cat-right

Rebarba

Rebarba « fromage prĂ©ti et fermentĂ© » dans le Gevaudan .

J’ai rencontrĂ© ce mot dans un article très intĂ©ressant de R-J. Bernard, L’alimentation paysanne en Gevaudan au XVIIIe siècle. In: Annales. Économies, SociĂ©tĂ©s, Civilisations. 24e annĂ©e, N. 6, 1969. pp. 1449-1467.(Lien direct). Il Ă©crit:

on obtenait « la rebarbe » en mĂ©langeant dans un « terou » (pot de grès) le petit lait issu du beurre et celui qui restait de la fermentation de la « tome ». Parfois on laissait fermenter la rebarbe en enfouissant le tĂ©rou sous un tas de foin, ce qui donnait un fromage coulant et d’odeur très forte »; genre de cancoillotte.

D’après le Thesoc rebarba est le nom de fromage fermentĂ© dans l’Ardèche, l’Aveyron, le Gard, l’HĂ©rault et la Lozère. Mistral la  dĂ©finit ainsi :  « ratissures du fromage de Roquefort ».

C’est cette dernière qu’on trouve sur le web et qui a Ă©tĂ© adoptĂ©e par LittrĂ©:

Dans les fromageries de Roquefort, rebarbe blanche, raclure du fromage dont on fait des pains cylindriques pour la consommation locale ; rebarbe rouge, produit d’un second grattage, ainsi dit Ă  cause de sa couleur.

Pour en savoir plus suivez ce liend’oĂą viennent ces deux images:

   
Premier raclage                                        Raclage dans la cave

L’Ă©tymologie n’est pas la mĂŞme que celle de rhubarbe (pour laquelle allez voir TLF), comme le suggère Mistral suivi d’Alibert.

Rebarba est de la mĂŞme famille que français Ă©barber et composĂ© du prĂ©fixe re + barba « barbe » qui a pris le sens de « tout ce qu’il faut enlever d’un objet, moisissures ». Latin barba signifiait dĂ©jĂ  « duvet ».  Mistral d’autres exemples :  rebarbela, desbarbela « battre les gerbes pour en faire tomber les grains », rebarbèu « grain qu’on fait tomber en battant les gerbes ».

Ă©barbeur.

Une autre image de la barbe se trouve dans le mot barbasto « gelĂ©e blanche »(S), barbarasto (Larzac), et le verbe barbarasta « se former de la gelĂ©e blanche ». Dans les CĂ©vennes  oĂą les « cirrus » sont appelĂ©s barbo de cat,  c’est la mĂŞme image qui domine.

        

Rebiscoula

Rebiscoula « ravigotĂ©, revigorĂ© »,  reviscolar  « ranimer, ragaillardir, rĂ©conforter » ; rebiscler « guĂ©rir' » (Robert Merle, Les Roses de la vie, p.414 ). L’abbĂ© de Sauvages donne l’exemple : Aco me rebiscoulo  « cela me ravigote, cela va au coeur lorsqu’on parle d’une liqueur ou d’autre chose de dĂ©licieux » et aime coucon ke me rebiscouĂ©l  « j’aime quelque chose qui aille au coeur ».

comme les taxes la caisse de l’Ă©tat

Etymologie : le latin avait crĂ©Ă© le dĂ©rivĂ© revivescere « revivre » qui raccourci en *reviscere existe encore dans le sud de l’Italie. Dans le nord de l’Italie, en occitan et dans la pĂ©ninsule ibĂ©rique on a ajoutĂ© le suffixe diminutif -ulare : *revisculare pour exprimer qu’il s’agit des premiers signes d’une guĂ©rison. Attestations : aoc. reviscolar « revivre; faire revivre », piemontais arvisculè, catalan reviscolar ( par exemple: amb la pluja, els sembrats han reviscolat. DE), espagnol revisclar. Dans beaucoup de rĂ©gions le -v- est passĂ© Ă  -b- par exemple en Lozère rebiskourĂ .
En Provence et l’est-languedocien nous trouvons une forme revioudar qui semble continuer la forme latin revivescere avec un changement de suffixe -iscere > -itare : Alais revieuda « ressusciter, ravigoter ».

