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Brega, brego ‘lèvre’ et barjà ‘b...

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Dans cette carte  Brega « lèvre faite à l’aide de Google maps, j’ai rassemblé les attestations du mot brega « lèvre » dans les différents Atlas linguistiques (Thesoc, ALF et ALLoHallig). En cliquant sur une goutte vous verrez aussi  le nom du village et la source de l’information.

Mistral, Trésor

Ce qui frappe en étudiant la répartition géographique de ces attestations est le fait qu’elles se trouvent sur une très grande étendue, des Cévennes jusqu’à St.Maximin et Hyères, avec une certaine concentration dans le triangle formé par Avignon, Nîmes et Arles. Le fait que brega est attesté à St.-André-de Valborgne, un village isolé des Cévennes, pourrait nous suggérer qu’il s’agit d’un mot fossile. Mais St.-Maximin et Hyères ne sont pas des lieux isolés. Pour en savoir plus, j’ai cherché le mot brego dans le Trésor de Mistral :

Dans les exemples et expressions qu’il fournit, on voit bien qu’ à la campagne c’est un outil, un brisoir de chanvre, sens qui a disparu avec la disparition de la culture du chanvre;  en ville par contre le sens « bouche, mâchoire » est dominant.

Nous y trouvons aussi une explication de la rareté des attestations. Mistral définit brego comme un mot péjoratif pour « machoire, babine ou lèvre », on l’utilise pour la « bouche d’un porc, le bec des chiens » etc. Brego signifie souvent « gueule ». D’après lui brego, bargo, barjo est connu en limousin, languedocien, gascon, sur les bords du Rhône et à Marseille. Il les ‘a donc trouvé dans des dictionnaires ou des textes de ses prédécesseurs.

En effet, l’abbé de Sauvages donne le verbe barjha « briser ou broyer le chanvre » et il explique que le sens au figuré « babiller, jaboter en style bas à cause du bruit que fait la broie avec ses deux machoires ». Un barjhos « un brisoir, une broie », mais un barjhaou est « un grand causeur, babillard ».
Le FEW a repris cette explication dans l’article *brekan « rompre, casser, briser ». Cf allemand brechen, néerlandais breken, anglais to break, a break. « rompre ».( FEW XV/1, p.265-270, et n.10).

Il faut noter que la notion sémantique ou l’image exprimé par quasicare » écraser, casser, frapper » est à l’origine du verbe cascailler « caqueter; bavarder ». Dans le même ordre d’idées, l’onomatopée klap « coup » a donner le verbe néerlandais klappen « applaudir » mais en flamand klappen « parler ». Cf. ici l’article clapardo, clapo « sonnaille », français clapoter, s’esclaffer. Néerlandais kletsen « claquer; bavarder ». L’espagnol cascar « casser, épuiser, briser » signifie aussi « papoter, bavarder ». Allemand Klatsch, Quatsch « coup » et « bavardage, non-sens » plappern, et même dreschen « battre le blé; bavarder ». Anglais chatter « claquer des dents; parler rapidement » devenu chat. Cette métaphore est donc internationale. Cf. l’article cascailler pour plus d’information sur l’importance de ces procédés dans l’histoire des langues et dialectes.

En galloroman *brekan « rompre, casser, briser » a pris le sens « broyer, écraser » en général, > broyer en français. A la campagne le sens du verbe broyer s’est spécialisé et est devenu « briser la tige du chanvre pour détacher la chenevotte de la filasse »; en ancien occitan bragar (XIVe siècle). Le nom de l’instrument est dérivé du verbe : la braga en ancien occitan (XVIe s.), parfois au pluriel bargos (Castres), et brega « broie » dans le Cantal.(Vous trouverez une description détaillée du travail du chanvre dans une page du site du Musée de Retz.)

      

Le FEW a regroupé tous les sens au figuré de brega et nous constatons que la carte ci-dessus est très incomplète! Dans la première attestation qui date du XVe siècle et vient de la Provence, bregas signifie « mâchoires » . Ensuite, suivant les localités et les auteurs des dictionnaires, lexiques, textes en occitan, brega, bardza, etc. prend par metonymie le sens de « bouche, bouche des animaux, babines d’un cheval, visage, lèvre d’enfant, grosse lèvre » etc.

