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sansouïre 'salicor'

Saussouiro, sansouïro « salicorne, salicor »  . Mistral, Trésor:

Ma voisine Maryse, originaire de Cannes et excellente cuisinière, m’a raconté que la salicor(ne) était comestible. Wikipedia confirme dans l’article Salicorne d’Europe :

Les tiges tendres de la salicorne jeune, récoltée en mai/juin, peuvent se déguster crues, nature ou en vinaigrette. Plus tard, la salicorne devient un peu amère et il est préférable de la blanchir. Quelques minutes dans l’eau bouillante suffisent à lui ôter son amertume et le sel en excès. Elle sera alors cuisinée comme l’épinard, à la vapeur, à l’eau (non salée !) ou revenue à la poêle. La salicorne fraîche, très fragile, ne se garde pas plus de deux jours au réfrigérateur.

salicor   sansouïre

 Dans RollandFlore, IX,165 nous trouvons les attestations suivantes de saoussouïro pour la « soude1 »

En français : « Les sansouires sont des milieux naturels à végétation basse situés en bordure haute des vasières littorales, soit la partie haute des marais maritimes. Ce terme est employé en France méridionale (Camargue, Languedoc et Corse). » (Wikimedia Commons).   Littré propose l’étymologie  latin salsūra « saumure »,  mais  salsūra  aurait dû aboutir à *saoussura.

L’étymologie de de saussouïro   semble être inconnue. Je n’ai pas trouvé d’attestations anciennes, mais nous pouvons reconstruire une forme *salsoria.  Dans le FEW, que vous pouvez maintenant consulter sur le site de l’ATILF en mode image,   s.v. salsus , vol XI, p.110, il y a une série de noms de champignons du type sauceron  et l’occitan sausseiroun « fenouil de mer »  Les formes sont très proches mais le sens « salicor » ou « sansouire » n’y est pas.

Dans le site e-santé, je trouve la remarque suivante: « La salicorne est parfois confondue avec la criste-marine car toutes deux poussent presque dans la mer. Mais elles n’appartiennent pas à la même famille botanique et ne se consomment pas de la même façon. »

Si vous cherchez des images de « fenouil de mer » vous verrez qu’en effet il y a une forte ressemblance, mais la criste-marine est un ombellifère!

Salsola.Dans la même page du FEW je trouve le type saussola « pain trempé dans du café etc » attesté à Clermont-l’Hérault et à Pézenas.  Je ne pense pas que Linné  ait trouvé le nom salsola  en trempant le  pain dans son café en compagnie d’un botaniste montpelliérain (Linné, Genera Plantarum, p. 67 cf.TLF). En effet, la première attestation que nous avons vient de Bauhin2 1671, p.289 salsola

J’ai suivi le lien de Bauhin « Cæs. », qui renvoie à Andreas Cæsalpinus, De Plantis Libri XVI. Florence, 1583(De plantis (1583), 621 p.disponible sur Gallica). Je n’ai pas cherché la page exacte, mais nous pouvons conclure que le mot  salsola  est d’origine italienne ou a été créé par Cæsalpinus, d’autant plus que l’adjectif salso  « salé » y est à la base de nombreux dérivés:

Salicor, salicorne.

Le TLF  suit Corominas et propoe comme étymologie de  salicor,  (salicorne  en français)     le mot catalan salicorn attesté en 1490:

salicorne (id. » (Cotgr.). Empr. au cat.salicorn (att. dep. 1490 ds Alc.-Moll), plus prob. issu d’un b. lat. salicorneum, comp. de sal « sel » et de corneum « en forme de corne », que d’orig. ar. Voir Cor.-Pasc., s.v. sal et FEW t. 21, p. 154a.

Un petit détour historique.

L’utilisation de la salicorne a été très importante dans la fabrication du verre.

Voici un extrait du  site des verriers du Rouergue

Soude ou salicor employée par les verriers (3 parties)

Cet article est extrait du Dictionnaire raisoné universel d’histoire naturelle de M.Valmont de Bomare publié à Lyon en 1776.