En galloroman le type reviscolar se trouve jusqu’Ă  une ligne qui va de la Loire jusqu’aux Vosges et comprend donc le domaine franco-provençal et Ă  l’ouest une zone jusqu’Ă  la Loire qui a fait partie du domaine occitan , le Poitou et la Saintonge. Sur l’origine et l’histoire la ligne qui sĂ©pare le domaine d’oc du domaine d’oĂŻl lisez la page intĂ©ressante dans le livre de W.von Wartburg, Evolution et structure de la langue française.6e Ă©d. Bern,1962, p.64 en format JPEG, clicquez sur: Evolution-et-structure-p-64

Reboussier

Reboussier, reborsièr, -a.  « contariant, rebours, revĂŞche » (Alibert).  Hier soir quelqu’un me dit : « O, les Manduellois sont rĂ©boussiers!  » et il  m’explique qu’ils sont « râleurs, jamais contents ».

Google me signale qu’il y a 569 sites avec ce mot. J’ai l’impression que la forme est nĂ®moise. En effet dans le site de l’Huma je trouve:

« Ce phĂ©nomène culturel original est-il liĂ© Ă  l’histoire de ce peuple « nĂ®mois » que l’on dĂ©finit comme « reboussier »? Incontestablement. Et l’écrivain d’origine nĂ®moise Jean Paulhan l’a parfaitement exprimĂ©. « Reboussier», cela veut dire toujours prĂŞt Ă  prendre le parti du contraire, le parti du refus, parce que le NĂ®mois est viscĂ©ralement attachĂ© Ă  son libre choix et Ă  son libre arbitre. »

Les aficionados sont reboussié

Charles Atger  explique l’expression  de Valleraugue ReboussiĂ© coumo Prodet de GangjĂ© : « sa femme s’Ă©tant noyĂ©e, Pradet de Ganges remontait le cours de l’eau pour la chercher. Prodet  doit ĂŞtre une figure connue dans l’HĂ©rault, puisque Pau Chassary et Roman Deleuse ont Ă©crit un livre intitulĂ© Pradet de Ganges (A tots). 1986.
Mon informateur pour le patois de Valleraugue connaissait bien cette expression, !Prodet

Latin reburrus  « qui a les cheveux relevĂ©s sur le front », est  devenu rebursus par croisement avec reversus « renversĂ© ».  Reburrus  est un dĂ©rivĂ© de burra « Ă©toffe avec de longs poils ». Le mot n’a survĂ©cu que dans le domaine galloroman notamment dans le nord : français Ă  rebours et Ă  rebrousse-poil.  L’adjectif reboussier est uniquement attestĂ© en provençal (M), l’est-languedocien et en gascon : rebouichè (M).  Andriu de Gavaudan m’Ă©crit :

Vadut en Losera, a Maruèjols, ai totjorn entendut la maire e’m dĂ­ser qu’èri un « reboussiĂ© » reborsièr quand èri petit…Sabi pas se lo mot ven de la region de Nimes mès que s’emplegava e s’emplega a Maruèjols, Mende… e le mea maire n’avèva pas sonque ua coneishença passiva deu patoĂ©s (occitan). La maire qu’avèva rason; que ne’n soi un ! Coraumen

Un fidèle visiteur m’Ă©crit:

Bon, encore une modeste contribution …

Je suis Ă©tonnĂ© de l’Ă©criture « rĂ©boussiers » que je retrouve pourtant dans une rue de Sommières…
A Montpellier on dit « reboussaĂŻre« , mĂŞme terminaison que « tambourinaĂŻre » ou « empegaĂŹre » (mots qui mĂ©riteraient une entrĂ©e dans votre dictionnaire).
La terminaison en « ier » me semble « francisĂ©e » Ă  l’inverse de la terminaison originale (?) en « aĂŻre« .
Je lui ai répondu que:
Bonjour,

Il y aurait une thèse universitaire à écrire à ce propos.