Sur la carte ci-dessous vous verrez que l’extension géographique de brego « lèvre et/ou les zones annexes » est bien plus étendue que celle que nous avons vue ci-dessus avec le sens précis « lèvre ». Quand vous cliquez sur les points vous aurez les localisations, et les mots avec les significations (pour les points bleus consultez la carte en haut); par exemple : Marseille: brego « partie extérieure de la bouche »; barjo « bouche d’un homme; babines d’un cheval »; breguetto « lèvre d’enfant »; bregarut « qui a de grosses lèvres »; débregar « défigurer, balafrer »; bregoulejar « manger à tout instant des friandises ».


Afficher brega « bouche, etc » sur une carte plus grande, sur laquelle vous verrez sur la gauche les noms des localités(points rouge) ou régions (points mauves) avec les données.

Je n’ai pas besoin de faire une troisième carte avec les attestations du verbe bardzà, barja(r) « bavarder » et des dérivés comme barjaire « bavard » parce qu’il couvre/couvrait, d’après les dictionnaires et textes anciens, tout le domaine occitan et francoprovençal, même si d’après les données du Thesoc il n’y a au total que 3 attestations dans le Gard et 2 dans l’Ardèche. Il me faudrait plutôt un enregistrement vidéo avec le bruit que fait la braga ou brega « broie » quand des femmes bregan le chanvre, pour illustrer l’évolution sémantique du verbe barja « broyer le chanvre » > « bavarder; jacasser, babiller ».

Il reste une question à élucider, à savoir si à une époque les deux zones, le languedocien + le provençal d’un côté et le périgourdin + le limousin de l’autre étaient liées par les parlers intermédiaires; ou que l’emploi de brega, barja avec le sens « mâchoire, bouche, lèvre » s’est développé indépendamment dans les deux zones. Je crois avoir trouvé la réponse dans les définitions et les exemples que le TLF donne du mot bouche. Dans de très nombreux cas la signification de bouche est la même que celle de lèvres, comme dans : Une belle, une jolie bouche; une bouche large, charnue; mince, fine, pincée; une bouche bien dessinée, etc. A Marseille le sens est encore plus étendu: Faire les brègues « faire la tête » (Gouiran)


chenevotte                                                             chanvre                                               filasse

Orthographe de votre dialecte ?

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L’orthographe de votre dialecte , ou comment écrire mon patois ?

Il y a deux réponses possibles à cette question  que de nombreux visiteurs me posent,:

1. Appliquez la graphie mistralienne ou la graphie classique, la norme de l’escola de Pau pour le vivaro-alpin et les vallées occitanes en Italie et la norma bonaudiana. pour l’auvergnat.

Autrement dit :Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué.1

Vous pouvez trouver toutes les règles de la prononciation correspondant à la graphie « classique » dans un site en occitan de Wikipedia.  Pour l’appliquer  il faut aussi connaître l’étymologie. Par exemple : « Quandll-  vient  d’un étymon  avec  tl, dl, ld il faut l’écrire avec – tl-. » A Nîmes on prononce amenlier mais on écrit ametlier.

 

Solution du problème!
2. Ecrivez comme vous parlez. C’est le conseil que je donne en général, si les personnes en question ne disposent ni du Trésor de Mistral, ni du Dictionnaire Occitan > Français d’Alibert ou s’ils veulent que leur écriture reflète leur occitan à eux. Dans ce cas les Nîmois doivent écrire  amenlier.

 Comment écrire mon occitan à moi? Une réponse se trouve dans la brochure du Professeur Ernest Schüle de l’Université de Neufchâtel, Comment écrire le patois? (principes et conseils pratiques) écrite pour les habitants de la Vallée d’Aoste en 1980 et dont une 2e édition a paru en 1992. Le mot patois n’a rien de dépréciatif! au contraire, voir mon introduction.

Dans son introduction Ernest Schüle écrit:

But: La propagande en faveur du patois a besoin d’une graphie facile à lire et facile à écrire. Il ne faut pas dérouter l’usager et éviter l’apprentissage d’un nouveau code mais utiliser au maximum les automatismes de l’orthographe qu’il connaît, à savoir l’orthographe française. En faisant cela nous suivons une tradition vieille de plus de 1000 ans.

Le choix qui s’impose est donc de se servir du code de l’orthographe française pour écrire en occitan.

