cat-right

Martola

Martola « belette » (d’apr√®s Thesoc dans les Alpes Maritiimes). Martola est un d√©riv√© de l’ancien bas- francique *martar, (allemand Marder ¬ęmartre¬Ľ. (CNRTL); n√©erlandais marter, anglais marten. Le mot n’est pas indig√®ne en occitan, mais un emprunt au fran√ßais, surtout avec le sens « fourrure de martre ». Voir l’article moustelo

Masada "fourmi"

Masada « fourmi » et le d√©riv√© masadier, masedera¬† « fourmili√®re » t√©moignent¬† d’apr√®s le FEW de la pr√©sence des Goths dans les d√©partements de la Hte Loire, le Puy de D√īme, la Creuze et le Cantal, qui ont fait partie du royaume Ouest-gothique.¬† L’√©tymon est d’apr√®s le FEW un gotique *af-maitj√ī « forumi »¬† qui fait partie de la m√™me famille que l’allemand Ameise « fourmi ». Cette √©tymologie est discut√©e. Voir ci-dessous.

masad carte tir√©e de¬† Lectures de l’Atlas linguistique de la France¬† de Gilli√©ron et Edmont.¬† (Voir s.v.¬† ALF), qui ne pr√©sente que les d√©riv√©s de maz-.

En ce qui concerne cette √©tymologie, il y a une nouvelle proposition par Gaston Tuaillon, qui pense plut√īt √† un substrat pr√©roman.¬†¬† A consulter dans une biblioth√®que universitaire: Tuaillon, Gaston,¬† Les d√©signation de la fourmi dans les parlers romans.¬† G√©olinguistique 1(1984) 7-29 , qui doit fournir une explication des formes¬† du domaine d’o√Įl comme mazel¬† (Allier) et franco-proven√ßales comme mozoy.

Le Thesoc fournit quatre types masada, madasa, masadis, masela,¬† mais elles reposent toutes sur la m√™me origine.¬† Les formes donn√©es¬† √† Edmont pour l’ALF varient fortement.¬† Nous avons d√©j√† remarque ce ph√©nom√®ne pour d’autres mots comme le nom du sureau.¬† De nombreuses attestations et formes dans¬† Albert Dauzat,¬† Essais de g√©ographie linguistique. 1921. pp85-86.

Mascarà

ShareMascara v.a. ¬ę¬†noircir, charbonner, barbouiller¬†¬Ľ. Ce matin, le 22.04.2011, une amie¬† m’annonce : Le ciel se mascare!¬†¬† Je lui ai dit que¬† cette fa√ßon de d√©crire le ciel √©tait tr√®s po√©tique.¬† Elle ne comprenait pas mon compliment. ¬† C’est l’abb√© de Sauvages qui m’explique que¬†¬† se mascarer¬† signifie tout simplement « se noircir » :

     

comme S√©guier1 qui donne m√™me la conjugaison: est tout mascara; s’est masacara; l’ant mascara; vous masquarevez).¬† Le verbe est courant en occitan et il est rest√© vivant en fran√ßais r√©gional. D’apr√®s Domergue dans les ar√®nes de la Camargue¬† quand les raseteurs sont mauvais et la course est d√©cevante¬† les spectateurs se font mascarer. En sortant ils disent : « Aujourd’hui on s’est bien fait mascarer » (noircir, machurer… avoir).

Un dicton donn√© par l’abb√©¬† a √©t√© not√© √† Pouzilhac (Gard) : lu pir√≥u k√© mascare la sartan¬† √† la fin du XIXe si√®cle. A Valleraugue (30570) Charles Atger a not√© une variante: Lo pod√©no qu√© bol moscora lou cremal = le po√™le qui veut noircir la cr√©maill√®re.