SOUDE, soda, plante dont on distingue nombre d’espèces. Nous décrirons ici les espèces les plus en usage dans les Arts & dans la Pharmacie.

1°. La Soude appelée Salicor : c’est une plante annuelle qui croît dans les pays chauds, sur les bords de la Méditerranée. …    La plante appelée salicor, dit M. Marcorelle, est utile par le revenu qu’elle rapporte ; précieuse par ses usages ; curieuse par ses diverses métamorphoses; & agréable à la vue par la variété de ses couleurs & sa forme régulière : elle figurerait dans un parterre & y réussiroit très bien, mise dans une terre appropriée. Cette plante de salicor est connue en Latin sous le nom de kali majus cochleato semine. C. B. Tournts infl. p. 247, salsola (kali ), Linn. N°. 1 : en Arabe sous celui de kali : en François sous celui de soude, & en Languedoc & dans le Roussillon, sous celui de salicor. C’est le boucar des Poitevins & des Saintongeois.

2°. La Soude SAlicor appelée Salsovie Ou Marie épineuse, kali spinosum : elle naît aussi dans les pays chauds, sur les rivages sablonneux de la mer, le long des lacs salés, quelquefois même dans les champs éloignés de la mer.

3°. La Soude appelée la Marie Vulgaire Ou la Grande Soude, est le kali geniculatum majus, C. B. salicornia articulis apice crassioribus, Linn. Il y en a de deux espèces, l’une est le salicornia annua, l’autre est le salicornia semper virens.

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  1. Saeda (genre)L. et Salsola (genre)L.
  2. Bauhin Caspar (Caspari Bauhini Viri Clariß.) – Pinax Theatri Botanici sive Index In Theophrasti Dioscoridis Plinii Et Botanicorvm qui à seculo scripserunt Opera: Plantarvm Circiter Sex Millivm Ab Ipsis Exhibitarvm Nomina cum earundem Synonymiis & differentiis methodice secundum genera & species proponens. Bâle,1671. Plusieurs numérisations en ligne, dont Google books

Couderc

Couderc. Article écrit par Pierre Gastal, auteur de Nos Racines Celtiques – Du Gaulois Au Français. Dictionnaire. Editions Desiris, 2013.

Nos racines celtiques. P.Gastal   

COUDERC : Champ. LOU PRAT DEL COUDERC. Pré. Le Mon. D2 AA 1336, « coderco dicti loci de Avoae» (p. 17). (…) donne l’étymologie d’après von Wartburg et Jean Séguy : « Le mot remonte au gaulois cotericum « commun ». (Noms de terroirs vellaves : d’après le compois de…, F. La Conterie – 1978)

COUDERT1 :

1) Petit pré enclos, près de la ferme, où l’on mène paître le bétail ; coderc en Périgord.

2) Dans le Midi, pâturage collectif, souvent enclos, près du village.

3) Petite place avec une pelouse, souvent entourée d’une haie, au-devant d’une maison de campagne2

4) En Corrèze, au XIXe s., enclos pour le parcage des porcs mis à l’engrais, à côté de leur bauge.

5) En Poitou au XVIIIe s., parcelle cultivée en grains.

6) Pelouse de médiocre qualité sur une colline. (DMR)

J’insère quand-même une image (source):

Qu’est-ce qui différencie Milhac (commune du Monteil) des autres localités cantaliennes ? Hé bien Milhac présente un couderc rassemblant un four à pain, un lavoir, une croix et une fontaine. Tout ça sur une superficie très restreinte.

Couderc, couder : petite place ; aire devant une maison ou une ferme ; jardin ou petit enclos attenant au manoir du maître ; pâturage commun. On trouve dans un ancien titre : « Pratum, sive codercum » (Glossaire de la langue romane, J.-B. Bonaventure de Roquefort – 1808)

Le Couderc, le Coderc, « pâtis pour oies et porcs ». Le sens de « pacage communal », attesté ailleurs, a conduit J. Jud (Mots d’origine gauloise, Romania, 1926, 331-2) à proposer l’étymologie co-ter + icum, acceptée par Von Wartburg (Französisches etymologisches Wörterbuch), tandis que  L. Spitzer, cité par Romania, propose condirigere. (Les premiers romans français et autres études littéraires et linguistiques, G. Raynaud de Lage – 1976)

