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Labech

Labech s.m. « vent du sud-ouest » (Alibert) est un mot m√©diterran√©en d’origine arabe labag « vent du sud » (en marocain lebach, en syrien labach), emprunt√© au grec lips « vent du sud » c’est-√†-dire « vent de Libye », devenu libs en latin. La premi√®re attestation occitane date du 13e si√®cle, dans un texte provenant de B√©ziers. Nous ne le trouvons qu’autour de la M√©diterran√©e: proven√ßal labesc, labet, labe. Labechada « coup de vent du sud-est » (Panoccitan) est un d√©riv√© existant ou une cr√©ation¬† en -ata .

Un visiteur me signale: Le labech, √† P√©z√©nas est appel√© « lo vent de las damas« , parce que c’est un vent plut√īt agr√©able.
Pendant une balade¬† autour du bassin de Thau, nous avons trouv√© un point d’attache dans le camping Lou Labech, apr√®s avoir tourn√© en rond pendant une heure √† S√®te pour trouver une place de parking. Un lieu de calme et de repos que je peux vous recommander. Tous les emplacements ont un nom en occitan, dont une dizaine un nom d’un vent, d’autres un nom d’un type de¬† filet ou d’une mani√®re de p√™cher.


Voir les articles Palalngre et /ou Arseilhera

Lac

Lac 1.maie de pressoir; cuve (ancien occitan) 2. lac.

M√™me les panneaux routiers en Ecosse n’ont pas de secret pour ceux qui s’int√©ressent √† l’√©tymologie: Gaelic Loch c’est notre lac bien s√Ľr et Loch Ness est le Lac Ness, et Inbhir Nis c’est « l’embouchure de la rivi√®re Nis’.

monstre Loch Ness
Ci-dessus une photo que j’ai prise du fameux monstre du Loch Ness.ÔĽŅ

Latin lacus  » bassin, auge, fontaine ; lac » a la m√™me racine que le grec lakkos « creux » et lacuna « fosse, foss√©, trou o√Ļ l’eau s’amasse ». Le sens « bassin » s’est conserv√© en ancien occitan « cuve » et en occitan moderne « maie de pressoir ». Voir aussi l’espagnol lagar « pressoir ». Le sens « foss√©, sillon » est pass√© en basque lako « goutti√®re ». A Castres est attest√© le d√©riv√© laco « ados de sillon » par m√©tonymie. Les pentes d’un foss√©, d’une colline, ou les versants d’un vallon, ayant les m√™mes caract√©ristiques et la m√™me fonction que les ados des potagers.

En tr√®s ancien fran√ßais lacus est devenu r√©guli√®rement lai, mais la forme occitane lac l’a remplac√© d√®s le XIIe si√®cle.

Lacus se retrouve en roumain lac, italien, epagnol, portugais lago, catalan llac, anglais lake, gaelic et irlandais loch.

Lachinan "anguille"

Lachinan « vari√©t√© d’anguille »¬† vient d’apr√®s le FEW du latin lac « lait ».¬† Occitan leitan√ßo¬† et¬† fran√ßais laitance « Substance molle et blanch√Ętre que le poisson m√Ęle, √† l’√©poque du frai, r√©pand sur les Ňďufs de la femelle ainsi f√©cond√©s, et qui peut √™tre utilis√©e en cuisine » ont la m√™me √©tymologie.¬†¬† Dans plusieurs endroits le mot pour d√©signer la laitance a pris le sens de « poisson m√Ęle », ou plus sp√©cifiquement de « hareng m√Ęle ».

Lachinan  est synonyme de  margagnons  et de   soufflards .

Dans ses Considerations le baron de Rivière donne la description suivante:

Ailleurs dans son texte il √©crit que  » pour quelques auteurs le margagnon ou¬† lachinan¬† est l’anguille m√Ęle.¬† Cette remarque s’accorde avec l’√©tymologie propos√©e par le FEW. Il n’y a pas d’autres attestations en dehors de celles de¬† Duhamel du Monceau1¬† et du baron de Rivi√®re. Le mot semble limit√© √† la Camargue.

Cet article fait partie d’une s√©rie sur le possibilit√© de la pisciculture de l’anguille en Camargue.

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Notes
  1. cf. aussi  mon article rasal

Lachusclo 'euphorbe', lachusclada et gin...

