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Galavar "gourmand"

Galavar¬† « gourmand (& non groumand), glouton, goulu; tous les trois mangent avec exc√®s » √©crit l’abb√© de Sauvages en 1756. Un fid√®le visiteur¬† m’√©crit:

Robert, n’ayant pas trouv√© le mot « galavar » dans ton site, je te raconte ce que me disait ma grand-m√®re quand j’√©tais gamin, et que je me pr√©cipitais sur les friandises ou les g√Ęteaux: – Tu es un galavar, ce qui voulait dire un gourmand un peu goinfre.
En vieillissant, on devient moins galavar, car on apprend √† appr√©cier les bonnes choses et on prend son temps pour les d√©guster….

Galavar, galavard se trouve en franco-proven√ßal et en occitan¬† dans la partie proven√ßale et languedocienne jusqu’√† Castres; il y une attestation en b√©arnais galabar¬† avec le sens « gros gaillard ». En franco-proven√ßal le sens est plut√īt p√©joratif : « fain√©ant, dissolu, tapageur », √† Lyon « vaurien, vagabond ». A Die on a cr√©√© le d√©riv√© galavardise « fain√©antise ».

La premi√®re attestation date de 1356 dans un texte √©crit √† Castres, mais le sens de ce¬† galavart¬† est « boudin » , sens conserv√© √†¬† P√©zenas et Puisserguier jusqu’aux temps modernes.

D’apr√®s le FEW,¬† galavar¬† fait partie d’une tr√®s,tr√®s¬† grande famille de mots d’origine franque wala « bon », attest√© en ancien n√©erlandais¬† wal, wel « bon, bien », dont est d√©riv√© un verbe en ancien fran√ßais galer « s’amuser, mener joyeuse vie », en occitan moderne¬† se galar¬† « se r√©jouir ».¬† Le sens de galavar¬† va bien avec celui de ce verbe.

Voir aussi l’article galopastre¬† « bergeronnette ».

Galinetta

Galinetta « coccinelle; clavaria flava (champignon) » est un d√©riv√© de galina « poule » du latin gallina « id ». D’apr√®s ma source le claviaria jaune est le flava, le rouge est le botrytes. Mes connaissances en mycologie sont tr√®s limit√©es, mais je ne serais pas √©tonn√© si la galinetta est le « clavaria botrytes ».

¬†galineto d√Ęou bon Diou (S) galinolo « corallo√Įde » (S)

L’histoire de gallina est un excellent exemple des avantages de la m√©thode du FEW.¬† Gallina « poule » est conserv√© dans presque toutes les langues romanes : roumain gaina, italien gallina, catalan et espagnol galina, portugais galinha, et en gallorman geline (ancien fran√ßais), galino (languedocien). A partir du XIIIe si√®cle, on commence, notamment √† Paris, √† utiliser le mot poule au lieu de geline. La raison est probablement ce que nous appelons aujourd’hui le « marketing » : une poule « jeune geline » se vend mieux qu’une geline dont on conna√ģt pas l’√Ęge.

De nos jours l’histoire se r√©p√®te. La poule a vieilli. C’est bon pour la soupe. Il n’ y a que des poulets sur la broche! Il est abattu entre 42 et 45 jours, c’est la loi. Pourtant dans la tradition la geline reste poulet jusqu’√† 70 ou m√™me 90 jours.

Un poulet¬† est « Petit de la poule et du coq, m√Ęle ou femelle, entre le moment o√Ļ il perd ses duvets au profit des plumes, et le moment de sa maturit√© sexuelle.  » TLF.

Dans les menus des restaurants n√©erlandais par contre on vous propose des kip(petjes)« petites poules » ou des haan(tjes) « coquelets », en Allemagne des H√§nchen etc. En Espagne toujours un pollo.