J’ai regardĂ© dans le chapitre sur les suffixes dans l’Alibert et l Ă©crit que le suffixe -aire  vient du cas sujet de l’ancien occitan -ator  et que ces mots donnent des noms de mĂ©tier. Un reboussaire  est donc un « râleur professionnel » .  le suffixe  -iè, _iĂ©r  viendrait du latin -erium  et donne des substantifs ou adjectifs « abstraits ». Les NĂ®mois sont donc des « raleurs  chimĂ©riques » (ChimĂ©rique est le premier synonyme  de « abstrait » donnĂ© par le TLF)

Pour ĂŞtre sĂ©rieux je pense que  reboussaire  est un hypercorrecte forme de  l’occitan montpelliĂ©rain, parce que reboussier  ressemble trop Ă  un mot français. Mistral ne connait que le forme en -iè, iĂ©r.

ReboussieMistral

Un lecteur me signale les sobriquets suivants pour les Nîmois:

  • Li rachalan qualifiait les paysans de NĂ®mes. ( Peut-ĂŞtre une dĂ©formation de bachalan? voir aussi bajana). cf aussi ce site sur Marguerittes, terre des Rachalans. 
  • manjo-merlusso pour le mangeur de morue qui apprĂ©ciait la brandade.
  • manjo-loco pour le mangeur de loche, ce petit poisson du Vistre.
  • casso-lignoto pour le chasseur de linotte.
  • saĂąto-rigolo pour le sauteur de rigoles ou de ruisseaux.
  • li losso les lourdauds.
  • cĂ©bet ou cĂ©ban. Dans les quartiers, celui de l’Enclos Rey, catholique et royaliste, Ă©tait peuplĂ© de travailleurs de la terre qui Ă©taient surnommĂ©s les cĂ©bet ou cĂ©ban pour oignons ou mangeurs d’oignons.
  • gorjo-nègro.  Chemin de Montpellier et la Placette habitĂ©s par des Protestants des « gorjo-nègro », appelĂ©s aussi par dĂ©rision pĂ© descaĂą pieds nus ou va-nu-pieds.
  • li verdets volontaires royalistes après le 9 Thermidor, en 1815 et pendant la Terreur Blanche.
  • gri haire pour les protestants qui ont pris NĂ®mes après la Michelade (le 30 septembre 1567). Ils Ă©taient une centaine de soldats ayant de l’eau jusqu’Ă  la ceinture dans le canal voĂ»tĂ© de l’Agau, Ă  avoir franchi les barreaux du Moulin de la Bouquerie, après les avoir sciĂ©s;
  • Li escambarla pour ceux qui avaient un pied dans le parti catholique et un autre dans le parti protestant.
  • Li mazetiĂ© pour les NĂ®mois qui allaient chaque dimanche dans leur mazet.

recatar

recatar « ramasser quelque chose qui traĂ®ne » et   se recatĂ  « s’endimancher;  se marier » voir acatar

rĂ©cate ‘repas de midi’

rĂ©cate « repas que le travailleur dans les champs ou les vignes emporte pour midi (de nos jours) ou pour la journĂ©e (autrefois).

recate en 2019

Les camionnettes réapparaissent dans les vignes et vers midi les travailleurs récatent .

L’Ă©tymologie est d’après le FEW un verbe non-attestĂ© *coacticare « cacher », qui a connu un riche dĂ©veloppement notamment dans le domaine occitan. Voir les nombreuses significations locales dans le FEW vol. 2 p.814 colonne de gauche.

Le sens « pique-nique »Â  s’explique par le fait que les aliments sont bien empaquetĂ©s pour les emporter aux champs.

Voir aussi l’article acatar

Redable "tire-braise"

Redable « tire-braise » vient du latin rutabulum « fourgon 1 , râble de boulanger, spatule » surtout avec le sens « tire-braise ».