Lachusclo « euphorbe r√©veil matin » (Mistral. Voir l’explication du nom « reveil matin » en bas de la page). Mot proven√ßal et est-languedocien jusqu’√† l’Aveyron. Attest√© dans l’Aude avec le sens « laitue ».¬† L’√©tymologie est un d√©riv√© non attest√© du latin lac « lait »¬† *lactŇęscŇ≠la¬† ou¬† *lactŇ≠scŇ≠la,¬† cette derni√®re entre autres¬† pour la forme marseillaise lachousclo . Je ne peux mieux faire que vous donner l’article de A.Thomas, M√©langes d’√©tymologie fran√ßaise. Paris, 1902,¬† p.97.

Dans le Trésor de Mistral il y a le dérivé :

Mistral

Sa source, le Cartvlaire de Removlins; recueilli, class√©, annot√© et pub. sous les auspices du Conseil municipal de Remoulins. 2. livr. by Charvet, Gratien, d. 1884. Remoulins, France. Conseil municipal.Published 1873,¬†¬† a √©t√©¬† num√©ris√© aux Etats Unis et il est consultable pour les Am√©ricains. Mais les Europ√©ens doivent l’acheter parce qu’il a √©t√© r√©-imprim√© par un Anglais, le British Library,¬† et¬† est vendu par Amazon !¬† Par contre si vous l’avez scannez-le et mettez-le en ligne!¬† vous avez le droit.

Heureusement, avant de publier le¬† Cartulaire..¬† Gratien Charvet a √©crit un petit livret intitul√© lesCoutumes de Remoulins, qu’on peut lire et t√©l√©charger sur Gallica. Ce que j’ai fait. Ces Coutumes¬† datent de 1500.¬† Ci-dessous l’extrait qui nous int√©resse:

dans le note 3  nous trouvons

Le mot lachusclada  avait peut-être vieilli?  En tout cas lachuscle  était devenue lajuscle.

A la suite de cet article G√©rard Jourdan m’a envoy√© un extrait des m√©moires de son p√®re, qui √† l’√Ęge de 9 ans a encore pratiqu√© la lachusclada.¬† Son histoire savoureuse se trouve¬† dans l’article lagagno « euphorbe ».

Le mot montpellierain ginouscla1 dont parle Thomas dans la note reproduite ci-dessus,  se retrouve dans de grands dictionnaires2copié avec une coquille typographique:

Lachusclo « euphorbe r√©veil matin ». Dans RollandFlore vol.IX p.225 se trouve l’explication que voici:

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Notes
  1. D’apr√®s RollandFlore IX √©galement attest√© dans le Gard¬†
  2. dont Littr√©¬† qui d√©finit « nom vulgaire de l’√©purge »

Ladrot

Ladrot s.m.est le nom languedocien de « l’anchois » d’apr√®s Joubin., appel√© en catalan aladroc. L’origine est¬†¬† l’arabe azraq « bleu » (FEW). Le lien s√©mantique est le fait que l’anchois devient bleu fonc√© quand on le sort de l’eau. Le mot est confirm√© pour le bassin de Thau par Rolland et divers sites sur le Web, p.ex. celui-ci.

Le dictionnaire Panoccitan donne anchòia ce qui est manifestement un gallicisme.

Lagagno ‘euphorbe’

Lagagno « euphorbe »¬† est attest√© dans les B.d.Rh√īne, √† Puisserguier et √† P√©zenas et dans 5 autres villages dans l’H√©rault ( Thesoc). Le sens le plus r√©pandu et attest√© en ancien occitan de laganha,¬† lagagna, lagagnes¬† est¬† « chassie1« . Le d√©riv√© lagan¬† signifie « goutte qui d√©coule des yeux¬† chassieux »,¬† laganhos, lagagnous¬† « chassieux »2

   

Il y quelques d√©riv√©s dont le lien s√©mantique avec « chassie » ne m’est pas clair, mais qu’un ornithologue pourra certainement expliquer: dans la Dr√īme lagagnousa « fauvette », √† Marseille lagagnoua « roitelet » et √† Teste lagagnoun « sorte de coquillage ».

En proven√ßal existent des d√©riv√©s¬† comme lagagnoro « pluie soudaine et de peu de dur√©e » qui ont un lien s√©mantique avec la notion « goutte, larme ».¬† Le¬† sens « euphorbe » a le m√™me lien s√©mantique, comme le sens « pissenlit » , par exemple √† Toulouse lagaigno,¬† et lagaino « renoncule » dans le Gard.

