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Tougno "Antoinette; imbécile"

Tougno « Antoinette; imbécile, niais ». Étymologie  Antonia féminin du nom de baptême Antonius. La tradition de donner des noms de saints de l’Eglise comme nom de baptême date du XIIIe siècle dans le Languedoc, d’après l’étude d’A.Dauzat1.   Les données ne permettent pas de savoir quel saint, Antonius le grand ou Antonius de Padoue est à l’origine du nom de baptême.

      

L’explication la plus probable du sens « imbécile, niais, etc »  est que  le nom de baptême Antoine devenu  Toni  en occitan, Toine  en français populaire, a subi le même sort que plusieurs autres noms de baptême très fréquents comme  Jean  et Jacques  en devenant péjoratif jusqu’à prendre le sens de « simple d’esprit, imbécile, niais ».

Dans l’article bala Mistral donne le proverbe suivant: ou Toni est « tout le monde ».

On trouve des représentants  du nom  Antonia, Antonius  avec ce sens  dans le domaine de la langue d’oïl en Lorraine et en Normandie , mais la grande majorité fait partie du  domaine de la langue d’oc.  Nous trouvons ces représentants parfois sous forme d’adjectif masculin, mais surtout comme adjectif ou substantif  féminin, par exemple à Alès togno « femme difforme, stupide, grossière », tougnas, -asse « gros benêt’,   à Saint Pierre de Chignac  le

Voir l’article Antoine prénom dans Wikipedia, qui donne ce nom dans les autres langues européennes.

Tougno « pain de maïs »  est un homonyme. Voir l’article tougno, tougnol.

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Notes
  1. Les Noms de personnes. Paris,1946

tougno, tougnol "pain de maïs"

Ci-dessous un tougnol moderne de l’Ariège, photographié par La dormeuse à Mirepoix.

tougnol Mirepoix

C’est un article de La dormeuse qui m’a poussé à écrire cet article:

C’est ce tougno qui m’intéresse ici, car, quoique dans une version améliorée comme celle du millas, déguisée, parée, toute faite de lait et de sucre, et de graines d’anis, il se mange toujours à Mirepoix, sous le nom plutôt audois de tougnol.La tradition veut que le tougno ait été au temps de la croisade le pain des Cathares, i. e. celui que les Bonshommes et les Bonnes Femmes portaient dans leur sac et, commémorant ainsi le dernier repas du Christ, partageaient en tant que compains sur leurs chemins d’infortune. “Insipide, lourd et sans levain”, ce pain-là depuis longtemps ne se trouve plus. Le tougnol actuel relève de la pure friandise. Ce qui compte toutefois, aujourd’hui comme hier, c’est de se souvenir qu’on ne se nourrit pas seulement de pain terrestre, mais aussi de symboles.

Alibert propose la graphie tonha « pain de maïs ou de seigle ».    Mistral écrit Tougno  voir tonio dans son Trésor:

Le lien sémantique entre « femme stupide » et « pain de maïs » n’est pas facile à établir.  Aussi le FEW les a considérés comme homonymes. Pour tougno  « sorte de pain » il suppose une base onomatopéique to(u)gn- qui a abouti à un verbe tougnar “presser, du poing, tasser, frapper” , le dérivé entougnà “emplir en pétrissant” et au figuré le substantif tougne avec les sens “bosse, bigne; motte épaisse plus ou moins ronde, petit pain rond”. Tout cela en béarnais. Dans le Val d’Aure capitougno s.f. “grand pain” et en aragonais toña grand pain de seigle”1 .

Alibert  a eu raison de faire un deuxième  article tougno  et il a aussi changé la  graphie : tòni m.  tònia  f. « Pierrot, coiffure de femme; benêt; nigaud; étron; ver des châtaignes ». Tonias, toniet  « id. »  Etymologie latin Antonius. Voir l’article Tougno « Antoinette ».

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Notes
  1. Alibert propose :du latin tundia  de  tundere ‘battre à coups redoublés » d’où « pétrir »,  mais ce tundia n’est nulle part attesté

Toupin, topin

Toupin, topin « pot de terre » ; « sot, imbécile » dans le Tarn et l’Hérault, « pot de confitures » dans l’Aude (Alibert).

