cat-right

coudoulous ‘pierreux’

Côdou « caillou, pierre »  (Sauvages), couède à Aix et Marseille, kouòdou en aveyronnais, vient d’un dérivé du latin cōs piere à aiguiser » :   * cōtulus. Le mot est provençal et languedocien. Nous le trouvons jusqu’à Castres. Voir les attestations dans le FEW II,1259  et aussi sur la carte 196 « caillou » de l’Atlas linguistique de la France une occasion d’admirer ce travail du début du XXe siècle.

Mistral connaît aussi le dérivé coudoulous « pierreux » comme toponyme au Vigan et à Bellegarde. Le nom est maintenant attribué au ruisseau.

 

CoudoulousMistral

 

 

 

 

 

 

Le_Coudoulou_à_Avèze,_vieux_pont_et_bief-barrage Wikipedia:

Le Coudoulous est une rivière française du département Gard de la région Occitanie et un affluent en rive gauche de l’Arre, c’est-à-dire un sous-affluent de l’Hérault.

Mais il y a aussi une ancienne voie romaine Coudoulous en Lozère, qui consiste en un vestige de route antique taillée dans le schiste et se caractérise par de profondes ornières en deux sillons parallèles.

-Coudoulous ornières,_Lozère Wikipedia

On y a trouvé des inscriptions en latin ? ou gaulois?

CoudoulousInscriptionPersée étude sur ce coudoulous

En googlant « images » vous en trouverez beaucoup plus.

Il y a deux coudoulous antique dans le Lot!  des grottes.

 

 

 

coudoun ‘coing’

Coudoun « coing ».. L’étymologie serait un  cydōnĕum « coing » ou plutôt cotōnĕum. L’histoire est assez compliquée. La première fois que le coing est mentionné   date de d’environ 700 avant JC  chez Alcman un poète lyrique grec qui l’appelle κοδυλον Un demi siècle plus tard il est mentionné par Stésichore  un poète lyrique grec originaire d’Himère en Sicile, dont la période d’activité s’étend de -570 à -540 environ(Wikipedia) qui l’appelle  κυδωνια μαλα.
Pendant la période de la République romaine et encore chez Pline l’Ancien on trouve la forme cotōnĕum. Les auteurs romains comme Columelle écrivent cydōnĕum mālum ou cydōnĕum tout court  comme Properce.

cydonia oblonga

cydonia oblonga

Les étymologistes ont rapproché le nom cydōnĕum du nom de la ville qui s’appelait à l’époque Cydonea  sur l’île de Crête,maintenant La Canée (en grec : τα Χανιά (au pluriel), souvent transcrit en Chaniá ou Haniá, de l’italien La Canea Wikipedia. Par exemple Maximin d’Hombres et Gratien Charvet écrivent dans leur Dictionnaire Languedocien Français (1884):

CoudougnaHombresEtym

Le problème est que nous ne savons pas si c’est la ville qui a donné son nom au fruit et à l’arbre, ou si c’est ce dernier qui a donné son nom à la ville. Il est aussi possible que les deux formes utilisées en latin, cydōnĕum et cotōnĕum, sont des variantes du nom d’origine provenant de l’Asie mineure. Z65,210.

Les noms du coing dans les langues romanes viennent de la forme avec -t-, cotōnĕum. Cliquez sur ce lien vers le FEW II, 1605 cydōnĕum « coing » pour voir les formes  et les dérivés.

La confiture ou gelée de coings s’appelle codonat ou codonhat en ancien provençal est un élément des 13 desserts de Noël.  Ce nom est attesté à Paris à la fin du XIVe siècle coudoignac. Le –c final est peut-être une astuce commerciale pour suggérer une AOP méridionale. Rabelais l’appelle le coudignac  mais pendant la Renaissance apparaît la forme cotignac avec un -t- qui est basée sur la forme latine cotōnĕum  usuelle pendant la période de la République romaine.  L’abbé de Sauvages (1756) distingue le sirop de coings qui est « astringeant, fortifiante » de la gelée de coings ou le cotignac (coudougna);  d’après lui celui qu’on fait à Mâcon est recommandée pour le devoiment.

Michel de Nostradamus donne 3 recettes  dans son ( CTRL + clic pour suivre le lien) :

Excellent , moult utile opuscule à touts necessaire, qui desirent avoir cognoissance de plusieurs exquises receptes,

La première se trouve dans le chapitre XV, page 170 Recette CoingsNostradamus

Pour les cuisinières voici cette recette pris dans une autre  édition plus facile à lire:

CodonatNostradamu1CodonatNostradamus2

Page 174 : Autre façon de faire gellée de coings, plus belle beaucoup..

