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Gèrla

Gèrla « cuve, jarre, seau, hotte ». Le latin a créé un adjectif gerulus « portable » en partant du verbe gerere « porter ». Gerulus était le plus souvent utilisé en combinaison avec tina « cuve » : gerula tina.

De la même façon que  de nos jours un ordinateur portable est devenu un portable, et un téléphone mobile un mobile, la gerula tina est devenue une gerula « une cuve ». L’accent étant sur le –e-, gèrula > gèrla. Le sens reste assez flou et le mot s’applique à toutes sortes de récipients. Dans certaines régions gerla désigne un récipient spécial, par exemple à Barcelonnette la géarla est un « seau en bois, avec queue, pour traire les vaches ». D’après le Thesoc, gèrla peut être un « récipient à l’huile » ou « un récipient à porter à boire aux champs ». A Nîmes est attesté en 1300 le dérivé girlon « seau pour traire les vaches ».

                 

gèrla, girlon ancienne                         gerla moderne                        gerulus ordinator

  
           gerulus telephonicus

Paysbassol

Paysbassol « habitant de la plaine ».

Dans un lettre d’Aimée Mouret (Castres) insérée dans le Midi Libre en mars 2008, je lis que les antonymes des gavachs   « les hommes qui descendaient des montagnes pour travailler dans les vignes », sont les paysbassols, les habitants de la plaine qui montaient dans l’arrière-pays pour cagner.

Proposition. Je me suis dit que le nom Paysbassol pour « Néerlandais » est mieux que Hollandais ( la « Hollande » n’ est qu’une province  des Pays Bas) et plus facile à comprendre pour les Français, qui confondent régulièrement unNéerlandais et  unIrlandais. 

Gavach, gavatch, gavot

Gavot « paysan haut cévenol ou lozérien » , gavatch, gavach désigne toujours des habitants des montagnes1 . L’étymon est une racine *gaba« gorge, jabot, goitre » qui vit en Italie et dans les parlers galloromans. (FEW IV, p.4)  Dans le TLF gavache  est défini comme « vieux » ou « régional ». Dans le DMF est signalé un sens spécifique pour la Provence : « celui qui fqit le métier de portefaix ».

Pour l’abbé de Sauvages un gavo est un « montagnard du Gévaudan » et il dit que les

Espagnols appliquent le mot gavacho aux montagnards du Gévaudan qui vont faire leur moisson et à tous les François.

Un visiteur me signale: « En Roussillon un gavatch est un habitant de l’Aude. Il semble donc qu’un Gavatch vienne toujours du nord et pas nécessairement de la montagne. » Je pense que c’est la nuance péjorative qui a pris le dessus. C. Achard donne une dizaine de sobriquets provenant de plusieurs départements dont gaba est la base .

Nous retrouvons gaba dans les parlers du nord de la France p.ex. en picard gave « jabot de volaille ». En ancien provençal existe le dérivé gavaych « goitre » qui existe toujours dans les parlers modernes, p.ex.  à Aix gavagi « gosier » et languedocien s’engavachà « s’obstruer en parlant de la gorge » (S), à  Manduel c’est « avaler de travers » (ALLOr 1181).

Le dérivé gavaych orthographié gavach en occitan et français régional est très vivant, nommé par ex. dans  le  ML 8-2004 comme son cousin gavot, mais le sens a bien changé! Au XVe siècle il y a des attestations de l’occitan gavag ou gavach « ouvrier étranger ». Le mot est même passé dans les dictionnaires français gavache « injure que les Espagnols adressent aux Français des Pyrénées et du Gévaudan, qui vont exercer en Espagne les emplois les plus vils ». Nous voyons que les temps changent!

Je ne peux m’empêcher d’énumérer les autres définitions données, parce que cela vaudrait une étude sociologique approfondie! A Lasalle (Gard) gavache « montagnard, homme grossier », à Puissergier « montagnard de la Lozère, du Tarn, de l’Aveyron »; dans l’Aveyron « un habitant du Gévaudan », et dans le Gers « une personne étrangère au pays ». Dans les vallées de la Seudre et de la Seugne dans le dép. de la Charente on appelle gavache « l’idiome saintongeais des environs de Blaye » qui est peut-être Occitan ???. A La Réole gavache est  « la population de langue d’oïl installée dans le pays du bas Dropt , la Gavacherie ».

