il y a manifestement de l’influence du mot caput  et de ses nombreux dérivés.

Un visiteur originaire de la  Vaunage m’écrit:

Bonjour,
Je ne trouve nulle part le mot cabusaou ou cabusau.
Le cabusaou était confectionné avec un « sac à patates  » bourré de paille.
Il enserrait la tête et portait sur les épaules du porteur pendant les vendanges.
Il fallait bien sûr quelques coutures pour lui donner la bonne forme.
La comporte était posée dans un rang, le porteur (qui ne portait rien à ce moment là) ou les coupeurs vidaient les seaux dans la comporte. Une fois pleine, un vendangeur aidait le porteur à poser la comporte sur la tête du porteur (d’où le nom comporte, porter avec), ou plutôt sur le cabusaou. Le poids était donc réparti sur la tête et les épaules du porteur.
Double avantage par rapport à la hotte, on ne porte que quand c’est plein ou vide; on porte sur la tête et les épaules.
Ici, en Vaunage, 10 km à l’ouest de Nîmes.
J’ai été porteur en 1969, et le tombereau été encore tiré par un cheval.

N’ayant pas trouvé cabussaou  avec  ce sens dans l’Alibert, ni dans le Trésor de Mistral1, je me suis adressé à Gérard Jourdan, qui m’avait envoyé la description de la  Culture de la vigne ne Languedoc  au début du XXe siècle faite par son père. Il m’a donné la réponse détaillée que voici:

Bonjour Robert,
hé non ! ce terme de cabusaou n’est pas dans le vocabulaire de Montagnac ; chez moi, donc, les ustensiles de la vendange étaient les suivants :
un seau (d’environ 8 litres) rempli par le coupeur ( lou coupaïré),
le leveur de seaux récupérait le seau plein (lou farrat) et le vidait dans une comporte en bois (environ 100 litres) la semal dans laquelle lou quichaïré, avec lou quichadou, comprimait cette vendange.
Quand la semal était pleine, elle était soulevée par deux porteurs avec deux gros leviers : les sémaillés et transportés jusque sur la charrette équipée de ridelles en fer (vous avez un schéma de cette charrette dans le document de mon père).
Donc chez nous rien de ce cabusaou.

Mais j’ai quelques souvenirs qui s’apparentent un peu à cet objet.
Lors de vendanges dans la région de Lunel ( donc pas très loin  de la Vaunage), dans les années 1970, je me souviens d’avoir utilisé le seau comme chez moi mais on le vidait dans une comporte en zinc, plus petite que la nôtre, emportée vers le tombereau par un porteur qui la plaçait sur sa tête protégée par un tortillon de jute et de ficelle.
Je me demande d’ailleurs comment le porteur de la Vaunage portait une comporte même plus petite que la nôtre, ou alors c’était plutôt une hotte qu’il portait sur les épaules.

De la même façon, je me souviens d’avoir vu ma grand-mère espagnole ( native de la région de Murcie) transporter un cuvier plein de linge de sa maison au lavoir du village ( à Montagnac) sur la tête qu’elle protégeait avec le même tortillon que pour les vendanges.
Enfin, toujours à Montagnac, je me souviens d’avoir « badé » (regardé curieusement) l’ouvrier du fournisseur de charbons, François Carminati ( qui était un copain à mon père) en train de transporter des sacs de boulets de charbon (qui devaient faire au moins 50 kg) sur la tête et les épaules qu’il protégeait avec un sac de jute qui lui couvrait la tête et les épaules, mais je ne me souviens pas s’il était rempli de paille.

Grâce à la coopération de mes visiteurs, nous apprrenons que non seulement les formes variaient beaucoup, mais aussi l’utilisation du tortillon. La description de la vendange à Montagnac par Raymond Jourdan  est très instructive.

  1. J’avoue avoir mal cherché

cabudeou, candel ‘peloton’

Cabudeou en provençal,  candel en languedocien  ‘peloton’ ont la même étymologie que le mot capitelle, le latin capitellum avec cette différence que ce dernier est un emprunt au latin du XIIe siècle, tandis que les formes cabudeou  et candel viennent directement du latin parlé en Gaule. Dans les Landes un cabedét est la « luzule des champs ».  Pourquoi? Peut-être parce que les feuilles ont, lorsqu’elles sont jeunes, de longs poils blancs sur les bords. (Source).  Peloton signifie ici « petite boule de laine » et non pas « petit groupe de soldats ou de personnes ».

luzula_campestrisCabedelá, candelá « mettre en peloton », deskadelá « dévider ».