Le pourquoi du transfert du nom de la poule sur la coccinelle ne m’√©tait pas clair. On le retrouve en picard galline, √† Nice galineta et en Italie dans le Valle Anzasca galining della madona. Il n’est pas impossible que la couleur rouge ya jou√© un r√īle . Le mot coccinelle vient du latin coccinus adj. ¬ę d’√©carlate ¬Ľ d√©riv√© de coccum ¬ę kerm√®s, esp√®ce de cochenille qui donne une teinture √©carlate; √©carlate ¬Ľ, en raison de la couleur des √©lytres de l’insecte. (TLF). Et bas latin coccus signifie « coq » animal caract√©ris√© par sa cr√™te rouge. Une association du sens « rouge » et de la forme « coc- » a pu √™tre √† l’origine de galino. Il est √† noter que galino d√©signe √† Marseille et √† Nice le poisson rouge « trigla lyra », galinetto en proven√ßal.

Mais l’histoire de la coccinelle est beaucoup plus complexe que je ne croyais. A ma demande Mme Jeanine Medelice, professeur √† l’universit√© de Grenoble, m’a envoy√© une copie de son article Les d√©signations de la coccinelle dans les dialectes romans de France: commentaire des donn√©es retenues pour le dossier 08.126 de l’A.L.E. paru dans le Bulletin du centre de dialectologie, II (1986),119-136. Je la cite:

« La coccinelle est un petit animal b√©n√©fique auquel les croyances populaires pr√™tent de nombreux pouvoirs : pr√©vision du temps, pr√©diction de mariage … Favorite des enfants, elle est pr√©sente dans de nombreuses comptines et de nombreuses formulettes qui ont fait l’objet de tout aussi nombreuses √©tudes. » Plus loin : « l’√©l√©ment primordial dans la d√©nomination de la coccinelle est son lien avec tout un ensemble dont le d√©nominateur commun est le notion de « sacr√© ». Coccinelle = b√™te √† bon Dieu.

Les deux éléments de bête à bon Dieu , néerlandais lieveheersbeestje, peuvent être remplacés par des éléments sémantiquement proches: bête devient poule, petit pinson, mouche, perdrix ou galinette; le bon Dieu devient le paradis, Sainte Cathérine, catarineta (Fourques,Gard)etc. Allemand Marienkäfer. Par raccourci la galinette du bon Dieu devient la galinette tout court.

Mme J.Medelice ne disposait pour l’occitan que de l’ALF, de l’Atlas linguisique du Massif central, celui de la Gascogne et celui de l’Auvergne et du Limousin. Maintenant nous pouvons consulter les autres gr√Ęce au Thesoc. Mme Medelice a √©tabli 5 cat√©gories:

  • 1) La coccinelle et le sacr√©
  • 2. Les pr√©noms
  • 3. Les m√©tiers f√©minins
  • 4. Le monde animalier
  • 5.Les d√©signations incantatoires [onomatop√©√Įques] : a) pures [comme bab-, barb-] b) l’imp√©ratif incantatoire [ type nom + vole].

En consultant les donn√©es du Thesoc, vous verrez qu’elles rentrent (presque) toutes dans une de ces cat√©gories. Je retrouve par exemple l’√©l√©ment incantatoire dans le nom devinola (Aveyron, Thesoc).

D’apr√®s un artcile dans Wikipedia,¬† la coccinelle √©tait l’oiseau de la d√©esse Freya : Freyafugle, ce qui a donn√© en allemand apr√®s la christianisation: la b√™te √† Marie > Marienk√§fer, anglais ladybird. De nombreux noms dialectaux flamands et n√©erlandais dans cet article de Wikipedia. L’article allemand est encore plus complet. Dans le chapitre Der Marienk√§fer und der Mensch l’auteur donne beaucoup de variantes.Et il raconte que la plus ancienne attestation de la coccinelle comme porte-bonheur date de 20.000 ans . Il s’agit d’une coccinelle de 1.5 mm taill√©e dans de l’ivoire de mammouth , trouv√©e √† Laugerie Basse en Dordogne.

