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Traucar

Traucar « trouer, percer ». Avant de lire, √©coutez Serge Gainsbourg « Le poin√ßonneur des Lilas. » (Lien supprim√©)

Dans LES CRIEES ET PROCLAMATIONS PUBLIQUES DU BARON D’HIERLE ( canton d’Aulas, Gard) de1415, je trouve comme premi√®re ordonnance le texte suivant:

1. Manda la court de monsenhor d’Irle, senhor d’esta viela, que negun home ne deguna femena, de qualque condition ou estat que sia, non auze jurar ny blasfemar maliciosamen de Dieu ny de la Verges Maria. Et aquo sus la pena de cent solz tournes donados al dich senhor, et de trauquar la lengua, et d’estar sus lou costel per l’espaci de una hora.

100 sous tournois, la langue trou√©e et rester une heure sur le costel « pilori » (instrument fait d’un poteau et d’une planche de bois dans laquelle on peut bloquer les mains et la t√™te d’un prisonnier). Il est plus s√©v√®re et plus cherque le roi Charles VI. Voir ci-dessous

per traucar la lengua au XXIe s. :    

                                                                                             et sus lou costel au Moyen Age

¬†Traucar est le d√©riv√© verbal de trauc « trou » et vient r√©guli√®rement d’une racine *traucum . (-au- se maintient en occitan, comme dans pausam > pausa, causam >causa, ainsi que le -c devenu final apr√®s un o, u, au en latin, comme dans focum >foc, paucum > pauc.).

L’ast√©risque devant *traucum indique que ce mot n’existait pas en latin. La premi√®re attestation date du VIIIe si√®cle sous la forme traugum. Comme les repr√©sentants de cet √©tymon ne se trouvent qu’en galloroman et en catalan, on a pens√© √† une origine celtique. Mais, il n’y a pas d’appui pour cette hypoth√®se, aucun *trauc dans les langues celtiques. Il faudra donc supposer que les Gaulois l’ont cr√©√© ou bien emprunt√© √† leurs pr√©decesseurs. Pour cette derni√®re hypoth√®se on peut trouver quelques donn√©es dans le basque troka, dans le dialecte des Asturies (nord de l’Espagne) torcu « trou dans la terre » et en sarde trokku « ab√ģme », qui reposeraient sur une base *troco. Mais cette base ne rend pas compte des formes avec -au- de l’occitan et du catalan trauc ¬ę trou, boutonni√®re ¬Ľ. Trauc reste donc un trou dans nos connaissances de l’histoire de la langue.

Remarque 1. En suivant le FEW qui se base sur l’Atlas linguistique de la France, le TLF remarque √† propos de la notion « trou »:

« Dans l’Est et le Sud-Est, le type pertuis (v. percer) est plus largement utilis√©, v. FEW t. 13, 2, p. 232a. ».

En contr√īlant avec le Thesoc pour le Sud-est en tout cas, pas de confirmation; il ne donne le type pertuis que pour les d√©p. de l’Allier, la Creuse, l’Indre et le Puy-de-Dome. A Mont√©limar dans la Dr√īme est attest√© traouch√© adj : « perc√© ».

Remarque 2. D’apr√®s le dictionnaire Panoccitan, un « petit trou » est un titolon, trauquet ou trauquilh et pour simplifier l’apprentissage de l’occitan un « poin√ßonneur » un senhalador, mais « poin√ßonner » ponchonar. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqu√©. En fran√ßais, le poin√ßonneur est maintenant remplac√© par, devinez! , un mot de typographe d’origine italienne, composteur, qui ne sert pas √† faire du compost, ce serait trop simple, il sert √† faire des petits trous (en tout cas √† la gare de Lyon √† Paris), comme autrefois le poin√ßonneur des Lilas.

Serge Gainsbourg   Charles VI dit Le Fou

Compl√©ment: Charles VI est plus cl√©ment que le baron d’Hierle.. En 1397 il ordonne que les blaph√©mateurs seront mis pour la premi√®re fois, au pilori * o√Ļ ils demeureront de une heure jusqu’√† neuf heure, on pourra leur jeter aux yeux de la boue ou autres ordures, sauf des pierres ou choses qui pourraient les blesser. Apr√®s ils demeureront un mois entier en prison au pain et √† l’eau. A la seconde fois, on leur fendra la l√®vre sup√©rieure avec un fer chaud jusqu’√† ce que leurs dents leur paraissent, √† la troisi√®me fois la l√®vre inf√©rieure ; et √† la quatri√®me fois les deux joues ; et si par malheur, il leur arrivait de mal faire une cinqui√®me fois, l’on leur coupe la langue en entier, qu’ainsi ils ne puissent plus dire de pareilles choses.

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  1. Gara ‘croix de Malte’ | Etymologie-occitane - […] cette plante s’appelle aussi clavelado ou trauco-peirau. D’autres compos√©s avec¬†trauc-¬† noms de plantes dans l’Alibert, mais pas […]

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