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Cabessaou ‘crêpe roulée’

Cabessaou « tortillon, coussinet qu’on met sur la tête pour porter un fardeau ». Etymologie : dérivé du latin capitium « ouverture de la tunique par laquelle on passe la tête ». FEW II, 261b en bas de page.

Le mot avec ce sens t est limité à l’occitan à l’Ouest du Rhône; je ne sais si l’objet et son utilisation est également limité?

cabessaou

cabessaou du XXIe siècle

Le sens le plus proche du mot latin se trouve dans l’aveyronnais lo cabesso, otopà pel lo cabesso « saisir par le collet ». Le sens le plus répandu de cabès  capitium en latin est « traversin ».

Un visiteur me signale:

Je viens de lire l’article consacré à cabessaou et je voudrais signaler que ce mot désignait les » crêpes roulées ». L';analogie de la forme de la crêpe roulée avec la forme du traversin explique sans doute cela.
Cette dénomination pour les crêpes était en usage dans la région de Tonneins, Le  Mas d’Agenais Damazan et environs.
Amicalement

 

 

Lozère

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Lexique pour les touristes en Lozère

Lieux touristiques où vous utilisez le vocabulaire occitan ci-dessous.

 

Dans la page Facebook de Independance de la Lozère  quelques beaux exemples de français régional:

Un lozerien:

il ne finit pas dans le fossé, mais dans le bartas
il ne met pas ses courses dans le coffre, mais dans la malle
il ne glande pas, il sane1
il ne ferme pas sa porte à clé, il la clave
il n’est pas surpris, il est espanté
il ne fait pas des exploits, mais des espets
il ne lance pas un objet, il l’escampe
il n’a pas soif, il a la sécade (= la sécheresse)
il ne glisse pas, il rippe2
il ne s’endort pas, il s’assuque, s’ensuque
il ne défèque pas, il cague
il ne crie pas, il brame
il ne s’étouffe pas, il s’escanne
il ne colle pas, il pègue
il ne titube pas, il tranboule3
il ne renverse pas, il abouque 4
il ne sommeille pas, il cabeque5
il ne tombe pas sur ses fesses, il s’aquioulle
il ne fait pas sa cuisine dans une marmite mais une toupine
il n’est pas une tête brulée, il est cabourd et même carbourdas6
il ne ferme pas le portail mais la clède ou le po(u)rtanel
il préfèrere macarel, boudiou ou miladiou à toute interjection française
il n’utilise pas un chiffon mais un pétass

et me fournit quelques titres d’articles à écrire.

Notes
  1. sanar signifie « guérir, réparer »  pour les autres Occitans; mais les Lozériens sont tellement durs au travail, quepour eux se reposer pour guérir  c’est glander.
  2. Un mot d’origine germanique rippen,peu connu en occitan
  3. Du latin reconstitué tremulare « trembler ».
  4. Il renverse quelque chose comme un bouc, avec violence
  5. Comme une cabeco « chouette » ? du latin cavannus .
  6. Composé de caput > cap « tête » et burdus « âne » > bourd,  cabourd  » atteint d’un coup de sang, en parlant des bêtes à cornes » dans l’Aveyron. FEW I, 633b

Cadereau, cadaraucus

Cadereau « fossé d’écoulement des eaux de pluie et immondices d’une ville ». Il s’agit d’un mot typique  de Nîmes et Alès et qui est inconnu ailleurs. La graphie avec -eau  est francisante. L’étymologie est inconnue. JohannesHubschmid propose dans la revue Romance Philology 8, pp.12-26[1.  Pour le moment je n’ai pas encore réussi à me procurer l’article de Hubschmid.]  une racine préromane *katarouko-.

cadereau à sec

Dans le Dictionnaire de Germer-Durand sont mentionnés cinq cadereaux,  dont quatre apparaissent pour la première fois dans le compoix de Nîmes de 1380, à savoir le Cadaraucus de Payrello, le Cadaraucus de Mirabellis, le Cadaraucus Sancti-Cezarii et le Cadaraucus itineris Bellicadri. Le cinquième est déjà mentionné dans un document de 1233 le Cadaraucus de Carceribus , maintenant le Cadereau de Montaury.

Cadarau est attesté pour la première fois en 1627 dans l’Inventaire des proverbes du Languedoc par Anne Rulman .

