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Priapolithe ou Bijoux de Castres

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Priapolithe « pierres algaires lamin√©es de type stromatolitique* dues √† l’activit√© d’une algue cyanophyc√©e » de la r√©gion de Castres. Etymologie est lelatin¬†Priapus¬†« dieu des jardins et des vignes, qui symbolise la force g√©n√©ratrice ».¬† Une image du Recueil des monumens des catastrophes que le globe terrestre ..Par George Wolfgang Knorr,Jean Ernest Emanuel Walch Neuremberg, 1775 (Google livres) :

Priapolithe2C’√©tait la¬† premi√®re pierre que j’ai coup√©e apr√®s l’achat d’une grande scie diamant√©e pour lapidaires m’√©tait fournie par mon ami¬† le Petit g√©ologue de Lacrouzette dans le Sidobre, et c’est lui qui¬† m’a appris qu’il s’agissait d’une priapolithe. Le mot ne se trouve plus dans le CNRTL, mais il appara√ģt dans plusieurs dictionnaires anciens[1.¬† du Trevoux de 1752 jusqu’au Larousse de 1875] et notamment dans le Suppl√©ment au dictionnaire de l’Acad√©mie par Frac√ßois Raymond (1835).¬† avec une d√©finition diff√©rente:

PriapolitheAcadLa premi√®re attestation vient de Goudouli, Pierre Borel 1620?-1671), qui dans Les antiquitez, raretez, plantes, min√©raux & autres choses consid√©rables de la ville et comt√© de … √©crit:

PriapoliteBorelCe qui m’a int√©ress√© dans cet article de Pierre Borel est la mention de la th√©orie des signatures. J’ai l’impression qu’il s’en moque un peu, mais la citation de Crollius, Quercetan et Henri Carrichterius montrent qu’il √©tait au courant et que cette th√©orie √©tait tr√®s r√©pandue √† son √©poque. Je cherche √† me renseigner √† ce sujet parce que je crois qu’il est important de savoir que cette th√©orie et des th√©ories analogues comme astrologie, jouaient un grand r√īle dans la vie des gens.

Si vous êtes intéressé par la géologie  de la région de Castres, suivez ce lien: Priapolithes

estive ‘paturage d’√©t√©’

l'estive

Dans le TLF estive est d√©fini comme « P√Ęturage de haute montagne dans les Pyr√©n√©es. », et par m√©tonymie : »S√©jour dans ces p√Ęturages ». Le mot est assez r√©cent:¬† 1933 avec le sens « p√Ęturage » et a √©t√© emprunt√© √† l’occitan du d√©partement du Puy-de-D√īme en 1876¬† avec un sens tr√®s sp√©cifique de l’Aubrac « unit√© exprimant la valeur de la consommation d’une t√™te de b√©tail pendant une saison et sur le pied de laquelle on paie la d√©paissance « . Ce sens se trouve dans les Larousses de 1876 jusqu’en 1945.

Le mot estiva est attest√© en ancien occitan depuis 1216¬† avec le sens « r√©colte » et √† Montauban au XIVe s.  » travaux d’√©t√© ».¬† On le trouve dans de nombreux parlers occitans avec le sens « p√Ęturage ».Cf FEW XXIV, 235a

Un s√©jour d’une semaine dans le Puy-de-D√īme m’a donn√©¬† l’impression que de nos jours estive et festive sont bien associ√©s dans l’esprit des touristes et d√©signe en premier lieu un bon restaurant ou une f√™te locale, votive celle-l√†.¬† Dans l’Aubrac c’est peut-√™tre devenu « la valeur de la consommation d’une t√™te de touriste pendant une saison »

Lestivebar

J’ai failli oublier l’√©tymologie : latin aestivus « qui a rapport √† l’√©t√© ».

gerbo baude ‘f√™te’

Gerbo baude . Etymologie germanique bald « hardi ».

A La Rochette

La Gerbaude à  La Rochette

Un visiteur m’√©crit:

BAUDE – : de l’ancien fran√ßais « baud » = joyeux ‚Äď ardent, (a rapprocher aussi de Ebaudir).
Origine probable de la mythologie Balte.
Du dieu LAUKOSARGAS, gardien des champs et protecteur du blé, auquel il convenait d\'offrir la dernière gerbe fauchée.

Normalement la « Gerbe baude » est le nom de la f√™te qui termine les moissons.
Les gros travaux des champs √©taient faits en commun avec l’aide de tous les habitants du village. A la fin des moissons, si tout s’√©tait bien pass√©, on hissait la derni√®re gerbe du dernier gerbier au sommet de celui-ci. C’√©tait l’offrande au ciel, de la gerbe la plus belle et la plus grosse en guise de remerciement pour sa protection.
Il est probable que dans les temps anciens, la gerbe derni√®re √©tait br√Ľl√©e sur un autel et devenait ainsi cette gerbe ardente, √† la fois gerbe d’or et gerbe joyeuse qui assurait la bienveillance des dieux.
C√©r√©monie pa√Įenne √† l’origine, la tradition s’est maintenue au fil du temps et s’est transform√©e en f√™te religieuse avec la b√©n√©diction des bl√©s puis en f√™te populaire pour marquer la fin des moissons.
Avec la m√©canisation et dans certaines r√©gions o√Ļ le bl√© ne repr√©sente qu’une culture minoritaire, la f√™te de la gerbe « baude » s’est d√©plac√©e vers d\’autres saisons et d’autres gros travaux. Dans les pays de vignes, par exemple, la gerbe baude (dite aussi gerbaude) sanctionne la fin des vendanges. C’est l’occasion de r√©unir tous les participants autour d’une table bien remplie avant la dispersion des ouvriers saisonniers.

