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Dralha

Dralha « sentier pour les troupeaux « , fr.rĂ©g.draille mot commun Ă  l’occitan et le sud du franco-provençal. Voici la description d’une draille trouvĂ©e dans le site http://membres.lycos.fr/gtmc/etape06.htm:

« Deux grandes voies de transhumance traversent le Mont-Lozère: la plus importante – qui s’introduit au cĹ“ur mĂŞme de la montagne – est la grande draille du Languedoc au GĂ©vaudan. Elle amenait les troupeaux de la rĂ©gion provençale et gardoise ainsi que les petits troupeaux des contreforts cĂ©venols jusqu’au Col de Finiels puis redescendait vers la vallĂ©e du Lot avant de gravir la montagne du Goulet et de dĂ©boucher enfin sur les plateaux du GĂ©vaudan. Le tracĂ© des drailles n’est plus guère entretenu mais il est encore facile de repĂ©rer leur empreinte rectiligne: celles-ci vont de crĂŞtes en cols en Ă©vitant les fonds de vallĂ©e. ResserrĂ©es sur les terrains escarpĂ©s, elles peuvent atteindre jusqu’à 80 Ă  100 mètres de large dans les espaces dĂ©gagĂ©s et, sur leurs bords, figurent des murettes de pierres sèches pour canaliser les troupeaux. »

      
draille de Valleraugue vers le Mont Aigoual, 4000 marches

 
Draille entre l’Aubaret et St.Maurice                               Autre draille        

Von Wartburg le rattache au verbe *tragulare, un dĂ©rive de trahere « tirer » ou de tragula « traineau ».*Tragulare devait avoir un sens spĂ©cifique pour les chasseurs « chercher la bĂŞte avec les chiens sans avoir aucune piste ». L’Ă©volution sĂ©mantique s’explique alors Ă  partir d’un sens « chemin ou piste fait par les traineaux » et ensuite « piste » tout court. En ancien occitan il y a en effet le mot tralh « piste; glissoire pour lancer le bois du haut de la montagne » et en aveyronnais moderne estroillá « suivre Ă  la trace ». En gascon la drailha est en effet appelĂ©e la tralha, d’après le Thesoc « piste pour troupeaux ».

Mais le dr- au lieu de tr- n’est pas une Ă©volution phonĂ©tique normale. Elle ne peut s’expliquer que par l’influence d’un autre mot avec un sens plus ou moins proche, comme languedocien dressieiro « sentier » qui est souvent un raccourci, un dĂ©rivĂ© du latin directus. En effet, les « drailles » que je connais dans les CĂ©vennes sont des raccourcis comparĂ©s Ă  la route normale pour matĂ©riel roulant. Il y a une draille qui va de BertĂ©zène au Col du Pas.

J’aimerais attirer l’attention sur le fait que le sens du mot draillo s’adapte Ă  la configuration du terrain (voir les images): « trace dans la neige, sentier pour les troupeaux » en montagne mais « chemin » Ă  Montpellier, « ravine » Ă  St.AndrĂ© de Valborgne, « couloir pour descendre le bois », mais aussi  « trace de quelqu’un dans une rĂ©colte » en Limagne.

Gard drayaou « petit sentier dans les champs »; Montpellier dralhason « itinĂ©raire ». ComposĂ©: languedocien s’adraya  » s’acheminer; se mettre en train de faire quelque ouvrage » Borel 1655, Alès idem; v.n. « frayer un chemin » 13/2,174a ;
.Panoccitan : endralhar « mettre sur la voie » , adralhar v. tr. 1. viabiliser; 2. acheminer; 3. impulser; v.r. » s’acheminer ». etc.

Voir aussi l’article trallar « troller »!

 

 

L’hĂ´tel La Draille d’Alès,  ce n’est pas la mĂŞme chose.


 

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