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Couladou, chemin du -. Manduel

Le chemin du¬†Couladou¬† √† Manduel.¬† (Plan A4). Etymologie : Couladou¬† est d√©riv√© du latin cŇćlare¬† « filtrer, √©purer ». Le verbe ancien occitan ¬† colar signifie « faire passer un liquide (surtout le lait) √† travers un filtre »; de nos jours c’est devenu « filtrer » tout court. Voir¬† FEW II, 877 ss

Dans l’article de Chantal Lombard, LES TARAIETTES, JOUETS POPULAIRES DE PROVENCE MUS√ČE D’HISTOIRE DE MARSEILLE. Chantai LOMBARD Charg√©e d ‘√©tude j’ai¬† trouv√©¬† dans le paragraphe 9¬† une¬†taraiette¬† : «  Pour filtrer – filtre √† eau, couladou. ».

Il est s√Ľr que le chemin du Couladou¬† √† Manduel¬† ne doit pas son nom √† un jouet, mais je pense qu’il y a (eu) une station d’√©puration d’eau ou de ruisseau.

D’apr√®s google ce chemin se trouve √† la sortie du village direction Bouillargues.

CouladouManduel

Je dois encore aller faire une photo. Il n’y a pas de ruisseau, ni de station.¬† Peut-√™tre un filtre pour le lait? ou le vin?

Mistral nous donne les sens suivants

1. Ce qui coule en une seule fois; éboulis, avalanche.
2. Bout de linge qu’on met dans le trou du cuvier pour conduire l’√©coulement de la lessive.
3. Panier qui sert à filtrer le vin.
4. Ustensile qui soutient l’√©tamine pour couler le lait.
5. Couloir, filtre, crible.
6. Cordon ombilical.

Mon informant pour Manduel m’√©crit¬† qu’il y avait un tout petit ruisseau √† cet endroit qui a pu servir pour la lessive. . Il y a en effet un trait bleu sur la carte Google.

 

braietos ‘primev√®re; narcisse’

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Braietos, bra√Įettes en fran√ßais r√©g.¬† ‘primev√®re », √† Valleraugue (Gard) « narcisse des pr√©s ». L’√©tymologie est le celte braca  » pantalon ».¬† Cette formulation est¬† un bon exemple d’une √©tymologie de dictionnaire qui nous apprend rien.¬† Par contre¬† lhistoire de ce mot qui nous vient de loin, nous renseigne entre autres sur l’√©volution de l’habillement, bref¬† de la Mode. (FEW I,482)

Les Romains n’ont jamais eu l’id√©e de couvrir les jambes avec du tissu, √† Rome il faisait trop chaud pour cela. En conqu√©rant la Gaule, o√Ļ r√©gnait un autre climat, les centurions, jambes nues, voyaient les Ast√©rix et Ob√©lix avec des bracae¬† qui couvraient les jambes jusqu’aux chevilles. Malins,¬† ces Gaulois!

 

                                             centurions   guerrier celte

Les centurions¬† les ont certainement vite adopt√©es, en dehors des combats bien s√Ľr, et parfois ils¬† les portaient quand ils revenaient de la Gaule passer leur permission. ¬† A Rome c’√©tait consid√©r√©¬† barbare et ridicule. Au¬† premier si√®cle on les montrait encore du doigt, mais on n’osait¬† quand-m√™me pas trop se moquer de ces soldats. Deux si√®cles plus tard tout le monde portait des bracae.

C’est comparable √† l’histoire du jean en denim.

La Mode¬† s’en est occup√©e et le pantalon gaulois, tr√®s long, a √©t√© de plus en plus raccourci.¬†¬†¬† Au temps des M√©rovingiens on portait un genre de « short’ qui couvrait les cuisses qu’on appelait chausses:

v√™tements m√©rovingiensEnsuite au cours du Moyen √āge les chausses ‘s’allongent et couvrent les braies, qui changent de « classe sociale » et deviennent¬† « cale√ßon, culotte, pantalon de travail, langes », bref,¬† un v√™tement qu’on ne montre pas ou peu.

Avant que les braies disparaissent de la vue et de la rue, on a compar√© la fleur de la primev√®re¬† √† la jambe d’une braie :

Primula_veris0_clean     chausses longues

D√©j√† au Xe si√®cle nom coculobraca se trouve dans une liste de plantes en latin, une combinaison de cŇ≠cŇęlus + bracae, litt√©ralement « braies de coucou » ou « braies de niais ». S’agit-il d’un souvenir que la braie n’√©tait pas « classe »? En occitan braguet signifie aussi « canon de culotte.