Principes:

1.Ecrire le plus simplement possible. L’orthographe française ne permet pas toujours de rendre les sons de l’occitan. On en retiendra l’essentiel. Il ne s’agit pas de faire une graphie phonétique. Utilisez le clavier AZERTY français.

2.N’écrire que ce qu’on prononce. Une orthographe normative ou étymologisante (p.ex. français doigt pour douà  ou dwa) pose des problèmes insolubles à celui qui veut écrire l’ariègeois, le toulousain, le niçoud, le languedocien, le vivaro-alpin, le gascon , le nîmois, le beaucairois, etc.  Donc dans les Alpes-Maritimes on écrira frèi (froid) et dans le Tarn-et-Garonne fret, et frè, frèi ou frèit dans la Gironde.

3.L’accent tonique. Contrairement au français, les mots occitans ont un accent tonique à une place fixe : la dernière syllabe quand le mot se termine par une consonne ou par une diphtongue, dans les autres cas l’accent tombe sur l’avant-dernière syllabe.. En général il n’est pas nécessaire de le noter graphiquement.


Les voyelles
.

Les voyelles orales : a é è o i u ou eu auxquelles il faut ajouter les voyelles nasales, an in on un oun eun bien que la nasalisation en occitan n’ait pas les mêmes caractéristiques qu’en français. Si cela est utile vous pouvez y ajouter les nasales én, èn et ûn. Ce dernier remplace un pour indiquer que vous prononcez un -u- (comme en français pur) nasalisé et non pas comme –un en français Verdun, parfum. La même remarque vaut pour la graphie –in. Si vous prononcez vin comme en français vin, avec un è nasalisé il faudra écrire vèn,  surtout si dans votre région  on ne prononce pas de la même façon  vèn  « vient » et vîn  « vin ».  Ceci est très important pour les poètes.

A, a : que le a porte l’accent ou non, si vous le prononcez à peu près comme le a français vous écrivez a . Par exemple : si vous prononcez luna (Clarensac) »lune », vilas « villes », flama « flamme », cap « tête », passat « passé », si vous prononcez luno etc. écrivez luno, vilos, flamo ou flambo etc.

É, é : que le é porte l’accent ou non, si vous le prononcez à peu près comme le é français (comme chanté) vous écrivez é.

È, è : que le è porte l’accent ou non, si vous le prononcez à peu près comme le è français (comme père), vous écrivez è.

e : le -e- » muet  » du français n’existe pas en ocitan. Il est toujours prononcé et il a des valeurs qui varient selon les localités. Ecrivez e. Nou suivons ici l’exemple de l’italien, comme par exemple dans pane « pain », où le e est prononcé comme le français.

Quand vous prononcez le même son que le -e- muet français, notamment sous l’accent, comme dans « à la queue leu leu, meuf , deux et même peur, Europe, écrivez -eu-.

I, i représente le son i comme en français il dit.

O, o a les deux prononciations comme en français, par exemple pot et porc. Eventuellement vous pouvez distinguer les deux sons, ouvert et fermé, en utilisant l’accent circonflexe ^ pour marquer le o ouvert ô, ou bien écrire un ò avec l’accent grave, mais il ne se trouve pas sur le clavier AZERTY. Il fait partie des « caractères spéciaux ».

U, u représente le son u comme en français pu, pur.

OU représente le son ou comme en français pour, cou.

Les diphtongues et triphtongues

Les diphtongues et triphtongues sont écrites comme les voyelles et semi-voyelles qui les composent, par exemple : èi = è + i, oi = o+i, aou = a + ou,
oou
ou ôou = o+ ou , ièi = i + è + i, ieu = i + eu, ièou = i + è + ou etc.

La semi-voyelle y et la semi-consonne -lh-

La graphie y représente le son du y comme en français payer, ou -ill comme dans fille, bouillir. (Attention ce n’est pas le même son que le l mouillé comme en italien figlio ou l’espagnol  llama. Nous suivons Alibert et proposons d’écrire ce son -lh-  pour le l mouillé comme en italien. Une autre possibilité est d’écrire -ill mais parfois il faudrait écrire -ieiilli- et cela fait drôle.

Les consonnes

Même principe que pour les voyelles : appliquez les codes de l’orthographe française. Evitez le k et le w sauf dans des mots qui présentent ces signes en français, comme kilo, wagon.

