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Galopastre "bergeronnette"

Galopastre  « bergeronnette » (Mistral),  galapastre (Gard, Hérault) fait d’après le FEW partie de la même famille que galavar  « gourmand »; l’élément  gala-  venant d’un germanique wal « bon ».  Le deuxième élément pastre  vient du latin pastor « berger ».

Il y a différentes explications de ce nom.  D’après C.Nigra1 c’est le fait que l’oiseau suit les troupeaux, d’après d’autres c’est la vivacité de la hochequeue qui amuse le berger.  Si vous avez une idée plus précise contactez-moi!

   

Il y a beaucoup d’autres noms pour ces oiseaux.  Voir le Thesoc pour les détails.

bovaira, bovaireta, brandacoa, chinchorlina, coacha, coadièra, coalonga, cuol blan, enganapastre, gardabuòu, guinha-coa, guinhusa, lauraire, marioneta, pastorèla(ta), pastressa, pastressona, pescairòla, porcaireta, rosseta, tèsta negra, trempacuol, vaquièra, vaquièreta, vaquièrona.

Un trésor lexical qui disparaîtra si les occitanistes normatifs gagnent du terrain. Pour Panoccitan  bergeronnette nom f. ZOO oiseau, brandacoa.

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  1. Archivio glottologico 14, p.275

Calhol, rat calhol "loir, lérot"

Calhol, rat calhol « loir ». Jean Crespon le  taxidermiste de Nîmes, écrit que le  loir et le lérot s’appellent  racayé dans le parler local. Un mot introuvable dans les dictionnaires. C’est l’abbé de Sauvages (S2) qui écrit qu’un ra-grioule  ou  ra-taoupié  est un « lérot »  qui m’a fait comprendre que  racayé  est un mot composé : rat + cayé. C’est un nom plutôt rare 1. Deux  attestations dans le Tarn-et-Garonne (Thesoc) et  une  dans le FEW pour Cahors (Lot).   Rolland, dans le  volume sur les  Mammifères sauvages,  cite rat calhol pour Toulouse et rat cayé pour le Gard qu’il a trouvé chez Crespon.

Pour l’étymologie c’est encore l’abbé de Sauvages qui m’a mis sur la bonne voie .   Calié, caliol, calhol, garel  signifie d’après lui « bigarré; bœuf de deux couleurs; bœuf pie, blanc et noir » et j’ai cherché un lien avec l’oiseau la caille.  En effet une caille est bigarrée.

L’étymologie de caille  est un latin tardif quacula « caille », une onomatopée qui a remplacé le latin coturnix. Le mot  quacula a eu beaucoup de succès à l’époque.  On l’a appliqué à d’autres animaux, comme par exemple à Toulon  cailloun « espèce de fauvette » et surtout au figuré  déjà en ancien français quaile  « femme galante » et caillette « femme frivole et bavarde ». (Plus dans  le TLF).

Dans un grande partie du domaine gallo-roman on a comparé des vaches d’une couleur irrégulière, tachetées de noir et blanc ou d’une couleur foncée sur fond blanc » à des cailles,  et le mot caille est devenu un adjectif. En occitan nous trouvons surtout   des dérivés:

  1. Il est incompréhensible que les auteurs du dictionnaire Panoccitan  appellent un loir greule  et un lérot calhol; tandis que le nom le plus fréquent est du type garri.  On a l’impression que les auteurs font un grand effort de réserver l’occitan à une élite et évitent les mots courants et compréhensibles par le plus grand nombre

Rapièta "lézard"

Rapièta, rapièto « lézard gris ». L’étymon gotique et burgonde   rapôn « saisir, enlever » a pris le sens « grimper, ramper » en occitan et en franco-provençal ».  A Marseille et en languedocien  un rapaion  est « un sentier à pic ». En Aveyron un arraput  est « habile à grimper ».  En Bigorre  un « grimpereau » est appelé  rapinayre ou  rapinau. 

Le « lézard gris »  est un  habile grimpeur et appelé rapièto dans le région de la Corrèze, Dordogne, la Haute-Vienne et le Lot (Thesoc). Son nom fait partie de la même famille rapôn.   D’après les données du FEW  il s’appelle rapiette   en poitevin et dans la Saintonge, ce qui est un élément occitan et nous rappelle que le domaine occitan allait autrefois jusqu’à la Loire.