L’√©tymologie d’apr√®s le FEW IV,130¬† est le latin lagńÉnum « g√Ęteau fait de plusieurs couches de p√Ęte, genre de feuillet√©e3 » emprunt√© au grec¬† őĽőĪő≥őĪőĹŌČőĹ « gateau ». Pour les formes occitanes le FEW √©crit qu’il faut supposer un d√©riv√© ancien *laganea, mais il y a en grec d√©j√† un d√©riv√© qui les explique:

őĽőĪő≥őĪőĹőĻőŅőĹ « petit g√Ęteau ».¬† Le lien s√©mantique serait la comparaison de la chassie √† un petit g√Ęteau √† l’huile; comme en allemand la chassie s’appellle Augenbutter litt√©ralement « beurre des yeux »; ik y a aussi l’anglais eye booger litt√©ralement « crotte des yeux » ou crusty¬† qui sont plus proches du sens « petit g√Ęteau ».¬† En occitan c’est la notion « goutte » qui a √©t√© retenue. Voir ci-dessus.

Le Diccionari etimologic¬† du catalan propose une origine protohispanique, le basque¬† lakai√Īa, mais je n’ai pas r√©ussi √† en savoir plus.

Dans l’article Lachusclo j’ai d√©j√† parl√© de la p√™che √† l’aide de l’euphorbe la lachusclada¬† interdite au XVe si√®cle √† Remoulins. La lecture de cette histoire a incit√© G√©rard Jourdan √† m’envoyer un extrait des m√©moires de son p√®re, Raymond Jourdan, ouvrier agricole √†, Montagnac (34), dont je le remercie cordialement! Le voici:

Mon grand-p√®re paternel (Milou del Cougun) m’avait enseign√© un moyen facile et peu on√©reux de prendre du poisson. C’√©tait la ¬ę lagagno facile et peu on√©reux de prendre du poisson. C’√©tait la ¬ę lagagno(1)¬† ¬Ľ et un jour, j’avais 9 ou 10 ans, et avais une confiante infinie en mon grand-p√®re, je me d√©cidai √† tenter le coup. La¬† « lagagno » ce n’est pas ce qui manquait √† Montagnac. J’en cueillis un « fai » un fagot, que je pla√ßai sur un sac et avec le battoir de lavandi√®re de ma m√®re, j’√©crasai les plantes, faisant exsuder le latex. Repliant ensuite le sac, je liai le tout et j’allai jeter l’ensemble dans un gourg de Poud√©rous(2) o√Ļ j’avais vu pas mal de poissons : sofis (hotus) en majorit√©. J’√©tais avec Marcel Dores et Eug√®ne Nozeran, mes amis d’enfance, et le r√©sultat d√©passa nos esp√©rances. Je pense que la totalit√© des poissons se retrouva le ventre en l’air et nous rev√ģnmes triomphants et joyeux √† la maison. Mais nos m√®res respectives soup√ßonneuses (√† juste titre, nous n’√©tions pas de petits saints), demand√®rent l’origine et tout fiers, nous expliqu√Ęmes notre truc, et supr√™me affront pour moi, nous nous f√ģmes engueuler car, para√ģt-il, les poissons empoisonn√©s par le latex des euphorbes √©taient immangeables et dangereux √† consommer. Je fus extr√™mement d√©√ßu mais n’ai jamais su si vraiment les poissons √©taient dangereux √† manger. Je pense qu’ils l’√©taient et que le latex tuait les sofis (hotus) mais n’√©tait pas nocif pour l’homme(3). Je n’ai jamais plus exp√©riment√© ce proc√©d√©, peut-√™tre aussi mon grand-p√®re s’√©tait-il moqu√© de moi ? Je ne le crois pas, s√Ľrement qu’il avait ainsi p√©ch√© dans sa jeunesse et mang√© sans inconv√©nient le poisson.

1 Lagagno : occitan, l’euphorbe. Plante secr√©tant un latex, lait, ¬ę lach ¬Ľ en occitan, d’o√Ļ son nom et ce latex est, para√ģt-il, toxique et ce fut vrai pour les poissons.
2 Poud√©rous : rivi√®re affluent de H√©rault, n√©e √† Sept-Fonts, de 8 ou 15 km de long et qui garde l’√©t√© venu de grands gourgs qui ne tarissent jamais. Le poisson remonte en hiver et au printemps de l’H√©rault et restaient parfois prisonniers dans les gourgs.
3 Dans certains pays africains, le latex d’euphorbe est utilis√© pour la p√™che (NdG)

Cette m√©thode de p√™che s’appelait lachusclada¬† √† Remoulins au XVe si√®cle. Voir mon article¬† lachusclo.