Français toupin a été emprunté à l’occitan au début du XXe siècle, mais il a existé en ancien français pour disparaître de la langue au XVIe. (TLF). Pendant une promenade à Sain-Quentin-la-Poterie, j’ai photographié l’enseigne que voici:

A Saint Quentin chaque toupin trouve sa cabucelle.

Expression l qui veut dire « trouve chaussure à son pied ». (Camps). Il s’agit  d’un expression que nous retrouvons déjà chez les Romains : Invenit patella operculum et dans beaucoup d’autres langues, comme le néerlandais, l’allemand etc.

L’étymologie de toupin est d’après le FEW un ancien franc *toppin « pot ».  Cf. allemand Topf « pot », Pour des raisons d’ordre phonétique l’auteur pense que *toppin s’est répandu en galloroman à partir de l’Alsace, vers les régions de l’Est et le Sud, poursuivant son chemin vers le Nord de l’Italie, la Catalogne et l’ Espagne. D’après le Diccionari etimològic catalan topi est d’origine inconnu et preroman. D’après le RAE, l’espagnol tupin est un emprunt à l’occitan. Les savants sont donc pas d’accord.

Le TLF mentionne toupin, toupine comme français régional de la Provence et du Languedoc. C’est aussi le nom d’un « Fromage à pâte cuite, de forme cylindrique et fabriqué dans la vallée d’Abondance en Savoie » (TLF). En Savoie « La sonnaille (ou toupin) est portée par les vaches lors de la montée à l’alpage ou durant la désalpe. Regardez les données du Thesoc pour les dénominations des pots et leur utilisation. Vous verrez que dans beaucoup de parlers occitans le mot toupin a pris un sens spécialisé.

Il y a une étude  de Toole (R.). « Wortgeschichtliche Studien, toupin und bronze« . Jena-Leipzig, 1934. que je n’ai pas pu consulter.

tourin, touril

Tourin, touril  « soupe à l’ail, à l’oignon,   … »; la définition précise dépend de la région et de la cuisinière. Vous trouverez de nombreuses recettes sur le Web, e.a. dans Wikipedia , qui cite le Larousse gastronomique à propos de la graphie: « qui s’écrit également tourain, thourin ou tourrin, voire touril en Rouergue et touri en Béarn (…)  » .

Il faut pourtant savoir   que le touril  du Rouergue, n’est pas une graphie aberrante, mais un autre dérivé avec le même sens.  La forme en -in  se trouve principalement dans le sud-ouest, celle en -il  est plutôt languedocienne,  déjà attestée par l’abbé de Sauvages.

L’étymologie est le verbe latin torrēre « griller », qui sous l’influence de la grande majorité des verbes est passé à torrare. Le verbe torrar, tourar  « griller, brûler, cuire » est conservé en occitan et en franco-provençal.  En provençal on parle de taourà  à propos de la torréfaction des amandes. et par conséquent le « nougat » est appelé lou tourroun  à Marseille et dans l’Aveyron, que nous  retrouvons  d’ailleurs en catalan  torró, en espagnol turrón  et en portugais torrão.

Tourin et  touril   sont tous les deux des dérivés  du  verbe tourar « faire la cuisine ».  Le mot tourin  ne se trouve pas  dans le TLF.

D’autres dérivés bien languedociens sont les verbes se tourilhà , se tourrouya  ‘se chauffer, se câliner devant un bon feu », qui en gascon  devient  estourelhà  « faire sécher devant le feu ». L’abbé de Sauvage connaît la forme  s’estoulouirà « se câliner au soleil ».

trabac ‘sorte de filet fixe’

Trabac s.m. est défini comme « engin de pêche utilisé dans les étangs de Camargue; il tient de la nasse et de la madrague » par Michèle Povel-Armanet dans le parler camarguais. Nîmes, Lacour,1994. L’étymologie d’après le FEW XVII,640b  est le germanique, plus précisément le lombard ou langobard *trabo

Les attestations de trabac dans le FEW sont rares. Une pour le Grau-du-Roi et une pour Sète qui est fournie par Littré et reprise par les Larousse jusqu’en 1949.

