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estive ‘paturage d’été’

l'estive

Dans le TLF estive est défini comme « Pâturage de haute montagne dans les Pyrénées. », et par métonymie : »Séjour dans ces pâturages ». Le mot est assez récent:  1933 avec le sens « pâturage » et a été emprunté à l’occitan du département du Puy-de-Dôme en 1876  avec un sens très spécifique de l’Aubrac « unité exprimant la valeur de la consommation d’une tête de bétail pendant une saison et sur le pied de laquelle on paie la dépaissance « . Ce sens se trouve dans les Larousses de 1876 jusqu’en 1945.

Le mot estiva est attesté en ancien occitan depuis 1216  avec le sens « récolte » et à Montauban au XIVe s.  » travaux d’été ».  On le trouve dans de nombreux parlers occitans avec le sens « pâturage ».Cf FEW XXIV, 235a

Un séjour d’une semaine dans le Puy-de-Dôme m’a donné  l’impression que de nos jours estive et festive sont bien associés dans l’esprit des touristes et désigne en premier lieu un bon restaurant ou une fête locale, votive celle-là.  Dans l’Aubrac c’est peut-être devenu « la valeur de la consommation d’une tête de touriste pendant une saison »

Lestivebar

J’ai failli oublier l’étymologie : latin aestivus « qui a rapport à l’été ».

gerbo baude ‘fête’

Gerbo baude . Etymologie germanique bald « hardi ».

A La Rochette

La Gerbaude à  La Rochette

Un visiteur m’écrit:

BAUDE – : de l’ancien français « baud » = joyeux – ardent, (a rapprocher aussi de Ebaudir).
Origine probable de la mythologie Balte.
Du dieu LAUKOSARGAS, gardien des champs et protecteur du blé, auquel il convenait d\'offrir la dernière gerbe fauchée.

Normalement la « Gerbe baude » est le nom de la fête qui termine les moissons.
Les gros travaux des champs étaient faits en commun avec l’aide de tous les habitants du village. A la fin des moissons, si tout s’était bien passé, on hissait la dernière gerbe du dernier gerbier au sommet de celui-ci. C’était l’offrande au ciel, de la gerbe la plus belle et la plus grosse en guise de remerciement pour sa protection.
Il est probable que dans les temps anciens, la gerbe dernière était brûlée sur un autel et devenait ainsi cette gerbe ardente, à la fois gerbe d’or et gerbe joyeuse qui assurait la bienveillance des dieux.
Cérémonie païenne à l’origine, la tradition s’est maintenue au fil du temps et s’est transformée en fête religieuse avec la bénédiction des blés puis en fête populaire pour marquer la fin des moissons.
Avec la mécanisation et dans certaines régions où le blé ne représente qu’une culture minoritaire, la fête de la gerbe « baude » s’est déplacée vers d\’autres saisons et d’autres gros travaux. Dans les pays de vignes, par exemple, la gerbe baude (dite aussi gerbaude) sanctionne la fin des vendanges. C’est l’occasion de réunir tous les participants autour d’une table bien remplie avant la dispersion des ouvriers saisonniers.

Dans l’article *bald- « hardi » du FEW XV/1,30 je trouve le paragraphe suivant:

Gerbo_baudeFEW

Le message de mon visiteur m’a suggéré de chercher aussi la combinaison de deux mots gerbaude dans le FEW et en effet dans le volume XVI,p.14 je vois que l’extension géographique est bien plus importante, elle va de Nantes jusqu’à Villefranche-de-Rouergue:

FEW XVI,14 garba

FEW XVI,14 garba

Le mot gerbe est aussi d’origine germanique.
L’étymologie de ce baude est la même que celle de baudo « grosse pierre », mais les deux significations sont tellement éloignées l’une de l’autre que la gerbe baude mérite cet article à part.  Les noms de rue  de la Baude, que j’ai trouvés  à Saint-André-d’Apchon (42370), à Rochefort sur mer (17300), à Sainte Colombe (77650) et à Albi doivent être étudiés de plus près. Il me semble même probable qu’il faudra les rattacher à ce sens de « fête de moisson » et non pas à baudo « grosse pierre ».   A Manduel dans le Gard par contre il n’y a pas de culture de blé, c’est un village vinicole et la Baude y est un pont ou une rivière ou autre chose.