Dans la note 1) Mazel écrit: "Lisez lous bouton"

Cette  attestation qui se trouve dans un manuscrit conservé à Nîmes

et un autre à la BNF.  Dans un article intitulé Les proverbes du Languedoc de Rulman,  publiée dans la RLR 17 (1880 )42 ss. , Mazel  écrit:

« Anne Rulman est né à Nimes en 1583. Son père, d’origine allemande, avait été recteur du collège de Montpellier. Sous la direction d’un tel maître, Rulman prit de bonne heure le bonnet de docteur, plaida comme avocat, et, en 1612, se rendit a Toulouse où il se fit recevoir au Parlement en la charge d’assesseur criminel à la prévoté générale du Languedoc. De retour à Nimes, Rulman se livra à son goût pour la littérature et l’étude des antiquités. Ses oeuvres, restées manuscrites, formant plusieurs volumes, dont six in-folio, après avoir passé de main en main, furent donnés, en 1747, à la Bibliothèque du Roi par l’archidiacre de la ville de Nîmes, neveu du célèbre évêque Fléchier. Le volume à la fin duquel se trouve l’Inventaire des proverbes porte la date de 1627, pendant laquelle l’auteur y mit la dernière main. Rulman mourut à Montfrin dans la charge de juge de cette petite localité, vers la fin de 1639, au moment même où il venait d’entreprendre la publication de ses ouvrages »

Dans le site de l’Association Sauve Garrigue vous trouviez l’historique des inondations de Nîmes avec un film de 15 minutes en mémoire de l’inondation de 1988; dommage que cela a été supprimé.

L’étymologie proposée par JohannesHubschmid dans la revue Romance Philology 8, pp.12-26 est une racine préromane *katarouko-. 

Tort, tourdre ‘grive’

Tort et le dérivé tordre, tourdre  ‘ »grive » viennent du latin tŭrdus « grive ». Tort est attesté en Rouergue depuis le début du XIIIe siècle. Pour la répartition et les formes voir le Thesoc s.v. grive. Nous le retrouvons dans les parlers italiens AIS 494 (Ce lien vous mène à la page d’accueil de l’Atlas, tapez le chiffre 494 dans la case à droite de LOAD  MAP).

grive mauvisgrive mauvis

Pour écouter le chant de la grive musicienne trida suivez le lien.

En provençal plusieurs verbes ont été formés à partir du nom de l’oiseau,  comme tourdoulià, tourdoulear  « voltiger; roder; muser »; un tourdouloun est quelqu’un qui rode: un importun qui cherche l’occasion d’accrocher un repas ».  Dans le Gard et l’Hérault le dérivé torier ou  toro désigne  le ‘sorbier des oiseleurs1 ‘ appelé ainsi parce que les oiseleurs s’en servent pour appâter les oiseaux ( d’après l’abbé de Sauvages) . Le Thesoc fournit le type tourier ( tòrièr)  pour ARDECHE, HAUTE-LOIRE, LOZERE. Je pense que tourier a été formé par analogie aux autres noms d’arbres.

Sorbus_aucuparia0Le diminutif tŭrdulus  a abouti à la forme tortre  attesté au XVe siècle à Montagnac,  tordre  et plus tard  tourdre qui est même passé au Québec. Tourdre se trouve dans les parlers provençaux,  languedociens et limousins.

La grive passe pour être un oiseau lourdaud et maladroit.  A Barcelonnette tourdre  signifie aussi « nigaud », comme l’italien tordo.  Tourdre fait donc partie des noms d’oiseaux que l’on peut donner à quelqu’un.

Cette évolution sémantique explique aussi le sens du verbe  estourdir, étourdir, plus spécialement de étourdi « qui n’a plus l’usage de ses sens ». Voir le FEW XIII/2, 428-429 pour plus d’exemples.

C’est le nom de Impasse des Tourdres à Nîmes (Aimé Serre) qui m’a incité à cette recherche.

Tourdres Impasse

Tourd, tourde, tourdre a été introduit en français au XVIe siècle, mais il n’est vivant que dans le Midi. Voir le TLF

Notes
  1. sorbus aucuparia

trulet ‘boudin, boyau’

Trulet ‘boudin, boyau’ à Montauban.  Le mot est absent du Thesoc. L’étymologie est inconnue d’après le FEW XXI, 470qui donne par contre pas mal d’attestations provençales, à l’est du Rhône. L’abbé de Sauvages connaît le trullë au figuré comme « homme ventru ».