B, b ou V,v écrivez comme vous le prononcez. Une grande partie des Occitans auront du mal à choisir, comme les Catalans, qui distinguent le b– de Barcelona du b- de Valencia

C,c ou G,g suivi de a, o, u ou une diphtongue qui commence avec a , o , u et prononcé comme ca-, ga en français casse, gagner, écrivez c ou g. Par exemple can « chien » caoussoun « chausson », gal « coq », gaoug « joie, plaisir ».
C,c ou G,g suivi de e,i et prononcé comme qu-, gu en français qui , guise, est écrit à la française qui, gui; que, gue, . Par exemple, qui, quichar « presser », guidar « guider », guerdon « récompense ».

Dans les parlers Nord-occitan surtout, le c et g du latin se sont palatalisés et on prononce tch, ts, dz, dj, ch, j Rien de plus simple que de les écrire comme cela. Par exemple vilatche ou viladje « village », chabr « chèvre » (Vienne), mais cabro (Aveyron).

D,d si vous prononcez comme en français deux

Dj, dj comme en anglais John  (mettez vos haut-parleurs et cliquez sur « listen »), ou en italien giorno.

F,f si vous prononcez comme en français fête, fanfaron

H,h seulement quand vous le prononcez dans votre occitan, ce qui doit être rare, comme en anglais hip hop, ou en allemand Haus. Normalement le h sert à indiquer la mouillure du l et du n : lh et nh.

J,j a la même prononciation que j en français jour;

K, k, seulement dans des mots internationaux comme kilo

L, l si vous prononcez comme en français laver, baladeur

M, m si vous prononcez comme en français maman, aimer

N, n si vous prononcez comme en français nana.
Après une voyelle le -n indique la nasalisation.
Pour rendre le son -gn- comme en français agneau, nous suivons Alibert et conseillons d’écrire -nh- , par exemple anhèl « agneau ».

P, p si vous prononcez comme en français papier

Qu, qu, sert à écrire le son k devant e ou i.

R, r Vous le prononcez roulé ou guttural, vous l’écrivez r. Eventuellement vous marquez la prononciation dans une note.

S,s Nous préconisons de suivre les règles du français (et d’autres langues). s en position initiale, finale, devant ou après un consonne correspond au s comme prononcé en français sang. Par exemple sal, festa, bas, dansar, Fransa, fransés, fransésa.
Devant é, è, e et i le son s est souvent écrit c. Il est en effet conseillé de maintenir cette irrégularité pour ne pas dérouter le lecteur. On peut écrire fasil pour facil et sèl « ciel », selar « celer, cacher » sercle « cercle » mais trop de simplicité nuit à la simplicité.
Vous pouvez aussi maintenir le ç dans les cas où le français le fait puisqu’il est sur le clavier AZERTY.
Le même son s’écrit deux ss- quand il se trouve entre deux voyelles, par exemple bassa, grossa.

Le son z prononcé comme en français base est écrit s comme en français, entre deux voyelles, et z dans les autres cas

T,t si vous prononcez comme en français tête

V, v voir ci-dessus sous B

Z, z est utilisé comme en français.

Consonnes doubles.

Si vous avez le sentiment que l’écriture d »un seule consonne ne rend pas la prononciation prolongée ou double de votre parler, vous en écrivez 2. Par exemple mama a une prononciation différente de mamma, pate <> patte. Suivez votre intuition, c’est aussi simple que cela!

Si vous voulez approfondir la question :

Lire d’abord l’article de René Merle:

René Merle – Orthographe du provençal – 1987 « Le son et la lettre, ou l’impossible graphie de l’idiome natal », (suivi de textes dont un texte inédit d’Honnorat).

et les arguments aussi dans l’article La Langue Provençale Polynomique .

