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Fa

Fa note de musique. Voir TLF pour une d√©finition pr√©cise. L’√©tymologie est : lapremi√®re syllabe du mot latin famuli, au second vers de l’hymne de St Jean Baptiste de Paul Diacre, choisie arbitrairement par Gui d’Arezzo [995-1050] pour d√©signer la note de musique. Pour plus d’info suivez ce lien.

Dans la majorit√© des sites qui expliquent les noms de notes on¬† donne le texte mais pas la musique. C’est la raison de l’insertion de cet article. ¬† J’ai donc fait un scan de mon¬† Liber Usualis¬† et corrig√© la place de la cl√© de do. (Il faudra la baisser un peu sur la deuxi√®me port√©e)

Le si  a été ajouté plus tard. Le ut  par  do,  parce que plus facile à chanter.

 

Fabre

Fabre, faure s.m. »forgeron »¬† Site : nom de famille : « En France : 39 592 personnes portent le nom de famille Fabre selon nos estimations. Le Fabre est le 66√®me nom le plus port√© en France » . Pour les toponymes, voir A.Longnon,Les nom de lieux de la France,p.552 ss. Noms de famille tr√®s r√©pandu : par exemple le jeudi 29 mars; 1597 dans un jugement : « C’est pr√©sent√© le sire Pierre Fabre, fils √† autre Pierre. A est√© sensur√© pour avoir conduict une putain, ou aport√©e en croupe sur une mule, nomm√©e ladicte putain « La Muscadele ». Pour la suite de cette histoire cliquez!

Etymologie : latin faber « forgeron ». Le mot fabre, favre a aussi exist√© dans le Nord, mais depuis le XIIIe si√®cle il y est concurrenc√© par un d√©riv√© de fabricare > forger. Il a pourtant pu se maintenir dans la langue juridique jusqu’√† la R√©volution, par exemple dans des statuts des f√®vres couteliers, des f√®vres mareschal, et jusqu’√† nos jours dans orf√®vre.

Fabre s’est maintenu en occitan et en franco-proven√ßal. Dans quelques endroits le sens s’est sp√©cifi√©, comme en Ard√®che faure « serrurier ». A Toulouse et dans le Tarn-et-Garonne, les faures est la « vip√©rine commune » (Echium vulgare L. ) parce que pos√©e sur une plaie elle calme la douleur br√Ľlante; autres noms qui confirment : herbe √† feu, br√Ľlotte. La plante contient de l’√©chiine, un poison paralysant le syst√®me nerveux comme le curare!

  faures

Déjà en latin faber était concurrencé par ferrarius. Ce dernier a donné catalan ferrer, espagnol herrero, portugais ferreiro. Faber vit en italien fabbro.

Fada "fée"

F√°da s.f. « f√©e » a la m√™me √©tymologie que le mot fran√ßais le¬† latin fata « d√©esse de la destin√©e ». Une f√†da n’est pas un fad√†

En ancien occitan a √©t√© cr√©√© le verbe fadar « douer d’une vertu surnaturelle » ce qui a donn√© en languedocien fada « ensorceler ». Un fad√° peut donc √™tre un « ensorcel√© » ou un « simplet ».

A Saint-Maurice ¬† dans l’arrondissement de Lod√®ve, il y a les Oustals de las fadas (maisons des f√©es). Le territoire du d√©partement de l’H√©rault √©tait occup√© avant la conqu√™te romaine par les Volces Tectosages. Nous n’y trouvons aujourd’hui que peu de monuments de cette √©poque ; ils se bornent √† quelques tombeaux celtiques d√©couverts sur la colline de Regagnach, et √† quelques dolmens. (Source).

Fada "simplet, niais"

Fad√° ¬†¬ę¬†simplet, niais¬†¬Ľ est un¬† d√©riv√© du latin fatuus + aceus adj. et subst. qui avait les deux sens : ¬ę¬†sot, niais¬†¬Ľ mais aussi ¬ę¬†fade, sans go√Ľt¬†¬Ľ.

En occitan la signification « sot, niais » a √©t√© contamin√©e¬† par le verbe fad√° « ensorceler » et ses d√©riv√©s enfad√° « enchanter », enfadat « f√©erique, merveilleux » (Al√®s) qui proviennent du mot latin fata « f√©e » √† l’origine « d√©esse de la destin√©e » qui est devenu¬† fado, fada en occitan .¬† Les d√©riv√©s sont tr√®s r√©pandus en proven√ßal et languedocien, comme fadegear ¬ę¬†badiner¬†¬Ľ(S).¬† Le sens ¬ę¬†fade¬†¬Ľ¬†par contre est inconnu dans le Midi. Le caract√®re cr√©atif des m√©riodionaux est illustr√© par la grande quantit√© de d√©riv√©s qui sont cr√©es √† partir d’un mot comme celui-ci : fadenc, faduc, fadel, fadaou, fadat, fadourlaud, fadouilho, fadoli, fadade, et j’en passe.

A Bandol il y a « le mur du fada » que Raimu a fait construire:

   

« Le mur du fada » Photo J.P.Cassely . ……. …………………Fad√° ensorcel√© ou simplet?