Voir aussi les articles rapar  et  desrabar

Un visiteur m’écrit:

Bonjour, j’ai moi-même entendu les gens de Brive-la-Gaillarde appeler les lézards des murailles : rapiète, je me souviens aussi qu’ils appelaient les Rumex dans les prés : padarelles ou paradelles. Quand j’ai demandé si c’était l’un ou l’autre, on m’a répondu :  » c’est pareil… »

rapièto

Gabian "mouette"

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Gabian « mouette » est attesté en provençal,  à Nice et  en languedocien de l’est,  entre autres au Grau-du-Roi. Cotgrave le mentionne dans son dictionnaire en 1611 et prouve qu’il était un excellent connaisseur de l’occitan. Il l’écrit gavian et cette graphie passe en 1845 dans le dictionnaire de Bescherelle et ensuite dans les Larousse jusqu’en 1930 !

A Hyères et à La Ciotat ainsi que dans le département Bouche-du Rhône,  Edmont (ALF) a noté le dérivé gabino  « mouette », mot déjà attesté en 1300 en Provence.  A Nice  une gabino  est une « mouette à 3 doigts ». D’après Wikipedia  le gabian  est le Goéland leucophée (Larus michahellis)

gabino tridactyle

 

 

 

           gabian goelandgoéland

L’abbé de Sauvages (S1)  écrit que gafêto  est synonyme de banêlo « une mouette de la grosseur d’un pigeon. Elle a le  plumage d’un cendré clair. Le bec qui a un pouce de longueur, a le bout noir, le reste est jaunâtre.  »  ( Si vous pouvez me fournir plus de détails, contactez-moi!).

Je constate avec le web que le mot est très vivant. Par exemple ici « On y trouve une majorité de mouettes rieuses, les plus répandues sur nos côtes ; en Provence, on les appelle des  » gabianolo « , puisqu’elles sont parentes des goélands.  » et surtout les Gabians de Marseille.

Deux gabians  en action.

L’étymologie est le latin gavia   « mouette » qu’on retrouve en  Sicile, et sous forme du dérivé  gavina  « mouette (Larus canus) » en italien, catalan et espagnol. Les étymologistes ne sont pas d’accord sur l’origine du mot gavia. Faut-il le rattacher à gaba « gorge, goître » ou à gava  « cours d’eau ».

Le FEW fournit aussi pour Marseille et Nice le sens au figuré de gabian  « mortier où l’on voit de gros morceaux de chaux non délayée »,  image qu’il explique par le fait que ces morceaux  ressemblent aux ailes blanches des mouettes.   Par contre  gabian  avec les sens de « employé de fermier général » (Marseille); « douanier » (Nice) et  « gabelou » (Puisserguier)   donnés dans le même article  font à mon avis partie de la famille gabela  « gabelle ».

Un visiteur me signale un Entretien avec Pierre Meynadier,  auteur et réalisateur du film Marius Gandolfi, le gabian paru dans le blog de France 3 Provence le 8 avril 2013.

 

Quinsar, quinson "pinson"

Quinsar  ou quinson   et le français « pinson »  sont des onomatopées basées sur le chant de ce petit oiseau. Pour l’écouter cliquez  ici  ensuite cliquez sur le mot « zang » (2 minutes) dans la première ligne.

pinson

Le latin fringilla  « pinson »  a été remplacé par le type *pinc-   avec le suffixe –ione  en français , en toscan pincione,  en corse pinziolo, binziglione et en catalan avec un  changement de suffixe  pinsá.  Des mots comparables ont été créés independamment en cymrique (la langue du pays de Galles)  pinc,  en breton  pint,    en slovaque pinka, tchèque pinkava, néerlandais vink,  allemand  Finke, etc.

En galloroman, nous trouvons le type pinson uniquement dans le domaine d’oïl;  dans le domaine d’oc et en franco-provençal c’est le type quinson, qui domine, avec un changement de l’initiale p > k , probablement sous l’influence de verbes comme  quillar  « pousser des cris aigus » (A.).

La forme  quinsar avec le changement de suffixe ne se trouve que dans laVaucluse, le Gard et l’Hérault, d’après les données du FEW.  D’après le Thesoc aussi à Mende (Lozère).