trygla lyra _galine   
galine(tto
) en provençal         et                       galino ou dourmiliouso en languedocien

Je dois avouer qu’il n’est pas toujours √©vident de retrouver les motivations des noms d’animaux et de plantes. Par exemple √† Barcelonette et ailleurs la gelineta est la « Lampsane commune, appel√©e aussi Grageline, Herbe aux mamelles, Graveline ou Poule grasse »¬†(Voir ce site.¬†) ¬†

D’apr√®s le dictionnaire Panoccitan, l’occitan aurait conserv√© la situation ancienne galina « poule » et¬† pol « poulet » mais d’apr√®s le Thesoc c’est plut√īt le mot¬† pola¬† que les gens utilisent. D’ailleurs le FEW a constat√© en comparant les donn√©es de l’ALF aux dictionnaires plus anciens,¬† que¬† le progr√®s de poule « poule » au d√©triment de galina √©tait d√©j√† remarquable au d√©but du XXe si√®cle . J’ai v√©rifi√© avec le Thesoc, pour le Gard. Dans ce d√©partement galino est largement gagnant, mais il est curieux que des villages comme St-Andr√© de Valborgne et Camprieux qui sont tr√®s conservateurs en g√©n√©ral, pr√©sentent le type polo. Une explication sociologique √† trouver? S’agit-il d’une reconqu√™te de l’occitan ou d’un gallicisme?

Galobet, galoubet

Le mot galobet, galoubet « fl√Ľte qu’on joue en s’accompagnant du tambourin », a une √©tymologie qui va plaire aux amateurs de cet instrument de musique r√©gional.

tambourinaire
Un tambourina√Įre et un boudega√Įre , bodegaire,¬† sculpt√©s sur un des chapiteaux polychrome de Villardonnel dans l’Aude, entament peut-√™tre une « carole » . Cr√©dit photo : JL Matte.¬† Ce chapiteau daterait¬† de 1528

                

Dans le site  Zictrad vous trouverez une description exhaustive de cet instrument, des différents noms en Europe, etc.  et même quelques propositions étymologiques,  qui sont  un peu fantaisistes à vrai dire.

Dans le plus grand dictionnaire √©tymologique de l’occitan, le FEW de Walther von Wartburg, le mot galoubet se trouve parmi les mots d’origine germanique, plus sp√©cialement le mot gotique galaubei « objet pr√©cieux » qui est¬† l’√©tymon de l’ occitan galaubia ou galaubei « magnificence, largesse » et le verbe galaubiar « agir bien ». On les¬† trouve dans un des Cansos de Giraut de Bornelh, un trobador limousin de la fin du XIIe si√®cle¬† et¬† chez le trobador p√©rigourdin Arnaut de Mareuil, , qui se sert de¬† l’adjectif galaubi√®r «  triomphant avec √©clat; gracieux « . Von Wartburg pense que le nom de l’instrument est d√©riv√© du verbe galoubar ou galaubar « jouer magnifiquement ».

Le mot galoubet est mentionn√© pour la premi√®re fois dans le Dictionnaire proven√ßal et fran√ßais de S.A.Pellas, 1723, qui¬† repr√©sente surtout le patois d’Aix-en-Provence.

D’apr√®s certains le mot gotique galaubei appartient √† la m√™me famille que l’allemand moderne Liebe « amour », ancien allemand liob, le n√©erlandais lief¬† « gentil », le russe liubiti, le latin libens et libido, etc., mais cela reste √† v√©rifier.

Galopastre "bergeronnette"

Galopastre¬† « bergeronnette » (Mistral),¬† galapastre (Gard, H√©rault) fait d’apr√®s le FEW partie de la m√™me famille que galavar¬† « gourmand »; l’√©l√©ment¬† gala-¬† venant d’un germanique wal « bon ».¬† Le deuxi√®me √©l√©ment pastre¬† vient du latin pastor « berger ».