Page 177 : Autre façon de faire gellée de coings en roche, que sera de goust meilleure

Page 182 : Pour confire des coings à cartiers dens un jour

Pge 184 : Pour confire des coings à cartiers avec le vin cuit

Page 186: Pour faire du codignat qui est d’une substance grande et de saveur bonne

Si un cuisinier ou une cuisinière suit une de ces recettes, j’apprécierai beaucoup être tenu au courant du résultat.

 

L’arbre s’appelle coudougné et à partir de l’Aveyron vers l’ouest  coudougneiro.  Cognassier Cydonia oblonga

Comme coudougneiro signifie aussi « borne  » j’en ai fait un article à part.

Rolland Flore vol.V, p.9 et suivantes « coing, cognassier, confiture gelée de coings

Couelo, couolo

Couelo, couolo « colline », ancien occitan col, cola du latin collis « colline » n’est pas la même chose que col  « passage étroit entre deux montagnes » du latin collum « cou » un mot des Alpes et des Pyrénées; dans la plaine il n’y a pas de cols.

Collis « colline » se retrouve en italien et en portugais colle . En occitan couelo est provençal . Alibert fournit cola et colet « petite colline » pour le languedocien. Je pense que le type colliera, attesté dans le Puy de Dôme d’après le Thésoc, fait également partie de cette famille : collis + -aria. Dans la région Ouest-méditerranéenne existe un terme de marine colar, collar qui signifie « tirer en haut, hisser les voiles », italien collare, catalan collar, que von Wartburg rattache à collis « colline ». Une formation analogue se trouver dans mont > monter.

Français colline < collina n’est empruntée au latin que depuis 1555.

     
couelo                                                                  col      

Tracoular « disparaître (derrière la montagne), se coucher (des astres), mourir; passer outre » est composé de trans + collare. C’est un verbe provençal et languedocien. Un trescouol est la « crête d’un colline », mais à Alès le mot a été ré-interprété d’après l’informateur de l’ALF en « colline à trois versants ». Cela reste à confirmer. Pour une interprétation comparable voir trescantoun. A Barcelonette, un village de montagne où la configuration du terrain joue un rôle important, existe l’adjectif entrecoel « qui est masqué par un pli de terrain ».

Couflaïre de Congénies

Couflaïre « inspiré ». Un article dans le Midi Libre du 5.11.2008 sur les Couflaïres de Congénies m’a intrigué. Les Couflaïres font partie du mouvement des Quakers, appelés Coacres en occitan. Voir le texte Couflaires en ci-joint ( et en français dans leur site, dans la page

Origines > Les Quakers et la tradition non-conformiste du sud le la France.

D’après Alibert conflaire est « celui qui gonfle, qui enfle; mauvaise langue; gonfle ». A Congénies couflaïre a un sens complètement différent. Pour comprendre toutes les nuances, consulter aussi l’article « Quaker » dans Wikipedia.

L’étymologie est bien sûr la même que celle de coufle : latin conflare « souffler, embraser » et au figuré « provoquer, inventer, composer ».


Coufle ‘ressassié’

Coufle « (trop) rassassié ». A la sortie des bons restaurants de Nîmes on entend régulièrement  » Ah, je suis coufle ! ». D’après un blog coufle est aussi courant en stéphanois. L’abbé de Sauvages donne l’expression Soui couflë coum’un pëzoul littéralement « Je suis plein comme un pou ». A son époque on faisait aussi des couflajhë  « repas où l’on se pique de manger avec excès », et il ajoute « style bas, très bas ».

Le mot ne se trouve pas dans le TLF, mais il est connu de Diderot et d’Alembert qui donnent la définition suivante du substantif : « COUFLE, s. f. (Comm.) c’est ainsi qu’on appelle les balles de séné qui viennent du Levant. » Le séné  est une plante médicinale utilisée comme laxatif (irritant), en cas de constipation occasionnelle chez les adultes.

Etymologie: latin conflare « souffler en amas; fondre des métaux », sens conservé en franco-provençal konfla « amas de neige, entassé par le vent ». Le verbe confler, gonfler ne s’est maintenu qu’en italien gonfiare, en rhétoroman et dans le sud-est et le sud du gallo-roman. (Français gonfler date du XVIe siècle et est emprunté au bourguignon.)
Du point de vue sémantique conflar est devenu concurrent des représentants du verbe inflare « enfler »; ce qui explique que les deux verbes se sont croisés dans plusieurs endroits, comme par exemple en gascon ounflà (Mistral, s.v. enfla).

