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Eguezier 'gardian de chevaux'

Eguezier « gardian de chevaux » √† Apt au Moyen Age. Etymologie : du latin equitarius « ma√ģtre de haras » un d√©riv√© de equitium « haras ».¬† Parfois j’ai de la chance et je trouve toute l’histoire d’un mot dans une source.¬† Elle est √©crite dans l’article de de F.Sauve, Les Services publics communaux et les abonnements en nature au Moyen Age dans la r√©gion Apt√©sienne.¬† Annales de la Soci√©t√© d‚ÄôEtudes proven√ßales 5 (1908). Aix-en-Provence. p.10¬† :

 

 

 

magalh ‘houe, pioche,’

Magalh ‘houe large, pioche, b√®che’ est un mot proven√ßal1 d’origine gr√®cque¬†őľőĪőļőĶőĽő∑ (mak√©l√® avec l’accent sur le -√©-) « houe du vigneron »¬† ou¬† őľőĪőļőĶőĽőĽőĪ (m√°kella¬† avec l’accent sur le -√°- ).¬† Wikipedia √©crit :

La culture de la vigne a √©t√© introduite en Gaule par les Grecs de Phoc√©e …. Max Rives, charg√© de mission √† l’INRA, l’a v√©rifi√© sur place √† Massalia, le premier comptoir phoc√©en √©difi√© six si√®cle avant notre √®re¬†:

¬ę¬†J’ai vu, au cours des fouilles du quartier de la Bourse, √† Marseille, les p√©pins de marc de raisin provenant de leur vinification et jet√©s dans des amphores, flotter dans l’arri√®re du Vieux-Port o√Ļ ces amphores-poubelles servaient de fondations √† une rue.
Les Grecs avaient √©videmment import√©s des vari√©t√©s de leur pays, ignorant que la vigne spontan√©e les avait pr√©c√©d√© de quelques dizaines de si√®cles47.¬†¬Ľ

Il n’y a pas seulement les p√©pins de marc de raisin mais aussi le vocabulaire comme entar, empeutar et magalh.

La premi√®re attestation maguayll vient de La vida de Sant Honorat, √©crit autour de 1300 par Raimond Feraud.¬† A Marseille¬† c’est devenu mag√°ou.¬† On a cr√©√© des¬† d√©riv√©s comme magaioun « sarcloir, petite pioche », magayar, magalhar « piocher » tous¬† en proven√ßal.

A propos de l’attestation ari√©geoise j’ai trouv√© une pr√©cision dans le livre de¬† A. Casanova, Paysans et machines √† la fin du XVIIIe si√®cle: essai d’ethnologie historique, Volume¬†415.Presses Univ. Franche-Comt√©, 1990 –

Extrait sur le magalh du livre de A.Casanova

Dans l’√©dition de 1820 du Dictionnaire languedocien¬† de l’abb√© de Sauvages, il y a dans l’article aissado¬† une description pr√©cise¬† de cet instrument. Il √©crit que l’aissado, le mot languedocien pour la houe,¬† comme la maigle¬† bourguignonne et la ch√®vre lorraine n’est pas une b√®che.

Noms de famille. D’apr√®s plusieurs g√©n√©alogistes¬† le nom de famille Magallon, Magal en Dordogne serait d√©riv√© de notre magalh.

Catalan magall : ¬ę instrument de cavar la terra que per un canto … »

magall catalan

Les repr√©sentants de la¬† forme őľőĪőļőĶőĽőĽőĪ¬† se trouvent¬† en ancien fran√ßais¬† maigle « pioche de vigneron » , m√©ye¬† √† Nuits-St.Georges, etc. Le mot a d√Ľ voyager avec le progr√®s de la viticulture du Midi vers le nord de la Gaule, tout en subissant une transformation phon√©tique.

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Notes
  1. Il y a une seule attestation de l’Ari√®ge magalh « hoyau pour creuser les rigoles ». Alibert mentionne aussi magalh « houe » et au figur√© « imb√©cile » mais sans localisation en languedocien.

Couderc

Couderc. Article écrit par Pierre Gastal, auteur de Nos Racines Celtiques РDu Gaulois Au Français. Dictionnaire. Editions Desiris, 2013.

Nos racines celtiques. P.Gastal   

COUDERC¬†: Champ. LOU PRAT DEL COUDERC. Pr√©. Le Mon. D2 AA 1336, ¬ę coderco dicti loci de Avoae¬Ľ (p. 17). (‚Ķ) donne l’√©tymologie d’apr√®s von Wartburg et Jean S√©guy : ¬ę Le mot remonte au gaulois cotericum « commun ». (Noms de terroirs vellaves : d’apr√®s le compois de…, F. La Conterie – 1978)

COUDERT1 :

1) Petit pr√© enclos, pr√®s de la ferme, o√Ļ l’on m√®ne pa√ģtre le b√©tail ; coderc en P√©rigord.

