cat-right

Mounjo

Mounjo « religieuse ». Ancien occitan monja (Millau,1100) vient du latin monacha « nonne ». En galloroman  le type monacha, formĂ© sur le masculin monachus « moine » est limitĂ© au franco-provençal et l’occitan.

A Alès on distinguait  la mounjo « religieuse vêtue de blanc » de la mourgo« religieuse vêtue de noir », une évolution caractéristique pour une région intermédiaire entre provençal et languedocien.

Magali ! se tu te fas mounjo blanqueto, ièu, capelan, counfessarai, E t’ausirai ! (Mistral)


Magali?

Les mousettes  « haricots » en Guernesey  que le FEW  rattache aux mogettes de la VendĂ©e et des Deux-Sèvres, ainsi qu’au catalan monguetas, mongetas, attestĂ© depuis 1460 font certainement partie des dĂ©rives de monacha.(Incognita du FEW XXI, 131b).  Dans le Diccionari Etimologic catalan , l’auteur ajoute la remarque suiante :

pour des raisons sémantiques peu claires; peut-être pour la couleur des vêtements de nonnes, ou parceque dans les monastères le régime des haricots était très courant.

Mourgo, mourgeto


Mourgo « religieuse ». Ancien occitan, Rouergue 1198 morga. Du latin  monacha , fĂ©minin de monachus « «anachorète, solitaire; moine » . Cf. aussi mounjo. et Mourgues  « Monaco ».

Mourgeto, « petite religieuse ; escargot d’Ă©té ». DĂ©rivĂ© de mourgo avec le suffixe -itta. La forme avec -r- semble ĂŞtre limitĂ©e au dĂ©p. du  Gard et zones limitrophes, notamment MontĂ©limar, Arles, PĂ©zĂ©nas, Puisserguier, arr. de BĂ©ziers. Cf.mounjeto.

Mourgues

Mourgues, Mourguez « Monaco ».  Jusqu’au XVIIIe siècle, Monaco s’appelait Mourgues.   En  latin Portus Herculis Monoeci du grec Heraklès Monoikos « Hercule solitaire » .  Je ne sais pas pourquoi on a changĂ© ce nom.

Monaco (Wikipedia)

L’origine, le grec monoikos,  est la mĂŞme que celle de  mounjeto, et mounjo.
Il y a plusieurs toponymes Les Mourgues dans le Gard, e.a. Ă  Vauvert , Saint-Geniès-des-Mourgues   dans l’HĂ©rault.

 

Mourguettes

Les mourguettes  est un autre nom des estivenques « des  petits escargots blancs  que l’on trouve sur le fenouil, ou autres plantes de garrigues » qui s’appellent aussi missounaïre ou missounenque.

En occitan comme dans toutes les langues romanes les significations « moine » et « nonne » ont donné lieu à de nombreux emplois au figuré,  à cause de la forme de leurs silhouettes, la couleur de leurs habits, le crâne rasé du moine, la couleur du voile de la nonne : des toupies, des fromages, toutes sortes de plantes et d’oiseaux et spécialement dans  le Midi  des haricots blancs, haricots verts, haricots secs. Emprunté par le français :  la mongette « espèce de haricot qu’on cultive dans le midi de la France » attesté depuis 1835.

Les mourguettes sont donc des « petites religieuses », un dérivé  du latin monacha avec le suffixe diminutif –ittu. Pour les Gardois des  sont les « petits  escargots blancs » ressemblent à des «* nonnettes ».

Dans le Gard est attestée  une autre forme : mounjéto « espèce de limaçon blanc » mais qui signifie aussi « variété de haricots blancs à ombilic noir, qui se mangent secs ». Les deux formes monja et morga,  survivent donc dans les parlers modernes. Comment expliquer cela?