Pour Jud, suivi par Von Wartburg, il viendrait d’un gaulois cotericum qui aurait désigné un pâturage. (La maison rurale en pays d’habitat dispersé de l’antiquité…,  A. Antoine, ‎M. Cocaud, ‎Daniel Pichot – 2005)

… Forez couhard, « pâture pierreuse », Toulouse coudérc, « jardin »… Certaines sources renvoient au kymri (gallois) cyttir < cyd, « commune » + tir, « terre ». Mais Anreiter (1992 : 413) écrit que les formes du celtique insulaire renvoient à teros (< IE *ters-, « sec ») et précise que la fonction du suff. -ico n’est pas claire ici. Pokorny (1948/1949 : 240) soutient aussi une étym. gauloise mais rattache le mot à une racine *kito-/*kitu-… (Romania Gallica Cisalpina : Etymologisch-geolinguistische, J. Grzega – 2001)

On les appelle : « commons » en anglais, « comins » ou « cyttir » en gallois. Certains de ces communs dépendent de la Couronne, mais la plupart font ou faisaient partie des « estâtes » des landlords. (Géographie rurale de quatre contrées celtiques : Irlande, …,  P. Flatrès – 1957)

The preposition cyd is = the latin cum. … from cyd and tir, land (terrain) is cyttir, land held in common (terrain tenu en commun). (The Anthropological Review, vol. 1 – 1863)

Par exemple, cyd’dir « communaux », composé de cyd « com- » et tir « terre » devient cyt-ir, que les Gallois notent cyttir ou cytir… (Les désinences verbales en -r en sanskrit, en italique et en… , G. Dottin – 1896)

cytir [kø-tir] substantiu masculí, plural cytiroedd [kø-tî-rodh] : 1 terrenys comunals (terres communales). Nom de carrer de Bangor – “Cyttir Lane” als mapes, presumablament d’una forma original Lôn y Cytir (Nom d’une rue de Bangor, vraisemblablement d’une forme « Lôn y Cytir »).  2 Y Cytir (SH8715) coster a la comarca de Gwynedd (districte de Meirionnydd)  (coteau/colline, comté de Gwynedd, district de Meirionnydd)

ETIMOLOGIA : cytir < cyd-dir (cyd- = junt [joint/ensemble]) + mutació suau  (mutation douce) + (tir = terra ) (Dictionnaire gallois-catalan & étymologie, Lexilogos)

Entrevu dans un ouvrage en anglais sur les Gallois que ce terme reflétait leur esprit de communauté, survivance de l’organisation ancienne du territoire (propriété commune).

Pas pu trouver d’équivalent pour « terre commune » en gaélique ni en breton.

Gaélique, pour « commun » : coitcheann, common, public, so Irish, Old Irish coitchenn : *con-tech-en? (MB)

Gaélique, pour « territoire, terre » : tìr, land, earth (pays, terre), Irish, Old Irish tír, Welsh, Cornish, Breton tir, tellus, la terre : *têros (*têres-) ; Latin terra (*tersâ), Oscan teerum, territorium. The further root is (< rac.) ters, be dry (être sec), as in tart ; the idea of tír, terrâ, is « dry land » opposed to sea (la terre, « pays sec », opposée à la mer). (MB)

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Le FEW mentionne les dérivés occitans : coudercho  s.f. « terrain couvert d’une herbe menue » (Ussel),  couderas « cour, enceinte » (Puisserguier),  coudertsino « polygonum aviculare » (Brive d’après Rolland Flore 9,187) = La renouée des oiseaux ou traînasse..

Dans la Suisse romande le type cotericum  s’est croisé avec le type costa  , ce qui a abouti à coΘe « place devant la maison » d’où le verbe koterdzi « causer ». Une évolution sémantique analogue s’est produite dans le mot androune.

