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Ebria, ebria

Ebri, ebria « ivre » du latin ebrius « ivre ». De nombreuse formes pour la voyelle initiale depuis l’ancien occitan: ibre, iure, ieure. Voir ebriago.

Le TLF en suivant le FEW remarque que : « Les parlers gallo-romans pr√©f√®rent, comme le fr. pop. des mots plus expressifs.. » Un coup d’oeil sur l’Atlas linguistique de l’occitan montre que cela vaut aussi pour l’occitan : acotrat, bandat, bombat, briat, choc, conflat, embriac, empegat, fin, fiolat, gris, ibronha, pete, pintat, plen, rede, sadol, tibat, tordos, torsut et je suis s√Ľr que la liste est incompl√®te.

La preuve : un visiteur qui me signale que le chanteur languedocien Joanda dans la Gazette conna√ģt le mot molan et qu’il explique dans la Gazette de N√ģmes qu’on appelle le raisin un sac √† mol, expression tir√© du mot molan « ivrogne ». Molan se trouve dans l’Alibert avec le sens « p√™che molle; personne molle: sorte de raisin » et est d√©riv√© du latin mollis « mou ».

Ebriago

Ebriago

  • ivraie

ebriago « Ivraie »¬†¬†¬†¬†

  • redoul (coriaria myrtifolia) » Voir Wikipedia pour redoul. Cette esp√®ce contient de la coriamyrtine, alcalo√Įde qui frappe les moutons d’intoxication alcoolique lorsqu’ils¬† consomment les baies. Le nom vulgaire redoul d√©signe aussi le sumac. Utilisation: Tanins: les grandes quantit√©s de tanins contenues dans cette plante l’ont fait utiliser pour le tannage des cuirs. Les feuilles ont √©t√© utilis√©es pour peindre en noir. Pigments: violet noir dans les fruits.

On cite leur utilisation au siècle dernier pour teinter le vin. Voir Wikipedia.

√Čtymologie : ebriago vient du latin ebriacus « ivre » un d√©riv√© de ebrius « ivre ». Ancien occitan ebriac, embriac, ubriac. Occitan moderne embria « ivre », embria√Į, – aigo (Al√®s), e(m)bray, b(e)ryac (Ari√®ge), etc.(cf.Thesoc, ivraie). Pour le languedocien est attest√© un embriaigo-cabro « lotier cornicule » (Wikipedia), autrefois utilis√© comme calmant et somnif√®re. Je pense que la source du FEW a confondu cette plante avec le coriaria myrtifolia ou redoul qui sert aussi pour le tannage. D√©riv√©s : ancien occitan abriaga « ivraie enivrante « ; occitan embriac, embriaga ; embriaig√† « enivrer ».

L’insertion d’un -m- ainsi que la chute compl√®te de la premi√®re syllabe et les variantes avec i- (fran√ßais) s’expliquent par le fait qu’il s’agit d’un e- long dans une syllabe ouverte. Voir Ascoli, dans l’Archivio glottologico 3, p.442. Consultable gr√Ęce √† l’universit√© de Toronto (globalisation !) qui vous permet de consulter cette revue dans les biblioth√®ques canadiennes et am√©ricaines!

Italien ubriaco « ivre », catalan embriac, espagnol embriago, portugais embriagado, basque iraka, iralka, libraka. A ma demande un visiteur qui conna√ģt bien le basque m’a r√©pondu : Le basque ira(l)ka « ivraie » est semble-t-il en effet un emprunt au gascon irague « id. », lui-m√™me du latin ebriaca. La variante roncalaise libraka avec b suppose un autre interm√©diaire roman pyr√©n√©en o√Ļ le b de la forme latine a √©t√© conserv√© (biraca ou quelque chose comme √ß√†, tr√®s probablement de l’aragonais).


ebriago?

             

¬† ¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† embriaco « doronicum »¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†ubriago¬† « fumeterre »¬†¬†¬†¬†
Le nom a √©t√© transf√©r√© √† d’autres plantes: proven√ßal embriaco « doronic« , « centranthus ruber », ubriagia « colchique » (Alpes-Mar.), ubriago « fumeterre » (BduR) embrieiguas « sorte d’orchis » (Montpellier). Je ne connais pas les raisons de ces transferts, mais je pense que la plupart est enivrant(???).

Egassiaral

Egassieral (nom d’une rue √† Ste Valiere, Aude), egassiairal(stade √† Narbonne).

L’egassiairal (Narbonne) sans juments.