FEW II, 259

Cacalaouse, cagarol "escargot"

Cacalaouso « escargot de Bourgogne (helix pomiata); escargot » = . Le Thesoc a rangé le type cacalaouso avec le type cagarol.  L’étymologie est en effet presque la même mais  la répartition géographique montre une fois de plus qu’il n’y a pas une  « frontière » entre le provençal et le languedocien. Par exemple dans le Gard:  Gaujac, La Roque sur Cèze, Sernhac et Villeneuve-les-Avignon ont le type provençal  cacalaouso qui d’ailleurs est limité d’après les données du FEW à la Drôme provençale au sud de Monbtélimar, la Vaucluse  et le Gard provençal.  Les autres villages du Gard et le languedocien jusqu’à Carcassonne ont le type  cagarol.

Plusieurs personnes de Manduel m’ont confirmé qu’ils chantaient la comptine suivante quand ils étaient jeunes:

Cacalàusette,
Sors les banettes

Si les sors pas
Deman pleuvra

L’abbé Brunel l’a publié dans la Revue des patois galloromans, vol. 1(1887).(voir Gallica). Pour d’autres rimes sur les cacalause. suivez le lien.

Boucoiran (1898) connaît une recette d’une préparation très estimée en Languedoc d’escargots en sauce, la cacalausado :


Boucoiran cacalausado

Une recette de la cacalausado  d’Elisabeth Augier dans le site de La Roque sur Pernes (84) se trouve ici Recette cacalausado

Il y a différentes propositions en ce qui concerne l’origine. Le FEW en fait le résumé et vient  à la conclusion qu’il s’agit d’un représentant du grec καχλαξ  « caillou comme on en voit au fond de l’eau » 1 croisé avec latin  conchylium « coquillage, huître ».La forme cacalaou  serait alors la plus proche de l’étymon. La forme cagarol   fait l’intermédiaire avec le type caragóu, calagóu  « escargot » et  escaragóu qu’on trouve dispersé dans le dép. des Bouches-du-Rhône jusqu’en les Landes et en béarnais.

Le type escaragóu  a voyagé vers le domaine d’oïl. Le succès du mot occitan  escargot est indubitablement lié au succès de l’emploi culinaire de l‘animal.  La plus ancienne attestation en français vient du Ménagier  qui écrit  « limassons que l’en dit escargols ». 

Nous retrouvons le type cagarol  avec une metathèse en Catalan caragol,  comme en espagnol et portugais caracol.   Il a même atteint les Pays Bas méridionaux (= la Belgique) aidé par l’armée espagnole (XVIe siècle), qui  a introduit les caracoles  dans la cuisine,  pour y devenir  des  karkol, karakol  ou  kerrekool. 

Dans un restaurant  de Maastricht vous pouvez toujours commander des karkolle.


Uitgaan in Maastricht doe je bij:
In de Karkol
Stokstraat 5
6211GB Maastricht

Voir aussi l’article banédja

  1. Je n’ai trouvé qu’une  forme καχληξ

Cachar

Cachar, cachá « serrer ; casser en serrant, broyer ». Du latin coactare « presser », en passant par la même évolution sémantique que tous les mots provenant d’une base *coact- Cachá signifie « meurtrir » (Pézenas), de là languedocien cachaduro « meurtrissure ».

Autres dérivés: Pézenas recachar « attraper au vol un objet lancé », languedocien escachoun « petite partie non vendue d’une marchandise », ancien lang. escach « morceau de terre » et Alès escat «petit reste de tissu » (S). En galloroman ces mots sont limités au provençal et au languedocien., mais ils se retrouvent en Italie et en Espagne, esp. cacho « morceau, bout »

Un visiteur, traducteur de profession, m’écrit: « cachos » pour dire « morceaux » est assez fréquent. Les « Cachas » sont les côtés du manche d’un couteau (donc ce que l’on serre, et qui serre la lame), un « cachete » est, disons, une chiquenaude ou une quichenotte (pas loin de cachaduro), et « cachear » signifie fouiller au corps (genre gendarme ou flic méfiant). Et une « recacha » est un petit recoin, un endroit abrité ou protégé.
Voir encore acata qui vient aussi d’un base *coact-.

Cada

Cada « chaque ». En ancien occitan existaient les expressions us cada us  » un à la fois » et an cad’an « annuellement ». D’un grec kata « chaque » qui a été emprunté par le latin au IIIe-IVe s. Comme les mots cata et unus / una sont souvent ensemble, on les prend pour un seul: occitan cadun, -o « chaque » ou ils restent séparés comme en espagnol cada uno   et en raccourci, puisque la signification est claire tout simplement cada.