Mascara est un d√©riv√© de mask- ¬ę¬†noir¬†¬Ľ un mot qui est absent du latin et qui, pour des raisons phon√©tiques et/ou s√©mantiques ne peut √™tre ni celtique ni germanique ou arabe. Par cons√©quence on suppose une origine pre-indo-europ√©enne. La racine mask- est √† l’origine de trois groupes de mots avec les sens :

  • 1. sorci√®re, ¬† p.ex. √† Al√®s : masquo « femme vieille, laid et m√©chante; fille espi√®gle »; en Auvergne masque « prostitu√©e ». Marseille masco « papillon t√™te de mort, dont la venue est prise en mauvais augure ».
  • 2. noircir avec de la suie,¬† p.ex. anc. fran√ßais maschier « feindre; cacher »; occitan mascout√°  » cacher le d√©faut d’une marchandise »; Val d’Aran maskart (-arda) « nom d’une race bovine dont la t√™te est noire »; mascara « fard de cils » voir ci-dessous.
  • 3. masque,¬† p.ex. masque « fard »; masquer « cacher »; languedocien mascarado « troupe de gens d√©guis√©s et masqu√©s »

L’ancien occitan masco ¬ę¬†sorci√®re¬†¬Ľ est conserv√©e dans beaucoup de parlers proven√ßaux et languedociens p.ex. en Camargue¬† subst. m. et f. « jeteur de sorts, sorci√®re » et √† B√©ziers au fig.¬†¬ę¬†nuage qui annonce la pluie¬†¬Ľ). En fran√ßais r√©gional √™tre emmasqu√© veut dire « √™tre victime d’une sorci√®re » (Lhubac). Le masculin masc ¬ęsorcier ¬Ľ existe √©galement.

Dans un vieux texte de Narbonne (1233) nous trouvons¬† le d√©riv√©. mascotto ¬ę¬†entremetteus (¬†?), sortil√®ge, ensorcellement au jeu » qui a donn√© en¬† fran√ßais mascotte. Les d√©riv√©s avec le sens de ¬ę¬†sorcier, ensorceler¬†¬Ľ etc. sont innombrables, ainsi que les mots avec le sens ¬ę¬†noircir, barbouiller¬†¬Ľ, comme p.ex. mascara verbe n. et s., par-ci par-l√† machura, matchura.

Mascara s.m. « fard de cils ». Dans Wikipedia l’histoire du mascara est d√©crite comme suit :

Le mascara moderne a √©t√© invent√© en 1913 par un chimiste appel√© T. L. Williams pour sa sŇďur, Maybel. Ce premier mascara √©tait fait de poussi√®re de charbon m√©lang√©e √† de la vaseline. Williams vend son produit par correspondance et cr√©e une soci√©t√© qu’il appelle Maybelline, combinaison du nom de sa sŇďur Maybel et de vaseline. Maybelline est aujourd’hui une importante soci√©t√© de cosm√©tiques appartenant au groupe L’Or√©al. Le mascara n’√©tait disponible que sous forme de pain, et √©tait compos√© de colorants et de cire de carnauba. Les utilisatrices mouillaient une brosse, la frottaient sur le pain de mascara puis l’appliquaient sur les yeux. La version actuelle comprenant un tube et une brosse a √©t√© pr√©sent√©e en 1957 par Helena Rubinstein.

Williams a peut -√™tre pass√© des vacances en Allemagne, o√Ļ un certain¬†Eug√®ne Rimmel¬† a cr√©e en 1834¬†un produit cosm√©tique permettant de surligner les yeux en colorant les cils et leur donnant plus de longueur apparente. En allemand le mascara s’appelle Rimmel ¬ģ.