Actuellement le mot n’est pas courant non plus. Google déniche trabac dans quelques sites dont le  Terroirs d’en France, qui l’a trouvé dans l’Encyclopédie Hachette Multimédia de 1999., qui nous renvoie à son tour aux  industries Fipec inc. fabricant de filets au Quebec (!).  qui fabrique des verveux :

« Les trabac (ou trabacs ou trabaque ou trabaques) sont des verveux multiples. »

filet canadienDans un  site consacré au Canigou, le trabac est décrit ainsi:

  Le « trabac » est un filet de pêche fixe en entonnoir maintenu en forme par des cerceaux multiples dont les petites mailles permettent la capture des anguilles, utilisé en poste fixe en eau peu profonde, maintenu sur le fond par des ancres lestées et tendu perpendiculairement aux berges entre des piquets de châtaignier, il canalise les poissons vers des nasses disposées en triangle qui sont visitées par le pêcheur une fois par jour.

Le FEW nous fournit encore 2 variantes de trabac, dont la première vient du livre fameux de Duhamel du Monceau, Traité général des pesches..  (suivez le lien ! j’y ‘ai consacré toute une page), qui nous explique:

Trabac Duh1c 130

avec un renvoi vers  la Section II, p; 155:

Trabac Duh1b 155Ce texte a paru en  1769;  le changement et le nom trabacou date donc de 1750 environ.

La seconde est marquée comme « rhodanien » et je me suis dit qu’il doit donc se trouver dans le Trésor de Mistral:

TrabacoMistralet sa définition est bien  « espèce de tartane » et « espèce de filet ».

Tout à fait par hasard je trouve qu’il n’y a pas longtemps, en 2012 , a paru une étude sur l’histoire de la pêche en Méditerranée1 avec des  dessins magnifiques en plus. D’après ces recherches de Mme Maria Lucia De Nicolò,  l’expression à trabac désigne d’abord des voiles trapézoïdales déjà expérimentée au début du XVIIe siècle.

voiles à trabacIl s’agit donc bien d’une innovation technique pratiquée à Venise  et adoptée en Provence. L’étymologie est d’après le FEW XVII,640 l’italien trabacca  attesté depuis le XIIIe siècle avec le sens « tente de soldats; baraque », dont le suffixe -acca  a été pris au mot baracca  et le début  correspond à l’étymon germanique du  français tref « tente; voile carré », ancien provençal trap « tente; demeure, habitation ».

Il faut dire que l’histoire de ces derniers est très discutée par des grands étymologistes comme Corominas, Thomas, Schuchart et von Wartburg. Il n’est pas étonnant qu’il se trouve tout à la fin du volume XVII dans les Corrections et compléments. Le FEW donne un résumé des propositions.

 

 

 

Notes
  1. Maria Lucia De Nicolò, « Recherches sur l’histoire de la pêche en Méditerranée : Tartanes de Provence,tartanes de Vénétie, trabacs, modèles adriatiques pour la pêche à la traîne et le petit cabotage ( XVII e -XVIII e siècles) », Cahiers de la Méditerranée 84,  2012, mis en ligne le 15 décembre 2012

Trallar

Trallar « se promener », fr. rég. traller « se balader, vadrouiller » (Lhubac).

Le verbe trallar se trouve dans les volumes Incognita du FEW, avec dans  l’article « Les fêtes »  les mots occitans que voici:  Puisserguier trallo « noce, fête, riboter, fainéantise », Toulouse « folie, débauche » (M), tralla v. « secouer, remuer, agiter, faire la fête, vaquer, se promener »(vol. XXII/2, 175 b). L’auteur suggère l’étymologie : *tragulare, vol. XIII/2, 175b.

En  moyen français est attesté  le verbe traller « troller » terme de chasse. Dans le TLF, s.v. troller avec une variante traler, il y une définition bien plus précise: « chercher la bête avec les chiens sans avoir aucune piste et sans avoir quêté auparavant avec le limier ».  C’est une variante de « vadrouiller » pour les chasseurs.

Quand un mot comme trallar quitte le milieu des chasseurs et passe dans la langue générale, le sens devient également plus général. Dans ce cas précis il devient synonyme de « vadrouiller, se balader ».
Dans le TLF s.v. troller vous pouvez lire les problèmes et propositions d’ordre phonétique de cette étymologie .

