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Tancar Tancar v.n., v.r. « fermer avec une barre, boucher, arrêter » (A). En français...
Pastenaga Pastenaga « carotte ».  En ancien occitan comme en occitan moderne pastenaga...
Brega, brego ‘lèvre...

Ce qui frappe en étudiant la répartition géographique de ces attestations est le fait qu’elles se trouvent sur une très grande étendue, des Cévennes jusqu’à St.Maximin et Hyères, avec une certaine concentration dans le triangle formé par Avignon, Nîmes et Arles. Le fait que brega est attesté à St.-André-de Valborgne, un village isolé des Cévennes, pourrait nous suggérer qu’il s’agit d’un mot fossile. Mais St.-Maximin et Hyères ne sont pas des lieux isolés.Pour en savoir plus, j’ai cherché le mot brego dans le Trésor de Mistral :

Dans les exemples et expressions qu’il fournit, on voit bien qu’ à la campagne c’est un outil, un brisoir de chanvre, sens qui a disparu avec la disparition de la culture du chanvre, en ville par contre le sens « bouche, mâchoire » est dominant.

Aissada Aissada s.f. »bèche, houe » d’un latin asciata participe passé du verbe...
Marélar Marélar v. 1) « distribuer le brin de soie sur l’écheveau de la roue à...
agrenas ‘prunellier... Agrenas, agranas « prunellier » 1 est   un dérivé en -ĭnus, -ānus du latin...

Bano

Bano, « corne d’animal », « bosse » (Lhubac) vient  du gaulois  *bannom « corne ». Cf. cymrique  (langue celtique du pays de Galles) ban. En ancien occitan la bana est le « bois du cerf ».

Mot et dérivés comme par ex. bien embané « qui a de belles cornes », et au figuré se faire embaner sont très répandus dans le Midi. Une banasse est une « grosse corne ».

Banard, banarde adj. ou subst. « qui a des cornes; se dit surtout à propos des ovins » (Camargue).

Banu, « qui a des cornes »  dérivé de bano ci-dessus. En français régional banut (Lhubac). Chot banut « petit duc » (Lhubac). Tavan-banaru « capricorne », cf. tavan.

Voir aussi le verbe banédja, 

Catalan banya.

             

Chot banut

Baloard

Baloard « boulevard » vient du moyen néerlandais bolwere, bolwerk « digue, palissade ». Les premières attestations du XVe siècle viennent du Nord-ouest de la langue d’oïl, le wallon et le picard. Bolvert, bolverq désignait le « terre-plein d’un rempart, le terrain d’un bastion ».(Voir le DMF). Dans les textes de cette époque on trouve aussi des formes avec -a- : balluard dans le Vaud, et balwer en wallon avec le sens « place ». C’est cette dernière  forme qui est la plus répandue en occitan. En béarnais un baluard est une « levée, une élévation de terre ».

Quand on a démoli les anciens remparts pour les remplacer par des grandes et larges avenues, on a gardé le nom boulevard en français, baloard en occitan. Jene suis pas sûr que ce mot soit « vivant ». Le Baloard à Montpellier est un centre culturel-gastronomique.
L’occasion de cet article a été une demande d’un visteur, qui m’a écrit : « Avez-vous rencontré le terme « baloir1 » qui semble être un lieu de baignade ? Ou de lavage de linge en rivière ? Terme employé particulièrement dans la vallée de la Cèze ». Ce sens n’est dans aucun dictionnaire.
Le chanteur Bernard Pialat vient de la même région. Il me confirme : « le mot baloir (baloar), dans la vallée de la Cèze et alentour est bien une elevation de terre ou de maconnerie (confondue avec lieu de baignade), en fait cette levée sert a détourner le ravinement des eaux de riviere, comme le dépot de gros blocs de cailloux actuellement. » A ma demande il confirme que  » les baloars s’appellent aussi levade et qu’il y a plusieurs lieux de ce nom et à cet usage (avec ou sans rivière). »
D’après le dictionnaire Panoccitan une levada est une « digue, élévation » ou une « fressure ». Voir aussi le TLFlevade.

Un choix des photos des baloars dans la vallée de la Cèze, faites par Bernard Pialat. (merci!)

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En anglais américain du Nord-Est, près de la frontière canadienne le boulevard  est « the strip of grass and trees between the sidewalk and the curb = la bande d’herbe et d’arbres entre le trottoir et le bord de la route ». Voir le Dictionary of Amerciacn Regional English.

Le boulevard le plus connu est le Hollywood boulevard.

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  1. Cette graphie est un bon exemple de la façon dont quelqu’un qui ne dispose pas d’un dictionnaire occitan, écrit sa langue. Voir mon article Comment écrire mon occitan

Balca, bauca

Balca ou bauca, baouco en fr.rég. baouque,  « herbe sèche » (Mathon.) « herbe fine  qui pousse le long des murs » (And), « brachypode »  d’après Lhubac .
Ancien occitan balca » nom de diverses graminées » ,  dans les patois occitans et franco-provençaux le type bauco désigne souvent des herbes à tige dure et c’est ce caractéristique qui a donné leurs noms aux plantes, p.ex. languedocien bauco « laîche = une plante à feuilles coupantes à fleurs en épi et à fruits en capsule qui croit en touffes surtout au bord de l’eau , appelée aussi carex » (S. . Le FEW 1,211b suppose une origine gauloise *balcos « fort, dur ». Voir aussi baou ci-dessus.

Bèbe

Bèbe dans l’expression faire la bèbe « faire la gueule ». Forme francisée du languedocien babo « lèvre ». Aveyron bobá « baver ». bebeu .

Bagnà

Bagnà « mouillé » du latin balneare « baigner ». Le glissement de sens, qui est évident,  se trouve surtout dans le Midi. La recette d’origine du pan bagna telle qu’elle est  donnée par Andolfi  correspond à celle du « pain perdu » et n’a rien à voir avec les sandwichs qu’on trouve de nos jours dans les snack-bars.

. pan bagnat ?

Bagnaduro «  mouillure, sauce », est dérivé de bagnà.  Bagnaduro  signifie aussi « rosée »  dans les départements 13, 30 et 11 d’après les données de l’ALF.

Badobec

Badobec « une parole ou une action qui jette dans l’étonnement ». voir badarUne très belle formation de mot

Badarela

Badarela adj fem. « qui ne fait que bailler ou crier » d’après Alibert, « femme qui n’arrête pas de pleurnicher », d’après mon témoin  de Rodilhan (30). Un dérivé de badar. Badarel est déjà attesté en ancien occitan avec le sens «  »badauderie ».

Bachas

Bachas « mare, flaque d’eau souvent boueuse » (Domergue) est cité par le FEW dans l’article bacca, *baccus « vase à eau ». Le sens « mare » du dérivé bacca + -aceu est donné par le témoin de Fourques pour l’ALF au début du 20e siècle et par l’abbé de Sauvages (S1) qui écrit :  « Bachas « gachis, mare, margouillis, flaque d’eau; auge de pressoir à vin ».

J’ai l’impression que le sens « mare » est caractéristique pour la Camargue. Partout ailleurs bacca et ses dérivés désignent des conteneurs, « auge, bassin, tronc d’arbre creusé, cuvette » etc. spécialisé en « auge de pressoir à vin » pour l’abbé de Sauvages. La présence des flaques d’eau un peu partout en Camargue ou l’absence d’auges (autrefois) expliquerait cette évolution sémantique.

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