Le sens du¬† mot mascara ¬ę¬†fard de cils¬†¬Ľ a donc √©t√© cr√©e par T.L. Williams¬† et ce sens a √©t√© emprunt√© par le fran√ßais¬† √† l’anglais.¬† Ce qu’il faudrait savoir o√Ļ Williams l’a trouv√©. Les √©tymologistes anglais ainsi que le TLF lui donnent une origine espagnole o√Ļ m√†scara signifie « masque » et non pas « fard de cils ». Mme H.Walter lui attribue une origine italienne, sans dire pourquoi. Le dictionnaire espagnol de la Real academia espa√Īola (voir Lexilogos), lui attibue √©galement une origine italienne maschera qui l’aurait emprunt√© √† l’arabe mas¬∑arah « objet de ris√©e ».¬† Pour compl√©ter ces r√©sultats, je trouve¬† dans un dictionnaire italien¬† : » mascara sm. inv. [sec. XX; dall’inglese mascara, risalente allo sp. m√°scara, maschera]. Cosmetico per ciglia,…. » . Nous tournons en rond.

Williams a peut-√™tre aussi pass√© des vacances en pays d’Oc.¬† En le renseignat sur la m√©t√©o son h√īte¬† lui a dit « Le ciel se mascare! »¬† Vu sa forte pr√©sence dans tous les parlers d’oc je propose donc une origine occitane, o√Ļ mascara a exactement le sens qu’il faut « noircir »…? J’ai √©crit √† Maybelline NY qui a rachet√© l’entreprise de T.L.Williams., pour une confirmation.¬† J’ai attendu longtemps une r√©ponse, qui n’est jamais arriv√©e. La maison m’a envoy√© de la¬† publicit√©!!

Je crois avoir convaincu Douglas Harper qui suit cette proposition dans son site et cite le FEW von Wartburg! .s.v. mask. Pour ça, je suis content.

Dans l’argot des catcheurs/lutteurs mascara signifie « cagoulard (cf P.Perret « Le parler des m√©tiers« ) sens qui se rapproche de l’italien ou de l’espagnol.

Le sens ¬ę¬†masque¬†¬Ľ de masquo¬† (d√©j√† S)¬† est un emprunt √† l’italien maschero, du XVIe s. mais la forme masquo¬†existait depuis longtemps.¬† L e nom Mascator est attest√© √† Arles en 520, et vit toujours en Languedoc¬†: autrefois Mascaire ¬† et avec une graphie francis√©e Maquere. Si vous vous appelez ainsi, s.v.p. ecrivez-moi!.¬† Dans l’ Hommage du ch√Ęteau de Saint-Martial (Gard) √† l’√©v√™que de N√ģmes de mars 1179. est nomm√© un Petro Mascharono archidiacono..

Massacan

Massacan signifie aussi¬†  » grosse omelette avec de menus morceaux de viande » et une massacanayre devient une cuisini√®re sans finesse, gargoti√®re ».¬† D’apr√®s le FEW il s’agit d’un emploi au figur√© de massacan¬† « grand marteau, massue ». Voir l’article massacan. Mais l√† j’ai un petit doute.

Dans le TLF je trouve sous le mot masse : Du latin massa ¬ęp√Ęte; masse; tas¬Ľ, empr. au grec ‘madza’ ¬ęesp√®ce de grosse cr√™pe d’orge m√™l√©e d’huile et d’eau¬Ľ. Une grosse omelette ressemble beaucoup √† une grosse cr√™pe!

 

   

√† gauche « cr√™pe »¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† √† droite « omelette »

Massacan, mascagnar

Mascanhar « charcuter, manier malproprement » fait partie d’un groupe d’emprunts des parlers occitans aux voisins italiens, comme le pi√©montais mass√® « tuer », italien amazzare.
L’italien mazzacane,¬† litt√©ralement mazza + cane « tue + chien », est un mot des ma√ßons et d√©signe la « caillasse ». En ancien occitan est attest√© le¬† massacan  » pierre de blocage » (1427)¬† Dans la Vaucluse un massacan est « un caillou pour boucher les interstices des murs en pierre s√®che ».