Dans l’article *bald- « hardi » du FEW XV/1,30 je trouve le paragraphe suivant:

Gerbo_baudeFEW

Le message de mon visiteur m’a sugg√©r√© de chercher aussi la combinaison de deux mots gerbaude dans le FEW et en effet dans le volume XVI,p.14 je vois que l’extension g√©ographique est bien plus importante, elle va de Nantes jusqu’√† Villefranche-de-Rouergue:

FEW XVI,14 garba

FEW XVI,14 garba

Le mot gerbe est aussi d’origine germanique.
L’√©tymologie de ce baude est la m√™me que celle de baudo « grosse pierre », mais les deux significations sont tellement √©loign√©es l’une de l’autre que la gerbe baude m√©rite cet article √† part.¬† Les noms de rue¬† de la Baude, que j’ai trouv√©s¬† √† Saint-Andr√©-d‚ÄôApchon (42370), √† Rochefort sur mer (17300), √† Sainte Colombe (77650) et √† Albi doivent √™tre √©tudi√©s de plus pr√®s. Il me semble m√™me probable qu’il faudra les rattacher √† ce sens de « f√™te de moisson » et non pas √† baudo « grosse pierre ». ¬† A Manduel dans le Gard par contre il n’y a pas de culture de bl√©, c’est un village vinicole et la Baude y est un pont ou une rivi√®re ou autre chose.
Aujourd’hui je re√ßois un message de M.Honor√© de Saint Amans de Pellagal dans le Quercy qui m’√©crit :
Dans mon village, Saint Amans de Pellagal, se trouvent quatre lieux-dits comportant le mot Baoudo qui a √©t√© traduit par Baude, dont Tuquo de Baoudo, lieu d’une ancienne motte castrale. Mes recherches vont dans le m√™me sens que les v√ītres et m’am√®nent √† cette conclusion : La jierbo baoudo ou garbo baoudo¬† (la gerbe joyeuse) est la traditionnelle f√™te et le r√©gal (repas) offert √† la fin de la moisson. La francisation donne baude qui a donn√© s’esbaudir « rire, s’amuser ». Mais pourquoi appeler ainsi cette « colline de la joie »? Peut-√™tre parce que c’est sur cette √©minence que se d√©roulait la f√™te pa√Įenne o√Ļ il √©tait d’usage dans certaines r√©gions de br√Ľler la derni√®re gerbe r√©colt√©e sur un autel.
J’en suis arriv√© √† cette conclusion en consultant une ancienne chronique locale du d√©but du XVII√®me si√®cle, parlant d’anciennes traditions, traduite par un habitant.
Je vous remercie infiniment de partager vos connaissances dans votre page.
Cela fait énormément plaisir, une réaction comme celle-ci.

Voir aussi l’article Baude nom d’une rue √† Manduel

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqu...

Simbel,¬†« appelant » mais aussi « abruti, fou, emmerdeur (Cov√®s, S√®te √† dire).¬† Alibert¬† l’√©crit cimb√®l.

La graphie¬† cimb√®l impos√©e par les Occitanistes, pourrait √™tre l’occasion d’un d√©bat sur l’ORTHOGRAPHE de l’occitan.¬† Alibert nous fournit m√™me 3 graphies diff√©rentes suivant le sens du mot :

  • cimbala « cymbale »,
  • cimbel  » ligne, signal, enseigne’ Toulouse, C√©vennes; appeau, clochette, pour b√™tes √† cornes. » Rouergue «  »taureau conducteur »; au figur√©  » cause sujet, occasion » Far cimb√®l « √™tre dans l’attente ».
  • cimbol¬† « clochette, grelot ».

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué.

La justification de la graphie avec c- est l’√©tymologie cymbalum,¬†mais pourquoi pas¬†cymbel¬†?

Pour toutes les significations que cymbalum « cymbale » a prises¬† principalement dans les parlers occitans voir le FEW II, 1611.¬† lien direct.¬† Les sens¬† fournis par Cov√®s donn√©s ci-dessus, n’y sont pas. Il doit s’agir d’une √©volution locale, sugg√©r√©e par le mot simplet ??

Balletti

Baletii, balletti « bal » est une d√©riv√© du verbe latin tardif¬† ballare1 « danser » > baller, qui √©tait courant dans tout le domaine galloroman jusqu’au XVIe si√®cle.

L’article ballare¬† du FEW¬† r√©dig√© en fran√ßais,

est publi√© dans le site de l’ATILF.

(lien direct vers l’article; une occasion d’y jeter un coup d’oeil !). Je cite:

bal(l)etti ¬†(r√©g., 1961,Prigniel), bal√®ti « bal; lieu du bal » (r√©g., ArmKasMars 1998). ‚ÄĒ [+ -?] ) Le suffixe est comparable √† celui de pr. Pap√≤ti ¬†m. « enfant joufflu » (FEW 7, 585a, PAPPARE).

D’apr√®s les donn√©es du FEW le mot baletti est r√©cent. Mistral ne conna√ģt que le bal.

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Notes
  1. emprunté au grec
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