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Serpol, serpolet, serpolhet

Serpol, serpolet, serpolhet « serpolet, thymus serpullum », vient du latin serpullum, que les Romains avaient emprunt√© au grec ‘erpollon, un d√©riv√© de ‘erpein « ramper ». Les auteurs romains avaient d√©j√† r√©tabli le s- initial, pour le rapprocher de serpere « ramper ».

Les Occitans ont ensuite pr√™t√© le nom de la plante aux Fran√ßais d’o√Įl, qui n’ont pris que le diminutif depuis 1500 environ.

Quand nous √©tudions les noms des plantes, nous constatons tr√®s souvent qu’l y a une grande confusion d’une part et beaucoup de noms diff√©rents d’autre part. Voir p.ex. Thesoc « thym », ou ici pebre. Ceci n’est pas le cas pour serpullum, qui d√©signe par-ci par l√† aussi le « thym ». Il s’agit d’une plante rampante. Le mot est donc tr√®s « motiv√© ». Il n’y a qu’une exception d’apr√®s le FEW, c’est Tr√®ves (Gard) o√Ļ serpoul est le « cerfeuil » et le serpolet s’appelle le roubenet. (Peut-√™tre s’agit-il d’une confusion )

     

                Thym                                                                   serpolet                                     cerfeuil

Sartan

Sartan « po√™le √† frire » vient du latin sartago, -inis.« une po√™le plate ». Le mot est vivant dans le sud de l’Italie, en Sardaigne et dans l’ib√©ro-roman. En occitan il est limit√© au sud-est (provencal, est-languedocien) et au sud de la Gascogne. L’abb√© de Sauvages mentionne¬† sartan ou padelo pour le languedocien.

Dans le Dauphin√© une sartan est aussi une « vieille femme √©dent√©e », par sa ressemblance avec une po√™le (trou√©e) √† griller les ch√Ętaignes ». Espagnol sarten « po√™le; po√™l√©e », portugais sart√£. Basque sartagi, zartain.

sartan castagneiro ou padelo de las afachados (S)

    une jeune sartan dauphinoise

 

Rabinar

Rabinar « br√Ľler, griller »est devenu rabiner¬† en fran√ßais r√©gional.¬† « Passar lo gig√≤t dins la farina e lo rabinar dins l‚Äôu√®li. « 

L’√©tymologie de ce mot est int√©ressante parce qu’elle montre que l’√©volution s√©mantique peut √™tre capricieuse .¬† L’histoire des diff√©rentes significations¬† est¬† bien plus int√©ressante¬† que le fait de savoir qu’il vient du latin rapina.

Le mot latin rapina¬† signifie « vol, pillage; action d’emporter (au propre et au figur√©), et le verbe rapere¬† dont il est d√©riv√© signifie « saisir vivement » √©galement au propre et au figur√©.¬†¬†¬† En ancien picard et en anglonormand nous retrouvons ce sens dans le mot ravine avec ce sens « vol ».¬† Le verbe anglais to raven « vivre de rapine; piller, d√©pouiller » et l’adjectif ravenos « vorace, f√©roce » vient de l’anglonormand.

Mais ailleurs c’est l’√©l√©ment « imp√©tueux, violent; force » qui a domin√© et l’√©l√©ment « vol, rapine » s’est perdu. Ainsi en ancien fran√ßais ravine signifie « imp√©tuosit√©, √©lan, violence » comme ancien occitan rabina et en occitan moderne le d√©riv√© rabinos « imp√©tueux, hargneux ».¬†

D√©j√† en¬† latin¬† cette notion de violence est appliqu√©e au feu ou √† la chaleur.¬†Dans le Gafiot¬† rapere¬† est cit√© avec les sens « prendre feu rapidement » et¬† « prendre rapidement une couleur ».¬† En occitan¬† rabinar devient ¬† « bruler, roussir, griller ».¬† En languedocien lo rabinel¬† sont des « lardons rissol√©s √† la po√™le » (Mistral).¬† Dans les C√©vennes on appelle rabanelo ce qu’ailleurs est la castagnado. Cette √©volution s√©mantique est limit√©e au proven√ßal et √† l’est-languedocien.¬† Une belle expression est cit√©e par¬† l’abb√© de Sauvages : un rabino-sardo  » un avare qui met si peu d’huile dans la po√™le √† frire les sardines qu’il les brule au lieu de les frire ». Le substantif rabina¬† est « ce qui reste attach√© au fond d’une casserole quand le mets a pris trop de feu ».