Voir aussi l’article dralha « piste »

Trampelar


Trampelar « chanceler, tituber; languir; traîner; grelotter ».  A trampoulados est « à pas comptés, comme un ivrogne ou un petit enfant ». Un trampoun est un « ivrogne » en languedocien.

La première attestation est l’ancien occitan trampol « le bruit d’une troupe en marche » (1300 environ)

En néerlandais existe le verbe trampelen « trépigner, piétiner, fouler aux pieds », en allemand trampeln, anglais trample on , et dans les langues romanes : italien trampoli « échasses » catalan trampa « un piège dans lequel le gibier tombe », trampejar « tromper », espagnol et portugais trampa « piège; tricherie ». Dans le domaine galloroman cette famille de mots se trouve surtout en occitan, en franco-provençal et dans une bande étroite jusque dans les Vosges.

L’étymologie est très probablement la racine germanique *tramp parce que nous trouvons cette famille dans des régions proche du domaine germanique et dans les régions où les Burgonds, les Goths et les Longobards ont eu une forte influence à savoir la Suisse, le nord de l’Italie et le Midi. Le français tremplin est un emprunt tardif à l’italien trempellino.

Je donne l’histoire de ce mot parce qu’il prouve la grande importance du bilinguisme dans l’apprentissage des langues étrangères. Quelqu’un qui parle couramment l’occitan a un accès privilégié aux autres langues romanes et aux langues germaniques. La langue française est déjà le meilleur point de départ pour l’apprentissage des langues romanes, voir à ce propos le site Eurocom et pour quelqu’un qui en plus est bilingue français + occitan, les autres langues romanes : l’italien, la catalan, l’espagnol, le portugais et même le roumain sont très faciles d’accès.

Franz-Joseph Meißner / Claude Meissner / Horst G. Klein / T. D.Stegmann
EuroComRom: Les sept tamis: lire les langues romanes dès le départ; avec
une esquisse de la didactique de l´eurocompréhension
, Aachen 2004, 25,00 €,
50,00 SFr, ISBN 978-3-8322-1221-6 + CD zum Hörverstehen.

Trantanel

Trantanel  est « la bourdaine »  et « le garou à feuille étroite » d’après l’abbé de Sauvages dans la première édition de son dictionnaire, voir mon article canto-perdris; trentanèl , trentanèla « sainbois, garou ». (Alibert). Dans la deuxième édition (S2), l’abbé donne comme sens de trantanel « bourdaine » et supprime « le garou », et sous canto-perdris il donne seulement « garou » comme sens avec trintanelo comme synonyme. Je pense que c’est son frère, François, le fameux botaniste, physicien et médecin qui a attiré son attention sur la différence de ces deux plantes.

D’après le volume XXI « Mots d’origine inconnue » p. 112b du FEW, tantanel « daphne » est un mot typiquement languedocien, attesté au Moyen Age. Les formes avec -r-: trintanèl (Gard), trentanèl (Montpellier 1686), trantanel (Castres) avec le sens « daphne gnidium » sont plus récentes.

L’abbé de Sauvages n’est pas le seul à confondre bourdaine et garou. Dans le Gard et à Montpellier le mot désigne aussi la « bourdaine » et il y a une autre attestation à Forcalquier trantanéou « bourdaine ».  Les deux essences  se ressemblent mais  le garou ou sainbois pousse surtout dans des endroits secs et arides et la bourdaine dans des régions humides.

Littré a trouvé le mot trantanel dans  l’Instruction générale pour la teinture  de 1671  et il  le définit comme « Nom languedocien de la  passerina tinctoria, thymélées; cette plante fournit une couleur jaune. Nous avons la malherbe et le trantanel, qui sont deux plantes d’une odeur forte dans leur emploi, qui croissent dans le Languedoc et dans la Provence.

Etymologie.

En languedocien est attesté le verbe trantá, trantaliá, trantaleissá « vaciller, trembler »(S2) , ere en tranto « j’étais en balance si je ferais telle chose » (S2); trantir dans l’Alibert avec de nombreux dérivés: trantalhar « chanceler », trantol « échelle suspendue sur laquelle on conserve le pain…. », trantel « jeu de bascule »(Cévennes) etc.etc. Le mot est aussi vivant dans la haute Provence en français régional: Trantailler : « trembler, perdre l’équilibre.