Le dérivé gavot désigne depuis les premières attestations en provençal du XIVe siècle « un habitant de la partie montagneuse de la Provence » et en languedocien « un montagnard » avec une nuance péjorative de « homme grossier, individu gauche » etc.

Ménard traduit gavotus par « montagnard » dans son Histoire civile, ecclésiastique  et littéraires de la ville de Nismes, vol.IV, p.332

Un texte du XVe siècle, dit simplement que M. Claude Lantelme  est un gavot:

La  relation sémantique entre la racine  *gaba « gorge, goître » et gavot, gavache « montagnard »  est la maladie du goitre.  Le goître étant plus fréquent en montagne que dans la plaine: « On parle d’endémie goîtreuse lorsque 10 % au moins de la population est goîtreuse; Certaines aires géographiques sont électivement représentées notamment mais non exclusivement les zones de montagne). Les facteurs étiologiques sont multiples et peuvent être associés : – carence iodée surtout ( mais non constante) avec iodurie inférieure à 50µg/jour ». Les exemples donnés  par le TLF comme illustration du mot goitre  montrent que le  goitre endémique est souvent associé au crétinisme.

Un gavot ou gavach est donc littéralement « un goitreux » et ensuite un « crétin ».

S’egargavatšar, s’engavachà « Avaler de travers ». Dans les villages autour de Montpellier les témoins pour l‘ALLor ont traduit « avaler de travers  » par  s’egargavatšar, s’engargalhar etc. probablement par confusion avec le type garg-; dans le Gard c’est le type s’engavachà qui domine presque partout.

Dans un site en espagnol, il y a un résumé d’autres explications : http://www.1de3.com/2004/12/29/Gabacho/

Un visiteur, bon connaisseur de l’espagnol, a suivi le lien et m’écrit: Sur le site espagnol que vous donnez en lien, je découvre la locution « hablar en gavacho« . Il me semble que les Français ont rendu aux Espagnols la monnaie de leur pièce ! L’étymologie de « parler [français] comme une vache espagnole«  est donnée comme une corruption de « parler comme un basque espagnol » ; mais il me semble qu’il est plus convainquant de dire que c’est une adaptation de l’espagnol « hablar en gavacho » ! Une explication plus convaincante que celle qui propose le confusion de basque et vache.

Les dernières compléments d’informations viennent du Chili! gabacho

A mon avis il n’y a pas de contradiction entre le toponyme Gave, anciennement Gaba « rivière » en Béarn, et le sens « goitre ». (Voirgaba) Surtout en montagne, les rivières passent souvent par des gorges. Cf. Wikipedia  Gave  .  Mais d’après le TLF des recherches récentes montrent qu’il s’agit plutôt d’un mot préroman gabatro* :

D’apr. leur forme et celle de leurs dér. Gabarret, Gabarrot (v. Raymond, op. cit.), ces mots semblent reposer sur une base préromane *gabaru, *gabarru (Rohlfs Gasc.3, § 69, 479; cf. fin viiie-début ixes. lat. médiév. gabarus Théodulfe d’apr. Dauzat Topon. éd. 1971, p. 138); v. aussi J. Hubschmid, Pyrenaënwörter vorrom. Ursprungs, § 42 qui rapproche les termes pyrénéens de l’a. prov. gaudre « ravin, ruisseau » reposant sur une base préromane *gabatro à laquelle il rattache le lat. imp. gabata, gavata « jatte, écuelle » [v. jatte] – et Id., Sardische Studien, § 23. Une base préromane *gava « cours d’eau » (FEW t. 4, p. 83a) paraît moins satisfaisante. Bbg. Pégorier (A.). À travers le Lavedan. Vie Lang. 1962, p. 468.