Dans le pays d’oc aucune des variantes dialectales  Ă©tait devenue la langue littĂ©raire officielle comme c’est arrivĂ© dans le nord de la France avec le dialecte de la rĂ©gion parisienne ou le dialecte de Florence en Italie. Les scribes essayaient d’écrire les mots tels qu’ils les entendaient ou prononçaient avec les lettres du latin dont ils disposaient. Ces prononciations variaient d’une rĂ©gion Ă  l’autre.  Ces essais de rendre la prononciation avec les lettres du latin est Ă  l’origine des diffĂ©rentes graphies que nous trouvons dans les manuscrits du Moyen Age.   La graphie des mots est donc le rĂ©sultat d’une tradition millĂ©naire. Je pense que l’orthographe devrait renouer avec cette tradition et Ă©crire mwa  ou moua   au lieu de moi,   la prononciation du haut Moyen Age.

Donc quand on cherche dans des dictionnaires de l’ancien occitan, et on trouve le mot  morga avec le sens de  « religieuse » dans un texte du Rouergue daté de 1198, il faut s’attendre à trouver d’autres graphies  En effet elles varient beaucoup selon la région dont proviennent les textes : monja, monega, monga, morga, moina. La même chose pour le masculin : monge, morgue, etc. « moine ».

Le dĂ©partement du Gard est particulièrement intĂ©ressant parce qu’il se trouve dans une zone transitoire entre le provençal et le languedocien.  A Alès, par exemple, on a distinguĂ© les deux variantes : mourgo et mounjo. La première dĂ©signant « une religieuse vĂŞtue de noir » , la seconde « une religieuse vĂŞtue de blanc ». Mais c’est, Ă  notre connaissance, le seul endroit oĂą cette distinction Ă©tait faite .

 

mounjo

Petite digression.

Est-ce que quelqu’un dont le français est la langue maternelle établit un lien entre les mots mono (opposé à stéréo) moine, moineau, monarque et Monaco ? Je ne pense pas et pourtant  leur étymologie est identique grec  monos « seul », moine « quelqu’un qui vit seul », moineau « oiseau qui a le plumage de la couleur d’un habit de moine »  viennent tous les trois du grec monos, dont  au début du christianisme on dérive le mot monachus, et plus tard on crée le féminin Imonacha.  C’est l’étymologie qui rétablit ces liens et qui rend le vocabulaire plus transparent, plus « motivé » en termes linguistiques.

           

     mono               moine                   moineau                  monarque           monarque       Mourgues = Monaco

 Une  mounéga  de Nice

Mourre

Mourre « colline, hauteur, mamelon ». Dans une grande partie du domaine oĂą nous trouvons le type * murr- avec le sens « museau », existe Ă©galement le sens « petite hauteur de terrain, mamelon ».
        
une morrosca italienne et un mourre cĂ©venol (Photo d’Alain Avesque).

Comme toujours, le sens du mot s’adapte au terrain : Ă  St.-AmĂ© dans les Vosges il dĂ©signe un « tas de pierres dans un champ », Ă  Barcelonnette une « hauteur arrondie », Ă  St.-AndrĂ© de Valborgne un « mamelon », mais dans les PyrĂ©nĂ©es Atlantiques ce n’est plus qu’un « tas ». A Alava en pays basque une morrosca est « une jeune fille avec une belle poitrine ».

Le géologue Horace de  Saussure  a introduit en français un autre dérivé de *murr-  la  moraine:

  « les paysans de Chamouni nomment ces monceaux de dĂ©bris rocheux entraĂ®nĂ©s par le mouvement de glissement d’un glacier, la moraine du glacier). »   (SAUSSURE, Voyage dans les Alpes, Ă©d. Neufchatel, Genève,1779, t.1, p.455)

et de lĂ  anglais moraine, allemand Moräne. Il semble que le suffixe -ena est Ă©galement d’origine prĂ©romane.etc.

moraines moraine
Horace -Benedict de Saussure: le premier géologue alpin (1749-1799)

