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Cambarot

Cambar√≤t « socassa d‚Äôarbre vi√®lh copat al p√® ; dolor del ponhet o del coide d‚Äôunes mestieirals ; bra√ßalet escarlatin per s‚Äôaparar d‚Äôaquela dolor. » (Diccionari). Dans Wikipedia il y avait¬† un lexique s√©tois : Lorsqu’on reste trop longtemps √† attendre dans une position donn√©e, on dira qu’on a ou qu’on va attraper le Cambarot. Le cambarot¬† « t√©tanisation des doigts » est aussi connu en fran√ßais r√©gional √† Gignac (Lhubac).

Il s’agit d’un compos√© de camba + rot le participe pass√© de rompre, ruptum en latin. Le sens « souche d’un arbre » se comprend facilement. Les sens « douleur dans le poignet ou le coude » et son rem√®de le bracelet √©carlat s’expliquent peut-√™tre √† partir du sens « cloche-pied » attest√© √† Lyon : √† la chambirotta mais aussi √† St-Pierre-de-Chignac en Dordogne : cambo routo, quand on ne peut utliser qu’une seule « patte ».

Il y a un lieu-dit Cambarot  à La-Salvetat-sur-Agout.

Cambar√≤t, -a « pichon crustac√®u de riu o de mar ».(Diccionari) . A La Seyne : Cambar√≤u, cambarot, gambarot « Crevette de mer. » ( Autran). Il doit s’agir d’une crevette avec de longues pattes.

Cambarut « mena d‚Äôescaci√®r (Charadrius himantopus) » (Diccionari).


cambarut

Bar(r)aquet

Baraquet, barraquet

  • haricot blanc ;
  • escarole (Tarn; FEW).
  • esp√®ce d’endive
  • poulie (maritime) ;
  • surnom des Espagnols √† Carcassonne.

Ce dernier sens m’a √©t√© signal√© par un visiteur qui l’a entendu √† la radio, dans un refrain sur la Trivalle un quartier de Carcassonne situ√© au pied de la Cit√©, typique pour sa population majoritaire issue de l’immigration espagnole (les barraquets) et gitane ( voir le site carnaval de Lavalette).

Un autre visiteur me signale : « A B√©ziers aussi les Espagnols √©taient surnomm√©s « los barraquets« , ind√©niablement « les haricots verts », car apr√®s ’36 ils arrivaient minces. Les haricots blancs sont « los favariols« . Voir √† propos de ce dernier favasso etc.

¬ę Aquela Trivala, aquel polit quarti√®r, i a que de gitanas, e de baraquets.
An pas de sandalas, an pas de soli√®rs. E van far la valsa, aqu√≠ jol Pont Vi√®lh !¬Ľ

Baraquet n’est pas dans le TLF, mais appara√ģt dans l’ Arr√™t√© du 4 ao√Ľt 1955 concernant les semences potag√®res : « Nain extra-h√Ętif et son synonyme Baraquet « . En surfant j’ai constat√© que les jardiniers et les cuisiniers ne sont pas d’accord sur le sens exact des bar(r)aquets. Certains disent qu’ils sont plats et verts, pour d’autres ils sont blancs cern√©s de jaune, ou gros et verts,¬†¬†¬†¬† s’ ils n’ont pas √©t√© ramass√©s √† temps et bons pour la soupe. Pour le dictionnaire Panoccitan le barraquet nom m. est le « haricot mangetout (vert) ». Cela vient peut-√™tre du fait que la Commercialisation [des semences n’√©tait] possible [que] jusqu’au 31 d√©cembre 1997.(Arr√™t√© du 4 ao√Ľt 1955 ).

Baraquets Rue La Trivalle Carcassonne.

Les noms des f√®ves et des haricots servent souvent comme surnom. Voir l’article favasso, favalise et Mr Bean. A Fleury d’Aude certaines personnes sont appel√©s Manja-favas. Voir √† ce propos cette page. Voir aussi ci-dessusbajana.

Un visiteur me donne le compl√©ment d’information suivant: A B√©ziers, comme √† Carcassonne, les immigr√©s espagnols √©taient los barraquets, « les haricots verts. » Peut-√™tre consommaient-ils ce l√©gume mais je crois surtout que ces malheureux arrivaient fort maigres d’Espagne.