 

  1. D’après René Domergue, les Gardois disent gavot. Du côté de l’Hérault le mot gavach ou gabach est préféré. (article à paraître

Gavèla, gabel

Gavèla « fagot de sarments » dans les dép. de la Charente et de la Dordogne (Thesoc). « javelle, poignée de blé, gerbe » (Alibert), a la même étymologie que français javelle (TLF). Suivant les régions et l’agriculture locale, *gavèla  signifie « javelle de blé » ou « botte de sarments » et peut prendre enfin un sens très général « monceau », qui à son tour se spécifie dans « tas de sel retiré du marais salant (Larousse depuis 1877).

Gavèla appartient à une famille de mots d’origine gauloise *gabella « javelle » reconstruit à partir de la racine irlandaise gabal « saisir », et gabalus « javelot ». Les représentants de *gabella se retrouvent dans le Nord de l’Italie, en catalan gavella, espagnol gavilla « gerbe »,  portugais gavela « gerbe » et a été emprunté par le basque gabila « fagot ».

(et anglais gavel « ce qu’on coupe en une fois avec la faux » d’après le FEW, mais je n’ai retrouvé ce sens dans aucun dictionnaire anglais: un gavel est un « petit marteau d’un président d’une réunion »).

Gaubi

Gaubi s.m. « adresse, aptitude, savoir faire » (Trièves), « esprit, adresse, bonne grâce, savoir-faire » (Die). Mistral donne une colonne de mots qui appartiennent à la même famille.  Les sens sont assez abstraits et difficiles à classer.

D’après le FEW l’étymon est le verbe gotique *garwon « arranger, préparer, décorer ».

La grande majorité des attestations vient du provençal et du languedocien, mais on le connaît aussi en béarnais gaubi « aisance naturelle, maintien ». D.Martin, Dictionnaire du patois de Lallé. Gap,1907-1909, donne plusieurs composés: gaoubi   « biais, l’habileté des mains ». – deigououbiar  » se dégourdir, se débrouiller » .- deigououbia , deigoubiaire, deigoubieira » . J’ai cherché l’attestation dans le texte, parce que le sens « biais » m’intriguait. L’abbé de Sauvages (S2) me fournit l’explication en  donnant  trois mots différents :

  1. gâoubi « adresse, etc. »
  2. gâoubi ou galbé « maintien »
  3. et le dernier qui correspond à  « biais » :  gâoubi  « tortu [sic!], de travers, déjété » et gâoubià  « se dit du bois qui se tourmente pour avoir été mis en oeuvre avant d’être bien sec ». Il rattache ce troisième sens à l’italien gobbo « bossu ».

Le mot biais a également un très riche développement en occitan. Dans quelques significations  il est passé au français, mais il est difficile de saisir l’élément sémantique  central  comme pour le mot gaoubi .  L’article est à approfondir.

Pour le Panoccitan on a inventé le mot gaubissen « soutien-gorge ». Encore un effort et plus personne ne comprend l’occitan.

J’ai quelques problèmes à admettre les évolutions sémantiques et par conséquence les étymologies données pour ces mots.

Gard, Gardon

Gard, Gardon 1. nom de plusieurs rivières dans le département du Gard:  « Durant ces trois derniers millions d’années, deux Gardons très profonds se creusent : le Gardon d’Alès et le Gardon d’Anduze, qui se rejoignent à Vézénobres, formant le Gardon ou Gard. Le Gard(on) s’étend sur 71 km de long. Après être passé sous le fameux pont-aqueduc romain du même nom, il retrouve le Rhône en rive droite à l’endroit où il atteint son maximum de puissance. »

Une Cobla de Peire Cardinal (suivez le lien pour la traduction et l’interprétation (erronée du mot Gardon?)

Domna que va ves Valénsa
Deu enan passar Gardón;
E deu tener per Verdón
Si vol intrar en Proénsa.
E si vol passar la mar
Pren un tal guvernadór
Que sapcha la Mar majór,
Que la guarde de varar
Si vol tener vas lo Far.