Moustèlo

Moustèlo, mostèl, mostèla

  • 1. »belette ». La belette est le plus petit des mustĂ©lidĂ©s, famille de l’ordre des carnivores et de la classe des mammifères. C’est Ă©galement le plus petit carnassier d’Europe (± 20 cm) et elle est lĂ©gère (± 100 gr). (Source).
  • 2. « gadus mustela, poisson de mer ». La « moustelle » en  fr.rĂ©g. (en français : motelle) est un nom bien connu des pĂŞcheurs en MĂ©diterranĂ©e puisqu’il dĂ©signe une famille de poissons de mer, les blennies ou les gades (Gadus mustela, gade brun, gade blennoĂŻde, phycis mĂ©diterranĂ©en, etc.(Source).

Etymologie: latin mustela « belette ».

L’Ă©tymologie de moustèlo latin mustela n’est pas surprenante. Mais le nom français belette et le grand nombre de noms que le Thesoc fournit pour l’occitan le sont davantage :

  1. beleta, bèlola, bèlolina, beloteta(< bellus); 
  2. causeta (causa); 
  3. comairèla (< commater); 
  4. dònabèla (< domina + bella) ;
  5. martol(a) (< martre français);
  6. mostèl, mostèle (mustela);
  7. polida(-bèla), polideta, polit (politus, -a) ;
  8. rat.  on trouve en plus deux types spéciaux : 
  9. pa(n)kezo, pankero et pa(n)let d’après Rolland  en Gascogne.

Pour l’Ă©tymologie des diffĂ©rents types suivez ces liens.

Vous pouvez trouver tous ces noms et bien d’autres Ă  la p.114 du tome VII de la Faune de Rolland. Je n’ai pas vĂ©rifiĂ© les donnĂ©es suivantes : « en italien elle est donnola (demoiselle), en breton kaerell (mot issu de kaer qui signifie beau), en anglais elle est parfois fair (venant de fairy= fĂ©e), en espagnol, elle est comadreja (la commère), en roumain nevastuica (la jeune mariĂ©e). Les Turcs, dit Sonnini dans son Voyage en Grèce, l’appellent gallendish, et les Grecs niphista, deux mots qui signifient nouvelle mariĂ©e. » (Source)

Nous constatons d’abord que la grande majoritĂ© des noms de la belette sont au fĂ©minin et peuvent dĂ©signer Ă©galement une femme ou une fille. (ExceptĂ© rat mais celui-ci remplace  souris).

Ensuite, tous les noms de la belette tĂ©moignent de la superstition selon laquelle nommer l’animal de son vrai nom mustela serait l’attirer, et par consĂ©quence mettre le poulailler en danger.

Les superstitions concernant la belette vont beaucoup plus loin et nous viennent de la nuit des temps. Grâce Ă  Gallica j’ai pu consulter un article de Lessiac, Zeitschrift fĂĽr deutsches Altertum 53 (1912) pp.101-182 intitulĂ© Gicht (=convulsion, spasme). Il nous  apprend que l’attribution de la propagation des maladies Ă  des animaux est un augure lointain de la connaissance du rĂ´le des bactĂ©ries.  On relève des traces de cette ancienne thĂ©orie dans les noms modernes de certaines maladies comme cancer, chancre (< latin cancer « crabe »), loup ou lupus, (< lupus « loup »), scrofule (dĂ©rivĂ© de scrofa « truie ») et francais teigne qui vient du latin tinea « ver rongeur ». Il semble que dans la mĂ©decine populaire ce type de dĂ©nominations soit beaucoup plus frĂ©quent. Cela ne veut pas dire qu’on tenait les animaux pour cause de ces maladies. Il s’agit lĂ  plutĂ´t de mĂ©taphores, d’images, tĂ©moins des affects liĂ©s Ă  la douleur ou Ă  la considĂ©ration des symptĂ´mes.