2) Dans le Midi, p√Ęturage collectif, souvent enclos, pr√®s du village.

3) Petite place avec une pelouse, souvent entour√©e d’une haie, au-devant d’une maison de campagne2

4) En Corr√®ze, au XIXe s., enclos pour le parcage des porcs mis √† l’engrais, √† c√īt√© de leur bauge.

5) En Poitou au XVIIIe s., parcelle cultivée en grains.

6) Pelouse de médiocre qualité sur une colline. (DMR)

J’ins√®re quand-m√™me une image (source):

Qu’est-ce qui diff√©rencie Milhac (commune du Monteil) des autres localit√©s cantaliennes ? H√© bien Milhac pr√©sente un couderc rassemblant un four √† pain, un lavoir, une croix et une fontaine. Tout √ßa sur une superficie tr√®s restreinte.

Couderc, couder : petite place ; aire devant une maison ou une ferme ; jardin ou petit enclos attenant au manoir du ma√ģtre¬†; p√Ęturage commun. On trouve dans un ancien titre : ¬ę¬†Pratum, sive codercum¬†¬Ľ (Glossaire de la langue romane, J.-B. Bonaventure de Roquefort – 1808)

Le Couderc, le Coderc, « p√Ętis pour oies et porcs ». Le sens de « pacage communal », attest√© ailleurs, a conduit J. Jud (Mots d’origine gauloise, Romania, 1926, 331-2) √† proposer l’√©tymologie co-ter + icum, accept√©e par Von Wartburg (Franz√∂sisches etymologisches W√∂rterbuch), tandis que¬† L. Spitzer, cit√© par Romania, propose condirigere. (Les premiers romans fran√ßais et autres √©tudes litt√©raires et linguistiques, G. Raynaud de Lage – 1976)

Pour Jud, suivi par Von Wartburg, il viendrait d’un gaulois cotericum qui aurait d√©sign√© un p√Ęturage. (La maison rurale en pays d’habitat dispers√© de l’antiquit√©‚Ķ,¬† A. Antoine, ‚ÄéM. Cocaud, ‚ÄéDaniel Pichot – 2005)

‚Ķ Forez couhard, « p√Ęture pierreuse », Toulouse coud√©rc, « jardin »‚Ķ Certaines sources renvoient au kymri (gallois) cyttir < cyd, « commune » + tir, « terre ». Mais Anreiter (1992 : 413) √©crit que les formes du celtique insulaire renvoient √† teros (< IE *ters-, « sec ») et pr√©cise que la fonction du suff. -ico n’est pas claire ici. Pokorny (1948/1949 : 240) soutient aussi une √©tym. gauloise mais rattache le mot √† une racine *kito-/*kitu-‚Ķ (Romania Gallica Cisalpina : Etymologisch-geolinguistische, J. Grzega – 2001)

On les appelle : ¬ę commons ¬Ľ en anglais, ¬ę comins ¬Ľ ou ¬ę cyttir ¬Ľ en gallois. Certains de ces communs d√©pendent de la Couronne, mais la plupart font ou faisaient partie des ¬ę est√Ętes ¬Ľ des landlords. (G√©ographie rurale de quatre contr√©es celtiques : Irlande, …,¬† P. Flatr√®s – 1957)

The preposition cyd is = the latin cum. … from cyd and tir, land (terrain) is cyttir, land held in common (terrain tenu en commun). (The Anthropological Review, vol. 1 Р1863)

Par exemple, cyd’dir ¬ę communaux ¬Ľ, compos√© de cyd ¬ę com- ¬Ľ et tir ¬ę terre ¬Ľ devient cyt-ir, que les Gallois notent cyttir ou cytir… (Les d√©sinences verbales en -r en sanskrit, en italique et en… , G. Dottin – 1896)

cytir [k√ł-tir] substantiu mascul√≠, plural cytiroedd [k√ł-t√ģ-rodh] : 1 terrenys comunals (terres communales). Nom de carrer de Bangor ‚Äď ‚ÄúCyttir Lane‚ÄĚ als mapes, presumablament d‚Äôuna forma original L√īn y Cytir (Nom d’une rue de Bangor, vraisemblablement d’une forme « L√īn y Cytir »).¬† 2 Y Cytir (SH8715) coster a la comarca de Gwynedd (districte de Meirionnydd)¬† (coteau/colline, comt√© de Gwynedd, district de Meirionnydd)

ETIMOLOGIA : cytir < cyd-dir (cyd- = junt [joint/ensemble]) + mutació suau  (mutation douce) + (tir = terra ) (Dictionnaire gallois-catalan & étymologie, Lexilogos)

Entrevu dans un ouvrage en anglais sur les Gallois que ce terme refl√©tait leur esprit de communaut√©, survivance de l’organisation ancienne du territoire (propri√©t√© commune).

