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Toponymes en acum, anum, ascum, uscum dans le Midi

√Čtymologie des noms de lieux dans le Midi. Quelques liens.

Skok; Peter. Die mit den Suffixen -ACUM¬† -ANUM¬† -ASCUM UND -USCUM¬† gebildeten s√ľdfranz√∂schen Ortsnamen. Beihefte zur Zeitschrift f√ľr romanische Philologie. Heft 2. Halle, Niemeyer, 1906.¬† Le lien va directement √† la page de titre du livre. [https://archive.org/details/zeitschriftfrr0102tbuoft]

Un ouvrage incontournable pour ceux qui s’int√©ressent √† la toponymie du Midi.¬† La Table des mati√®res . p.164-165. Dans la deuxi√®me partie les noms de lieux sont group√©s dans plusieurs cat√©gories √©tymologiques: Noms propres (A-D), Noms,¬† de plantes, animaux, configuration du terrain,¬† b√Ętiments (E) , Adjectifs (F). L’ Index des noms de lieux modernes pp 232-262.

Skok2ePartie

Un exemple. Taleyrac hameau de Valleraugue, catégorie de Noms propres celtiques:

SkokTaleyracLe livre de Holder, Altceltischer Sprachschatz Bd2, colonne 1709¬† (Leipzig, 1896) contient en effet¬† un Tallarius en Allemagne comme nom d’une montagne.

Holder1709Tallarius

Dans Sp.briv. =  Chassaing, Spicilegium brivetense. Paris,1886 (en ligne avec Gallica)

Sp.briveTalairac

Ci dessous un extrait de l’index¬† des noms de lieux du Gard (p.243)

Skok_p.243.

Oughes ‘hi√®ble’

Oughes « hi√®ble, y√®ble » plante annuelle qui ressemble au sureau¬† et s’appelle aussi « sureau-hi√®ble ». L’√©tymologie est¬† le gaulois ¬† ŇŹdŇŹcos « hi√®ble »¬† attest√© en ancien proven√ßal ooulgue et dans les parlers franco-proven√ßaux et proven√ßaux √† l’est du Rh√īne,¬† augu√© en Ard√®che d’apr√®s Olivier de Serres (cliquez sur le lien pour voir les autres formes¬† FEW 7,324)¬†

J. Ubaud a fait une liste de noms de plantes en occitan donne 3 formes pour le languedocien et 2 pour le provençal, mais elle interdit toute reproduction; je reproduis donc sa source, le Trésor de  Mistral, qui est plus intéressante et qui donne plus de formes:

hiebleMistral

en suivant le conseil de Mistral :

CaussidoMistral

Marcellus Empiricus¬† un auteur m√©dical latin de l’Antiquit√© tardive √©crit qu’il s’agit¬† d’un mot gaulois (1). Les peuples germaniques l’avait emprunt√© bien¬† avant les invasions barbares du IVe si√®cle et il a √©t√© conserv√© dans plusieurs dialectes comme l’alsacien. Adik, adec « hi√®ble » est mentionn√© dans les dictionnaires n√©erlandais jusqu’au XVIIIe si√®cle, mais peu usut√© depuis le XVIe. En ancien allemand¬† la plante s’appelle attach, attuch.

hieble

Ailleurs c’est le type¬†ńēbulum¬†« hi√®ble » qui a donn√© dans les parlers occitans¬† √®oule, aoule (Toulouse), √©bou, n√©boul (Aveyron), g√©ou (Gers).

La forme égou  du languedocien (Sauvages S1), ,   est classé dans les deux articles du FEW avec la remarque que les deux types sont plus ou moins  confondus. ( FEW 3,202)

Sur le sens de ¬†ńēbulum¬†voir aussi le site¬† Dictionnaire √©tymologique des noms de plantes

1. .C’est Marcellus de Bordeaux qui nous donne le nom gaulois de l’hi√®ble, « Herba quae … latine ebulum, gallice odocos dicitur » Marcellus de Bordeaux, De medicamentis liber, VII, 13. Probablement bas√© sur une racine « od- » (sentir, puer), l’hi√®ble √©tant particuli√®rement odorant.source

Est√≤uss√° ‘√©laguer, √©monder’

Dans le Manuel d’agriculture et de ménagerie qu’il publie à Toulouse en l’an II (1793-1794), le citoyen Fontanilhes1, à la suite des Physiocrates et dans le contexte de pénurie qui est alors celui de la Révolution, se propose d’instruire ses lecteurs du moyen d’augmenter la production agricole en France, et plus spécialement en Ariège et en Haute-Garonne.