Par abr√©viation braies de coucou ou coucu devient braies, braiettes, ou bien¬† couc√ľt, coouguioulo etc1 un peu partout en France.¬† D’apr√®s le Thesoc le type coucu est le plus r√©pandu.

La primev√®re et la narcisse des pr√©s ont deux traits en commun : elles fleurissent au printemps et elles sont jaunes. Cela suffit pour un transfert¬† du nom.¬† Par exemple √†¬† Saint-Andr√© de Valborgne, comme dans l’Aveyron et ailleurs (voir FEW II, 1454b) couc√ľt d√©signe aussi la « narcisse des pr√©s ». A Valleraugue c’est l’inverse¬† ce sont des¬† braiettes.¬†

Dans plusieurs parlers du Nord et dans les Ardennes le coucou/cocu a √©t√© remplac√© par le chat : braille de chat √† Maubeuge Ailleurs braies a √©t√© remplac√© par chausses; toujours dans l’Aveyron la primev√®re est aussi appel√©e calsos de couc√ľt. 2

PS. Le Thesoc  fournit  4 autres noms pour la narcisse des prés: coutèlo , courbadona, barbeluda et aneda.

bra√Įettes

Notes
  1. Latin cŇ≠cŇęlus¬†« coucou » devient r√©guli√®rement cocu,¬† forme qui en fran√ßais s’est maintenue jusqu’au XVIe si√®cle et de nos jours¬† dans l’occitan de l’Aveyron o√Ļ¬† la primev√®re s’appelle couc√ľt¬† ou bragos de couc√ľt (FEW II,1454).¬† En languedocien existe aussi le d√©riv√© coouguioulo « primev√®re »(FEW II, 1453).
  2. Dénomination qui est passé au flamand voisin kattekous.

repounchou ?

Repounchou est un nom de plante, mais laquelle?¬† J’ai re√ßu le message suivant:

Comme tu le sais, c’est un important point de d√©saccord entre Languedociens (pour qui c’est la raiponce) et Toulousains (pour qui c’est le tamier).

Wikipedia: Le Tamier commun ou Herbe aux femmes battues (Dioscorea communis), est une espèce de plantes grimpantes monocotylédones de la famille des ignames (Dioscoreaceae).

Elle est parfois appel√©e haut liseron, racine-vierge, raisin du Diable, sceau de Notre-Dame ou vigne noire. Dans le sud de la France, elle est couramment d√©sign√©e par son nom occitan ¬ę¬†reponchon¬†¬Ľ2 (qui se prononce r√©pountsou) ou ¬ę¬†r√©(s)pountchou¬†¬Ľ.( Attention, ne pas faire de confusion avec la Bryone dio√Įque d’aspect approchant mais enti√®rement toxique.)

repounchon1dioscorea

Raiponce¬† par contre¬† n’est pas une esp√®ce mais un genre Phyteuma (Linn√© 1753) avec de nombreuses esp√®ces, dont la raiponce en √©pi ou raiponce salade ou raiponce des bois.¬†¬†(Phyteuma spicatum):

raiponce en épi

Par Csame ‚ÄĒ Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=4731535

Le CNRTL s.v. raiponce¬† d√©finit  » plante de la famille des Campanulac√©es … »¬† dont 3 genres Campanula, Phyteuma et Legousia vivent en France.

Campanule raiponce (Campanula rapunculus) encore appel√©e Raiponce cultiv√©e est une plante herbac√©e bisannuelle de la famille des Campanulac√©es. La « Campanule raiponce » est aussi appel√©e en France b√Ęton de Saint Jacques, Rave sauvage et Rampouchou dans le Sud-Est (mais ce mot, reponchon en occitan, d√©signe le Tamier commun en Aveyron), en Angleterre Rampion et Rampion Bellflower d’apr√®s l’auteur de cet article de Wikipedia.

repounchon-Campanula_rapunculus_L_ag1Alibert d√©finit¬† reponchon ¬†avec¬† « raiponce; houblon; pissenlit; chondrille ».

repounchou = houblon houblon;reoiunchou = chondrilla ?chondrilla

Français pissenlit est un nom vernaculaire ambigu. La chondrilla est un autre genre de plantes de la famille des Asteracées.