rabanelo

Par contre appliqu√©e √† l’eau cela donne des ravines « pluies torrentielles » et par une √©volution qui la cause √† l’effet¬† « petit ravin creus√© par un torrent » > » ravin creus√© par les eaux » > « ravin » et le mot fran√ßais ravin.¬† A La Canourgue rabino est « une pente lav√©e par des torrents ». Ravin¬† a √©t√©¬† emprunt√© par le n√©erlandais ravijn, anglais ravine « ravin ».

Ces √©volutions s√©mantiques tr√®s sp√©ciales ont laiss√© un vide, et le fran√ßais comme l’occitan ont emprunt√© tr√®s t√īt le mot latin rapina avec le sens « vol ». Pour Giraut de Bornelh , un troubadour limousin du XIIe si√®cle, un rapin est un « voleur » et en languedocien moderne √† La Canourgue un « √©pervier » est un ausel de ropino, √† P√©zenas un rapino devient un « orfraie ».

                                                                                                          .                      

ausel de ropino l’√©pervier ¬† ¬† ¬† ¬† ¬† ¬† ¬† ¬† ¬†¬† rapino « orfraie’.

Je n’ai pas d’explication pour la signification¬† « r√©gal donn√© √† l’occasion d’un bapt√™me » de rabinosa.¬† Dans le site Ostal Joan Bodon¬† rabinosa = taulejada « banquet ». Si « banquet » est le sens d’origine, il est possible que ce sens s’est d√©velopp√© √† partir du sens « grillade » et il fait partie du groupe rabinel.

Quincarlotà, aligot, calicot, logate, cincarat, ca...

Quincarlot√†(t) « haricot » dans l’H√©rault et l’Aveyron, plus sp√©cialement « haricot bariol√© » dans le Larzac, d’apr√®s les enqu√™tes de l’ALF et le dictionnaire de Vayssier pour Nant et le Larzac. Lhubac le signale en fran√ßais r√©gional √† Gignac,quincarlotte, √©galement avec la sp√©cification « haricot bariol√© ». Il ajoute que le haricot vert est absent du rago√Ľt appel√© quincarlotat tr√®s proche du rago√Ľt d’ escoubilles . C.Achard a trouv√© le sobriquet los quincarlets pour les habitants de La Roche ‘Rieutord-de-Randon (G√©vaudan).

Vayssier. Diectionnaire patois-fran√ßais du d√©partement de l’Aveyron, par feu l’ abb√© [Aim√©] Vayssier. Publi√© en 1879.

Dans un site consacr√© √† la m√©moire de la Guerre des Camisards (1702-1705), il y a une page¬† sur le « Pillage de la maison de Pierre Larguier √† Sanbuget » (Loz√®re), qui mentionne :

Une carte deux boisseaux d’haricots commun√©ment appel√©s quincarlottes √©valu√© 1# 10 s.

( Je ne trouve pas la date dans le document. Dommage, parce que le mot « habituellement »¬†¬†¬† ferait remonter au XVIIe si√®cle la premi√®re attestation et elle pourrait √™tre contemporaine du mot¬† aligot.)

Je viens de trouver dans le dictionnaire de l’abb√© de Sauvages, 2e √©d.¬† paru en 1785 (S2): KINCARL√ĒTOS¬†¬†  » Des haricots bariol√©s »

Quincarlot√†¬† fait partie de la famille de mots compos√©s ou d√©riv√©s d’un verbe germanique¬† *harion¬† « d√©teriorer » qui a donn√© en ancien fran√ßais le verbe harigoter¬† « d√©chirer, mettre en lambeaux, d√©chirer de coups » et le substantif harigote, aliguote¬† « lambeaux, chiffon ». ( FEW (XVI,165a).