Du point de vue de la forme, il y a des variantes avec c- ou g-, mais il n’y a aucune cohésion géographique, comme pour les formes avec la nasale, confla, ou sans cofle, coufle; parfois on trouve les deux dans le même endroit.

Le substantif coufle s’applique d’abord aux animaux « météorisation, ballonnement ». D’après Mistral on appelle en languedocien un mets grossier un couflo-bentre et le sainfoin du couflo-palhe parce qu’il remplit vite la paillère.

coufle-palhe

Coujo, coja ‘courge’

Coujo « courge; courge à sel; courge à poudre; nigaud »1 (Alibert). Étymologie : latin codia  un emprunt au grec κωδια qui désignait la tête du pavot2

et des parties d’autres plantes  avec la même forme et plus tard  le nom passe au vase du clepsydre. (Wikipedia) « horloge à eau ».

vase du clepsydre

La coujo prononcé [koutso, goutso, koudzo] etc. voir le Thesoc s.v. courge  désigne la courge ou citrouille, ensuite aussi une gourde ou dans les Cévennes une « poire à poudre ».

La  coujo salbadjo  est la bryone ou le navet du diable dont les fruits sont toxiques. Au figuré  le mot est aussi utilisé pour désigner la « tête », notamment dans la région toulousaine.

Nous trouvons plusieurs dérivés comme cougeto,  coujolon, coujou, coujoun  qui ont tous les mêmes sens que coujo.  Vous trouverez plus de données dans RollandFlore, vol.6, pp.19-21 (lien direct).

Tapez coujarasso  sous Google livres, vous trouverez plusieurs Flores anciens du Sud-Ouest de la France.

Cette famille de mots n’existe que dans le sud du domaine galloroman.
_____________________________

  1. Définitions données par Alibert.  J’ignore ce qu’est une courge à sel; une courge à poudre  doit être une poire  à poudre.   Je ne peux m’empêcher de faire remarquer que le graphie coja  est uniquement attestée au Moyen Age et des siècles plus tard dans la graphie dite classique. C’est encore plus  aberrant que l’orthographe du français qui reflète également la prononciation du Moyen Age, mais qui est utilisée pendant des siècles, tandis que en occitan  Pèire Godolin (1580-1649)  écrit déjà  coujo.  Le médecin J.Tournon, écrit dans sa Flore de Toulouse en 1811:L’abbé de Sauvages écrit coujho coujheto  au XVIIIe siècle. Pour plus d’information voir mon article Comment écrire mon occitan.
  2. En cherchant pour le site de Plantuse les sources de RollandFlore, j’ai trouvé plusieurs éditions de Matthaeus Silvaticus, Opus pandectarum medicinæ, Venetiis, 1540.  et la codia  s’y trouve avec le sens « graines de pavot »: avant-dernière ligne de la première colonne

Coulabio ‘traquet motteux’

Coulabio, aubicou « Traquet motteux. »  Dans le lexique établi par GérardJourdan qui accompagne les précieux  cahiers autobiographiques de Raymond. Jourdan de Montagnac (34) se trouve le nom d’oiseau; Coulayo « Queue-blanche »  Oiseau passereau à bec fin et allongé qui nichait dans les talus. Surnom d’une guérisseuse.  « Traquet motteux. » Orthographié « coulàbio » par F. Mistral.

Composé cūlus « cul » avec albus « blanc » ou dans l’ordre inversé.  FEW XXIV, 308

Coulabio_FEW

FEW II,1507 le même oiseau s’appelle e.a. en moyen français « cul blanc ».

Coulabio_Oenanthe_oenanthe_01_II

Voir  traquet motteux de Wikipedia.

Couladou, chemin du -. Manduel

Le chemin du Couladou  à Manduel se trouve à la sortie du village direction Bouillargues.

Chemin de CouladouLe début du chemin se trouve de l’autre côté du fossé  et c’est une impasse.

Étymologie : Couladou  est un dérivé du latin lare  « filtrer, épurer ». Le verbe ancien occitan   colar signifie « faire passer un liquide (surtout le lait) à travers un filtre »; de nos jours c’est devenu « filtrer » tout court. Voir  FEW II, 877 ss

Dans l’article de Chantai Lombard intitulé  LES TARAIETTES, JOUETS POPULAIRES DE PROVENCE MUSÉE D’HISTOIRE DE MARSEILLE. j’ai  trouvé le mot couladou dans la définition de taraiette  : «  Pour filtrer – filtre à eau, couladou » (paragraphe 9 ). Voir aussi  taraietto

Il semble peu probable que le chemin du Couladou  à Manduel doive  son nom à un jouet, mais je pense qu’il y a (eu) une station d’épuration d’eau ou un filtrage d’un autre liquide, du vin peut-être? Mon informant principal pour le parler de Manduel m’écrit  qu’il y avait un tout petit ruisseau à cet endroit qui a pu servir pour la lessive. . Il y a en effet un trait bleu sur la carte Google.