A une re-lecture plus attentive de l’article trant- (onomatopée) « balancer, vaciller » dans le FEW , je trouve, un peu caché il faut le dire:

 Marseille tartonraire « passerina tartonraira » (1570) d’ou le nom scientifique.

Lors de la rédaction de l’article trant-  du FEW un paquet de fiches avec trantanel a dû s’égarer et par la suite le lien avec la racine trant- a été oublié, de sorte que toute la famille trantanel « daphne gnidium » ou « bourdaine » a été réunie dans les « incognita1« .

Le lien sémantique entre « balancer, vaciller, trembler » et les deux plantes « bourdaine » et « garou » n’est pas évident. Bien sûr il y a le tremol, « tremble » mais c’est un grand arbre dont les feuilles tremblent au vent et que tout le monde connaît. C’est en surfant sur le net à la recherche d’une description de la bourdaine que j’ai lu dans plusieurs endroits que les chevreuils raffolent de la bourdaine, qui pour eux est une drogue.
Dans Wikipedia : « son fruit, très prisé des chevreuils notamment, contient un alcaloïde aux effets psychotropes. Les chevreuils qui en consomment en fin de printemps errent sans conscience des dangers, particulièrement sur les autoroutes. » Autrement dit les chevreuils sont comme des ivrognes, ils vacillent. Peut-être qu’il y a eu un transfert de nom de l’effet vers la cause « la bourdaine ».    Balandino  dérivé de ballare « danser »  « grande cigüe qui donne lieu à des convulsions » est un cas analogue.

bourdaine

Marseillais tartonraire « passerina tartonraira », mais ailleurs aussi « garou; euphorbe épineux » et le groupe de mots trandoulá « balancer, trembler » trandol « balançoire », drandaïá « chanceler » (Alès) appartiendraient à la même famille de mots d’origine onomatopéique trant-. Le médecin-botaniste allemand Heinrich Adolph Schrader (1767-1836) a certainement visité la Provence, parce que c’est lui qui est à l’origine du nom scientifique.  Voir l’article tartonraira


tartonraire  « passerina tartonraira.Schrad. »

Trantala(r), trantailhar « chanceler, vaciller, secouer » est très bien attesté dans tous les parlers occitans.

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Notes
  1. Il y a 3 volumes de mots d’origine inconnue. Du boulot pour les étymologistes

Tranugo, sarnuge

Tranugo, tronugo, tranüo s.f. « chiendent, herbe traînante, etc. »

Tranugo appartient à une famille de mots que nous trouvons dans l’Ouest du domaine d’oïl et en occitan. Il y a deux grands groupes, le type tranugo et le type sarnuge. Il s’agit en général de « chiendent » ou de la « renouée des oiseaux » qui s’appelle aussi « trainasse, centinode, herniole, sanguinaire », ou d’autres mauvaises herbes. Pour l’informateur de St-Bonnet-de-Four, Allier du Thesoc  la tranuge rouge est « l’achillée mille feuilles ».

La plus ancienne attestation date du IXe siècle en latin tardif ternuca « chiendent ». L’origine de ces noms est inconnue. Il s’agit peut-être d’une famille de mots pré-romanes ??? Voir FEW XXI, 196

Un jour il faudra faire une étude de la connaissance actuelle des noms locaux des plantes et la comparer aux données d’il y a une centaine d’années.

       

trainasse                     chiendent                     achillée

Trast

Trast « soupente, galetas » du latin transtrum « poutre transversale », sens conservé en wallon.

En Occitanie c’est ce qui se trouve au dessus des poutres : le grenier, et ce qui  intéresse  les chineurs « les vieux objets, les vieux meubles, les guenilles,etc. » qu’on descend vers les  vide-greniers. Une relation de contenant > contenu.

Trastes est le plus souvent au pluriel!  Dans le Tarn on traite des « personne chétives » aussi de trastes.

       

Le mot a existé en ancien français, mais a dû céder la place à tréteau. Le catalan l’a également conservé: traste « meuble, ustensile de cuisine » et espagnol trasto « chose inutile ». Anglais transom « linteau », ancien anglais « poutre », breton treûts, trest.