Dans un site marchand, je trouve la description suivante:

Les outils du boulanger : Râcle, Ă©couvillon, pelles. Vous les connaissez peut-ĂŞtre dĂ©jĂ  sous des noms diffĂ©rents de ceux que je donne ici. Pas d’affollement !! Ils ont un nom par village… ou peu s’en faut. Le râcle (râble, etc.). Une plaque de 25 x 6 cm taillĂ©e dans les chutes de la tĂ´le qui a servi Ă  fabriquer la porte, 40cm de fer Ă  bĂ©ton de 8, quelques points de soudure et 2m de bambou. Le râcle sert Ă  Ă©taler les braises pendant la chauffe et Ă  les retirer dur four après la chauffe.

 

La voyelle de la première syllabe varie dans les parlers locaux : ridable, radable, roudable et le -b- devient souvent -p-.

Le FEW suivi par le TLF rattachent le mots râble (surtout en parlant du lièvre et du lapin) à rutabulum.  Le Bloch-Wartburg suivi par A.Rey,  écrit que

le mot  râble (du lièvre) est probablement une extension de rable « fourgon spatule » par analogie d’aspect; certains instruments appelĂ©s râbles Ă©tant munis de fourchons fixĂ©s dans la barre comme l’Ă©chine est munie de ses cĂ´tes « .

Dans le FEW von Wartburg est beaucoup plus nuancĂ©. Il y suggère la mĂŞme comparaison, mais les formes occitanes avec -e- au lieu de -a- posent un problème d’ordre phonĂ©tique. La forme rièble se trouve dĂ©jĂ  dans le Miroir de PhĂ©bus (1390) de Gaston comte de Foix.

Von Wartburg pense que râble  en parlant du lièvre est un mot de chasseurs, qui est passé  dans la langue gĂ©nĂ©rale au cours du XVIe  siècle. La première attestation en français de râble (1532) vient de l’auteur de Pantagruel et Gargantua! Le mot s’est rĂ©pandu ensuite dans les dialectes. Il y a donc deux histoires.   Rutabulum > redable en occitan, ou  rouable, roable en ancien français avec le sens « tire-braise » qui a eu une Ă©volution Ă  partir du latin.  D’autre part  râble (de lièvre) qui s’est rĂ©pandu Ă  partir du XVIe siècle dans tout le domaine galloroman.  Les formes occitanes avec -e- s’expliquent peut-ĂŞtre par une influence du mot rèble(s) « de la blocaille: petites pierres pour remplir entre les parements d’un mur »(S1), du verbe reblar « remplir, garnir de blocaille » (S1) du latin replÄ“re « remplir ». Cette explication ne me convainc pas Ă  100%. Une autre explication de C. Nigra dans l’Archivio Glottologico 14, p.374.

Pour le moment aucune Ă©tymologie est vraiment satisfaisante. Si vous avez une idĂ©e…

A Die et Ă  Trièves les formes sont identiques: riable s.m. « dos » et « rivet du boulanger ». (Schook)

Notes
  1. Fourgon « Longue barre mĂ©tallique ou longue perche garnie de mĂ©tal utilisĂ©e pour remuer la braise ou la charge d’un four, d’une forge, d’un fourneau, ou pour attiser un feu. » (TLF). Le fourgon « automobile » doit probablement son nom Ă  cette barre;  mĂŞme mot que fourgon 1, ce mot ayant dĂ» dĂ©signer successivement le « bâton de la ridelle » puis la « ridelle » et enfin la « voiture Ă  ridelle » (ces deux derniers sens Ă©tant attestĂ©s en prov. mod. : MISTRAL, s.v. fourgoun) TLF

Redessan. Les noms de lieu et l'Ă©tymologie.

Redessan 

Des visiteurs me demandent rĂ©gulièrement l’origine d’un nom de lieu. La Toponymie est une discipline très difficile! Je ne m’y risque que rarement.