,

Des massacan

En languedocien le verbe¬† mascanhar a pris le sens p√©joratif¬† « charcuter » , mais¬† dans le Quercy il signifie ,¬† « travailler p√©niblement, fatiguer » d’apr√®s Mistral. Une estrang√®re¬† install√©e¬† √† Montauban confirme cette signification. Dans son site¬† elle elle √©crit :

Mascagner. Depuis que j‚Äôhabite ici , je n‚Äôai pas encore pu r√©ussir √† traduire ce mot ¬†. Je ne peux que vous l‚Äôexpliquer … plut√īt tenter de vous l’expliquer . C‚Äôest √† la fois peiner beaucoup mais surtout dans de mauvaises conditions , de force, de temps, de lieu , bref ce serait quelque chose comme ‚Äús‚Äôemmerdouillaminer‚ÄĚ . Et encore sans la certitude de r√©ussir !! Bref , je viens de ‚Äúmascagner‚ÄĚ pour vous traduire ce mot.

Dans les Oeuvres complètes de Victor Gelu avec la traduction littérale en regard (1886),

Massacan. Au propre, pierre bonne pour assommer un chien. Caillou brut. Moellon √† b√Ętir. Au figur√©, lourdaud. Maladroit. Stupide. Le p√®re Faou n’avait jamais √©t√© un aigle : il ne se faisait aucun scrupule d’en convenir. Lorsqu’il se
pr√©senta pour √™tre ordonn√© pr√™tre, son √©v√™que, peu satisfait, sans doute, des r√©sultats de l’examen
qu’il lui avait fait subir, faisait beaucoup de difficult√©s pour lui conf√©rer la pr√™trise ; mais le jeune
diacre Faou dit au prélat : Mounsignour, sabi ben que sieou un massacan ; mai quant un maçoun
bastisse un bel oustaou, se li mette dé bèlei peiro dé tai, li fa tamben passa fouesso massacan. Vou
n’en foou d√© massacan√† l’√Čgliso : √© ben ! ieou n’en serai un . . . Et gr√Ęce √† la na√Įvet√© de sa remarque,
l’abb√© Faou fut ordonn√© pr√™tre, quoique massacan.

Gelu_massacan

Au figur√© massacan peut devenir  » grosse omelette avec de menus morceaux de viande » et une massacanayre devient une cuisini√®re sans finesse, gargoti√®re », d’apr√®s le FEW. Mais l√† j’ai un petit doute. Dans le TLF je trouve sous le mot masse : Du latin massa ¬ęp√Ęte; masse; tas¬Ľ, empr. au grec ‘madza’ ¬ęesp√®ce de grosse cr√™pe d’orge m√™l√©e d’huile et d’eau¬Ľ. Une grosse omelette ressemble beaucoup √† une grosse cr√™pe!

Ce groupe d’emprunts est d√©riv√© d’une forme *mattea « massue » qui n’est pas attest√©e en latin mais qui est √† la base de toutes les formes dans les langues romanes, comme par exemple ancien occitan massa « arme de choc form√©e d’un manche et d’une t√™te de m√©tal, souvent garnie de pointes ou √©vid√©e en ailettes » et fran√ßais masse « gros marteau », catalan massa, italien mazza, espagnol maza, anglais mace « sorte de mallet ou club de golfe », n√©erlandais matsen « frapper » (flamand; Maastricht matshamel « merlin »), d√©j√† chez Kiliaan : « mats-hamer fland. j. her-hamer. Cestra, malleus militaris ».¬†Giorgio (Facebook) m’a √©crit¬†: ¬ę¬†En pi√®montais, la « mass√Ļca » (le u se lit comme en fran√ßais) est encore la massue et nous disons « mass√Ļch » (le ch se lit c) √† une personne qui a la tete dure.¬†¬Ľ


Un d√©mon arm√© d’une massue enfourne les damn√©s dans la gueule du L√©viathan (Conques)

massa à ailettes et le massier

Une attestation de massacan¬† « massaquant » avec le sens de moellon qu’il ne veut pas utiliser pour son tombeau (on dirait aujourd’hui parpaing) se trouve dans un texte de V.Gelu.