Un visiteur m’a demand√© ce que ce mot pouvait signifier, m√™me les anciens dans son village ne le savaient pas. Voici ce que j’ai pu lui r√©pondre:

« Bonjour!
Dans le Dictionnaire d’Alibert je trouve: egassier « conducteur des juments pour le d√©piquage » , c’est √† dire qu’autefois on se servait des juments pour faire sortir le grain de l’√©pi en foulant les c√©r√©ales. » Il y avait des troupeaux de juments, egassada ou egatada,¬† pour ce travail. Je pense que votre egassieral est un enclos ou un √©curie o√Ļ se trouvaient ces b√™tes. Si vous trouvez une confirmation de l’existence d’un tel endroit dans la rue en question, veuillez me tenir au courant et si possible, me faire parvenir une photo pour que je puisse l’ins√©rer dans mon site.

Vous voyez qu’il l’a fait! avec en plus la confirmation qu’il y avait bien un enclos ou une √©curie pour les juments et que la photo repr√©sent le portail mur√©!

         
mais les equae ont été remplacées par des CheVaux.

Il s’agit d’un d√©riv√© du latin equa « jument », mot devenu rare m√™me dans les patois du Midi et remplac√© par le mot fran√ßais ou par caballa, mais conserv√© en catalan : egua, euga (DE). »

Egassier

Egassier « conducteur des juments pour le d√©piquage des c√©r√©ales ». En 1926 Vinas Gaston a publi√© « L’egassier (Le Gardeur de cavales). » Le mot est aussi devenu un nom de famille.

Cf. egassieral d√©riv√© de equa « jument ».

Equa est aussi¬† conserv√© dans le nom d’une plante, le « tussilage » ou « p√©tasite », appel√© paouta d’√©ga ou paouta d’aze au Vigan (Gard), d’apr√®s Rouger Fran√ßois-Alexandre, Topographie statistique et m√©dicale de la ville et cantan du Vigan. Montpellier 1819.

Eguezier 'gardian de chevaux'

Eguezier « gardian de chevaux » √† Apt au Moyen Age. Etymologie : du latin equitarius « ma√ģtre de haras » un d√©riv√© de equitium « haras ».¬† Parfois j’ai de la chance et je trouve toute l’histoire d’un mot dans une source.¬† Elle est √©crite dans l’article de de F.Sauve, Les Services publics communaux et les abonnements en nature au Moyen Age dans la r√©gion Apt√©sienne.¬† Annales de la Soci√©t√© d‚ÄôEtudes proven√ßales 5 (1908). Aix-en-Provence. p.10¬† :

 

 

 

Eigagnaou "rosée"

Eigagno; eigagnaou, aigagnaou « ros√©e » . La premi√®re est plut√īt¬† proven√ßale, la seconde languedocienne. D√©riv√© de aqua « eau ».

Exemple tir√© de Fabre d’Olivet,¬† Les Troubadours… A la fin du vol. II, pp. 586-617 se trouve un lexique « occitanique », qui pr√©sente des mots de la r√©gion de Ganges (H√©rault).

eignanaou

Eiris

Eiris ‘h√©risson’.¬† Un visiteur me demande comment √©crire Deleris, son nom de famille, en occitan. Un probl√®me …√©pineux. Si je lui r√©ponds que cela s’√©crit comme cela se prononce, j’attire les foudres des « ma√ģtres de la graphie classique », mais je serai √† l’abri du Mistral :

Mistral ;  Alibert a une autre variante graphique : eiriç.

Etymologie : le latin avait deux mots pour nommer l’h√©risson : erinacius et ericius. Seul le dernier a surv√©cu dans les langues romanes. En occitan ericius a abouti aux formes donn√©es par Mistral. Nous n’avons pas d’attestations d’ericius dans le domaine de la langue d’o√Įl, mais il a d√Ľ exister vu le grand nombre de d√©rives directs comme ancien fran√ßais hericier ‘dresser les cheveux’ > fran√ßais h√©risser.

La forme eiris a subi une tr√®s forte pression de la langue d’o√Įl qui avait cr√©e tr√®s t√īt un d√©riv√© avec le suffix -one : h√©risson, qui l’a remplac√© presque partout, comme languedocien eirissoun (Mistral). Eiris ne s’est maintenu que loin de Paris comme dans l’Aveyron. Voir la page consacr√©e √† l’histoire des¬† mots qui d√©signent le¬† tablier pour comprendre le progr√®s du patois de l’Ile de France dans le domaine galloroman.

Le transfert de sens √† ‘bogue de ch√Ętaigne’ se trouve non seulement en occitan et en franco-proven√ßal, mais aussi en italien et espagnol. Par la suite beaucoup d’outils ont pris le nom de h√©risson.