 Gardon d’Alès
   
Gardon d’Anduze


le Gard et le Pont du Gard

L’étymologie des toponymes est un domaine spécial dans lequel je n’ose pas m’aventurer.Vu la configuration du terrain, avec beaucoup de sommets qui permettent de surveiller les passages, je ne serais pas étonné que les noms de ces rivières viennent du verbe germanique *wardon qui a donné gardar en ancien occitan avec le sens « avoir l’oeil sur, soit pour protéger soit pour empêcher de nuire ». Une interprétation plus poétique serait que les Germains en voyant la beauté de cette région, ont dit: Das müssen wir wardon! «     Nous devons  sauvegarder cela! ».

D’après le TLF gardoun,gardon est un mot employé par les Cévenols pour désigner un petit torrent aux crues violentes (cf. lou Gardoun d’Alès, lou Gardoun d’Anduzo). Gardoun est issu du bas latin Wardo/Vardo, -onis « rivière de la Narbonnaise [le Gardon] », mais l’origine de ce mot reste inconnue.

D’après Germer-Durand, la première attestation se trouve dans un texte de Sidonius Apollinaris (Ve siècle) sous la forme Vardo.

2. poisson (leuciscus ). Le mot gardon pour ce petit poisson n’est pas occitan mais français. Je ne sais comment il s’appelle en occitan. Pour l’étymologie voir le TLF s.v. gardon 1. : « Probablement . dérivé du radical de garder* (du verbe germanique *wardon) soit au sens de « surveiller » parce que le gardon aurait l’habitude de retourner aux endroits d’où on l’a chassé comme s’il avait à y garder quelque chose (FEW t. 17, p. 524b, note 46); soit au sens de « regarder », les yeux rouges étant une caractéristique de ce poisson (cf. l’all. Rotauge littéralement ‘oeil rouge’ et les dénominations rousse, roussette, rouget dans Rolland . Faune t. 3, pp. 142-143; DEAF, col. 178); suff. -on ».

 
gardon

Garbi et Magreb

Garbi, garbin « vent d’ouest » est un mot de la navigation méditerranéenne. Nous ne le trouvons qu’en provençal et en languedocien, par exemple  à Pézenas.  A Clermont l’Hérault existe le dérivé garbinada « petite pluie de courte durée ».  A Montagnac Raymond Jourdan a noté le dérivé garbinaois  qu’il définit comme  le vent des dépiqueurs « Bent das quauquaris ».  Voir le commentaire en cliquant sur le titre de cet article.

L’étymologie de Garbi   est  l’arabe ġarbi« de l’ouest ».  cf. esp., it. garbino, cat. garbi et  garbinada. FEW 19,51b.

L’article de Mistral:

garbinMistral

Le commentaire m’a incité à revoir un peu cet article et j’ai vu que garbin ou  guerbin  est attesté en ancien français, mais toujours chez des auteurs originaires du Midi ,  qui y ont vécu comme Rabelais ou qui  écrivent sur le Midi.  Dans le Dictionnaire du Moyen Français (DMF) vous  pouvez trouver une attestation et surtout un lien direct vers le  Dictionnaire Etymologique de l’Ancien Français  mis en ligne! DEAF garbin.  L’étymologie = « histoire du mot »  décrite dans le DEAF  nous explique que

ġarbi « occidental » est un dérivé du verbe arabe ġaraba « se coucher » en parlant du soleil  d’où aussi ġarb « ouest »  employé au sens de »vent qui vient des régions occidentales du monde arabe » (Maroc, Algérie, Tunésie, ainsi que l’ancien Espagne des Maures, régions appelées maġrib,  en langage populaire maġreb  dont le second élément est aussi un dérivé du verbe ġaraba, ma-  étant un préfixe toponymique.

Voir Wikipedia pour plus de détails sur le sens actuel de Maghreb.

Garaffo

Garaffo « carafe ». La forme provençale et languedocienne avec g- se retrouve en cat., esp. et port. garrafa. Le mot a voyagé à travers l’Espagne en venant de l’arabe garrafa « bouteille à base large ». Le  dictionnaire de la Real Academia pense que le mot espagnol vient peut-être du portugais garrafa, « bouteille » et celui-ci de l’arabe moracain gerraf.