L’√©tymologie de barraquet ¬† n’est pas eniti√®rement √©lucid√©e.
J’ai rassembl√© les mots qui sont dans le FEW et qui pourraient avoir un rapport avec baraquet :

  1. Carcassonne barraquet  » haricot blanc dont on mange les gousses avant la maturit√© « ; Tarn barrak√©to f. « escarole » ( FEW 21/131b Incognita. et FEW21/122a).
  2. Arrens (HtesPyr.) barraquet ‘cheval court  » p.36 dans l’article brakko « chien de chasse « . (FEW 15/1, 237a¬†).
  3. Mdauph barak√©to f. « gourme des petits chats » > barraqueto M. – (FEW 22/1,299b Incognita. suivi de cette remarque: Probable d√©riv√© de Basses Alpes braquet  » furoncle  » ici 15/1,237b *brakko1. (Chauveau)
  4. Vaux (Ain) barkadol√† adj.  » bariol√© de couleurs diverses..  » p.ex. la robe d’un animal; Dr√īme baraca  » bariol√© « , Puyb bouraka , -edo  » qui a plusieurs couleurs « ; Yonne baraque « pie ». ( FEW 23/187b Incognita et p.224)

C’est le dernier groupe qui a fait sonner une petite clochette dans ma t√™te.

Dans l’article barrakan « tissu en poil de chameau » (mot arabe), sont mentionn√©s : occitan barracan « gros camelot qu’on fa√ßonnait autrefois avec des raies blanches » (tir√© du Dictionnaire d’Aza√Įs), ailleurs √† Marseille, Al√®s, Toulouse, et en Limousin avec des d√©fintions moins pr√©ces « √©toffe de laine, camelot ». L’abb√© de Sauvages donne Baracan « sorte d’√©toffe qui rejette la pluie ». L’espagnol barrag√°n « sorte d’√©toffe qui rejette la pluie »¬† a la m√™me d√©finition que celle de l’abb√© Sauvages. Dans le m√™me artcle du FEW sont cit√©s les d√©riv√©s occitans barracan√° v.tr. « barioler de blanc«  ou adj. « bariol√© » , languedocien bracan√° « bariol√© » (Sauvages)¬† attest√© depuis 1060! , Velay braccanoda « se dit d’une vache qui a deux couleurs tranchantes sur le pelage ».

Je pense que le groupe mots d’origine inconnue n¬į 4 ci-dessus , appartiennent √† la famille barrakan. C’est la d√©finition pr√©cise donn√©e par Aza√Įs « avec des raies blanches » qui permet d’y attacher √©galement le mot de l’Yonne baraque « pie ».

Pour la m√™me raison je pense que le baraquet « haricot blanc » de Carcassonne devenu « sobriquet des Espagnols » fait √©galement partie des d√©riv√©s de l’arabe barrakan.. Une autre possibilit√© est que les travailleurs espagnols √©taient habill√©s de » tissus grossiers bariol√©s imperm√©ables » (barrag√°nos), quand ils sont arriv√©s √† Carcassonne.

On peut penser qu’un « cheval court  » appel√© barraquet √† Arrens est √©galement compar√© √† un « haricot » et non pas √† un braque. En ce qui concerne la « gourme des petits chats » je dois avouer mon ignorance. Je n’ai trouv√© des renseignements que sur « la gourme des chevaux ». Il faudra consulter un v√©t√©rinaire. Mais si la gourme des chats est identique √†  » des vers » ( fran√ßais gourme < germanique worm « vers ») , qui ressemblent √† des petits haricots, alors la conclusion s’impose. Le sens « poulie » (Alibert) reste un myst√®re. Peut-√™tre √† cause de sa forme qui ressemble √† un haricot blanc : ?

L’arabe barrakan a donn√© en allemand Barchent [arab. Barrakan ==> grober Wollstoff] einseitig der beidseitiggerauhte Baumwoll- oder Viskosefasergewebe mit Flanellcharakter.