Il y a diff√©rentes explications de ce nom.¬† D’apr√®s C.Nigra1 c’est le fait que l’oiseau suit les troupeaux, d’apr√®s d’autres c’est la vivacit√© de la hochequeue qui amuse le berger.¬† Si vous avez une id√©e plus pr√©cise contactez-moi!

   

Il y a beaucoup d’autres noms pour ces oiseaux.¬† Voir le Thesoc pour les d√©tails.

bovaira, bovaireta, brandacoa, chinchorlina, coacha, coadièra, coalonga, cuol blan, enganapastre, gardabuòu, guinha-coa, guinhusa, lauraire, marioneta, pastorèla(ta), pastressa, pastressona, pescairòla, porcaireta, rosseta, tèsta negra, trempacuol, vaquièra, vaquièreta, vaquièrona.

Un tr√©sor lexical qui dispara√ģtra si les occitanistes normatifs gagnent du terrain. Pour Panoccitan¬† bergeronnette nom f. ZOO oiseau, brandacoa.

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Notes
  1. Archivio glottologico 14, p.275

Galup, galupa "chaloupe"

Galup « petit bateau », et galupa « bateau plat servant au chargement ». sont des mots gascons. La premi√®re attestation en latin m√©di√©val de calupus « bateau plat » date de 1242.

Le TLF donne l’information suivante √† propos de l’√©tymologie du mot chaloupe:

Les rapports de chaloupe avec le type ancien gascon¬† calup, galup (depuis le xiiie s. dans¬† FEW, XVII., p. 83b) sont obscurs : au cas o√Ļ les 2 types seraient apparent√©s, la 2ehypoth√®se , √† savoir que le fran√ßais chaloupe¬† serait un emprunt au n√©erlandais sloep. serait √† √©carter.

Mais le mot n√©erlandais sloep « bateau plat » reste un probl√®me selon le TLF :

Pour des raisons phon√©tiques, il semble difficile d’admettre avec FEW et Bloch.-Wartburg.5 un emprunt du n√©erlandais¬† sloep au fran√ßais; le n√©erl. serait √† rattacher au verbe sluipen ¬ę se glisser, se couler ¬Ľ (De Vries Nederl. et De Vries 1970).

Pourtant le nouveau grand dictionnaire √©tymologique du n√©erlandais, le NEW¬† maintient l’origine fran√ßaise du mot avec de forts arguments, et ne voit pas de probl√®me phon√©tique.¬† Je ne donne ici que les plus anciennes formes en n√©erlandais :  » sloepe, sloepken « petit bateau » (1588; Kiliaan.), chaloupe, saloupe (1600).¬† L’√©volution phon√©tique chaloupe > *chloupe > sloep¬† est tout √† fait normale et r√©guli√®re.¬† D’ailleurs la¬† plupart des formes germaniques comme l’allemand¬† Chaloupe 1648, Kluge20, et l’ anglais shallop 1578, NED sont emprunt√©es au fran√ßais. Cf. aussi l’espagnol chalupa, et l’italien scialuppa.

galupa_chaloupe

D’apr√®s le FEW l’origine est le mot francique *skala « coquille, √©caille » qui en gallo-roman a eu un tr√®s riche d√©veloppement, pensez par exemple √† calotte.¬†¬† Il reste pourtant la forme gasconne calupa qui est la plus ancienne et qui ne trouve pas d’explication pour le moment.¬† La consonne initiale dans toutes les autres langues est¬† ch-: basque tŇ°alupa, breton chalop, allemand Schaluppe.