Le fr. carafe, > néerlandais karaf (> indonésien karap), ne vient pas directement de l’arabe  mais  a été emprunté à litalien, caraffa, qui l’a également de l’arabe.

Dans le lexique de Max Rouquette : s’engarafatar « avaler de travers, s’engouer » , angarafatada « qui s’étrangle » dans le contexte en parlant d’une serrure! Dans l’Hérault sont attestés s’engarafatar ou s’engalafatar. Le verbe portugais engarrafar signifie « mettre en bouteille ».

Engarrafata à Manduel a un sens totalement différent : « s’emmitoufler avec beaucoup de choses » d’après mon témoin et confirmé par un dictionnaire du patois d’Ales. Il fait partie des dérivés de galafata.

Gansà, ganso

Gansá « faire un nœud de ruban ; saisir, empoigner », dérivé du subst. ganso « noeud de ruban » sens qu’on trouve déjà chez l’abbé de Sauvages.

 

Le mot est surtout vivant en occitan ce qui permet de supposer qu’il vient du grec gampsos « courbé, recourbé ». A Champsaur gansèou signifie « loquet ». L’auteure explique qu’à « l’origine le gansèou se manœuvrait à l’aide d’une ganse« . Louis Rouquier mentionne gansat « gendarme » pour Puisserguier. Par quel association sémantique?? Pour d’autres dérivés cf. Alibert. Le mot ganso a été prêté au français au XVIe s.

ganchou gansèou

Voir aussi l’articleganchou  « crochet, croc »

Ganchou

Ganchou. Dans les parlers occitans on trouve un autre mot qui vient du grec gampsos « courbé, recourbé,torsadé » FEW IV,50 à savoir ganchou attesté à Palavas et au Grau du Roi avec le sens « gaffe »  (pas au fig.!)   et à Marseille « croc », et un composé agancha « gagner, avancer » à Puisserguier.  L’étymon est le même que du mot  ganso  « noeud »,  mais son histoire est différente. Ganchou  est un mot maritime qui a été emprunté à l’italien gancio,  qui l’a < du turc kanga < du grec gampsos

Jérôme un visiteur de la région,  me signale: Ganchou,  peut également signifier la « prison », enfin par chez moi à Béziers. Je pense que ce sens s’est développé à partir du sens « crochet ». Voir le FEW IV,40 collne b

Voir aussi mon ‘article gansa, ganso  dont l’étymon est le même, mais pas l’histoire.

Un lecteur me signale : gánchou : à Capestang c’est la longue perche composée d’un long manche terminé par un crochet qui permet de propulser les nego-fols sur l’étang.

(Un nego-fol, nègafòl  est un « batelet, nacelle » ou une « renoncule aquatique » dans le Centre ou une « grenouillette » à Toulouse.

A ma demande, M.Philippe Ibars me fournit les précisions suivantes :

« La partègueque je connais est une perche de bois simple qui sert à pousser les négachins du côté de Gallician, dans les étangs du Charnier ou du Scamandre. Mon beau-père, grand chasseur devant l’éternel, en commandait de temps en temps à un de ses amis forestier dans les Cévennes, elles étaient faites en bois de châtaignier.
J’ai souvent utilisé la partègue pour pousser les négachins dans les marais, pour le plaisir, simplement. On glisse sur l’eau sans bruit, il faut simplement faire attention à ne pas trop la planter dans la vase car elle risque de s’y coller et de nous faire perdre l’équilibre.
Les pêcheurs ou les chasseurs l’appelaient indifféremment partègue (du latin pertica ‘perche’) ou barre. Ils disaient aussi bien partéguer que pousser car il est vrai qu’on « pousse » sur la partègue pour faire avancer le bateau.
Par contre je n’ai jamais vu de partègues terminées par un crochet. Certaines étaient terminées par une petite fourche bifide métallique. Elles étaient utiles dans les marais très herbeux, la partègue se plantait dans les herbes et s’envasait moins, l’appui était ainsi plus assuré et l’on allait un peu plus vite. Mais elles étaient un peu plus lourdes, à cause de ce manchon de fer, c’est peut-être pour cela qu’elles étaient moins utilisée »

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