 

  1. Vous trouverez de nombreuses attestations du mot en tapant « le couderc » sous Google-livres.  Si vous demandez « Couderc »  seul  à un moteur de recherche  il ne donne que des patronymes.
  2. L’abbé de Sauvages (S1) écrit : Place au devant d’une maison de campagne. C’est une étendue moindre que celle qu’on appelle vol du chapon; on le prend quelquefois pour la maison elle-même, et c’est dans ce sens que le Proverbe dit : Ke d¨émoro din soun couder, së noun y gâgno noun y pér.

Margal 'herbe de printemps'

Margal « herbe de printemps » d’après l’article de Wikipedia Agriculture en Camargue.    Étymologie : margal  vient d’une racine préromane *margalio- « ivraie ».  Voici  le texte de Wikipedia:

Le fermier camarguais jouissait de libertés (ou profits) dans son exploitation. Ces droits étaient au nombre de quatre : la margalière, les pasquiers, les luzernières et la pâture4.

La margalière consistait à tirer profit du margal, herbe de printemps, pour ses ovins. Elle n’était disponible dans les restoubles que de mars à avril et aux premiers labours. Les pasquiers correspondaient à la fraction de terres labourables converties en prairies annuelles. On y semait avoine, orge et vesce noire (ou barjalade). Le surplus fauché trouvait preneur auprès de charretiers qui voituraient le sel de Peccais 4.

Le lien vers la source étant mort, je l’ai recherché et trouvé (difficilement) dans le site du patrimoine de la ville d’Arles. , texte de Gérard Gangneux. L’ordre de Malte (Hospitaliers de Saint-Jean) en Camargue au XVII et XVIIIe siècles. Extrait de sa thèse de 1970.

Il faudra retrouver ses sources afin de mieux dater ces attestations. En ancien occitan est attesté marjuelh « ivraie » au 14e siècle.

Le 15 juillet 2013 un de mes fidèles visiteurs, Rudy Benezet,  m’a demandé l’origine de ce  margal  et il a ajouté:

Bonjour, ……..Cela m’a rappelé les longs après-midi ou je devais aller arracher les herbes dans les vignes;  quand il n’y avait rien d’autre a faire.
Mon grand père me disait Mais tu n’as rien a faire !  va donc à l’Esquillon tirer les jambes rouges ( Chenopodium album ) et  les blés (Amaranthus hybridus ? ) et prend le bigot (la pioche) pour arracher le grame (chiendent, Elytrigia repens ) et sans oublier un flo  ; et n’oublie pas d’enlever les grosses mattes de margal ( ivraie , Lolium perenne ).
Après mon passage plus un brin d’herbe dans la vigne;  tel Attila ! J’étais a l’époque un véritable désherbant manuel……   🙂  c’était il y a plus de 50 ans ! Et pendant tout ce temps mes copains galopaient sur le pic des ânes ; derrière Geronimo et Kit Carson !Mon grand père ne me  parlait jamais en patois, <<C’était interdit pas Monsieur le Maître d’école >>   Je n’en prenais quelques mots que quand ils causaient entre vieux….
D’après les données du FEW le type margal, margalh  se trouve en franco-provençal, en Provence (Vaucluse, Var, BRhone, AlpesMar) et en languedocien le long de la côte jusqu’en Catalogne (margall « lolium italicum ») .  Le Thésoc y ajoute les départements ARIEGEHAUTE-GARONNE, TARN-ET-GARONNE.
Dans  l’AUDE cil y a quelques attestations du  type amargalh  avec le  préfixe a-  dans les noms des plantes qui  d’après Hubschmid est également d’origine préromane.
D’après M.Palun1 Le « raygrass »  Lolium perenne L et le Lolium multifflorum Lam. s’appellent margai  à Avignon et environs.
Mistral donne en plus  margalheiro  s.f. « champ où le ray-grass abonde ».
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  1. Palun (Maurice), Catalogue des plantes phanérogames qui croissent spontanément dans le territoire d’Avignon et dans les lieux circonvoisins. Avignon, 1867. 2-189 p. Table alphabétique des noms vulgaires des plantes en provençal aux pp.183-189. Disponible dur le web archive.org

Cauna, caouno "creux, grotte"

Cauna,  caouno, caunha, adj. et s.f.  « creux, cavité, grotte » vient de *cavo, cavonis « creux » transformé dans le Midi  en *cava et  dérivé de cavus « creux » > cau en occitan ancien et moderne (Voir Thesoc s.v. creux).  Les formes avec un -ñ- écrit  –nh–  sont limitées au Sud-ouest (Ariège, Pyrénées-Orientales, gaunio  dans l’Aveyron).