Gam√°, gamat ‘go√ģtreux’

Gam√° « go√ģtreux »; il est form√© de g√Ęmo « go√ģtre » √©crit l’abb√© de Sauvages (1756). Pour lui le mot gam√° s’applique principalement aux pauvres Savoyards qui en hiver boivent de l’eau de neige; les Paysans des hautes montagnes languedociennes qui font pareil, ne souffrent pas de cette maladie.¬† Il n’y a que les femmes qui en souffrent. Dans la deuxi√®me √©dition cette remarque est supprim√©e, mais il ajoute le verbe se gama « avoir quelque langueur ».¬† Dans le style familier on dit √† quelqu’un en d√©signant quelque chose qu’on ne veut pas lui donner¬† t√ę gamera pa « tu n’en t√Ęteras pas ».

A ne pas confondre avec¬† gamas¬† « taillis ».

Le mot courant pour goitre, goitreux en occitan est gavach.

Etymologie. Le FEW (FEW XVII, 497) a rang√© une grande famille de mots dans l’article¬†¬† wamba « panse, gros ventre », un mot¬†gotique ou ancien francique,¬† wampe en allemand moderne « fanon; gros ventre en langage familier ».¬†¬† Gamo et les d√©riv√©s comme gamat, vam√†, bom√†t (Aveyron) d√©signent toutes sortes de maladies; la d√©finition la pus fr√©quente dans les dictionnaires est « cach√©tique » et « cachexie », d√©finie par le TLF comme « √Čtat caract√©ris√© par une maigreur extr√™me et une atteinte grave de l’√©tat g√©n√©ral« . ¬† (Jetez un coup d’Ňďil sur l’article du FEW !).¬† Dans le commentaire von Wartburg¬† r√©sume les diff√©rentes propositions √©tymologiques faites par Ronjat, Dauzat et d’autres.

gama

Gamas ‘c√©p√©e, taillis’

Gamas, gamasses « taillis, c√©p√©e, jeune ch√™ne, broussailles ».

gamasses

Dans ¬† la¬†Troisi√®me partie. La Terre. de Les campagnes du Lauragais √† la fin du Moyen √āge, ¬† Marie-Claude Marandet¬† a relev√© un grand nombre de mots pour « jach√®re », dont

 Gamaduro : cépée, rejetons, taillis (F. Mistral);  gamasses : rejetons qui poussent au pied des arbres dans les taillis, broussailles (F. Mistral) ; gamassado : taillis, bois taillis (F. Mistral) ; gamasso : chêneau, jeune chêne, taillis (F. Mistral)

Il est bien possible que dans les documents du¬† Lauragais le mot gamaduro est utilis√© avec le¬† sens « c√©p√©e, taillis », mais pour Mistral¬†gamaduro¬† signifie  » langueur »; il renvoie d’ailleurs vers son article gamaduro que je reproduis ci-dessous1¬†. Pour lui gamas avec le sens « c√©p√©e, etc » est¬† limit√© au Rouergue, le pluriel gamasses est languedocien.

gamasMistral          GamaduroMistral

Mistral a mis les deux sens « maladie » et « taillis » dans le m√™me article. D’apr√®s le FEW il s’agit de homonymes.

Dans le FEW XXI, 63¬† nous trouvons plusieurs attestations de gamas, gamasso avec le sens « taillis, c√©p√©e, buisson » √† Castillon-en-Couserans (Ari√®ge), dans le Lot et √† St-Chely-d’Apcher.¬† Dans l’Aveyron¬† le « ch√™ne » s’appelle aussi gomasso.¬† Il s’agit d’une famille de mots d’origine inconnue pour le moment. Le sp√©cialiste de l’indo-europ√©en J.Hubschmid a publi√© un article sur gamasso, dans lequel il propose une racine pr√©romane *gam- comme nom de plantes avec des tiges tr√®s longues, des rejetons etc.

