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Grimaudes et Grimaldi

La déchetterie de Manduel, Bouillargues  et Rodilhan est en pleine transformation, mais son nom  Grimaudes ou  Les Grimaudes reste : grimaudes

Qu’est-ce que ce nom peut-il signifier? D’après les dictionnaires français un grimaud est une « homme renfrogné, déplaisant, maussade », mais le mot est hors d’usage d’après le Larousse de 1930. Il vit quand même dans les parlers régionaux. En béarnais par exemple  un grimaud est un « farceur ».

En français du XVIe siècle grimaud  est aussi un surnom des protestants et au XVIIe cela devient »diable; Satan » ; en languedocien grimaou, grimaoudo est ‘sorcier », et à Alès un « esprit fantastique ». D’autres significations dans le FEW XVI, p.64

Grimaudes fait  partie des mots qui viennent d’une racine germanique *grima- ‘masque »; comme on fait aussi des masques en dessinant ou en salissant le visage (Halloween,, ha ha) grimer a peis le sens « peindre sur le visage », grimace « contorsion deu visage ».

grimaceLes langues germaniques ont déjà créé des noms de personnes, comme en ancien franque Grimwald qui a donné en ancien français Grimaud; en le lombard Grimoald qui a donné en italien Grimaldi. Là nous sommes en terrain connu.

Les Grimaldi  et c'est pas Halloween.

Les Grimaldi et c’est pas Halloween.

Marc Kreydenweiss a appelé une de ses cuvées «  Grimaudes rouge« . Dans la revue du vin c’est devenu le Domaine des Grimaudes.

FEW XVI,p.64

bouye, boier ‘escargot’

bouyé « escargot » . Raymond Jour utilise ce mot dans  Culture de la Vigne en Languedoc. Voir le lexique1, Je le retrouvé chez Mistral :
bouieMistral

et avec plus de peine chez Alibert qui l’écrit boier comme en occitan médiéval.

Le premier sens du mot est « bouvier » ce qui nous fournit en même temps l’étymologie , latin bos, bovis + -arius.

Il y a pas mal de Boyer:

Boyer_Famille

J’avais seulement un petit problème avec l’évolution sémantique : bouvier > escargot, mais Mistral l’explique « parce qu’il trace un sillon de bave ».

Qui dit mieux ?

  1. Montagnac dans la page Sources, liens

Ventabren ‘fanfaron’, Nîmes

Ventabren est un quartier de Nîmes et le nom d’un village dans les Bouches-du-Rhône. Étymologie. Aimé Serre pense que le sens « ventar lo bren1  » c’est-à-dire  « venter le son » est peu plausible parce que l’on n’a jamais ventile le son, à moins qu’il s’agisse d’une dérision.  Et il cite Mistral qui traite le fanfaron de venta-bren.

Je ne peux pas savoir si les habitants de Ventabren et du quartier de Nîmes étaient-ils des fanfarons, mais ce toponyme existe comme substantif  avec ce sens à Nice et à Aix-en-Provence  . FEW XIV, 268 :

VentabrenFEW14_268

Ailleurs  c’est vento-boulofo, boulofo est une « balle de blé », dérivé  de bulla FEW I, 610.

Dans Wikipedia vous trouverez d’autres hypothèses, dont une qui vaut le peine d’être vérifiée:

Le Larousse illustré nous précise qu’en 1145 le nom du village s’écrivait Ventabran, pour devenir Ventabren en 1154. L’étymologie en serait Vin’t (celto-ligure), vent, et Bren (gaulois), colline, rocher escarpé.

  1. bren  vient d’une racine brenno- dont nous ne connaissons pas l’origine. FEW I,516

dourna ‘cruche’

Un visiteur me demande:
« Bonjour, le mot « dourne » est bien occitan ? On m\’a raconté qu\’il veut dire « pot » (et « tête »). »/

J’ai pu lui répondre :

« En effet dourna « cruche » du latin urna idem. est occitan.  . Le sens « tête » n’est attesté qu’en français urne,  chez Huysmans (1879). Voir FEW XIV, 63 et l’explication du d- p. 64. ».

Le mot est inconnu en provençal.

Dérivés avec la même étymologie:
dournado « contenu d’une cruche », dournedo, dournet « petite cruche »,  dournhè« évier »  (Toulouse).

Le Pégorier donne les toponymes suivants: Dournié : évier – Gers. Dourneto : petite cruche – Toulouse anc. Dourno nf. : cruche – Toulouse, Gers. Il y a aussi âs mal de familles Dournes.

Un peu de pub : Château de Dournès, F-81700 Blan, www.chateau-de-dournes.fr

Dournes Chateau de
,

Bouscarlo ‘fauvette’

Bouscarlo ‘fauvette’ . Etymologie : dérivé de *bosc « bois ».  Mot formé dans le domaine franco-provençal et occitan. Nombreuses formes dans  FEW XV/1, 200   Dans  le  commentaire p.208 l’auteur explique :  Le point de départ est manifestement un type *boscarula. Le suffixe a ensuite été remplacé par –arde.  En occitan quelqques autres suffixes.  Egalement en catalan  boscarla, boscaler, bosquata.   Bolleti de dialectologia catalana 1922, p.62

Bouscarla FEW15_1_208