Aligot « aligot ».¬† A mon avis le mot aligot (de l’Aubrac) vient directement de ce sens. Vous n’avez qu’√† regarder l’image de Wikipedia qui donne latin aliquod « n’importe quoi » comme √©tymologie. Mais l’aligot¬† n’est surtout pas « n’importe quoi »!

aligot

L’explication de l’√©volution s√©mantique est la suivante. A la fin du XIVe si√®cle appara√ģt en fran√ßais le mot hericot ou haricocus du mouton; harigot « rago√Ľt fait avec du mouton coup√© et des l√©gumes « (DMF article 7 de l’√©tymon *harion). Ce sens est rest√© vivant dans l’Aubrac, p.ex. olicou√≥t « rago√Ľt fait avec des abatis de volaille », aricot √† St-Affrique. Henri Affre , Dictionnaire des institutions, mŇďrs et coutumes du Rouergue. Rodez, 1903, donne une variante pour Laguiole avec la d√©finition suivante: oligot « plat compos√© de pommes de terre cuites √† l’eau et de fromage encore imparfait pris en quantit√© √©gale et frits ensemble dans du beurre, qu’on fait √† tout festin de noces ». (cit√© d’apr√®s le FEW).

L’aligot serait d’abord un rago√Ľt selon le FEW, mais quand on m√©lange des pommes de terres avec du fromage et du beurre, on obtient¬† plut√īt des¬† lambeaux ou les chiffons, notion qui a d√Ľ √™tre pr√©sente devant les yeux des noceurs. Nous trouvons la m√™me image dans le mot actuellement¬† tr√®s √† la mode de chiffonnade, anglais chiffonade.

Dans les premi√®res attestations haligot, aligot, harigot s.m. signifie « aguillette » un ornement des v√™tements et haligote s.f. « lambeau, d√©chirure, chiffon d’√©toffe; pi√®ce rapport√©e, aiguilette » (Voir Godefroy); le verbe haligoter signifie¬† « d√©chirer, taillader, mettre en lambeaux » etc. Au XIVe s. appara√ģt hericoc de mouton « rago√Ľt de mouton, coup√© en morceaux, avec des f√®ves, des pommes de terre ou des navets »¬† (Godefroy Compl√©ment), dans le Viandier de Taillevent. qui date probablement de la fin du XIVe si√®cle.

Beaucoup plus tard, √† partir du XVIIe si√®cle apparaissent les fe(b)ves de haricot « semences de phaseolus vulgaris », appel√©s¬† ensuite haricots tout court. Les haricots¬† deviennent vite populaires, d’abord comme l√©gumes dans le rago√Ľt et ensuite¬† comme l√©gumes bon march√©. Les haricots verts sont « des gousses de haricots encore vertes et assez tendres pour pouvoir √™tre mang√©es ».

Dans le Dictionnaire Fran√ßais de P.Richelet de 1680 le mot haricot d√©signe en premier lieu le rago√Ľt:

haricot      
Vous voyez que la recette que ma femme a choisie pour m’encourager dans mes recherches,¬† diff√®re de celle de Richelet.

Calicot « f√®ve ».¬† Richelet √©crit que des paysans¬† d’autour de Paris appellent ces f√®ves calicots,¬† au lieu de¬† haricots. La premi√®re syllabe de quelques formes comme f√®ve de callicot (1651, en fran√ßais), caricote (d√©p. de l’Oise) karikot (dep. de l’Yonne) et notre quincorloto ( plac√©e aussi dans les Incognita du FEW √† cause de la premi√®re syllabe) reste obscure, mais elles sont bien li√©es √† l’haricot.

¬†Une influence du mot calicot « tissu indienne bariol√©e » semble tr√®s peu probable, parce qu’ il est r√©serv√© aux r√©cits de voyages et n’appara√ģt dans la langue commune qu’au XIXe si√®cle. (TLF).¬†¬† Un autre probl√®me, peut-√™tre provisoire, emp√™cherait¬† cette filiation, √† savoir que l’expression f√®ve de haricot (1628) est attest√©e 23 ans avant f√®ve de calicot. (1651).