H√©las, ce volume de la revue n’est pas encore dans le domaine public. L’ann√©e prochaine peut-√™tre.¬† La raret√© des attestations et leur r√©partition g√©ographique sugg√®re un manque d’informations, la preuve:

Toponymie

Gamassado « taillis » est aussi un toponyme en Provence et¬† Gamasso « jeune ch√™ne, bois taillis » √©galement, avec la variante gamassa en Aveyron. (P√©gorier). Ces toponymes¬† (√† v√©rifier !) prouvent que l’extension g√©ographique a √©t√© plus importante que ne montrent les donn√©es des dictionaires; Le FEW fournit un nom de lieu dans le d√©partement du Lot La Gamasse « terre maigre avec des plantes rabougries ».

Gamaduro ou bamadouro en Rouergue fait partie d’une autre famille de mots, tr√®s r√©pandue en occitan. J’y reviendrai dans un autre article.

 

Notes
  1. J’ai pos√© la question √† Mme Marandet et elle m’a confirm√©  » ce terme ne peut, dans le type de document que j’utilise, que correspondre √† une formation de type taillis », mais elle ne m’a pas fait parvenir la source.

Ganchou

Ganchou. Dans les parlers occitans on trouve un autre mot qui vient du grec gampsos, √† savoir ganchou attest√© √† Palavas et au Grau du Roi avec le sens « gaffe »¬† (pas au fig.!)¬†¬† et √† Marseille « croc », et un compos√© agancha « gagner, avancer » √† Puisserguier.¬† L’√©tymon est le m√™me que du mot¬† ganso¬† « noeud »,¬† mais son histoire est diff√©rente. Ganchou¬† est un mot maritime qui a √©t√© emprunt√© √† l’italien gancio,¬† qui l’a < du turc kanga < du grec gampsos.¬†

Voir aussi la’article gansa, ganso¬† dont l’√©tymon est le m√™me, mais pas l’histoire.

Un lecteur me signale : g√°nchou : √† Capestang c’est la longue perche compos√©e d’un long manche termin√© par un crochet qui permet de propulser les nego-fols sur l’√©tang.

(Un nego-fol, n√®gaf√≤l¬† est un « batelet, nacelle » ou une « renoncule aquatique » dans le Centre ou une « grenouillette » √† Toulouse.

A ma demande, M.Philippe Ibars me fournit les précisions suivantes :

« La part√®gueque je connais est une perche de bois simple qui sert √† pousser les n√©gachins du c√īt√© de Gallician, dans les √©tangs du Charnier ou du Scamandre. Mon beau-p√®re, grand chasseur devant l’√©ternel, en commandait de temps en temps √† un de ses amis forestier dans les C√©vennes, elles √©taient faites en bois de ch√Ętaignier.
J’ai souvent utilis√© la part√®gue pour pousser les n√©gachins dans les marais, pour le plaisir, simplement. On glisse sur l’eau sans bruit, il faut simplement faire attention √† ne pas trop la planter dans la vase car elle risque de s’y coller et de nous faire perdre l’√©quilibre.
Les p√™cheurs ou les chasseurs l’appelaient indiff√©remment part√®gue (du latin pertica ‘perche’) ou barre. Ils disaient aussi bien part√©guer que pousser car il est vrai qu’on « pousse » sur la part√®gue pour faire avancer le bateau.
Par contre je n’ai jamais vu de part√®gues termin√©es par un crochet. Certaines √©taient termin√©es par une petite fourche bifide m√©tallique. Elles √©taient utiles dans les marais tr√®s herbeux, la part√®gue se plantait dans les herbes et s’envasait moins, l’appui √©tait ainsi plus assur√© et l’on allait un peu plus vite. Mais elles √©taient un peu plus lourdes, √† cause de ce manchon de fer, c’est peut-√™tre pour cela qu’elles √©taient moins utilis√©e »

Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

Gandole ‘rigole’