Mastra 'pétrin'

Mastra « p√©trin »en proven√ßal et est-languedocien,¬†¬†¬† l’√©tymologie¬† est¬† comme pour¬† mats, m√®it¬†¬† et fran√ßais¬† maie¬† un mot d’origine¬† grecque : őľőĪőļŌĄŌĀőĪ « p√©trin ».

pétrin provençal.

La premi√®re attestation date de 1351¬† √† Maguelone dans l’H√©rault. Le FEW donne sa source « ARom3, 371 ¬Ľ.¬† J’ai voulu v√©rifier, ce que je ne fais pas toujours parce que cela m’occuperait des journ√©es enti√®res.¬† J’ai « googl√© « Archivum romanicum 3″¬† et en effet en 3e position je le trouve.¬† Un certain Gulio Bertoni a d√©pouill√© le livre de A. Germain,¬† Maguelone sous ses √©v√™ques et ses chanoines.¬† Montpellier, 1869. Aux¬† pp.219-288 se trouvent les¬† Statuts de l’Eglise de Maguelone.¬†¬† Dans ces statuts il y a de nombreux mots occitans m√©lang√©s au latin.¬† Si cela vous int√©resse,¬† suivez ce lien .¬†¬† A la page 271 du livre de Germain est not√© notre mastra:¬† Extrahere pastam de mastras

Quand je vois cela, je me rends compte du travail de moine que von Wartburg a d√Ľ faire¬† pour le FEW et la chance que nous avons de disposer d’Internet.

Pratiquement toutes les attestations actuelles de mastra viennent du domaine proven√ßal, plus une de St-Andr√© de Valborgne (Gard), mais l’attestation de Maguelone prouve qu’autrefois cette zone √©tait plus √©tendue.

Les signifcations secondaires restent proches du sens « p√©trin ».¬† Dans la Dr√īme mastro¬† « huche de cuisine, armoire, auge √† porcs », √† Allos (pr√®s de Barcelonnette) « caisse dans laquelle on √©chaude les cochons » 1. A Nice une¬† mastra¬† est aussi un « gros derri√®re ». La mastro ou¬† la grande mastro est un terme du jeu de la pierrette, qui consiste √† lancer des cailloux en l’air pour les recevoir dans le creux ou sur le dos de la main ». 2

L’√©tymologie őľőĪőļŌĄŌĀőĪ >¬† mastra pose un probl√®me phon√©tique.¬† La suite -őļŌĄ- n’aboutit pas r√©guli√®rement √† -st-. Dans le sud de lItalie, la Magna Graecia,¬† o√Ļ le grec √©tait la langue courante, la suite -őļŌĄ-¬† a abouti r√©guli√®rement √† -tt-.¬†¬† Cette forme mattra¬† « p√©trin » est toujours vivante dans le sud de l’Italie et a conquis du terrain jusqu’en Toscane. Dans le nord de l’Italie¬† par contre , de Venise jusqu’au Piemont, est attest√©e la forme mastra,¬† qui doit venir d’une forme grecque r√©gionale *őľőĪőļőĺŌĄŌĀőĪ¬† avec un -xsi-.¬† Ce changement n’est pas un cas isol√©.¬† L’explication de la diff√©rence entre la forme du sud mattra¬† et celle du nord¬† mastra¬†¬† se trouve dans l’histoire politique.¬† Beaucoup de dialectalismes grecs ont √©t√© adopt√©s dans le nord de l’Italie pendant la p√©riode de l’Exarchat. Dans Wikipedia je trouve ceci

L‚Äôexarchat est une organisation de certains territoires p√©riph√©riques de l‚Äôempire byzantin, mise en place au VIe¬†si√®cle pour faire face √† la menace d‚Äôenvahisseurs. L‚Äôexarchat est dirig√© par un ¬ę¬†exarque¬†¬Ľ qui concentre les pouvoirs civils et militaires. Cette organisation visait √† r√©agir de fa√ßon optimale aux dangers mena√ßant l‚Äôempire dans ses r√©gions p√©riph√©riques, sans avoir √† attendre les ordres venus de Constantinople. Ils b√©n√©ficiaient d‚Äôun plus grand degr√© d‚Äôind√©pendance que les autres gouverneurs provinciaux….Seuls deux exarchats furent constitu√©s, √† Ravenne contre l’invasion des Lombards

C’est l’Exarchat de Ravenne qui nous int√©resse.