Il est à noter que j’ai trouvé ce mot dans le site de La vieille chouette de Montauban, tout à fait de l’autre côté du domaine occitan.  Il serait intéressant de savoir si mes lecteurs le connaissent ??

trulet

Dans le site de La vieille chouette plein de bonnes recettes de cuisine à l’ancienne vous trouverez un petit lexique de mots régionaux. qui sentent bien le terroir.

 

Il y a longtemps elle m’ écrit:

Pour le mot « trulet » je vous confirme qu’ici le mot est utilisé dans les deux sens -boyau et boudin – je pense que le mot devait désigner au départ le boyau puis par la suite ce que l’on met dedans ??? comme ils disent ici  » lou farson« .

La plus locale : le boudin « galabare » les morceaux de tête coupés petits, sont mélangées avec du sang, et les « garnitures » (des oignons , de l’ail fondus et des épices * ).
On les « entonne » dans le gros intestin d’où un énorme « boudin » rondouillard et contorsionné comme un gros nuage d’orage d’été (et les orages sont gros chez nous l’été!).
– encore local, le « trulet als cebas » (boudin aux oignons) Avec le sang , un peu de petits lardons et beaucoup d’oignons bien « séchés » et dorés à la poêle avec les autres « garnitures » et les épices * .
– moins local le « trulet als pomas » (boudin aux pommes) , avec de bonnes pommes anciennes (de la Ste Germaine ou de la reinette calvine,) des oignons , pas d’ail … et des épices douces
– encore moins d’ici mais bien « corse » et « corsé » « trulet als castanhas » (le boudin aux châtaignes) avec des châtaignes pré-cuites, les « garnitures », pas de « Rabelais » mais plutôt des épices douces … un délice tout doux
– testez aussi le « trulet als rodabèls » (boudin aux lardons ) avec des lardons bien grillés, et les » garnitures »et épices * habituels
– et le « boutifar » ??? vous connaissez??? un boudin avec un peu de viande, des « garnitures et beaucoup de poivrons séchés et du piment, (un peu comme le mélange pour merguez) Importé par nos voisins espagnols il est également assaisonné de 4 épices et cannelle en plus
– le pas du tout « del païs » le boudin « féroce »antillais au riz et piments avec lardons, légumes + riz mi-cuit, épices (massalé, hot curry, gingembre …) + piment « lantern » et autres petites bonnes choses qui vous laissent la langue d’un dragon crachant le feu
– la liste n’est pas exhaustive ! on m’a parlé d’un boudin aux herbes, aux noix et d’un farci avec la langue pré-cuite . Je n’en ai jamais fait donc je ne saurais vous éclairer … cette « eau de boudin » mais « res se pèrder res dins lou tessou ».
et puis il y a les boudins blancs , pas vraiment des trulets » puisqu ‘il y a de la viande de veau (ou de volaille dans certaines familles) avec la panne de porc . Et le sang est remplacé par lait, mie de pain et blanc d’oeufs mais on l' »entonne » dans les mêmes boyaux et on le cuit pareil . Vous avez compris que je ne vous parle pas des « bâtons de craie » des grandes surfaces mais de ravissantes choses roses nacrées que vous pourrez déguster aussi bien froides dans une salade que chaudes dans les recettes de dessous !

NB Les boudins vont cuire dans un bouillon corsé mais à petite température pour ne pas « esclapar » . On met le galabare en premier ( plus gros donc il mettra plus longtemps à cuire) dans le bouillon frémissant dans lequel ils vont pré-cuire et gonfler tout doucement . D’où l’interêt de ne pas trop « entonner les budèls » car sinon ils éclateraient dans l’eau .
Surtout ne jettez pas « l’aigo de boudine », le bouillon de cuisson , les convives (au moins les « sudistes » ) vont adorer avec des « trempes de pan goussé » comme chez Victorine ou avec des gros vermicelles comme chez Maria . Une autre cousine y mettait du tapiocca et ce potage « en famille » était « l’entrée » du festin du cochon parce que …  » res se pèrder res dins lou tessou ».

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