Cade

Cade  « genevrier, juniperus oxycedrus ». Dans l’Aveyron, l’Ardèche et la Haute Loire (et ailleurs?) on trouve aussi la forme cadre.


cade ou cadre et cadenelo

Le fruit s’appelle cadenelo > français cadenelle (empruntée depuis 1815). L’huile de cade était principalement produit dans le Midi et en Hongrie. C’est à Claret, en plein coeur du vignoble du Pic Saint-Loup que fonctionne encore la dernière usine fabricant l’huile de cade. Dans son site  j’ai trouvé:

« Le cade: le genevrier de nos garrigues méditerranéennes.
L’huile: il s’agit d’un « goudron » extrait du bois de cette plante par pyrolisation. C’est un liquide sombre, à l’odeur âcre, riche en molécules aromatiques, et aux vertus connues depuis la nuit des temps (ou presque). Cette « huile » jadis utilisée par les bergers pour ses vertus cicatrisantes, trouve aujourd’hui ses débouchés au sein des laboratoires pharmaceutiques qui l’introduisent, en quantités infimes dans des shampooings, pommades, savons, etc.

Dans le département du Tarn-et-Garonne,   une sorte d’ aigarden  s’appelle la cadenelà  le « genièvre » local.  Je ne sais si ce boisson est produit de la même manière que le jenever néerlandais ou le gin  anglais. Par conséquent la traduction est peut-être mauvaise.

Etymologie: Il semble que le mot cade est autochtone dans l’est du domaine occitan où nous le trouvons aussi comme nom de lieu : Cadenet (Vaucluse), Cadenet-Perriers, lieu-dit à Sernhac (Gard), Cadenet lieux dits à Lussan, Le Cailar, Castries etc. (Cf. le site de l’IGN), dont l’origine Catanetum est bien attestée. Pour le Gard (M.E.Germer-Durand) il y a plusieurs toponymes:


Le mot catanus « cade » n’est attesté qu’une seule fois dans un glossaire du VIIe siècle et la première attestation en occitan date du XIIIe s. (Deudes de Prades, cf. le TLF). Il pourrait être d’origine celtique mais jusqu’ici on ne l’a retrouvé dans aucune langue celte, de sorte qu’une origine pré-celtique est probable.
L’espagnol cada et le catalan cadec ont été empruntés à l’occitan. Le mot cade a été introduit tel quel en français au début du XVIe siècle.

Cadel,cadèou "petit chien"

Cadel, cadèou en provençal « petit chien » vient directement du latin catellus « petit chien ».   Cadèla « jeune chienne » de catella. Attesté dans tout le domaine occitan.  Français chiot et chialer ont  la même étymologie.

Cadel  prend quelques significations secondaires : cadèlo  « charançon »  en provençal et languedocien; cadel « rejeton qui pousse sur les racines » dans l’Aveyron; cadel « chaton, fleur du saule » (Sauvages) ou du noisetier. En provençal  un  cadèou est un « jeune gars qui a les manières enfantines » ou comme terme  de métier très spécialisé « écume qui s’élève au-dessus de l’huile récente, pendant qu’elle est encore dans les tonneaux du moulin ».  A Aix en Provence  far de cadèous  est « vomir ». Dans la Vallée d’Azun (Hte-Pyr.) les cadéts  sont les « chevilles qui maintiennent les bords latéraux du moule à fromage ».

Les mêmes transferts se trouvent dans les langues voisines, comme par exemple en catalan  cadell  « fleur du peuplier ».

     

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Cadereau, cadaraucus

Cadereau « fossé d’écoulement des eaux de pluie et immondices d’une ville ». Il s’agit d’un mot typique  de Nîmes et Alès et qui est inconnu ailleurs. La graphie avec –eau  est francisante. L’étymologie est inconnue. JohannesHubschmid propose dans la revue Romance Philology 8, pp.12-261  une racine préromane *katarouko-.

cadereau à sec

Dans le Dictionnaire de Germer-Durand sont mentionnés cinq cadereaux,  dont quatre apparaissent pour la première fois dans le compoix de Nîmes de 1380, à savoir le Cadaraucus de Payrello, le Cadaraucus de Mirabellis, le Cadaraucus Sancti-Cezarii et le Cadaraucus itineris Bellicadri. Le cinquième est déjà mentionné dans un document de 1233 le Cadaraucus de Carceribus , maintenant le Cadereau de Montaury.

Cadarau est attesté pour la première fois en 1627 dans l’Inventaire des proverbes du Languedoc par Anne Rulman .