Pas pu trouver d’√©quivalent pour « terre commune » en ga√©lique ni en breton.

Ga√©lique, pour « commun » : coitcheann, common, public, so Irish, Old Irish coitchenn : *con-tech-en? (MB)

Ga√©lique, pour « territoire, terre » : t√¨r, land, earth (pays, terre), Irish, Old Irish t√≠r, Welsh, Cornish, Breton tir, tellus, la terre : *t√™ros (*t√™res-) ; Latin terra (*ters√Ę), Oscan teerum, territorium. The further root is (< rac.) ters, be dry (√™tre sec), as in tart ; the idea of t√≠r, terr√Ę, is « dry land » opposed to sea (la terre, « pays sec », oppos√©e √† la mer). (MB)

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Le FEW mentionne les d√©riv√©s occitans : coudercho¬† s.f. « terrain couvert d’une herbe menue » (Ussel),¬† couderas « cour, enceinte » (Puisserguier),¬† coudertsino « polygonum aviculare » (Brive d’apr√®s Rolland Flore 9,187) = La renou√©e des oiseaux ou tra√ģnasse..

Dans la Suisse romande le type cotericum¬† s’est crois√© avec le type costa¬† , ce qui a abouti √† coőėe « place devant la maison » d’o√Ļ le verbe koterdzi « causer ». Une √©volution s√©mantique analogue s’est produite dans le mot androune.

 

Notes
  1. Vous trouverez de nombreuses attestations du mot en tapant « le couderc » sous Google-livres.¬† Si vous demandez « Couderc »¬† seul¬† √† un moteur de recherche¬† il ne donne que des patronymes.
  2. L’abb√© de Sauvages (S1) √©crit : Place au devant d’une maison de campagne. C’est une √©tendue moindre que celle qu’on appelle vol du chapon; on le prend quelquefois pour la maison elle-m√™me, et c’est dans ce sens que le Proverbe dit : Ke d¬®√©moro din soun couder, s√ę noun y g√Ęgno noun y p√©r.

Tougno "Antoinette; imbécile"

Tougno « Antoinette; imb√©cile, niais ». √Čtymologie¬† Antonia f√©minin du nom de bapt√™me Antonius. La tradition de donner des noms de saints de l’Eglise comme nom de bapt√™me date du XIIIe si√®cle dans le Languedoc, d’apr√®s l’√©tude d’A.Dauzat1.¬†¬† Les donn√©es ne permettent pas de savoir quel saint, Antonius le grand ou Antonius de Padoue est √† l’origine du nom de bapt√™me.

      

L’explication la plus probable du sens « imb√©cile, niais, etc »¬† est que¬† le nom de bapt√™me Antoine devenu¬† Toni¬† en occitan, Toine¬† en fran√ßais populaire, a subi le m√™me sort que plusieurs autres noms de bapt√™me tr√®s fr√©quents comme¬† Jean¬† et Jacques¬† en devenant p√©joratif jusqu’√† prendre le sens de « simple d’esprit, imb√©cile, niais ».

Dans l’article bala Mistral donne le proverbe suivant: ou Toni est « tout le monde ».

On trouve des repr√©sentants¬† du nom¬† Antonia, Antonius¬† avec ce sens¬† dans le domaine de la langue d’o√Įl en Lorraine et en Normandie¬†, mais la grande majorit√© fait partie du¬† domaine de la langue d’oc.¬† Nous trouvons ces repr√©sentants parfois sous forme d’adjectif masculin, mais surtout comme adjectif ou substantif¬† f√©minin, par exemple √† Al√®s togno « femme difforme, stupide, grossi√®re », tougnas, -asse « gros ben√™t’, ¬† √† Saint Pierre de Chignac¬† le

Voir l’article Antoine pr√©nom dans Wikipedia, qui donne ce nom dans les autres langues europ√©ennes.

Tougno « pain de ma√Įs »¬† est un homonyme. Voir l’article tougno, tougnol.

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Notes
  1. Les Noms de personnes. Paris,1946

Bardot, nom de famille

Bardot,¬† nom de famille. Contrairement √† la plupart des sites g√©n√©alogiques, je pense que l’√©tymologie de Bardot¬† est barda¬† « petit mulet » qui a donn√© le d√©riv√© bardot « mulet qui porte le muletier »¬† > « muletier ». Voir √† la fin de mon article Bardotades et bardot.

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