Gandole « rigole¬† de la rue » (Manduel). Etymologie : gandole¬† vient de l’italien gondola « bateau plat¬† dont la proue √©lanc√©e se recourbe¬† en¬† dehors, en usage √† Venise » attest√© en fran√ßais depuis¬† 1550. Pour l’abb√© de Sauvages (S2)¬† une gandolo est « une tasse », sens √©galement attest√© en moyen fran√ßais en 1589, mais bien plus t√īt en ancien occitan √† Avignon en 1412¬† gandole m. « pot, cruche ». Ci-dessous l’article correspondant¬† dans le Tr√©sor de Mistral, qui contient tous les emplois au figur√© de ce nom de bateau.

gandolo dans Tresor MistralL’√©tymologie du v√©nitien gondola est tr√®s probablement le grec őļőŅőĹőīŌÖ (k√≥ndy) « vase √† boire ».¬† La forme gandola¬† s’explique selon le FEW par l’influence de la famille de¬† mots comme languedocien s√© gandi¬† « toucher au but, arriver » qui viennent du gotique *wandjan « tourner », mais je pense qu’il s’agit plut√īt d’une simple dissimilation gondolo avec trois -o-¬† > gandolo.

L’√©volution s√©mantique¬† « vase, pot, cruche » > « bateau » se retrouve dans bien d’autres cas.¬† Voir dans la d√©finition de Mistral : « sorte¬† de vaisseau √† boire.. »

Une autre √©volution s√©mantique,¬† « vase, cruche » > « objet de peu de valeur » se trouve dans le sens « mauvais chien »¬† attest√© √† Champsaur par Claudette Germi.¬† Dans la m√™me cat√©gorie Mistral donne « personne qui n√©glige sa mise; paresseux ».

Un visiteur du Qu√©bec¬† m’√©crit

Bonjour, je suis originaire de Thetford Mines √† 100 km au sud de la Ville de Qu√©bec. Dans ma famille, nous utilisons l\’expression ¬ę en gandole ¬Ľ au sens de n√©glig√© (propri√©t√©, appartement, maison en gandole). Mes coll√®gues de travail originaire de Qu√©bec et Victoriaville ne connaissaient pas l\’expression. La recherche internet m\’a conduit √† votre propos. Je comprend que cela origine du grec? Salutations

Je lui ai donn√© le lien vers le FEW qui confirme¬† le sens « objet us√© » pour le poitevin. FEW II/2, 1028

un vaisseau à boire ?

Le sens que j’ai mis dans le titre de cet article √©tait¬† encore vivant √† Manduel (Gard) au XXe si√®cle.¬† Mon¬† informateur pour Manduel m’a √©crit :

…en effet je t’avais parl√© du mot « gandole« , mais il y a longtemps. Il y a encore plus longtemps que √ßa, ma m√®re me racontais qu’une grand-m√®re envoyant sa petite fille faire des courses √† l’√©picerie lui avait fait cette recommandation en fran√ßais (il ne fallait pas parler patois aux enfants qui allaient √† l’√©cole): « Fais bien entention en virant le canton de pas mettre ton pied dans la gandole ».

Je lui ai demand√© si¬† entention¬† √©tait bien la forme utilis√©e √† Manduel. Il m’a r√©pondu:

Non on ne disait pas entencioun √† Manduel mais (normalement) atencioun. C’est la grand-m√®re qui s’√©vertuait √† vouloir parler fran√ßais √† sa petite-fille.

C’est l’histoire de la langue occitane.

Vous trouverez d’autres propositions¬† √©tymologiques dans le Dizionario etimologico.¬†

Je suis un peu √©tonn√© que personne a suppos√© que le mot gondole avec le sens¬† « tasse, pot, cruche »¬†¬† a √©t√© introduit directement en¬† occitan par les Grecs. Cela est probablement d√Ľ au manque d’attestations ant√©rieures √† ¬† 1412.¬†¬† Ce qui veut dire qu’il y a encore du travail √† faire.

Ganha-Pan.

Ganha-Pan. Autour du bassin de Thau lou gagna-pan est une arseilhera sans dent (sans rateau) (Covès). Vu ce nom lou Ganha-Pan doit donner une bonne pêche. Voir Arseilhera.

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