Dans la note 1) Mazel écrit: "Lisez lous bouton"

Cette  attestation qui se trouve dans un manuscrit conservé à Nîmes

et un autre à la BNF.  Dans un article intitulé Les proverbes du Languedoc de Rulman,  publiée dans la RLR 17 (1880 )42 ss. , Mazel  écrit:

« Anne Rulman est né à Nimes en 1583. Son père, d’origine allemande, avait été recteur du collège de Montpellier. Sous la direction d’un tel maître, Rulman prit de bonne heure le bonnet de docteur, plaida comme avocat, et, en 1612, se rendit a Toulouse où il se fit recevoir au Parlement en la charge d’assesseur criminel à la prévoté générale du Languedoc. De retour à Nimes, Rulman se livra à son goût pour la littérature et l’étude des antiquités. Ses oeuvres, restées manuscrites, formant plusieurs volumes, dont six in-folio, après avoir passé de main en main, furent donnés, en 1747, à la Bibliothèque du Roi par l’archidiacre de la ville de Nîmes, neveu du célèbre évêque Fléchier. Le volume à la fin duquel se trouve l’Inventaire des proverbes porte la date de 1627, pendant laquelle l’auteur y mit la dernière main. Rulman mourut à Montfrin dans la charge de juge de cette petite localité, vers la fin de 1639, au moment même où il venait d’entreprendre la publication de ses ouvrages »

Dans le site de l’Association Sauve Garrigue vous trouviez l’historique des inondations de Nîmes avec un film de 15 minutes en mémoire de l’inondation de 1988; dommage que cela a été supprimé.

L’étymologie proposée par JohannesHubschmid dans la revue Romance Philology 8, pp.12-26 est une racine préromane *katarouko-. 

  1.   Pour le moment je n’ai pas encore réussi à me procurer l’article de Hubschmid.

cadis ’tissu, grossier’

Cadis « tissu de laine du genre de la bure ou de la flanelle ».

Un visiteur qui fait de la généalogie, me signale ce mot cadis, qui est aussi un nom de lieu, Cadix en Espagne et dans le Tarn et un nom de famille dans l’ouest du domaine occitan. Dans  le Trésor de Mistral nous trouvons  en effet 3 articles « cadis »:

!

cadis1 Mistral

Cadis2 Mistral Il y a donc Cadix  en Espagne; ensuite  Cadix  une commune française située dans le département du Tarn, en région Occitanie. Ses habitants sont appelés les Cadixois. (230 habitants). Cadis « textile », cadis « fèves en cosse »  que Mistral a mis avec  cadis « étoffe », mais ce n’est pas le même mot.

Le mot cadis « toile  » appartient à l’histoire. Comme tant d’autres produits, le cadis n’est plus utilisé. Wikipedia a trouvé quelques images:

cadis Wikipedia_Pâtres_du_village_de_Grip_(i.e._Gripp),_Vallée_de_Campan_-_Fonds_Ancely_-_B315556101_A_PINGRET_016

Étymologie. Pour une raison mystérieuse cadis ne se trouve pas dans le FEW, en tout cas je ne l’ai pas trouvé. Par contre K. Georges a fait des recherches qui sont reprises par le TLF:

Tissu de laine du genre de la bure ou de la flanelle. Deux grands coquins de bergers drapés dans des manteaux de cadis roux (A. Daudet, Lettres de mon moulin,1869, p. 10).

Prononc. : [kadi]. Étymol. et Hist. 1352 (Comptes roy., fo79 dans Gay). Empr. à l’a. prov. cadis « étoffe de laine grossière » 1330-32 [Basses-Alpes] (ds Quem. Fichier); lui-même empr. au catalan cadirs (var. cadissos ou cadins) « id. » 1308 [Perpignan] (ds R. Lang. rom., t. 7, p. 55) d’orig. inc.; à l’appui de l’orig. catalane de l’a. prov. v. attest. dans Höfler, p. 85, note 9 et Gay. L’hyp. d’une dérivation du nom de la ville de Cadix en Espagne (DEI; Dauzat 1968) n’est confirmée par aucune source hist. (Höfler, loc. cit.); d’autre part, l’esp. cadiz « serge grossière » n’est attesté qu’en 1726 dans Al. Mot du prov mod. chez A. Daudet, supra; v. aussi Mistral.
BBG. − George (K.E.M.). L’Emploi anal. de qq. n. d’étoffes dans le domaine gallo-rom. In : [Mél. Boutière (J.)]. Liège, 1971, t. 1, p. 267. − Quem. 2es. t. 3 1972, p. 28.
L’origine du mot français est l’ancien provençal, qui l’a probablement emprunté au catalan, et la trace s’arrête là. Aucune preuve de Cadix, ville espagnole, comme ville originaire de ce tissu.
Alphonse Daudet a contribué à l’introduction de beaucoup de mots occitans dans la langue française.