Voici un exemple. Dans le livre Statistique du dĂ©partement du Gard, je trouve: « A l’est de la ville de NĂ®mes, …, on aperçoit un village appelĂ© Redessan, dont l’Ă©tymologie, donnĂ©e par Deiron (AntiquitĂ©s de NĂ®mes, chap.X, p.60) paraĂ®trait renfermer quelque apparence de vĂ©itĂ©, quoique mise en doute par MĂ©nard. Un sanglante bataille donnĂ©e non loin de ce village (note: Cette bataille termina en 410 l’envahissement de cette partie des Gaules, que Constance, gĂ©nĂ©ral d’Honorius, purgea de tous ses ennemis) aurait amenĂ©, d’après Deiron, cette phrase incidente dans le rĂ©cit de cet Ă©vènement, en langage vulgaire de cette Ă©poque : Id est rech de sang; les trois derniers mots signifient : Ruisseau de sang.

De telles histoires sont amusantes, Ă  raconter devant la cheminĂ©e, mais cela n’a rien Ă  voir avec l’Ă©tymologie. Un coup d’oeil dans le Dictionnaire toponymique du Gard suffit: Rediciano en 909. C’est une Villa Rediciano ce qui veut dire  » qui appartient Ă  », ou « est situĂ© près de », ou « un lieu de plantation de ….. Redix » . Je m’arrĂŞte lĂ .

Rega

Rega « sillon » vient d’un gaulois *rica « sillon » et spĂ©cialement le « sillon produit par le soc de la charrue ». C’est un des nombreux mots celtiques qui ont un rapport Ă  l’agriculture. Il est conservĂ© dans toute la Galloromania.

Dans la Charente redzo a pris le sens « bande de terre cultivĂ©e » d’après le Thesoc. Pour son dĂ©veloppement en français voir le TLF raie.
L’abbĂ© de Sauvages cite un  rego avec le sens « raie, trait de la plume », mais dans d’autres dictionnaires occitans c’est une raio, la forme françisĂ©e.  La reganèlo dĂ©signe d’après lui « les rayons, ardeur du soleil ».

 

Renebre ‘patience’ plante

Renebre « patience, espèce avec des racines jaunes » (R.Jourdan, Montagnac), rouzerbe « patience » (Sauvages1756 et 2e Ă©d.)

rouzerbeS2L’Atlas linguistique de la France, ALF, donne la forme  ruzerge pour 2 villages du Gard.

D’après Wikipedia la patience sauvage est  la Rumex obtusifolius

Rumex_obtusifolius_Sturm48Pierre Larousse a repris des formes occitanes dans son  dictionnaire encyclopĂ©dique en 1875, mais elles ont disparu des Ă©ditions postĂ©rieures. J’ai l’impression qu’il connaissait Mistral qui mentionne le renèbre.

Le FEW X, 540 les range  dans l’article rudember, un mot latin qui n’est attestĂ© qu’au XIe  siècle et qui signifie « glouteron ». L’auteur remarque d’ailleurs que cette famille  se trouve uniquement dans le domaine gallo-roman et qu’il est peut-ĂŞtre d’origine celtique, mais que pour le moment on n’a pas encore trouvĂ© des relations.

Alibert a rassemblĂ© des formes occitanes dans l’article rosembre, m. Patience (Rumex patientia) ; moutarde des champs, Don(= Donnezan)., Toul.  Var. rosèrgue, rosomet, rosonabre, roergue, roserbe, renebre, rosenabre, renible,rosomec, rosomet, Toul., roergĂ s. Ă©tym. B. L. rudember, du Gaul. reudo, rouge.

Je ne sais sur quoi est basé son étymologie gauloise. ??

 

repounchou ?

Repounchou est un nom de plante, mais laquelle?  J’ai reçu le message suivant:

Comme tu le sais, c’est un important point de dĂ©saccord entre Languedociens (pour qui c’est la raiponce) et Toulousains (pour qui c’est le tamier).

Wikipedia: Le Tamier commun ou Herbe aux femmes battues (Dioscorea communis), est une espèce de plantes grimpantes monocotylédones de la famille des ignames (Dioscoreaceae).