Barchent

Le dictionnaire de Grimm donne les formes Barchat, Barchet et pour le moyen allemand barkan. Comme origine il cite une forme du latin m√©dieval barchanus, parchanus. que je n’ai pas retrouv√©, mais DuCange donne barracanus :

Petrus Venerab.  est Pierre de Montboissier dit Pierre le Vénérable, né entre 1092 et 1094 et mort en 1156,  était le neuvième abbé de Cluny dès 1122. Il  interdit aux moines de porter des tissus barracanos ou des burellos pretiosos.
Sur bouracan attesté depuis 1150, espagnol barragan depuis le IXe siècle, voir bouracan! (TLF et pour le moyen français le Godefroy.) Ce dernier donne les deux formes bouracan et barragan.

Espagnol: barrag√°n2. (Del √°r. hisp. bar[ra]k√°n[i], este del √°r. barkńĀnńę, tipo de pa√Īo negro indio, y este del persa pargńĀr o pargńĀl).

1. m. Tela de lana, impenetrable al agua.

2. m. Abrigo de esta tela, para uso de los hombres.

Bar(r)aquet est aussi un nom de famille. « Mangeurs d’haricots » ou « d’origine espagnole » ?

Androune, andronne

Andronne, androune¬† s.f. « ruelle ».¬† Dans le¬†Compoix de Valleraugue tome 1,p.68¬† : « petite androune et √©gouts entre deux maisons« . D’apr√®s Aim√© Serre pratiquement toutes les impasses √† N√ģmes s’appelaient¬†Androna, par exemple l’Impasse de l’Aurore¬† √©tait¬†Androna de l’Auba. l’ Abb√© de Sauvages distingue en effet deux mots, le second ayant le sens « cul de sac ».¬†¬† Andron¬† existe en fran√ßais comme « terme d’antiquit√© » d’apr√®s Littr√©.


¬†Mistral cite¬† en plus les diminutifs androunasso « ruelle immonde » et androuneto « petite ruelle ». D’apr√®s lui androun est aussi un toponyme (pr√®s d’Aimargues) et un nom de famille proven√ßal.

Androune   à Valleraugue            à Manduel

A voir : un site sur les Bastides dans le Lot et Garonne: http://bastidess.free.fr/doc-andr.htm avec une photo d’une androne √† Monflanquin.
Etymologie : il s’agit du mot grec¬†őĪőĹőīŌĀŌČőĹőĪ, un d√©riv√© de őĪőĹő∑ŌĀ « homme ». La forme androna se trouve aussi dans des textes en latin du VIIIe au XIe si√®cle. Si vous voulez tout savoir suivez ce lien vers la page de Du Cange! Du latin facile! En galloroman androna est limit√© √† l’occitan. Le fran√ßais a emprunt√© la forme latine andron au XVIe si√®cle pour d√©crire l’habitation chez le Grecs anciens.
En grec andron, androna d√©signe d’abord « l’appartement des hommes » et puis les ‚Äúcouloirs o√Ļ les hommes discutent entre eux‚ÄĚ: ut gynaeceum a mulieribus « comme les femmes dans les harems », √©crit Festus (premier si√®cle).¬† Voir le Dizionario etimologico qui explique qu’il s’agit de traditions culturelles et le respect de la s√©paration des sexes dans l’habitation. ¬† Les hommes allaient aussi dehors dans les passages entre les maisons pour « discuter ». Le r√©sultat a √©t√© que dans quelques parlers l’ androune d√©signe les « latrines ». Le sens « ruelle, cul-de-sac » est √©galement attest√© dans les textes latins √† travers tout le moyen √Ęge et il est encore vivant dans le nord de l’Italie o√Ļ il est f√©minin (La plupart des auteurs cit√©s par Du Cange viennent¬† de cette r√©gion), comme chez nous et en catalan androna. En italien moderne androne¬† « portique, entr√©e » est masculin comme en latin.

  
Deux images d’un gynaeceum. Vous comprenez pourquoi les hommes partaient en mer ?

Le sens « tour de l’√©chelle« (= Servitude qui donne au propri√©taire du b√Ętiment auquel est d√Ľ le droit de placer une √©chelle sur l’h√©ritage du voisin pour r√©parer son mur. On nomme aussi androun¬† « un espace d’un m√®tre au-del√† d’un mur de cl√īture  »

Le »tour d’√©chelle » est toujours d’actualit√©:(cliquez sur l’image)

Argelas

Argela, argala « ajonc (ulex parviflorus), gen√™t √©pineux (genista scorpius) » vient de l’arabe al ńüaulaq ¬†« ajonc »¬†. Il est curieux qu’une plante sauvage et indig√®ne ait tir√© son nom de l’arabe, mais sens et forme correspondent.