L’auteur, pour √™tre plus efficace utilise des mots r√©gionaux, comme √©taussage

¬ę¬†On appelle « rames »¬† l‚Äô√©taussage 30 qu‚Äôon fait tous les deux ans, en Vend√©miaire, des peupliers, saules, fr√™nes, et tous les trois ans des ch√™nes, en m√©nageant une coupe suffisante pour cha¬≠que ann√©e. On met cet √©taussage en fagots, qu‚Äôon fait s√©cher √† demi¬†; on les enferme ou garantit avec soin pour l‚Äôhiver. La feuille √©tant d√©vor√©e par vos troupeaux,le berger ou m√©tayer, qui ordinairement a fait l‚Äô√©taussage √† ses frais, se chauffe du bois qui reste.¬†¬Ľ

Etaussage « √©lagage, √©mondage ». D’apr√®s le FEW il s’agit d’un mot d’origine pr√©romane *toutio- , *tautio-, *tottio- « t√™te, pointe » qu’on trouve en galloroman, italien et ib√©ro-roman.

Le d√©riv√© estaucier signifiait en ancien fran√ßais « tondre, tailler les cheveux » et en moyen fran√ßais « tailler une haie vive, couper les grosses branches d’un ch√™ne ».¬† Le FEW n’a pas d’exemples de l’occitan de ce verbe, mais il y a pas mal d’autres mots qui ont la m√™me origine et qui sont attest√©s notamment dans l’Ari√®ge, comme t√†ous « rocher », t√†ousou « petite √©l√©vation, √©minence », tos « sommet » et tos dans plusieurs parlers gascons avec le sens « tronc d’arbre, auge ».

FEW XIII/2,132 *toutio2 est à compléter.

Google fournit 4 attestations du mot étaussage, dont le dernier date de 2007:

étaussage S.Fauchereau

Google fournit plus de 70 attestations du verbe étausser, dont celle de Charles Menière, auteur du Glossaire angevin étymologique comparé avec différents dialectes 1881, qui aimerais le rattacher  au celte:

etausseerAngevin

Slatkine l’a r√©imprim√©, de sorte qu’on ne peut pas le consulter sur le web. Mais heureusement l’auteur¬† l’a publi√© √©galement dans les Memoires de la soci√©t√© acad√©mique de Maine-et-Loire tome 36, 1881, page 191 ss qu’on peut¬† consulter gr√Ęce √† Gallica. Pas la peine de d√©penser 21‚ā¨.

D’apr√®s la BDP le patois de Segr√© (49500, Maine-et-Loire) a √©t√© particuli√®rement mis √† contribution.

Sous têtards il écrit:

tetard C.MénièreAngevin

Notes
  1. Voir l’article de Christine Belcikowski

gabels et souqious pour la brasucade

Gabels et souqious.¬† Le temps des grillades, tostada ; grasilhada ; carbonada,¬† (gascon), grasilhada ¬ė grilhada (proven√ßal), brasucada, grasilhada, carbonada (Languedocien)¬† approche. Le choix des braises est important[1.Si vous utilisez des sarments ou des ceps de vignes, soyez s√Ľr qu’ils ne soient pas gorg√©s de pesticides.].¬† La qualit√© du bois l’est aussi. Dans son Dictionnaire francitan, Gilbert Lhubac donne l’article que voici: SouqiousLhubacL’√©tymologie de ces deux mots¬† comme les grillades d’ailleurs,¬† nous ram√®ne √† des temps pr√©historiques. Souqious est un d√©riv√© d’une racine *tsukka « partie du tronc d’arbre, souche ».¬† Il y a eu plusieurs propositions d’explication de la r√©partition g√©ographique¬† notamment dans les Balkans et des diff√©rentes √©volutions phon√©tiques de cette tr√®s grande¬† famille de mots. La plus convaincante pour le FEW XIII,353 est celle de Hubschmied jr. qui propose une pr√©-indo-europ√©enne *tsukka, reprise par les Celtes et ensuite par les gallo-latins et les gallo-romans.