Dans la mythologie la belette, le chat, la souris et le rat, le crapaud et le serpent reprĂ©sentent le souffle, l’âme, la vie et par consĂ©quence la femme. Pensez aux nombreux contes de fĂ©es dans lesquels ces animaux jouent un rĂ´le en rapport avec l’Ă©ternel fĂ©minin !

Schuchardt et d’autres considèrent ces noms de la belette comme un echo lointain du mythe de Galanthis:

« Dans la version la plus connue, celle d’Ovide, Galanthis,  » fille du peuple », tente d’aider sa maĂ®tresse Alcmène, qui est sur le point d’accoucher d’HĂ©raklès.  HĂ©ra, jalouse, veut empĂŞcher la dĂ©livrance imminente. Galanthis se joue de la dĂ©esse en lui racontant que l’accouchement est fini. La dĂ©esse relâche son attention, et la dĂ©livrance d’Alcmène survient. Essuyant les moqueries de Galanthis, la dĂ©esse se venge alors en la mĂ©tamorphosant :

 » Lucine […] transforma ses bras en pattes antĂ©rieures.
Son zèle d’antan subsiste et le pelage de son dos n’a rien perdu
de sa couleur ; mais sa forme est diffĂ©rente de ce qu’elle Ă©tait.
Pour avoir aidĂ© une femme en couches d’une bouche menteuse
elle enfante par la bouche ; et comme avant elle hante nos maisons[3].  » (Ovide)

L’animal, qui n’est pas nommĂ© par Ovide serait prĂ©cisement une belette. Les Anciens croyaient en effet que la belette « conçoit par l’oreille et enfante par la bouche » et Pline l’Ancien parle de la belette « qui erre dans nos maisons ». (Wikipedia). La belette jouait a l’Ă©poque le rĂ´le actuel du chat.

Alcmène accouche

Ci-dessous le détail

Galanthis punie

Ci-dessous deux miniatures : la belette mettant bas .

et la belette ressuscitant ses petits

Concernant l’inquiĂ©tante fĂ©minitĂ© de la belette, il y aussi la fable bien connue d’Ésope, Aphrodite et la belette  qui raconte comment Aphrodite accĂ©de Ă  la prière d’une belette amoureuse d’un jeune homme en la mĂ©tamorphosant en femme. Mais elle lâche une souris dans la chambre nuptiale et l’Ă©pousĂ©e bondit hors du lit pour la capturer et la dĂ©vorer. CourroucĂ©e, la dĂ©esse la rend sa forme initiale.

Un autre rĂ©cit mythique relatif Ă  la belette, l’associe Ă  la sexualitĂ© fĂ©minine sous le signe de l’excès. Cf. l’article très fouillĂ© de Sylvie Ballestra-Puech dans le site de l’UniversitĂ© de Nice (Rursus), L’araignĂ©e, le lĂ©zard et la belette : versions grecques du mythe d’ArachnĂ©.

La belette joue aussi un rĂ´le dans la mythologie celte. Mère du roi Conchobar, Assa a Ă©tĂ© dans sa jeunesse une princesse douce et facile . Mais, suite Ă  une agression, elle apprend Ă  se dĂ©fendre et reçoit alors le nom de Ness, qui signifie « la belette« . Un jour, le druide Cathbad tue son escorte. Comme son père se rĂ©vèle impuissant Ă  punir l’outrage, elle prend les armes et lève Ă  cet effet une troupe. Mais le druide est rusĂ©. Il s’arrange pour la surprendre nue, au bain, et elle se voit contrainte de l’Ă©pouser . Ils auront deux enfants.
Le Loch Ness (connu pour son monstre) est un lac très long et effilĂ© Ă  l’image de la belette.