    

Comme sobriquet urisson est attest√© depuis le moyen √Ęge en dauphinois. Le passage d’un surnom √† nom propre est tr√®s courant. D’autre part j’ai trouv√© dans un dictionnaire √©tymologique des noms propres, que le nom Leiris ou Leyritz viendrait d’un nom de lieu identique qu’on trouve dans l’Ard√®che, la Haute Loire, l’H√©rault et la Loz√®re, ce qui correpond √† peu pr√®s de la g√©ographie du mot eiris. S’agit-il de notre eiris ou de Leyris qui signifie ‘friche’ d’apr√®s P√©gorier? Le probl√®me est que¬† je n’ai retrouv√© leyris avec ce sens dans aucun parrler occitan.
Le nom de famille Leyris est le plus fr√©quent en Corr√®ze et dans le Gard. Le nom Deleris dans le Tarn et l’Aveyron.

Eissaure "vent léger"

Eissaure « vent l√©ger, z√©phyr, brise » est d√©riv√© du latin *exaurare¬† « a√©rer »1. Les sens donn√©s sont plut√īt propre aux parlers occitans¬† du P√©rigord¬† √† la Bigorre.

Trésor du Félibrige

Le verbe eissaoura, issooura¬† signifie « faire s√©cher au vent » *Exaurare¬† n’est pas attest√© en latin, mais sa pr√©sence en plusieurs langues romanes permet de le supposer. De l√† l’ *.

En fran√ßais¬† c’est le sens¬† « s√©cher » qui a pris le dessus pour le verbe, tandis que pour le substantif¬† essor,¬† c’est le sens¬† « ‘√©lan » .

Emprunt√© par l’anglais¬† to soar « s’√©lever dans les airs, s’envoler ».

Cet article est d√Ľ √† l’incitation de¬† Philippe Rigaud,¬† co-auteur de De la Nave au Pointu. Glossaire nautique de la langue d’oc.Provence-Languedoc. Des origines √† nos jours.1993-1994. Edition augment√©e en CD 2010. par Fourquin No√ęl, Rigaud Philipp,¬† qui a eu la gentillesse de me signaler leur travail et de me le¬† transmettre¬† en pdf.

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Notes
  1. FEW III, 261b

Embanasté

Embanast√©, dans l’expression en fr.r√©g. se faire embanaster « se faire avoir »(Lhubac). D√©riv√© de banasto « nigaud »

Embonilh, emboriga "nombril"

Embonilh « nombril » est la forme la plus r√©pandue d’apr√®s le Thesoc; emboniga¬† se trouve dans l’Ard√®che, le Gard et l’H√©rault, et devient emborigo¬† √† Fourques et¬† Villeneuve d’Avignon, comme¬† en proven√ßal¬† de l’autre c√īt√© du Rh√īne.

On a bien le sentiment que les formes occitanes ont quelque chose en commun avec le nombril¬† du fran√ßais , sans qu’on sache exactement quoi. Eh bien c’est l’√©tymologie,¬† le latin umbiliculus¬† « nombril ». Il faut dire que la forme du fran√ßais serait bien m√©connaissable pour un Romain. L’extr√™me vari√©t√© des formes issues de¬† umbiliculus provient¬† √† mon avis du fait¬† qu’il s’agit d’un mot qu’on n’utilise qu’avec des proches ou des enfants. Le nombril¬† ne joue aucun r√īle social ou « soci√©tal »¬† pour parler XXIe si√®cle. D’autres exemples de ce ph√©nom√®ne, comme¬† les noms du sureau,¬† se trouvent avec le mot cl√© phon√©tique.

Le probl√®me pour les √©tymologistes dans des cas analogues est qu’il faut trouver une explication pour chaque forme. Je ne vais pas faire cela, ce serait trop long, mais je vous donne¬† les formes occitanes. Vous comprendrez aussi pourquoi mon Index Oc¬† est incomplet!

  • Ancien occitan : ombrilh,¬† Haute-Garonne¬† oumbrih
  • Gers, Landes¬† lumbrilh, lumbrik, lumbris
  • Ancien occitan emborigol, Aix embourigou, Gard¬† embounigo
  • Ancien occitan¬† embounilh¬† (Quercy), embounil¬†¬† la forme la plus r√©pandue.
  • Aveyron¬† demounil
  • H√©rault, Aude etc.¬† mounil
  • Proven√ßal¬† embourilh, embouriou

Le nom de certaines plantes  est plus facile à expliquer, surtout si on peut présenter des images:

ambourgueto dans le Var     ambourgueto à Nice

Umbilicus pendulinus ambourgueto  dans le Var.      Une morille comestible  ambourgueto  (?) à Nice.

 

La forme¬† bedije¬† « nombril » est surtout attest√© dans l’Aude

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