Pour y comprendre quelque chose, j’ai eu recours au FEW X, 72-73 qui a class√© raiponce dans l’article rapum « racine » . Le nom raponce apparait au XIVe si√®cle en Italie raperonzolo, raponzo .¬† Si j’ai bien compris ces noms d√©signent deux plantes √† savoir la Raiponce en √©pi (Phyteuma¬† spicatum) et la Campanula rapunculus ¬† campanule , dont les racines (rapum¬† en latin) sont consomm√©es en salade au printemps.¬† Beaucoup plus tard, au XIXe si√®cle la m√Ęche (Valerianella locusta) est √©galement appel√©e raiponce, parce qu’elle est aussi consomm√©e, mais cette fois on consomme les feuilles. C’est √ßa l’explication ! . Voir mon article Botanique et occitan ou l’int√©r√™t des noms vernaculaires.

L’allemand Rapunzel d√©signe 1.¬† la mache (Gew√∂hnlicher Feldsalat ) et 2.¬† la campanule (Rapunzel-Glockenblume).

Suite √† l’ article repounchou G√©rard Jourdan qui me suit fid√®lement, me raconte ses souvenirs¬† de jeunesse:

Je lisais avec int√©r√™t ton article sur rapounchou. Un peu de nostalgie aussi car quand j’√©tais gosse, mes parents, ouvriers agricoles, ramenaient souvent de leurs travaux de la salade sauvage. Je me souviens de quelques noms donn√©s par mon p√®re : ampouleta, douceta, pench√© et la star des salades¬† le respountchou. Cette petite racine avec une rosette de feuilles √©tait un vrai r√©gal pour nous. J’ai d√©couvert plus tard qu’il s’agissait de la campanule raiponce reconnaissable √† ses clochettes bleues. Les autres salades √©taient donc la val√©riane (ampouleta), la m√Ęche sauvage (douceta) et le pissenlit (pench√©) au go√Ľt tr√®s prononc√© !!
Pour ce qui est du tamier, je pense qu’il ne pousse pas chez nous dans les basses-plaines de l’H√©rault, mais je me souviens d’avoir consomm√© les jeunes pousses de cette plante (comme des asperges sauvages) lors d’un stage au-dessus de Lod√®ve, au col du Perthus (voisin du causse du Larzac).

 

 

 

 

taraiette ‘d√ģnette’

Tarraillette « petits ustensiles, cruches, pots, qui servent aux jeux des enfants ». Un mot marseillais. √Čtymologie est le latin terra (FEW XIII/1, 257), logique parce qu’√† l’√©poque de la cr√©ation des d√ģnettes jouets, probablement au XIXe si√®cle, elles √©taient en terre cuite1. Auguste Brun , le fran√ßais e Marseille: √©tude de parler r√©gional. Marseille, 1931

tarraillettePhoto du blog La malle aux trésors

Si vous voulez savoir plus sur¬† LES TARAIETTES, JOUETS POPULAIRES DE PROVENCE MUS√ČE D’HISTOIRE DE MARSEILLE. Chantai LOMBARD Charg√©e d ‘√©tude, cliquez sur le lien.

 

Notes
  1. Première attestation du mot dinette date de 1853 dans un catalogue de jouets. CNRTL

aluca ‘allumer’

Aluca « allumer, √©clairer » vient du latin ad + lŇęcere¬† « √©mettre de la lumi√®re » ou bien un verbe *lucicare¬† a √©t√© cr√©√© √† partir du substantif lux « lumi√®re » . A Valleraugue oluca¬†

Aluca est tr√®s courant en languedocien et en gascon, mais inconnu en proven√ßal1Ceci est assez curieux parce que des repr√©sentants de¬† *lucicare se trouvent aussi en Italie : luccicare¬† « √©mettre de la lumi√®re ».

Lucado est un « rayon de soleil ». S’esperluga signifie « s’√©veiller, ouvrir les yeux ». Un esperlucat « quelqu’un qui l’Ňďil ouvert, qui est difficile √† tromper » , un mot qui a v√©cu bri√®vement¬†en fran√ßais au XVIe si√®cle .

Dans la langue d’o√Įl a exist√© un verbe avec la m√™me √©tymologie aluchier « cultiver, planter, favoriser », mais l’√©volution s√©mantique¬† de ce verbe¬† demande encore des √©claircissements.