Elle est parfois appelĂ©e haut liseron, racine-vierge, raisin du Diable, sceau de Notre-Dame ou vigne noire. Dans le sud de la France, elle est couramment dĂ©signĂ©e par son nom occitan « reponchon »2 (qui se prononce rĂ©pountsou) ou « rĂ©(s)pountchou ».( Attention, ne pas faire de confusion avec la Bryone dioĂŻque d’aspect approchant mais entièrement toxique.)

repounchon1dioscorea

Raiponce  par contre  n’est pas une espèce mais un genre Phyteuma (LinnĂ© 1753) avec de nombreuses espèces, dont la raiponce en Ă©pi ou raiponce salade ou raiponce des bois.  (Phyteuma spicatum):

raiponce en Ă©pi

Par Csame — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=4731535

Le CNRTL s.v. raiponce  dĂ©finit  » plante de la famille des CampanulacĂ©es … »Â  dont 3 genres Campanula, Phyteuma et Legousia vivent en France.

Campanule raiponce (Campanula rapunculus) encore appelĂ©e Raiponce cultivĂ©e est une plante herbacĂ©e bisannuelle de la famille des CampanulacĂ©es. La « Campanule raiponce » est aussi appelĂ©e en France bâton de Saint Jacques, Rave sauvage et Rampouchou dans le Sud-Est (mais ce mot, reponchon en occitan, dĂ©signe le Tamier commun en Aveyron), en Angleterre Rampion et Rampion Bellflower d’après l’auteur de cet article de Wikipedia.

repounchon-Campanula_rapunculus_L_ag1Alibert dĂ©finit  reponchon  avec  « raiponce; houblon; pissenlit; chondrille ».

repounchou = houblon houblon;reoiunchou = chondrilla ?chondrilla

Français pissenlit est un nom vernaculaire ambigu. La chondrilla est un autre genre de plantes de la famille des Asteracées.

Pour y comprendre quelque chose, j’ai eu recours au FEW X, 72-73 qui a classĂ© raiponce dans l’article rapum « racine » . Le nom raponce apparait au XIVe siècle en Italie raperonzolo, raponzo .  Si j’ai bien compris ces noms dĂ©signent deux plantes Ă  savoir la Raiponce en Ă©pi (Phyteuma  spicatum) et la Campanula rapunculus   campanule , dont les racines (rapum  en latin) sont consommĂ©es en salade au printemps.  Beaucoup plus tard, au XIXe siècle la mâche (Valerianella locusta) est Ă©galement appelĂ©e raiponce, parce qu’elle est aussi consommĂ©e, mais cette fois on consomme les feuilles. C’est ça l’explication ! . Voir mon article Botanique et occitan ou l’intĂ©rĂŞt des noms vernaculaires.

L’allemand Rapunzel dĂ©signe 1.  la mache (Gewöhnlicher Feldsalat ) et 2.  la campanule (Rapunzel-Glockenblume).

Suite Ă  l’ article repounchou GĂ©rard Jourdan qui me suit fidèlement, me raconte ses souvenirs  de jeunesse:

Je lisais avec intĂ©rĂŞt ton article sur rapounchou. Un peu de nostalgie aussi car quand j’Ă©tais gosse, mes parents, ouvriers agricoles, ramenaient souvent de leurs travaux de la salade sauvage. Je me souviens de quelques noms donnĂ©s par mon père : ampouleta, douceta, penchĂ© et la star des salades  le respountchou. Cette petite racine avec une rosette de feuilles Ă©tait un vrai rĂ©gal pour nous. J’ai dĂ©couvert plus tard qu’il s’agissait de la campanule raiponce reconnaissable Ă  ses clochettes bleues. Les autres salades Ă©taient donc la valĂ©riane (ampouleta), la mâche sauvage (douceta) et le pissenlit (penchĂ©) au goĂ»t très prononcĂ© !!
Pour ce qui est du tamier, je pense qu’il ne pousse pas chez nous dans les basses-plaines de l’HĂ©rault, mais je me souviens d’avoir consommĂ© les jeunes pousses de cette plante (comme des asperges sauvages) lors d’un stage au-dessus de Lodève, au col du Perthus (voisin du causse du Larzac).

 

 

 

 

Page 3 sur 712345…Dernière page »