A propos de l’expression « ĂŞtre une moustelle », Christan Camps dans Expressions familières du Languedoc et des CĂ©vennes. Bonneton, 2003, note qu’ elle dĂ©signe « quelqu’un de mince et de santĂ© fragile » par comparaison avec le corps allongĂ© de la belette. Expression confirmĂ© par mon informateur de Manduel :

« Ma mère disait pour une personne (surtout un enfant), fluet, maigre et très vive: « Es uno bravo moustello ».

La relation entre l’homme et la belette est Ă©quivoque. D’un cĂ´tĂ© la belette reprĂ©sente le souffle, l’âme et la vie, la femme qui donne la vie, comme le chat, la souris et le rat, le crapaud et le serpent.  E.Rolland cite le dicton « encore est vive la souris »Â  pour dire « nous sommes encore en vie », et  l’expression pour dire d’une femme qu’elle est  enceinte : « elle a le rat au ventre ».  C’est pour cette raison que  beaucoup de noms de la belette signifient Ă  l’origine « jeune fille, mariĂ©e, jeune femme ».   Nous retrouvons la mĂŞme idĂ©e  en dehors du  galloroman, comme  par exemple en allemand populaire FraĂĽlein, Praitele « mariĂ©e », en danois brud « mariĂ©e », basque andereder « dame belle », en bavarois Schöntierlein « belle petite bĂŞte »etc.

D’autre part la belette souffre d’une mauvaise rĂ©putation. Elle est  mortelle dans le poulailler. Il y a d’autres  croyances, qui doivent faire peur.    Si un porc est paralyse des jambes de derrière, on dit que c’est la belette qui lui est passĂ© dessus. Si la belette passe sur le dos d’une personne ou d’un animal, ils ne pourront plus se relever, ou, tout au moins il y aura une dĂ©viation de la colonne vertrĂ©brale. (voir Rolland Faune, VII, p.123 p.121).

Le nom mustela se rĂ©vèle ainsi dĂ©positaire d’un double tabou ! S’agit-il lĂ  d’un paradoxe de fait ? Je le crois. La vie n’existe pas sans la mort.

 

Mousti, masti

Mousti, masti « gros chien qu’on emploie Ă  la garde des maisons, du bĂ©tail ». Ci dessous un extrait de Pierre Borel TrĂ©sor des antiquitĂ©s Gauloises et Françaises. Paris 1655, qui traduit moustis par « dogues ».

Le latin avait crĂ©Ă© le mot mansuetus Ă  partir de manus + suetus ce qui voulait dire « habituĂ© Ă  la main » , c’est-Ă -dire « apprivoisĂ©, domestiquĂ© ». Ce mot est conservĂ© en bĂ©arnais maset, masede adj. « domptĂ©, calmĂ©; docile ». En latin tardif, au dĂ©but du Moyen Ă‚ge a dĂ» ĂŞtre formĂ© l’adjectif *mansuetinus attestĂ© seulement dans la forme mastinus au IXe siècle, avec le sens « serveur ». Le mot Ă©tait le plus souvent utilisĂ© en combinaison avec canem : canem mastinum « chien de garde d’une ferme » ce qui est devenu mastinum tout court. AttestĂ© avec ce sens en ancien français depuis 1155, mastin, mâtin et en ancien occitan masti, mastin,  en occitan moderne masti, mousti etc. le plus souvent avec chute du -n final. Au figurĂ© masti(n) prend le sens de ‘luron, rusĂ© ». Sens premier du français mâtin.

La mastino est la « femelle » et le mastinas ou maustinas « un très gros chien », et le verbe mastinar « quereller, grogner » (1646).


2 mastis des Pyrénées

Masti(n) a Ă©tĂ© empruntĂ© par l’italien mastino, le catalan masti, l’espagnol mastin, le portugais mastim, le breton mastin (Vannes) et l’anglais mastiff « dogue », german mastiff « berger allemand ». Ce dernier a Ă©tĂ© re-empruntĂ© plus tard par le français.Voir le TLF.

Page 8 sur 8« Première page…45678