Gabel, gavel « fagot de sarments, sarment » dont l’√©tymologie propos√©e par le FEW IV,15 est un gaulois *gabella « andain d’herbes ou de bl√©s » > « fagot de bl√©s », « fagot de sarments, sarment », fran√ßais javelle « chacune des poign√©es de bl√© scie qu’on couche par terre pour laisser le grain jaunir »; gab√©lo en occitan.¬† Le sens « fagot de sarments, sarment » est¬† tr√®s r√©pandu dans tous les parlers. Cf. Le FEW IV,15

 souqious souqious   et gabels gabel

Le Dictionnaire Etymologique de Gilles Ménage ( (1613-1692)  de1650 mentionne gavel pour le Langedoc :

GillesMenage_gavel

 

 

 

roupe ‘v√™tement’

Christine Belcikowski,¬† suit¬† toujours Les chemins de Jean Dabail ou la dissidence d‚Äôun fils du petit peuple de Mirepoix au temps de la R√©volution fran√ßaise, L‚ÄôHarmattan, 2014. Il y a quelques jours elle a racont√©¬† l‚Äôhorrible assassinat d‚Äôun marchand colporteur, aux Pujols. Dans les archives elle trouve des documents originaux qui t√©moignent de la vie de tous les jours au d√©but de la R√©publique avec des d√©tails tir√©s d’un proc√®s verbal de l’administration.¬† Par exemple celui-ci:

Jean_Senesse_molinier1Et de suite le dit Jean Senesse, agent municipal, nous a conduit au lieu du hameau de Fournels, o√Ļ √©tait d√©pos√© un cadavre d‚Äôune taille d‚Äôenviron cinq pieds, cheveux gris, nez fort, couch√© sur son s√©ant, regard le ciel, habill√© d‚Äôune bonne chemise, d‚Äôun gilet et pantalon de drap gris m√©lang√©, d‚Äôune vieille roupe 3 vert de bouteille, des bas gris, des souliers ferr√©s.

Note 3: Roupe : blouse en drap grossier, fendue par devant, port√©e dans la Dr√īme par les bergers transhumants ; veste large ; sorte de redingote ; issu de l¬†¬Ľespagnol ropa ¬ę¬†paquet, bagage, v√™tement¬†¬Ľ ; manteau ample ; v√™tement de dessus.

A la fin de la lecture je n’ai pas pu m’emp√™cher de suivre seon indication √©tymologique.¬† En effet le mot¬†roupe¬† semble venir de l’espagnol.¬† Le Diccionario de la lenga espa√Īola¬† donne les d√©finitions suivantes :

Espagnol ropa a des¬† sens assez vagues: « Prenda de vestir. »¬†¬† ~ blanca. «  1. f. Conjunto de prendas de tela de hilo, algod√≥n u otras materias, usualmente sin te√Īir, que se emplean debajo del vestido exterior, y, por ext., las de cama y mesa.  »¬† ~ de c√°mara, o ~ de levantar.¬† 1. f. desus. Vestidura holgada que se usaba para levantarse de la cama y estar dentro de casa.¬† ~ hecha. 1. f. La que para vender se hace en diversas tallas, sin medidas de persona determinada.¬†¬† ~ interior.¬† 1. f. La de uso personal, bajo las prendas exteriores.¬† ~ vieja.¬† 1. f. Guisado de la carne y otros restos que han sobrado de la olla.¬†¬† etc.

Ce dictionnaire indique que l’espagnol ropa vient du gotique¬†*raupa¬†¬† un d√©riv√© du verbe ¬†raupjan « d√©chirer » rupfen ou raufen¬† en allemand moderne.¬† Mais il y a un probl√®me historique. Il n’y a pas d’attestations d’avant le XVIe si√®cle, et en plus ce sont des d√©riv√©s comme fran√ßais roupille « manteau ample, guenille », roupiho « guenille » √† Marseille et ils sont plut√īt rares. Le mot roupo qui d√©signe toutes sortes de v√™tements¬† amples en g√©n√©ral, est fortement attest√© dans tout le domaine occitan et franco-proven√ßal.¬† En plus la premi√®re attestation vient du gascon, dans le texte de G√©rard Bedout, Lou parterre gascoun coupouzat de quouate carreus. de 1642.¬† Pourtant l’extension g√©ographique de roupa, jusqu’√† la Suisse romande reste √† expliquer.¬† Voir¬† FEW XVI, 680

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