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Tais, taison

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Tais, taison « blaireau ». En Occitanie nous trouvons d’après le Thesoc deux types lexicologiques pour désigner le blaireau : 1) tais et son dérivé taison et 2) le type rabas (Aveyron et Lozère).

Tais représente le latin taxus « blaireau » , un emprunt aux langues germaniques: allemand Dachs, néerlandais das « blaireau ». Un Dachshund (anglais et allemand) est un teckel, deux mots de la même famille. Une taisnière devenue  tanière est le terrier d’un blaireau. Nous retrouvons le type taxus en Italie tasso et en rheto roman. Les Romains avaient un autre nom pour le blaireau, à savoir meles qui désignait aussi le « martre ». Comme ils importaient la graisse de blaireau de la Germania le mot germanique a remplacé meles. Pour les Romains la véritable « adeps taxonina » venait des pays germaniques, où on la trouve encore de nos jours (Dachsfett), comme en Kirghiztan. Utilisée contre les rhumatismes.

       
Ici un extrait des Elements de pharmacie.. de A. Baumé. Paris 1799.

La première attestation en occitan date de 1240. Aux départements donnés par le Thesoc, il faudra ajouter les Bouche-du-Rhône, le Gard, l’Hérault et la Creuse.

Le type taison qui vient du germanique *taxone, est répandu dans toute la Galloromania : ancien français taisson (1170) , ancien occitan taisson. Il est présent en franco-provençal, dans l’occitan de Die : teissou, teisson (Schook) jusqu’en Ariège et en gascon.

Du machisme dans le monde animal ? Dans beaucoup d’endroits on distingue deux type de  tais  ou taison : tais nas de can, taisson can,  tais cap de pòrc,  tais porquenc, tais nas de pòrc. Cela provient du fait que le museau du blaireau ressemble au museau d’un porc ou de certaines races de chien. En allemand on fait la même distinction entre Schweinedachs et Hundedachs. Cette distinction repose sur une opinion populaire qui veut que la viande du tais nas de pòrc est bonne à manger, mais la viande du tais nas de can a un mauvais goût. Cette opinion est encore vivante dans le Diois, où Han Schook a noté : « teisson; n’i a doàs menas : au nas de chin e au nas de caion que son melhor a minjar ». Cela provient du fait que le blaireau mâle vit en solitaire et est très propre, tandis que les femelles qui doivent s’occuper des petits ont beaucoup de mal à tenir leurs terriers propres et elles manquent cruellement d’aide au domicile.
(plus sur les blaireaux dans Wikipedia).

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