D’après Google ce chemin se trouve à la sortie du village direction Bouillargues.

CouladouManduel

Je dois encore aller faire une photo. Il n’y a pas de ruisseau, ni de station.

Mistral nous donne les sens suivants

1. Ce qui coule en une seule fois; éboulis, avalanche.
2. Bout de linge qu’on met dans le trou du cuvier pour conduire l’écoulement de la lessive.
3. Panier qui sert à filtrer le vin.
4. Ustensile qui soutient l’étamine pour couler le lait.
5. Couloir, filtre, crible.
6. Cordon ombilical.

Mon informant pour Manduel m’écrit  qu’il y avait un tout petit ruisseau à cet endroit qui a pu servir pour la lessive. . Il y a en effet un trait bleu sur la carte Google.

 

Coulassou ‘coussin d’épaules’

Coulassou « coussin que l’on met sur les épaules quand on porte quelque chose de lourd ». ( l’accent tonique est sur le -ou-: Voir la  graphie phonétique pour Ucel en Ardèche dans l’e xtrait FEW II,893 ci-dessous.

deux coulassous

conservés jusqu’à nos jours.

Jean-Pierre, un manduellois d’origine ardéchoise, m’a envoyé des photos d’outilsagricoles encore utilisés par son père et qui sont oubliés de nos jours. Il s’agit de lo beso  « la baisse »  en français régional sorte de « hotte  » pour transporter le fumier,  et du lou coulassou , qui était utilisés pour le transport du fumier à dos d’homme dans deux régions ardéchoises dont la vallée de l’Eyrieux.1

  

Lo beso portée avec lo coulassou

 

 

Jean-Pierre me donne en plus le mode d’emploi de la besse .Hélas on n’a pas de video.

Quand on remplissait la besse (de fumier par exemple) on la calait contre un mur (ce qui ne manquait pas dans ce pays où les échamps sont omniprésents). Une fois pleine,on se baissait pour passer la tête entre les deux bras et on se redressait pour la soulever. Et pour le déchargement, on se baissait pour poser la pointe de la flèche au sol et on basculait le haut vers l’avant. Le tout était ainsi projeté au sol.

Dans un article de Jean-François Blanc,Deux paysages en terrasses de l’Ardèche pages 405-406 dans : Revue de Géographie de Lyon. 1981/4 se trouve une description de la besso et du coulasso, symbole du tranzport par l’homme dans cette région;

En ce qui concerne les transports, ils se faisaient soit à dos d’homme, soit à dos de mulet. Pour les transports à dos d’homme on se servait de la hotte (lo besso) . C’est un panier qui a la forme d’un prisme triangulaire reposant sur l’arête longitudinale. Il est maintenu en avant sur les épaules par deux longs bâtons inclinés qui convergent vers le sol 26. Dans ce dispositif, une sorte de capuchon rembourré protège la nuque du porteur et ses épaules ; il s’agit du coulassou, tellement connu des gens des Boutières qu’il avait donné son nom à une publication locale. Ce coussin rembourré, maintenu sur les épaules par une courroie de cuir qui passe sur le front, avait de multiples usages. Utilisé seul,il protégeait le porteur pendant le transport des tonneaux de vin ou des sacs de pommes de terre. La besse et le coulassou symbolisent réellement le transport humain dans les Boutières et sur le Gras de Chomérac. Sur certains versants toutefois, on faisait appel aux équidés pour porter ces lourdes charges.

Dans le site www.atelierpatrimoine.parc-monts-ardecrdeche. j’ai trouvé une autre photo de coulassou avec la bande sur le froont du porteuhe. j’ai trouvé une autre photo de coulassou avec la bande sur le froont du porteur:

coulassou avec bande cuir

De nos jours les paysans d’Eyrieux  produisent une espèce de pomme de terre; appelée les Échamps, appellation contrôlée je pense.

Coulasou est un dérivé du latin collare « collier de chien » qui a abouti à colà en provençal et colar, coulard en languedocien. Extrait du FEW II,893

 

  1. Sur l’agriculture dans ces paysages en terrasses voir l’article Deux paysages en terrasses de l’Ardèche de Jean-François Blanc.

Couquel

Couquel « flocon, grumeau; petit enfant; femme mal mise »cf. acouqueli