FEW V, 432

Alucard le nom du personnage principal du manga Hellsing de KŇćta Hirano. serait une simple anacyclique de Dracula. ‘Wikipedia). Pourtant regardez son image

alucard

Notes
  1. Le Thesoc s.v. allumer ne donne pas d’information √† ce propos; le FEW V, 432 ne cite aucune forme proven√ßale

dalio, dali√† ‘faux, faucher’

Dalio, dalia (S), dalh, dalha (Alibert) « faux; faucher ». √Čtymologie : vient d’un bas latin *daculu, dacula « faux », mais cette origine reste discut√©e. Peut-√™tre ligure parce qye¬† le mot existe en pi√©montais daj « faux », ou gaulois *daglis¬†« faux », qui n’est pas non plus attest√©.¬† Le premi√®re attestation en occitan date du XIIIe si√®cle, ce qui ne facilit√© pas la recherche.¬† Il existe¬† aussi en catalan dalla « faux »¬† et en basque tailhu.

En gallo-roman¬† on le trouve dans le domaine occitan (cf. le Thesoc,¬†faucher),¬† en franco-proven√ßal et dans le sud-ouest du domaine d’o√Įl (Atlas linguistique de la France carte 546) .

L’abb√© de Sauvages (S1) mentionne que les faux de fabrication allemande sont de la meilleure qualit√©. Cette r√©putation ne date donc pas d’hier. Henri Bel , Le patois de Valleraugue, pr√©cise que doja « faucher avec la faux » et sega « faucher l’herbe avec la faucille »(du latin secare)

Il nous fournit aussi un dicton : Aco’s lou pica d√ę la d√Ęlio  » c’est l√† o√Ļ g√ģt le li√®vre; c’est l√† le nŇďud de la difficult√© ».

FEW III, 2-3

faucille   faux-ancienne

¬†Dans La Gazette n¬į 894 du 21/7/2016,¬† Joanda √©crit qu’en fran√ßais r√©gional le verbe¬†dailler¬† est¬† utilis√© avec le sens « tacler » ¬†¬†  » Il s’est fait dailler  » pour signifier qu’un joueur s’est fait tacler de fa√ßon pas tr√®s r√©glementaire.

 

brèle, brelon et Voilà

Brèle, brélon : A l’origine, la brèle, c’est le mulet. Et malgré que le bestiau soit très robuste,
et très dégourdi dans les chemins escarpés, le mot a pris un sens inverse aujourd’hui.
La brèle, c’est devenu le nul, le bon à rien, le négligeant :
<< Regarde-moi ce Reynald P√©dros, qu√© br√®le, celui-l√† encore¬†!… >>
Par extension, la brèle (ou le brélon) désigne un deux-roues à moteur dont on se demande
comment il (ou elle) marche encore :
<< Si tu me promets qu’il tiendra jusqu’au ballètti, j’accepte que tu me chales sur ton brélon… >>

Source

Pourquoi cet article dans ce site? Parce que ma source a simplement √©t√© supprim√©e; cliquer sur « source » donnait :

PAGES PERSO VOILA

Le service de Pages perso Voila est fermé depuis le 17/11/2015.

Les utilisateurs de ce service ont été prévenus par mail de cette fermeture et via des encarts d’information sur les pages de ce service, depuis le mois de juin 2015.
Des fiches d’aide ont été mises à leur disposition pour récupérer le contenu de leurs Pages Perso Voila afin de le recréer sur un autre service de Pages perso de leur choix.

Depuis le 17/11/2015, date de fermeture du service, il n’est plus possible d’accéder aux Pages Perso Voilà créées, ni aux interfaces de gestion et de publication de ce service.

Heureusement, l’auteur l’a r√©-√©dit√©e ici quelques expressions marseillaises.

L’√©tymologie est dans le¬† CNRTL:

A.‚ąí Arg. milit. Mulet :

Nous avons entendu dire que c’√©tait ¬ę le br√®le ¬Ľ qui avait gagn√© la guerre du Rif ou conquis le Maroc. En 1943-45 on avait surnomm√© plaisamment les compagnies dot√©es de mulets (les goums en particulier) la ¬ę Royal Br√®le Force ¬Ľ. En 1956 on disait fr√©quemment qu’il ne fallait pas de tanks contre les fellagha mais des ¬ę br√®les ¬Ľ. Lanly, 1962, p. 59.

B.‚ąí Au fig. et p√©j. [En parlant d’une personne b√™te ou t√™tue] Br√®le! esp√®ce de br√®le! bande de br√®les!