Commentaires des visiteurs:

Aredius (lefenetrou.blogspot.com henri.habrias@univ-nantes.fr) m’écrit : « Olala ! vous allez provoquer la grogne des occitanistes. Je me suis fait incendier parce que j’utilisais le terme « patois » (considérant lorsque j’écrivais mes mémoires que « occitan » aurait été un anachronisme. Jamais je n’ai entendu ce terme en Limousin (Saint-Yrieix-la-Perche) et Périgord (Excideuil) dans les années 50, 60. J’ai découvert « l’Occitan » à Montpellier en 1970.
http://lefenetrou.blogspot.fr/2007/01/lo-gerbo-baudo-lous-magnacaous.html

Un auteur des environs de Châlus Fernand Murguet a fait l’objet de bien des critiques
http://lefenetrou.blogspot.fr/2008/08/critiques-du-livre-de-fernand-mourguet.html

J’ai répondu: « Occitan » désigne tous les parlers du Midi, mais les « Occitanistes » l’ont dévié. Imposer une graphie étymologisante et archaïsante à tous ceux qui parlent encore un occitan local me semble inefficace et élitiste. Mistral n’a pas fait cela. Il suffit d’ouvrir son Trésor.

Eleno m’écrit: Merci, merci de le dire. Et puis il est temps de cesser la gue-guerre entre « occitanistes et provençaux ». L’essentiel n’est-il pas de parler notre belle langue d’o? d’autant que si la graphie change, la prononciation reste la même…. J’utilise quant à moi la graphie de Mistral qui me semble la plus simple. Après, on peut se promener ailleurs et comprendre tous les textes. J’ai lu récemment un livre écrit en parler du Rouergue « contes de Siblot » de l’Abbé RICON de LAURENS, pratiquement sans problème, et je me suis régalée!
à bèn lèu, Elèno.

Je l’ ai remercié : Merci de votre encouragement! Faites le savoir. Envoyez le lien de la page vers vos amis.
On peut écrire l’occitan sans consulter le dictionnaire pour chaque mot.et réserver l’écriture à une élite. Amistas!

  1. En moyenne les Français, pour ne pas parler des francophones en Afrique et ailleurs, mettent 2 ans de leur vie à apprendre l’orthographe de leur langue avec les résultats mitigés.

Barracon

Barracon (m), baracou en fr.rég.  Un diminutif de barraca (littéralement « petite baraque ») qui est appliqué aux cabanes en pierre sèche des causses de Blandas et de Campestre (Gard) et à celles de la commune de Saint-Félix-de-l’Héras dans le Larzac héraultais. (Lassure). Dans ce site il y a une page avec photos des baraques de l’Hérault.

On appelle baraquettes  les petites cabanes du Mont St.Clair à Sète (Méditeria n°18, p.27). Voilà un autre mot dont l’origine n’est pas claire.  Les étymologistes pensent que c’est un emprunt à l’espagnol barraca (XVe s.), mais on le trouve en ancien occitan déjà au XIVe s. et le dépouillement des manuscrits en ancien occitan est loin d’être complet.  Il pourrait s’agir d’un dérivé occitan de barra  « barre », parce que dans les premiers textes en ancien occitan, la  baraca  désigne des bâtisses en planches  construites pour l’armée qu’on brûlait à leur départ. (Un bon débarras !)

Pendant la guerre de 30 ans (1618-1648, la période française dura de 1635 à 1648, intervention de Richelieu, bataille de Rocroi) le mot militaire a été introduit en allemand et puis dans les autres langues européennes : allemand Baracke, néerlandais barak.

  L’ anglais barracks « bâtiments pour les soldats » a gardé le sens originel.

Pour plus de renseignements sur les différents noms et leurs histoires cliquez ici constructions en pierre sèche

Christian Lassure, auteur de ce site magnifique, m’écrit : Enfin, mes grands-parents maternels à Saint-Amand-les-Eaux dans le Nord, après la première guerre mondiale, avaient acheté aux Chemins de fer de l’époque un « baraquement » en planches qui avaient servi à loger des employés, et l’avaient remonté dans leur terrain (où ils avaient fait construire en dur pour eux-mêmes) pour y loger mes arrières-grands-parents maternels. Après leur mort, mes parents reprirent la maison et firent démonter et brûler sur place le « baraquement ».

Rapar

Rapar « saisir, enlever » en ancien occitan (12e siècle) en occitan moderne plutôt arrapar « arracher, enlever ». Les peuples germaniques qui ont envahi l’empire romain ont laissé pas mal de traces dans le vocabulaire des régions où ils se sont installés. Les Burgondes dans l’est autour de Lyon et les Wisigoths dans le Midi. Par la suite les Wisigoths ont occupé une grande partie de la péninsule ibérique..

