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Jalenco

Jalenco « variété de châtaignes » mot cévénol d’après Mistral. Il est en effet dans la liste du XIXe siècle des variétés de châtaignes dans ma page Castagno : JALENCO, qualité :bonne; grosseur: moyenne; exposition : les bas-fonds; maturité : la plus précoce peu productive. Observations: D’un bon débit, on la mange fraîche, 8 jours avant que les autres tombent, feuilles luisantes jaunâtres. D’après le FEW jalenco est un dérivé du latin gelus « gel ». Le lien sémantique est peut-être le fait qu’elle est précoce.

Jaquees "esp. monnaie" anc.gascon

Jaquees « espèce de monnaie aragonaise, ayant cours comme unité de compte du XVe au XVIIIe siècle’ en Gascogne.   Jaques  dans le FEW V, 10b, s.v. jacobus.

Image copiée du site Wikipedia s.v. Dinero jaqués

jaquee

Tout à fait par hasard, je tombe dans les Archives historiques de Gascogne 1883, fasc.18 sur le  Livre des syndics des Etats de Béarn, par Leon Cader, p.3, ligne 4,  et la note n°2, sur le mot Jaquees

Dans une note, que vous pouvez lire ci-dessous, (ou mieux dans les Archives historiques de Gascogne, 1883    ici) l’auteur explique que la  Jaquee n’a rien à voir avec Jaques < Jacobus mais que le nom vient du nom de la ville de Jaca   en Aragon. Le texte date du 16 octobre 1488.

La cité de Jaca fut la première capitale du royaume d’Aragon (XIIe siècle), un des points de départ de la Reconquista. Jaca se trouve aussi sur le camino aragonés. (Wikipedia).

J’ai réussi à trouver le livre de Ysangas y Miranda mentionné dans la note et il confirme l’étymologie donnée:

Tout ceci pour montrer qu’il y a encore du travail pour les occitanistes.

Jaqueses  dans Revue de linguistique romane, Volume 69,Numéros 275 à 276, p.454 :  cinquanta soldos de dineros jaqueses, moneda buena.

Le Moyen âge,, Volumes 59 à 60, p.162 et p. 166.

Le nom de moneda jaquesa persista néanmoins après 1300 pour indiquer la monnaie de l’ Aragon. deniers et des oboles i jaqueses » ; longtemps même on se contenta de compter les grands montants, non en livres, mais en sous de Jaca.

A la p. 162 est écrit que le pape Innocent III, s’intéressait à la monnaie jaquesa.  Innocent III vécut de 1160 à 1216. La monnaie jaquee  est donc bien plus ancienne que la première date que j’avais trouvée..

Il semble que la jaquesa  a été créée par Pierre II d’Aragon, dit le Catholique, (le père e Jaime I d’Aragon) ,né v. 11741177, mort le 12 septembre 1213 à la bataille de Muret, fut roi d’Aragon, comte de Barcelone (sous le nom de Pierre Ier) et marquis de Provence de 1196 à 1213.

Numisma, p.68 (c’est moi qui a mis en gras)
El documento que narra la confirmacibn, por parte de Jaime 1, de la moneda jaquesa acuñada por su padre prohibiendo la acuñación de cualquier otra, indicaque el rey consult6 a los personajes eclesiásticos más ele~ados, entre ellos elarzobispo de Tarragona, el maestre de Amposta y a fray Poncio hfenescalco cte-nente locum magistri milicie Templi in partihus E-lispanie)).
D’après un site numismate :
JAQUESA.- Moneda de vellón aragonesa, creada por don Jaime el Conquistador, que se acuñaba en Jaca.

De la condition de la femme mariée en Navarre d’après le fuero général (XIVe et XVe siècles):

Peu à peu l’usage d’avantager un enfant aux
dépens des autres fit réduire la part de ceux-ci  à un strict
minimum, & la coutume fixa la légitime à cinq sous jaquais,
& à une robada »de terre prise sur les montagnes communales3.

Comme je n’ai pas de bibliothèque universitaire à ma disposition, je m’arrête là.  Il est bien possible que quelqu’un a fait déjà l’étude complète.

jaquemart

Jaquemart voir jacouti

Jas de mouli

Jas de mouli, jhas de mouli (S) « gîte du moulin : celle des deux meules d’un moulin qui est immobile. Synon. meule gisante. » La meule tournante et le gîte, appelé dormante de nos jours.. Déjà attesté en ancien occitan (1567) dans les Alpes Maritimes. D’un latin *jacium « gîte » qu’on retrouve en Italie. Voir aussi jas « bergerie »

Jas, jasse

Jas « litière, gîte » (Camargue), jasse, jaç . Les deux formes sont très fréquentes dans la toponymie. Dans le Compoix de Valleraugue:  Maison geasse « bergerie ». Dans le classement « fonctionnel » de C. Lassure jas (m) : terme provençal (jaç en graphie occitane normalisée) employé pour désigner les grandes bergeries en pierres sèches (ou non) des Monts de Lure et d’Albion dans les Alpes-de-Haute-Provence. Ceci est confirmé par E.Fabre : « Le Jas est une grande hutte en pierres qui doit nous abriter la nuit, bêtes et gens. »


Jean Giono devant le jas de Bouscarle1

Dans le site de l’IGN on trouvait 474 noms de lieu composés avec le mot jas ! J’ai parcouru un peu cette liste et constaté qu’il y en a beaucoup dans les départements 04 et 05 , mais également dans la Loire (42), et 341 fois la graphie est jasse.