Mise √† jour de l’√©tymologie dans un nouvel article argelas paliure

(FEW I, 65 mais¬† corrig√© dans le vol XXI, 105¬† voir aussi √† la fin de mon article). Attest√© en latin m√©di√©val en 1308 argilax. Les formes du Gard argala avec g- au lieu de -j- ou t restent inexpliqu√©es. Par influence du nom dune autre plante¬†? En catalan argelaga. La Seyne argeiras « Gen√™t √©pineux, Ajonc de Provence, ou Calycotome pineux (Calycotome spinosa) « .

argela

A propos de cette √©tymologie de von Wartburg, le sp√©cialiste Florent Dieterlen du basque m’√©crit:
« Bonjour, J’ai vu dans votre site l’√©tymologie de argela, qui viendrait de l’arabe. J’ai d√©j√† vu cette explication (chez Corominas, dans le FEW ou ailleurs?), mais elle ne me convient pas. En effet, ce mot et ses variantes se retrouvent dans des dialectes jusque dans les Alpes, la Sarthe, les C√ītes du Nord, l’Italie. Or je ne vois pas une ancienne influence arabe l√†-bas. Je propose le mot basque arkatx=buisson. Vous me direz que le basque non plus n’allait pas jusque l√†. Eh bien si. Je fais depuis dix ans une th√®se √† l’Universit√© de Lausanne sur le sujet, et retrouve des mots basques dans toute la France et l’Italie, ce qui est amplement corrobor√© par la g√©n√©tique des populations. Cependant, je ne suis pas satisfait 100% de cette √©tymologie, et serais ravi si vous trouviez autre chose de mieux. Meilleures salutations, Florent Dieterlen

Dans le Gard nous trouvons Les Argel(l)as  aussi comme toponyme à Jonquières-St.Vincent et à Montfrin. Arjalas

Pour ceux qui s’int√©ressent √† l’influence du basque notamment dans l’occitan, je conseille vivement de suivre ce lien

La plus ancienne attestation en gallo-roman est le toponyme Argilargueira dans un document de la r√©gion n√ģmoise de 1180.¬† C’est Corominas vol.1, pp.329-331 qui a approfondi le sujet et il vient √† la conclusion que cette famille de mots vient de l’espagnol aulaga. Il est suivi par von Wartburg dans¬† le vol XXI, 105. L’arabe al ńüaulaq serait un emprunt √† une langue romane.

argues, -agues, -ange, toponymes

-argues. Beaucoup de toponymes dans le Midi se terminent par le suffixe -argues. Comme un visiteur me pose la question, j’en ai cherch√© l’origine. La source incontournable pour tous ceux qui s’int√©ressent √† la toponymie fran√ßaise est le livre d’Auguste Longnon. D’apr√®s lui -argues vient d’un suffixe -anicus ajout√© aux gentilices « Nom du groupe de familles (lat. gens), intercal√©, dans le nom d’une personne, entre le pr√©nom (praenomen) et le surnom (cognomen) » (TLF). Un exemple probant tir√© du¬†¬† Dictionnaire Topographique du Gard:


Le suffixe -argues se trouve dans le d√©p. 13, 30, 34, 81, 12 et 15; il devient -agues dans l’Aude et la Haute-Garonne, -ange dans le Puy-de-Dome et la Corr√®ze. Dans l’H√©rault il y a en plus Portiragnes.

 

En format PDF, vous trouverez ici les pages du livre d’A. Longnon. Longnonp.93 argues en bas de la p. sous le n¬į 372;¬† Longnonp.94 argues contient les noms de villages, la suite √† la p.95.¬† Longnon p.95

Quelques exemples: Acutianicus > Guzargues (H√©rault), Albucianicus > Aubussargues (Gard), Bullianicus > Bouillargues (Gard), Granianicus > Gragnague (Hte-Garonne), Julianicus > Julianges (Loz√®re),¬† Marcianicus > Massargues (Gard), Marsange (Hte-Loire), Massanges (Puy-de-D√īme).

La p.95¬† du livre d’Auguste Longnon interessera aussi les Domergue < Dominicus et les Rouergats < Ruthenicus.

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