Le mot de l’ ancien occitan fat ¬ę¬†sot¬†¬Ľ(XIIIe s.) a √©t√© introduit en fran√ßais fat adj. et s.m. ¬†¬ę¬†sot, niais¬†¬Ľ¬†par Rabelais apr√®s ses √©tudes √† Montpellier. Au XVIe si√®cle le fran√ßais a √©galement emprunt√© le mot fadatz, fadas « niais », pour l’oublier pratiquement et le reprendre au XXe si√®cle; il est re-rentr√© dans les dictionnaires (TLF) sous la forme fada et fadaise « chose insignifiante ».

Le sens de¬† fat en fran√ßais moderne « pr√©tentieux, vaniteux » date du XVIIe si√®cle.¬† Cf. aussi n√©erl. fat « personnage satisfait de lui-m√™me ». L’argot am√©ricain-anglais (appel√© « slang ») par contre a gard√© le sens d’origine de fat¬† « sot, niais » (Webster). Les d√©riv√©s anglais fatuity (du latin fatuitas « folie, sottise ») et fatuous sont des faux amis pour les Fran√ßais mais pas pour les Occitans, puisque la notion centrale de ces deux mots est « sot, niais ».

Remarque. Pour Alibert il y a deux adjectifs : fad f√©minin fada ‘insipide, sans go√Ľt’ et fat f√©minin fada ‘fou’, mais du premier il n’y a que quelques attestations et je pense que ce sont des emprunts au fran√ßais ou des cr√©ations.)

Fa√Į, fa√Įsses

Fa√Į, s.m., pl.fa√Įsses ¬ę¬†fagot¬†; faix de branches¬†¬Ľ cf.fran√ßais .TLF faix du latin fascis « faisceau, fagot, paquet ». Vous pouvez √©coutez un dicton de Valleraugue : Pitchot fa√Įs bien liat es mietch pourtat. pitchot fais

Au pluriel faisses « fagots » est homonyme de faisses « bandes »!

Faisso

Fa√Įsso, s.f. « bande dont on enveloppe un enfant, maillot; intervalle entre les rang√©es de ceps, plate-bande de jardinage, sole de terrain, bande de terre soutenue par un mur ».(Mistral), et en¬† languedocien faisso ¬ę¬†lange d‚Äôenfant¬†¬Ľ (S), ¬ę¬†bande de terre , terre de forme allong√©e¬†¬Ľ = traversier (Andolfi).

Pour les nombreux sens et d√©riv√©s voir aussi Alibert s.v. fais, o√Ļ il r√©unit tous les mots qui proviennent de fascis « faisceau, fagot » de fascia « bande, bandelette » et de fascina « fagot de sarments ». Presque tous les mots donn√©s par Alibert s.v. fais « faix, fagot, fardeau, paquet, embarras d’estomac » comme d√©riv√©s repr√©sentent en r√©alit√© le latin fascia. Fascis et fascia √©taient en effet assez proches du point de vue de la forme et du sens: fascia d√©signait une bande de tissus pour envelopper et le r√©sultat √©tait souvent un fascis un « paquet ».

            Images du  Gafiot

L’ancien occitan faisa et le verbe faisar ¬ę¬†envelopper, bander, serrer¬†, Aude¬† faisa v.a. ¬ę¬†enmailloter¬†¬Ľ, repr√©sentent le verbe latin fasciare « bander, envelopper de bandes ».
Etymologie: pratiquement toutes les significations qu’on trouve dans les parlers modernes existaient d√©j√† en latin : fascia ¬ę¬†bande, lien,¬†sangle, etc.¬Ľ. Fascia avec le sens ¬ę¬†bande de terre¬†¬Ľ se trouve d√©j√† dans des inscriptions latines en Gaule. Cf. aussi catalan faxa, espagnol haza, portugais faxa¬† comme en¬† ancien occitan faissa, surtout en proven√ßal et en auvergnat. Le sens exact du mot s‚Äôadapte bien s√Ľr √† la configuration du terrain, p.ex. Aveyron fa√Įsso ¬ę¬†carr√© d‚Äôun jardin, petit champ¬†¬Ľ mais en Camargue c’est « une partie des terres labourables d‚Äôune exploitation, affect√©e √† l‚Äôune des cultures de l‚Äôassolement ou √† la p√Ęture, parties g√©n√©ralement s√©par√©es par desroubines « .
Un visiteur originaire du Vaunage m’√©crit que pour lui « les fa√Įsses sont les cultures en espalier dans les c√ītes, vignes, oliviers … ». Les espaliers¬† sont des bandes de terre.

    
fa√Įsso
à gauche en Camargue et à droite dans les Cévennes.

Voir pour une √©tude approfondie et tr√®s document√©e de ce mot au sens « bande de terre » consulter l’etude de : Michel Rouvi√®re, » A propos de faysse et escayre : l’indispensable « remise √† plat » terminologique , dans www.pierreseche.com/faysse_et_escayre.html / 9 f√©vrier 2002 « 

Falabrego, farabrego

Falabrego, farabrego « micocoule » (proven√ßal, attest√© aussi √† P√©z√©nas) « basilic » (languedocien) voir aufabrego . Absent de l’Alibert. D’apr√®s le dictionnaire Panoccitan qui veut normaliser l’occitan, l’alfabrego serait le « grand basilic » et le falabrego le « micocoulier ». Le nom du basilic serait baselic¬† ce qui est un gallicisme.