Rem. Ibid., p. 60 note que ,,Dire de quelqu’un qu’¬ę il est un br√®le ¬Ľ c’est dire qu’il est ent√™t√©, obstin√© comme un mulet. Il ne faut pas s’√©tonner qu’un enfant de ce pays dise que l’√Ęne ¬ę br√®le ¬Ľ pour brait.« 

Orth. Br√™l dans Esn. 1966. √Čtymol. et Hist. 1. 1914 br√™l ¬ę mulet ¬Ľ (arg. des soldats d’Afrique dans Esn.); 1940 (soldats √† Grenoble, ibid.); 1943-45 br√®le (Lanly, p. 59); 2. 1952 br√™l ¬ę imb√©cile ¬Ľ (Esn.). Empr. √† l’ar. alg√©rien bgŐá …ôl ¬ę mulet ¬Ľ, la gutturale √©tant prononc√©e comme un r (Lanly, p. 59 et 114). Ar. classique bagŐál ¬ę mulet ¬Ľ (G.-W. Freytag, Lexicon arabico-latinum, √©d. C.A. Schwetschke, Halle, 1830-37, t. 1, p. 189b).

Botanique et occitan

La valeur des noms vernaculaires et patois  des plantes.

Un article de Jacques Rousseau, Le champ de l’ethnobotanique dans le Journal d’agriculture tropicale et de botanique appliqu√©e Ann√©e 1961 Volume 8 Num√©ro 4 pp. 93-101, a attir√© mon attention parce qu’il y a un grand nombre de noms de plantes dans ce site. Dans Plantnet vous trouverez une liste de noms de plantes en fran√ßais suivis des noms occitans li√©s aux articles dans mon site. Ensuite les m√™mes √† partir des noms scientifiques.¬† Voici le paragraphe concernant les noms:

RousseauEthnobotaniqueUn bon exemple dans l’article¬† de R.A.A .Oldeman « Sur la valeur des noms vernaculaires des plantes en Guyane fran√ßaise« de 1968 qui ouvre un large horizon sur la valeur des noms patois et la compr√©hension des variations.¬† En patois les plantes ont des noms qui correspondent √† des crit√®res qui n’ont aucun rapport avec le concept scientifique de species. Oldeman √©crit :

Oldeman-Oldeman-2

La classification des arbres en Guyane est bas√©e entre autres sur le crit√®re¬†¬† « l’√©corce¬† se d√©tache en larges bandes textiles« . Ces arbres sont class√©s dans la cat√©gorie ¬†mahot.

L’ethnobotanique ne se limite pas √† l’ethnopharmacologie ! Un exemple int√©ressant Les noms des plantes des femmes

1. Int√©ress√© par la botanique et l’occitan ?

Il y a dans le m√™me site une Introduction¬† au Flore Populairee ou histoire naturelle des plantes dans leurs rapports avec la linguistique et le folklore. Paris 1896-1914¬† d’Eug√®ne Rolland avec des liens vers 11 tomes de ce travail de g√©ant.

A vos téléphones mobiles !telephone

Dans le site de Plantnet vous trouverez aussi une application d’aide √† l’identification des plantes¬† pour t√©l√©phones mobiles. Ajoutez-y le nom en occitan de votre r√©gion ainsi que des informations compl√©mentaires comme utilisations, traditions, jeux, m√©dicaments,¬† etc. Par exemple lafatou (origine inconnue¬† FEW 21, 299) ou prunier de Brian√ßon sert √† faire¬† Huile de marmotte .¬† Wikipedia : En patois on dit l’arbre l’Afatoulier et le fruit l’Afatous ou « abrignons ». Le fruit, proche de l’abricot, est comestible. Ils sont de petite taille, 2,5 cm , arrondis, √† peau jaune, √† chair verd√Ętre, consistante et acide et arrivent √† maturit√© en septembre-octobre.

goudjo ‘courge’2

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Goudjo « courge √† sel »√† Valleraugue (Auge). Pour l’√©tymologie voir mon article coujo, coja « courge ». Je veux revenir sur le mot grec őļŌČőīőĻőĪ (kodia), qui √©tait aussi le nom de la clepsydre«  l’horloge √† eau, un transfert est motiv√© par la forme arrondie des vases qui servaient pour ces horloges et faire un peu de publicit√© pour Noria¬† la Maison¬† de l’eau √†¬† St-Jean de Bruel (Aveyron) o√Ļvous pouvez voir des clepsydres anciennes et modernes.].clepsydre¬†¬†¬†¬† WasseuhrHerophilusClock

En plus j’ai retrouv√© le livre de Charles Atger qui nous donne un dicton de Valleraugue:

Sa pa d√© qu√©s qu√© ten√© sal en goudjo  » Il ne sait pas ce que c’est que de tenir du sel dans la courge (soucis m√©nagers).