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Notes
  1. voir Thesoc s.v. chassie.
  2. G√©rard Jourdan m’√©crit √† propos de la¬†marrana : « J’ai souvenir que nous traitions cette maladie de l’o√Įdium avec du soufre qu’il fallait projeter sur le cep de vigne avec une soufrette (tu dois avoir le sch√©ma dans le document de mon p√®re) ce qui projetait du soufre un peu partout (y compris sur le visage (surtout s’il y avait un peu de vent) et nous rentrions √† la maison (le traitement se faisait t√īt le matin, justement pour √©viter le vent) avec des yeux « lagagnous » et gonfl√©s.
  3. voir Zeitschrift 41,690 . Le FEW √©crit que lagagno ne vient certainement pas du gaulois l√°ginon « euphorbe » comme propose Bertoldi Zeitschrift 44,112

Lagasto, langasta

Langaste « tique qui s’accroche sur la peau de nombreux animaux » (Camargue), langasta « tique; sauterelle; brocard » (Alibert). Dans un glossaire anglosaxon du VIIIe si√®cle se trouve ladasca: piae. Piae est une sorte de tique. Le type ladasca se trouve dans diff√©rentes formes dans toute la Galloromania.

En occitan domine un type *lacasta. La m√©tath√®se (c-√†-d. √©change de¬† leurs places¬† du -c- et du -d-) et le remplacement de -d- par -t- serait d√Ľ √† l’influence d’un autre mot qui d√©signe des insectes: locusta. Nous trouvons le m√™me type en catalan llagasta et en basque lakasta.

L’origine du gallo-latin ladasca est probablement un gaulois *laus daska « puce qui mord ». La forme avec insertion d’une nasale se trouve en proven√ßal et en languedocien jusqu’en Aveyron. La forme lagasto se rencontre partout en Occitanie

ÔĽŅÔĽŅLa vie d'une tique

Lagramuso, larmuse

Lagramuso est le nom du « l√©zard gris » dans une zone compacte √† l’est du Rh√īne jusque dans les Alpes, en franco-proven√ßal (√† l’exception de la Suisse et du d√©partement de l’Ain) et dans la r√©gion de M√Ęcon. En Italie du Nord, nous le retrouvons en Vall√©e d’Aoste et dans le Piemont.

La forme franco-proven√ßale est entr√©e dans le TLF s.v. larmuse gr√Ęce Marcel Pagnol qui utilise larmeuse dans La gloire de mon p√®re (1957). Cotgrave mentionne larmuse en 1611 comme dauphinois:


Lacrimusa se trouve pour la premi√®re fois¬† chez l’auteur gaulois Polemius Silvius, Ve si√®cle.¬† Polemius a v√©cu √† Lyon et il¬† a d√©di√© son Ňďuvre √† l’√©v√™que Eucher de Lyon [¬Ī 450].¬† Les formes franco-proven√ßales reposent sur une variante *lacrimusia.
Il s’agit probablement d’un mot pr√©-latin, peut-√™tre ligure, qui par √©tymologie populaire a √©t√© interpr√©t√© comme un d√©riv√© de lacrima « larme » (FEW). En Italie du Nord lagramusa est mis en relation avec la l√©gende des « larmes de crocodile. Voir aussi langrola ci-dessous.!

Il faut noter qu’on trouve le m√™me mot dans le sud de l’Italie par exemple √† Potenza laramusa. G.Rohlfs a d√©montr√© que cela est li√© √† l’immigration de colons galloromans, probablement des Vaudois, qui voulaient fuir la pers√©cution. (Romanische Forschungen 60, p.103).¬† Au XIIe si√®cle l‚Äô√Čglise vaudoise est issue de la pr√©dication du lyonnais Pierre Valdo (Wikipedia).

La√Įer, laguiar

La√Įer ou layer, fr.r√©gional, laguiar, la√Įar « fatiguer, ennuyer, barber » fait partie d’une famille de mots que nous trouvons surtout en languedocien avec des attestations √† l’ouest, par exemple en Limousin alai « fatigu√©, harass√©, d√©bile » et en Bigorre alayat « affaibli, fatigu√©, ext√©nu√© », mais pratiquement pas √† l’est du Rh√īne.

La premi√®re attestation a la forme laguiat, participe pass√©, avec le sens « accabl√©, souffrant » dans La chanson de la Croisade contre les Albigeois, qui date du d√©but du XIIIe si√®cle.

La page de titre du manuscrit.