Etymologie: faba graeca « micocoulier » attest√© chez Pline. Le m√™me mot se retrouve dans le Nord de l’Italie. Voir aussi l’article Micacouli√© emprunt√© par l’occitan au grec et pr√™t√© au fran√ßais.

Falbe, faube, fauba

Falbe, faube, -a adj.¬†L’√©tymologie est la m√™me que celle du fran√ßais¬† fauve, le¬† germanique *falwa « de couleur fauve » devenu en latin falvus Cf. TLF fauve .

L’adjectif falbet, faubet,-a signifie aussi¬† « fauve »en occitan, mais le sens « infirme, raide dess√©ch√© », p.ex. camba faubeta ne se trouve que dans l’Aveyron.

Faubel adj. « de couleur fauve », faubeta s.f. « fauvette » appartiennent √† la m√™me famille *falwa.

Fouviq, fauvi « sumac » en proven√ßal et dans le Gard, est un autre d√©riv√© du germanique *falwa « de couleur fauve ».¬† Regardez l’image et vous comprendrez pourquoi. Certaines esp√®ces poss√®dent des propri√©t√©s utilis√©es en m√©decine et en droguerie pour la couleur (vernis, laques, tanins). Le sumac est un des mat√©riaux tannants les plus nobles et les plus anciens du monde m√©diterran√©en. Il √©tait utilis√© par les Egyptiens et les Grecs pendant l‚ÄôAntiquit√© pour colorer la laine et plus tard comme extrait tannant.

Je n’ai pas d’explication pour la forme feugi√© donn√© par Mistral pour le Var. Une erreur? par confusion avec la foug√®re. Cf. feuse. A La Canourgue est attest√©e une forme foubyeyro « foug√®re » d√©riv√© de falvus.

L’√©tymon falwa se trouve aussi dans d’autres langues : n√©erlandais vaal « jaun√Ętre », allemand falb « de couleur fauve », anglais fallow idem, corse falu, portugais fouveiro.

Au total nous avons en occitan 5 types lexicaux pour le Rhus (Wikipedia) : Fouviq, fauvi; Fustet ; nerte ; Roudou ou rodo; et français sumac.

Fan, efan

Fan dans les expressions fan de chichourles (Lhubac¬†= « exclamation d’admiration ou d’√©tonnement »; Alibert = chichorla « ortolan »; Mathon « juron qui nomme le sexe de la femme » ). Pour chichourle = jujube¬† = didoulo suivez ce lien.

                                                                                         

D’apr√®s notre femme de m√©nage l’expression fan de chichourles est souvent utilis√©e par les joueurs de carte. Marius Autran de La Seyne √©crit que c’est une abr√©viation du mot « enfant » qui est ensuite introduite dans beaucoup d’exclamations : tr√®s fr√©quemment utilis√© dans des formules exclamatives, dans toutes sortes de situations : surprise, admiration, d√©sarroi, etc. : Fan de garce ! Fan de petan ! Fan de chichourle ! Fan des pieds ! Oh ! Fan ! etc.
Dans le site de Georges Mathon, , je trouve une petite histoire en patois O fan de pié .

L’article infans « enfant » dans le FEW montre qu’en effet la forme efan est typique pour l’occitan (√† voir chez Ronjat 2,p.211). La forme sans -n- dans la premi√®re syllabe est tr√®s ancienne et se trouve d√©j√† en latin dans des tablettesdu 6e si√®cle, appel√©es « tabellae defixionum » inscrites avec des mal√©dictions qu’on a trouv√©es entre autres en Auvergne.¬†Il s’agit d’un rite d’envo√Ľtement tr√®s ancien connu des Egyptiens, des Grecs et des Romains. L’instrument en est le plus souvent des tablettes de plomb, roul√©es ou pli√©es et perc√©es d’un ou plusieurs clous.

Fanga, hagne

Fanga ¬ę¬†boue¬†¬Ľ. L’histoire de ce mot est la m√™me que l’histoire du fr. fange.Cf. TLF fange .

Des formes comme le gascon hagne, le p√©rgourdin et le limousin fagno reposent directement sur le gotique *fanja « boue ». On les retrouve dans les parlers plus au nord, jusqu’√† la Loire. Un deuxi√®me groupe, comme occitan fanga, fango vient d’un germanique fani- + ga. Le plus r√©pandu en occitan est le d√©riv√© expressif fangas « bourbier ».

A partir de ce dernier la cr√©ativit√© lexicale des Occitans ne conna√ģt plus de frein : fangassi√© « celui qui se plait √† marcher dans la boue; r√Ęle d’eau », fangassous « bourbeux », s’esfangassar « s’affaisser, s’aplatir comme de la boue » (Barcelonnette), etc.

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