En latin le verbe jacere signifie « jeter, lancer, envoyer », mais aussi « poser », par exemple dans jacere muros « construire des murs » ou jacere fundamenta urbi « jeter les fondements d’une ville ». Il a dû exister un substantif dérivé *jacium « gîte » qu’on retrouve dans de nombreux patois italiens et galloromans au sud de la ligne Loire-Vosges ainsi qu’en catalan, avec 3 groupes de significations:

  • 1) gîte des animaux sauvages
  • 2) gîte ou parc pour les animaux domestiques
  • 3) litière , par ex. piémontais jas « pavement de l’étable », catalan jaç « litière; lit »(DE)

Ajassá « coucher, enfermer le bétail », verbe réfléchi « se coucher ».  En ancien occitan jatz signifie « gîte d’un animal sauvage » et il y a des attestations dans tout le domaine occitan, de Nice jusq’au Béarn. A partir de ce sens a été formé le dérivé ajassá « coucher », verbe réfléchi « se coucher », également très répandu.

Un lièvre dans son jas

Déjà en ancien occitan (1208) jas prend le sens de « parc où l’on faisait coucher les troupeaux de chèvres et de moutons dans les pâturages de montagne » et de là « bercail; bergerie ».  Ce sens se trouve principalement en provençal, y compris les vallées provençales de l’Italie, mais aussi en Ariège : « pont d’étable » et à Apinac (Loire)  » habitation rudimentaire avec étable et grange où le bétail séjourne en été ».
En languedocien nous retrouvons ce sens dans le dérivé jasso « petite métairie » (Alès) ou « bergerie » ( Alzon, Valleraugue, Lasalle) et le verbe ajassá « renfermer le bétail » (St André de Valborgne).

Le sens « litière » est provençal et languedocien. La zone continue en catalan.jaç « litière; lit ». En languedocien le mot jasses au pluriel était également utilisé pour la « litière des vers à soie » et ensuite a été créé le verbe desenjassá « déliter des vers à soie ».
Les sens jas « partie du melon qui repose par terre » (Pézenas) ou « bourbe » (Languedocien) font partie de la même famille.
Jaç
« placenta des animaux »(Ariège), voir jaïre.

  1. Son arrière petit fils Bruno Bouscarle m’écrit en janvier 2016  » Bonjour, sur l’illustration du mot Jas il est dit sous l’illustration : « Jean GIONO devant son jas.  » Or il ne s’agit pas de SON jas mais bien du Jas de Bouscarle acheté par mon arrière grand père dans les années 1890 et qui est toujours dans ma famille depuis cette date. Merci.

    De très belles photos du jas La Bouscarle et d’autres  monuments en pierre sèche du Plateau de Contadour dans le pays de  Haute Provence dans ce site

Jasso

Jasso s.f.  « métairie, bergerie » voir jas

Jazen

Jazen,   fenno jazen « femme en couches » . Voir  jaïre

Jhacoumetto

Jhacoumetto « simple, niaise » Voir Jacouti

Joc

Joc « perchoir des poules ». L’abbé de Sauvages l’appelle jhoucadou ou ajhoucadou (S1). Le mot n’apparaît en occitan  que depuis le 18e siècle. D’après le FEW l’étymologie est l’ancien nord francique j ŭ k qu’il traduit par « perchoir ». Comme le mot juk existe aussi en néerlandais, mais avec le sens « joug », j’ai vérifié avec le dictionnaire de Grimm, qui donne de nombreuses attestations de Joch « joug »mais pas de « perchoir ». Il y a un seul  sens qui s’en rapproche « bout de bois fixé horizontalement sur deux bois verticaux. » (Grimm). L’évolution sémantique de j ŭ k « joug » > « perchoir de poules » se retrouve dans le nord de l’Italie et en catalan. Comme joc « perchoir » n’est pas attesté en ancien occitan, on suppose que le catalan l’a hérité du gotique et le piemontais du longobard.

Je n’ai pas la possibilité de consulter toute la littérature sur cette histoire, mais je ne suis pas convaincu par l’étymologie joc < j ŭ k « joug ». La répartition géographique, l’absence du sens « perchoir » dans les langues germaniques, le riche développement sémantique et des dérivés ou composés dans les parlers galloromans posent problème.

Thesoc « perchoir » joc, jocador, joca°° (en transcription phonétique c’est plutôt un -ü-), joquièr; juchoir (fr), ajocador. et « se percher »

Jolh

Jolh « ivraie » et jolverd « persil ». Latin lōlĭum désignait « l’ivraie ». Nous le retrouvons dans beaucoup de dialectes romans, comme le piemontais lœy, toscan loglio, aragonais luello, franc-comtois leul et franco-provençal louei toujours avec le sens « ivraie ». : Déjà pendant l’époque classique lōlĭum est devenu jōlĭum par un jeu de dissimilation et assimilitaion. Jōlĭum a abouti à jolh, juelh, jel dans l’est du domaine occitan, en provençal et en languedocien, toujours avec le sens « ivraie » (cf. Thesoc pour l’état actuel).

Le dérivé enjouya, enjuela signifie « enivrer, assoupir ».