Ils étaient économes les Cévenols!

goudjo

Cette forme¬†goudjo¬†¬† est assez rare, seulement attest√©e dans dans le haut canton du Gard, (Cf. Thesoc),¬† auquel il faut ajouter trois points dans l’H√©rault[2.¬†Je suis tr√®s content que Charles Auger n’a pas regard√© le Dictionnaire d’Alibert et qu’il a √©crit comme il pronon√ßait: goudjo. Ortografia est d’ailleurs absent du Dictionnaire d’Alibert.] (ALF d’apr√®s FEW II, 833 ).

Cogorda, cogorla sont des formes de l’ancien occitan, coucourdo, cougourlo en occitan moderne.cŇ≠cŇ≠rbń≠ta « citrouille ». FEX II, 1458

Courge poire √† poudre.¬† ¬†La courge poire √† poudre est une vari√©t√© non comestible (Lagenaria sicerana) du genre Gourde. D’apr√®s Rolland Flore,¬† le C√©venol coujo n’est pas la plante mais l’objet¬† poire √† poudre.

gourde-poire-a-poudre-ab.netA Campan (Hautes-Pyr.) couyo est le nom d’un panier rond et profond, en Loz√®re goujo « un entonnoir pour tonneaux ».

Cojada « claterium; bryone » (Alibert).¬†¬† Claterium est un nom¬† du¬† concombre sauvage ou concombre d’√Ęne. (Ecballium elaterium Wikipedia) – claterium. Appel√© aussi cojarassa ,

claterium

concombre d’√Ęne Ils mesurent quelques centim√®tres.

La bryone est une plante grimpante Bryone dio√Įque (Bryonia dioica) (Wikipedia).

bryoneblancheavec une racine sp√©ciale. Elle s’appelle aussi « navet du diable, herbe de feu, rave de serpent, coja de serp, etc.La bryone est toxique.

Cojassa, « aristoloche »,¬† Cojanela dans le parler de Guyenne (Alibert). Image dans mon article¬†faouterno. .

Et bien d’autres plantes, coja d’aiga  » le n√©nuphar jaune¬† appartient √† un autre famille (voir Wikipedia) ; coja melona « citrouille iroquoise » (cucurbita pepo); cojarassa de bosc¬† « tamier » (tamus communis).

 

Fretado. Le changement …

Fretado ¬ę¬†vol√©e de coups¬†¬Ľ. FEW III, 785 Pour l’√©tymologie¬† voir aussi mon article freta.

Dans le post du 19/03/2016 Christine Belcikowski raconte l’ histoire d’Antoine Fontanilhes, un homme dont le programme peut se r√©sumer ainsi « le changement c’est maintenant! » . Antoine Fontanilhes s‚Äôinstalle d√©finitivement aux Pujols¬†, o√Ļ, inspir√© par la th√©orie des Physiocrates, il s‚Äôapplique √† mettre en oeuvre les principes d‚Äôune agriculture de type ‚Äú√©clair√© »

Quand les Fontanilhes, père et fils, suscitent l’hostilité aux Pujols

‚ÄúCe 31 de janvier 1807 a comparu √† notre municipalit√© le Sieur Antoine Fontanilhes, le p√®re, propri√©taire, habitant de cette commune, lequel est venu se plaindre des insultes graves et menaces dangereuses de la part de Philippe Cathala, habitant aussi de cette commune, lequel plaignant nous a dit et affirm√©, sur l‚Äôoffre de son serment, le fait suivant : que, jour de hier, environ les onze heures du matin, se trouvant √† [Illisible], l‚Äôextr√™me d√©gradation du chemin vicinal d‚ÄôEspujols √† Arvigna au local appel√© Perrot, le dit Cathala, passant avec ses boeufs et ayant une grosse aiguillade en ses mains, lui dit foutre de boleur (voleur) en plusieurs reprises et, le mena√ßant avec son aiguillade, il ajouta encore foutre boleur, si nous pouden trouva cap √† cap et que nous sion pas embarrassats de nous, birious une belle fretade que ten soubendras. Sur quoi, le plaignant s‚Äô√©carte sur son champ de Perrot et √† d√©faut de porte de la maison commune ouverte.‚ÄĚ