Pourtant, au XVIe s. le haricot s’appelait fasiol de Turquie (1561) et plus tard aussi pois d’Inde (1614), ce qui prouve qu’on √©tait conscient qu’il venait de loin. Le¬† mot calicot avec le sens  » tissu blanc ou multicolore en coton fabriqu√© √† Calicut en Inde » appara√ģt en 1613 et ensuite en 1663 (TLF) en fran√ßais, mais d√©j√† au d√©but du XVe si√®cle en anglais (Harper).¬† En fran√ßais on appelle ces tissus des « Indiennes » (TLF). Cela me permet de supposer quand m√™me un lien entre les d√©signations pois d’Inde et f√®ves de callicot, d’autant plus que les haricots f√®ves sont blanches ou multicolores, comme les tissus de Calicut, et que l’Inde √©tait aussi bien √† l’Est (Indes, Indonesie), qu’√† l’Ouest (les Indiens),¬† d’o√Ļ √©taient venus les phaseolus.¬† Le commerce des tissus colicots entre l’Inde et l’Europe a pris une grande importance au XVIIe si√®cle.¬† Le manque d’attestations n’est peut-√™tre qu’un hasard.

C’est un message de Michel Chauvet, ethnobotaniste √† l’INRA, qui m’a stimul√© √† faire ces recherches. Il m’a √©crit:

« Vous savez qu’on a des variantes avec « calicot ». Il se trouve que les toiles indiennes (dont le calicot) sont devenues √† la mode pr√©cis√©ment entre la fin du XVIe – d√©but du XVIIe en Europe de l’Ouest. Gr√Ęce √† Wikipedia (in English), j’ai d√©couvert qu’il existait des chats calico, un crabe calico et un pirate surnomm√© Calico Jack. Il semble donc que calico ait pris le sens ou la connotation de bariol√©, ce qui convient tr√®s bien √† des haricots. On conna√ģt en effet plusieurs noms qui se r√©f√®rent √† des graines bariol√©es (par contraste avec celles du pois ou de la f√®ve qui sont de couleur terne et uniforme) : f√®ve peinte √©tant l’un d’eux. Mon id√©e est donc que « f√®ve de calicot » serait une innovation (parisienne ?) comme f√®ve peinte, et qu’ensuite seulement par √©tymologie populaire on serait pass√© √† « f√®ve de haricot« .

Il m’a signal√© √©galement les nombreuses recettes de cuisine avec des calico beans!.¬† Ce lien en donne 189. Je n’ai pas r√©ussi √† dater la premi√®re attestation de « calicot beans », mais le r√©sultat peut √™tre int√©ressant.¬† Voici l’√©tymologie¬† du mot anglais calico « bariol√© »¬† :

Origin:
1495‚Äď1505; short for Calico cloth, ¬†variant of Calicut cloth, ¬†named after city in India which orig. exported it.

L’utilisation des f√®ves bariol√©s¬† pour cuisiner le rago√Ľt appel√© haricot¬† a pu¬† sugg√©rer aux paysans des environs de Paris , de les appeler calicots.

D’autres mots dans les Incognita du FEW pourraient bien appartenir √† la m√™me famille. Les voici :

Logate. Dans Le vrai cuisinier fran√ßois; Par Fran√ßois Pierre de La Varenne. Nouvelle √©dition, La Haye,1721, recette n 28 : « Membre de mouton a la logate . Apr√©s l’avoir bien choify , batez le bien, oftez en la peau & la chair du manche, dont vous couperez le bout, & lardez avec moyen lard, le farinez & pafsez par la poefle avec lard ou fain-doux. » La recette compl√®te ici. Vous verrez qu’il s’agit d’une sorte de rago√Ľt!
Dans le Dictionnaire des termes appropri√©s aux arts et aux sciences, et des mots ..., Par Fran√ßois Raymond. Paris, 1824, je trouve: Logate s.f. se dit d’un gigot bien battu et bien lard√©. Gigot √† la logate. Ensuite Diderot donne la m√™me recette dans son Encyclop√©die, tome 9, 634 (djvu).

Une confusion entre aligote  et la logate , tous les deux utilisés dans une recette de la préparation  de mouton, me semble tout à fait probable.

Cincarat.Jambon en cincarat est du jambon coupé en lamelles. Une autre recette qui utilise un mot pour désigner de la viande déchirée,  une chiffonnade dirait-on de nos jours.

