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Basano

Basana, basano « peau de mouton retourné » de l’arabe bat.ana « doublure d’un vêtement », (encore de nos jours dans le Maghreb) devenu badana en Espagne, où badana a pris le sens de « peau de mouton tanné » qui servait souvent de doublure, comme en portugais badana. Un emprunt direct à l’arabe, et non pas par l’intermédiare de l’espagnol comme le propose A.Rey, explique la forme avec -z-. Le -t- noté avec un point en dessous  en écriture arabe est une consonne complexe et il est bien possible que dans notre région elle était identifiée comme un –z-.
L’ancien occitan besana (Narbonne XIIIe s.) et languedocien basano « peau de mouton tannée » a abouti par métonymie à « couleur de la peau tannée ». C’est aussi la couleur qui domine dans le sens « amadou » (Alibert) et dans s’abasani v.r. « se flétrir, se rider, devenir usé »(Alès),« se plisser, s’user, pourrir »
(Puisserguier), composé du préfixe a– et basano. »donner ou prendre la couleur basané »; substantivé abasaniment.

Coupe transversale d’un amadouvier – 1 : croûte dure, 2 : chair ou trame (amadou), 3 : tubes (cliché : B. Roussel).

Le sens « peau » se retrouve dans le mot basanat « ventru » à partir d’une « peau du ventre bien tendue ».

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