 

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqu...

Simbel, « appelant » mais aussi « abruti, fou, emmerdeur (Covès, Sète à dire).  Alibert  l’écrit cimbèl.

La graphie  cimbèl imposée par les Occitanistes, pourrait être l’occasion d’un débat sur l’ORTHOGRAPHE de l’occitan.  Alibert nous fournit même 3 graphies différentes suivant le sens du mot :

  • cimbala « cymbale »,
  • cimbel  » ligne, signal, enseigne’ Toulouse, Cévennes; appeau, clochette, pour bêtes à cornes. » Rouergue «  »taureau conducteur »; au figuré  » cause sujet, occasion » Far cimbèl « être dans l’attente ».
  • cimbol  « clochette, grelot ».

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué.

La justification de la graphie avec c- est l’étymologie cymbalum, mais pourquoi pas cymbel ?

Pour toutes les significations que cymbalum « cymbale » a prises  principalement dans les parlers occitans voir le FEW II, 1611.  lien direct.  Les sens  fournis par Covès donnés ci-dessus, n’y sont pas. Il doit s’agir d’une évolution locale, suggérée par le mot simplet ??

Balletti

Baletii, balletti « bal » est une dérivé du verbe latin tardif  ballare1 « danser » > baller, qui était courant dans tout le domaine galloroman jusqu’au XVIe siècle.

L’article ballare  du FEW  rédigé en français,

est publié dans le site de l’ATILF.

(lien direct vers l’article; une occasion d’y jeter un coup d’oeil !). Je cite:

bal(l)etti  (rég., 1961,Prigniel), balèti « bal; lieu du bal » (rég., ArmKasMars 1998). — [+ -?] ) Le suffixe est comparable à celui de pr. Papòti  m. « enfant joufflu » (FEW 7, 585a, PAPPARE).

D’après les données du FEW le mot baletti est récent. Mistral ne connaît que le bal.

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Notes
  1. emprunté au grec

Tougno "Antoinette; imbécile"

Tougno « Antoinette; imbécile, niais ». Étymologie  Antonia féminin du nom de baptême Antonius. La tradition de donner des noms de saints de l’Eglise comme nom de baptême date du XIIIe siècle dans le Languedoc, d’après l’étude d’A.Dauzat1.   Les données ne permettent pas de savoir quel saint, Antonius le grand ou Antonius de Padoue est à l’origine du nom de baptême.

      

L’explication la plus probable du sens « imbécile, niais, etc »  est que  le nom de baptême Antoine devenu  Toni  en occitan, Toine  en français populaire, a subi le même sort que plusieurs autres noms de baptême très fréquents comme  Jean  et Jacques  en devenant péjoratif jusqu’à prendre le sens de « simple d’esprit, imbécile, niais ».

Dans l’article bala Mistral donne le proverbe suivant: ou Toni est « tout le monde ».

On trouve des représentants  du nom  Antonia, Antonius  avec ce sens  dans le domaine de la langue d’oïl en Lorraine et en Normandie , mais la grande majorité fait partie du  domaine de la langue d’oc.  Nous trouvons ces représentants parfois sous forme d’adjectif masculin, mais surtout comme adjectif ou substantif  féminin, par exemple à Alès togno « femme difforme, stupide, grossière », tougnas, -asse « gros benêt’,   à Saint Pierre de Chignac  le

Voir l’article Antoine prénom dans Wikipedia, qui donne ce nom dans les autres langues européennes.

Tougno « pain de maïs »  est un homonyme. Voir l’article tougno, tougnol.

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Notes
  1. Les Noms de personnes. Paris,1946
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