Actuellement, la cuisine g√Ętinaude, essentiellement de la  » terre « , fait la part belle aux produits issus de l’√©levage : fressure poitevine (gigouri), grillon charentais, boudin noir du Poitou, p√Ęt√© de P√Ęques, jambon (jambon au cincarat). Mais d√©ja connu en 1794 : La cuisiniere bourgeoise: suivie de l’office, a l’usage de tous ceux qui se . Par Menon.(lien vers la page) et en 1751 dans le Dictionnaire universel d’agriculture et de jardinage: de …, Volume 2. Paris 1751, Par Fran√ßois-Alexandre Aubert de La Chesnaye-Desbois,Louis Liger, p.256 il y a la m√™me recette.

      
Le lard utilisé pour le jambon au cincarat                                     Le catigot    

Catigot¬† est la derni√®re, toujours un rago√Ľt:

« matelote de poisson; pot pourris, rago√Ľt √©pais » (FEW XXI, 490b). Il s’agit toujours d’une sorte de rago√Ľt, d’un m√©lange. Le d√©but de la recette : « Dans une po√™le, faire revenir, dans du beurre, les filets de poisson, coup√©s en morceaux et farin√©s… (source) .

¬† Si vous avez une autre id√©e, n’h√©sitez pas √† me contacter.

Pompa a l'óli

Pompa a l’√≥li « pompe √† l’huile ».

La pompa a l’ √≥li [pompaloli] fait partie des treize desserts de Noel en Provence.¬† En fran√ßais r√©gional, ce mot donne souvent lieu √† un petit sourire et √† de la m√©fiance des belles estrang√®res.  » Mais non, √ßa fait pas grossir« ! Je peux le prouver par l’√©tymologie. Le verbe pompi¬† signifie¬† « frapper des pieds en marchant »,¬† ailleurs « tr√©pigner »,¬† √† Cahors c’est « frapper, battre rudement ». Tout cela ne fait pas grossir, au contraire. En occitan un pompidou (avec minuscule bien s√Ľr) est un « coup retentissant ».

                    
pompa a l’oli ¬†
               Aveyron                            Alpes                                            Provence

L’√©tymon est une onomatop√©e pomp- comme pamp-,¬† pimp-. Pomp- sert √† exprimer deux sensations : une acoustique « un coup » ou une visuelle « quelque chose de rond, une boule ». En occitan, sauf en Gascogne, mais aussi en Lyonnais, des pompes sont des petits pains ou des gateaux. Dans les dictionnaires patois nous trouvons des d√©finitions comme « g√Ęteau de toute esp√®ce; galette aux coigns; gateau fait avec la p√Ęte de pain, mince et ajour√©e en quartiers; pain plat fait avec le reste de p√Ęte ». A Marseille n’appelez par les poumpiers ! ce sont des gens « qui aiment les g√Ęteaux »!

Un visiteur aimable me signale:

« que la poumpo √† l’√≥li est typiquement de la r√©gion marseillaise (√† ma connaissance), pour le Gard, ce sont les oreillettes qui sont servies √† No√ęl et dans d’autres parties de la Provence, le « gibassier« .

Mistral donne les synonymes suivants: 

En langue d’o√Įl pomp- sert √† d√©signer des objets de d√©coration ronds , comme des noeuds de rubans, des touffes. Un nez de pompette est « un nez violac√© d’ivrogne » , un pompon « une houppe » et une pomponnette « une chanson √† boire populaire ». Depuis le XVIII si√®cle pomponn√© veut dire « orn√© avec recherche ».

       

pompette ¬†¬†¬† ¬†¬†¬† ¬†¬†¬†¬† ¬†¬†¬† ¬†¬†¬† ¬†¬† pompon d’or ¬†¬†¬† ¬†¬†¬† ¬†¬†¬† pompon de soldat

Il n’est pas impossible que le verbe proven√ßal et languedocien espoumpi « gonfler, imbiber du pain dans la soupe », comme verbe r√©fl√©chi « se gonfler, s’imbiber d’un liquide » et l’adjectif espoumpi « dodu » ( d√©j√† Sauvages) ont d√©tach√© s√©mantiquement sur la pompa a l’oli.

Il est clair que la pompa a l’oli n’a pas de rapport avec les pompes fun√®bres qui vient du latin pompa « cort√®ge » , ni avec les pompes √† eau ou d’huile de moteur qui nous sont venues des Pays Bas. Ces derni√®res viennent¬† du n√©erlandais pomp « pompe », qui en fran√ßais, au pluriel, a d√©velopp√© le sens « chaussures ». Voir le TLF √† ce propos.