Un visiteur qui m’avait demandé cette étymologie, m’a fournit le complément que voici:

 Chez nous, en basse Ariège nous avions (et avons toujours) le verbe caunhar, qui consistait à pêcher à la main (formellement interdit !) dans les caunhas c’est à dire dans des trous d’eau, sous les racines des arbres où le poisson se réfugie.

caunhar

Autres dérivés:

Cauni « trépassé » ;s’escaounar « s’infiltrer »;   à Barcelonnette;  s’encaounar « s’abriter »;  encaunar « cacher » à Marseille.

Le toponyme Caunas , hameau de Lunas (Hérault) est attesté depuis 794. Dans le Dictionnaire topographique de l’Hérault se trouvent d’autres dérivés comme Caunette, Caunelles.

Cau, cava « creux » du latin cavus, cava    ne semble pas très vivant d’après les données du Thesoc s.v. creux.

Rèssar, serrar, resegar, setar

Rèssar « scier » et  rèssa « scie » viennent d’un latin rĕ + sĕcare « couper ».

Scier dans la Gaule romane du sud et de l’est par J. Gilliéron et J.Mongin, Paris, 1905 est une étude importante de géographie linguistique1. Voici la carte tirée de cette étude (c’est moi qui ai inséré les verbes à l’infinitif):

Cette carte peut être actualisée avec les données du Thésoc sous scier, scie, scieur, scierie et sciure, qui confirment et complètes celles de l’ALF, par exemple les villages Lembeye, Pontacq et Sedzere dans les Pyrénées Atlantiques ont le type serrar

D’après cette étude le type serrar, du latin serrare « scier » avait occupé  autrefois tout le territoire du sud. Au cours des siècles le type ressegar ou segar  issu du composé re + secÁ re  « couper » et le type ressar issu du composé rÉ + secare  ont supplanté serrar dans une grande partie du sud, mais il en reste des îlots dans les Pyrénées orientales (domaine catalan; serra  est aussi le verbe courant en Catalogne), dans les Hautes -Pyrénées,  un seul point dans le département des Landes et trois zones du domaine  franco-provençal.

La cause de cette fragmentation est d’après Gilliéron l’homonymie de serrar « scier » et serrar « fermer ».  Mais von Wartburg n’est pas du tout d’accord avec cette explication.   Serra et resecare ont très bien pu exister dans la même période; les Romains disaient déjà serra secare.  Il conteste également l’hypothèse de deux accentuations re + secÁ re  et   rÉ + secare pour expliquer les formes ressar  et resegar.  D’après von Wartburg il s’agit de même phénomène que nous trouvons dans le verbe disjejunare   qui a donné  déjeuner  et  dîner.   Si vous voulez en savoir plus consulter=z le TLF.

Le type setar  du latin sectare « couper » l’a supplanté dans le nord de l’occitan.

En ancien occitan, vers 1540, est attesté le sens « supprimer, défalquer » pour le verbe resecar.

Plus intéressant est l’ancien occitan rezegue  « risque que courent les marchandises en haute mer » attesté à Marseille et à Montpellier  vers 1300 et en latin médiéval resegum en 1200 à Marseille. Cette zone fait partie d’un domaine plus étendu qui va du Nord de l’Italie à la Catalogne. L’origine serait un  sĕcum « récif » dérivé du verbe rĕsĕcare, qui a donné riesgo « lutte » > « risque »  et risco  « récif » en espagnol (Corominas).  L’évolution sémantique « récif » > « risque » se trouve aussi en allemand Klippe , néerlandais  klippen « récif » >  « danger, risque ».

un  cargo échoué depuis octobre dernier sur un récif

le risque

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