   

Le royaume de Bourgogne + la Savoie                              Le royaume des Wisigoths

Vous trouverez une belle carte de l’ensemble des migrations des peuples germaniques ici.

  • Rapar est un de ces mots germaniques. Il vient de rapôn « arracher, prendre, voler », (en néerlandais rapen « prendre, saisir », allemand raffen, rappen idem.) Nous le trouvons en occitan, en franco-provençal, en Italie arrapare et en iberoroman rapar 1.voler 2. raser. Rapar est attesté depuis le XIIe siècle, mais c’est surtout arapar « arracher, enlever » et s’arapar « donner dans un piège » qu’on trouve en (ancien) occitan. Il y a pas mal de dérivés comme rapador, rapaire« ravisseur », rapin « croc » (Nice), gascon raput « qui s’accroche », derabar « arracher », dérapà un terme de marine « quitter la prise sur le fond et laisser dériver le navire » (marseillais, qui a donné en français déraper). Voir aussi desrabar.
  • Ar(r)apar est présent dans tout le domaine occitan et franco-provençal. Les significations sont toujours liées à la notion de « arracher, enlever, saisir », comme par exemple le grenoblois arrapan « grippe-sou; malheureux », ou le nom du « gallium arapine » l’arrapoman. qui colle à la main , alleurs c’est le fruit de la bardane, la garance sauvage ou le pariétaire (Valleraugue). Mistral donne d’autres combinaisons, dans son Trésor, vol.I,p.137. Ceci est un lien direct vers la page du Trésor. Consultez aussi la page 138!
  • A partir du sens de rapar « saisir » s’est dévéloppé le sens « grimper, ramper » aussi bien en franco-provençal qu’en occitan. A Lyon un ropîou est un grimpeur, à Marseille un rapaïon « un sentier à pic dans les pierres ».
  • Rapugar, rapugaire. Un groupe spécial est formé par Rapa, rappa « rafle du raisin; grappe  » et Rapuga v.a. « grapiller »; rapugo « la rape, rafle ou marc du raisin » en franco-provençal et en occitan. Il s’agit très probablement d’une dérivation à partir du verbe rapar, qui rattache cette région au catalan rapa « grapillon », à l’espagnol rapa « fleur de l’olivier » et aux parlers italiens.
    Un visiteur de Manduel me signale: un rapugaire est un grapilleur. Dans le temps, vendanges terminées, on voyait dans les villages venir les rapugaires de Nîmes1. A Barcelonnette rapugas au figuré: « des restes »
  • Il semble qu’il n’y ait pas de lien direct avec le mot ancien picard ou champenois rapes « marc de raisin » pour lequel  on peut supposer un lien avec le mot allemand Rappe « grappe sans les raisins » utilisé dans la région de la Moselle, du Nahe et du Rhin jusqu’en Suisse. Emprunté (?) par l’anglais rape « rafle ».


allemand Rappen // anglais rape

  1. Une chanson Li Rapugaire du 19e siècle, mélodie + texte  en PDF

Abajanir

Abajanir « affaiblir; affadir l’estomac en parlant de crudités » ,v.tr. et v.r.

Étymologie : voir l’article  bajana   et FEW I, 205 bajanus

Abadià

Abadià « abbaye ».Étymologie: latin abbatia qui est aussi à l’origine de l’anglais abbey, l’allemand Abtei, le néerlandais abdij, l’espagnol abadía, etc.
. A Manduel il y a le Chemin de l’ABADIE.
Comme la plaque est écrite en majuscules, j’avais un problème avec la place de l’accent tonique. Pour moi il s’agissait manifestement d’une francisation du mot occitan abadia « abbaye », du latin abbatia. Mais mon informateur pour Manduel, m’écrit: « Abadié (en provençal), abadiè (en languedocien). A Manduel on prononce abadié , le contraire est aussi de pratique courante: beaucoup de noms se terminant par è sont prononcés é. » Je pense que la majorité des Manduellois prononcent [abadí] comme ferait un Français. Cela reste à vérifier.

Petit problème : il n’y a jamais eu d’abbaye à Manduel…. Le sens est peut-être « chapelle » ou « maison du prêtre ». Nous le retrouvons dans d’autres communes du Gard. Voir le commentaire de Michel Wieni ci-dessous.

Source cf.  le paragraphe  Toponymie).