 

L’abb√© de Sauvages le conna√ģt bien: laghia « chagriner » ainsi que le substantif lagui qu’il traduit avec « peine, chagrin, inqui√©tude, souci ».

J’ai l’impression que les formes avec un -y- se trouvent surtout dans l’ouest langedocien, et les formes avec -gu- dans l’est, mais √† Al√®s la forme est lagui√† « causer de la peine, donner du chagrin, se tourmenter, s’inqui√©ter » et ici dans la r√©gion n√ģmoise, j’entends de nos jours layer en fran√ßais r√©gional comme attest√© dans l’Aveyron loya « fatiguer, ennuyer ».

L’abb√© de Sauvages donne encore un autre d√©riv√©: alaguia « lasser, ennuyer, d√©plaire par trop d’importunit√© » qu’on retrouve jusqu’en Gascogne.

Dans un site consacr√© √† l’occitan de Montpellier, je retrouve √©galement les deux formes:

laguiant (=) ennuyeux
laguiar (=) inquiéter
laguiar (se) (=) s’inqui√©ter, se d√©moraliser (syn.: s’alassar, se laiar)
laguiat (=) fatigué, las
laguiós (=) soucieux, tourmenté
laguis (=) soucis
laiant (=) ennuyeux laiar (se) (=) fatiguer (se) (syn.: s’alassar, se laguiar)
laiar, segar la gueta (=) casser les pieds « veses pas que me laias? »; »nos an ja segat la gueta amb aquela ist√≤ria »
laiat, -ada (=) √©puis√©, -√©e « enfin, a la l√≤nga, laiada de tant d’esf√≤r√ß ».

 

Au cours des si√®cles la valeur affective du mot s’est l√©g√®rement affaiblie, ce qui est normal. Ecoutez le proverbe de Valleraugue : Lo bigno dis : poudo mi doban qu√© plour√©, fou√Į mi doban qu√© bour√©, bino mi et agu√©s pa lagui d√© bi. « La vigne dit : taille-moi avant que je pleure, laboure-moi avant que je bourgeonne, et n’aie pas peur de manquer de vin ».

N’aies pas lagui « Ne t’inqui√®te pas » en fran√ßais r√©gional (Lhubac)

L’√©tymologie de cette famille de mots est inconnue. L’anciennet√© des attestations et l’√©tendue du territoire languedocien et rouergat dans lequel on le trouve, sugg√®rent qu’il s’agit d’un mot indig√®ne, mais nous n’avons trouv√© aucune racine latine ou autre √† laquelle la rattacher.
Un visiteur qui conna√ģt bien les langues celtiques m’envoie les mots celtiques suivants: Ga√©l. √©cos. lag, weak (faible, fragile, d√©licat, m√©diocre) , Irish lag, Early Irish lac, Middle Irish luice (pl.), Welsh llag, sluggish(l√©thargique) : *laggo-s, root lag; Latin langueo, English languid; Greek lagg√°zw, slacken (l√Ęcher) , lagar√≥s, thin (mince, maigre) ; English slack (mou), also lag (√† la tra√ģne), from Celtic. (MB) (Ce terme para√ģt bien coller au sens du fr. r√©g. Layer, ainsi qu‚Äô√† l‚Äôoccitan laguiar).

Cette étymologie me semble probable, mais je ne dispose pas des moyens  ni des connaissances pour le vérifier.

Plus de formes dans le FEW vol.XXII/1, p.114 s.v. fatigue et vol XXII/1,p.27 s.v. chagrin.

Laire, lairon

Laire, lairon « voleur, larron » vient du latin latro, latronem « voleur, larron ». Rien de sp√©cial, vous direz. Mais la forme laire rattache l’occitan au dialectes du Nord de l’Italie. Nous le retrouvons en catalan lladre, et dans le Val d’Aran. L’accusatif est √† l’origine du fran√ßais larron, de l’espagnol ladr√≥n et du portugais ladr√£o. Normalement c’est la forme de l’accusatif latin, ici latronem, qui est conserv√©e dans les langue romanes, laire par contre vient du nominatif. Il a exist√© aussi en ancien fran√ßais lere.

Quelques d√©riv√©s : leirou « rejeton au pied d’un cep de vigne » (Dr√īme) laroun « provin »(Vaucluse) et layrous det pa « dents de lait » (= larrons du pain) dans le Val d’Arrens.

L’abb√© de Sauvages (S1) mentionne le dicton : Lou praire fai lou laire « l’occasion fait le voleur ».

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