La forme proven√ßale mastra s’explique donc par¬† l’influence des parlers du nord de l’Italie, le pi√©montais et le ligure.

Ce n’est pas uniquement dans la langue que le grec byzantin¬† a eu une influence √† Ravenna.¬† Voir ci-dessous une mosa√Įque du Palais.

D√©tail d’une mosa√Įque faite dans un¬† atelier italo-byzantin¬† √† Ravenna, achev√©e en¬† 526 apr√®s JC par le ¬ęMa√ģtre de Saint-Apollinaire¬Ľ. Apr√®s la d√©faite de Th√©odoric, les mosa√Įques murales dans le Palais et la cath√©drale ont √©t√© refaits par les Byzantins pour enlever des √©l√©ments gothiques. Les chiffres dans cette mosa√Įque ont √©t√© remplac√©s par des rideaux, probablement en raison du manque de temps. Plusieurs vestiges des premiers travaux sont visibles, comme une partie d’un bras sur le troisi√®me pilier de la gauche.

L’√©tymologie peut mener tr√®s, tr√®s loin! De Maguelone √† Istambul par exemple.

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Notes
  1. voir la decription et le dessin dans l’article mats, meit
  2. Impossible de trouver une description sur le web.

Mateusalem

Mateusalem ¬ę¬†tr√®s vieux¬†¬Ľ. D’apr√®s la Bible, le patriarche Mathusalem aurait vecu 996 ans (Mos.5,27). Dans toutes les langues europ√©ennes son nom est synonyme d’une longue vie, « vieux comme Mathusalem« . Voir TLF.

L’incompr√©hension du mot a caus√© des changements de la forme¬†: Valleraugue Motusolen (Atger p.59); Var martin-sara, lang. matieu-sarel et marti-sarellos, o√Ļ par √©tymologie populaire le d√©but du mot est remplac√© par un saint connu¬†: St. Martin ou St. Mathieu et la fin par un autre suffixe.

L’origine du sens¬† en fran√ßais de¬†Mathusalem « grosse bouteille de champagne » qui ne date que de 1962 ne m’est pas claire. Le publicitaire qui a invent√© ce nom √©tait¬† vers√© en histoire de la Bible:

1 Р10 L Magnum (1,5 L) · Jéroboam (3 L) · Réhoboam (4,5 L) · Mathusalem (6 L) · Salmanazar (9 L)
10 Р100 L Balthazar (12 L) · Nabuchodonosor (15 L) · Melchior / Salomon (18 L) · Souverain (26,25 L) · Primat (27 L) · Melchizédec (30 L) ·

Wikipedia.

    

Mato

Mato s.f. ¬ę¬†touffe serr√©e¬†; buisson¬†¬Ľ, en ¬† fr.r√©g. matte (Camargue). Autour du bassin occidental¬† m√©diterran√©en jusqu’en berb√®re vit une famille de mots dont la base est une forme *matta ¬†avec le sens ¬ę¬†buisson¬†¬Ľ, d’origine pr√©latine. En galloroman nous le trouvons jusqu’√† la Loire.

En languedocien mato est une ¬ę¬†touffe d’herbe¬†; c√©p√©e de jeunes arbres¬†¬Ľ (S) au Caylar une¬† ¬ę¬†haie¬†¬Ľ.

Matado ¬ę¬†touffe, c√©p√©e¬†¬Ľ. ¬† et ¬†s’amata ¬†¬ę¬†se cacher derri√®re une touffe, se dissimuler, s’accroupir¬†¬Ľ sont d√©riv√©s de mato.

En catalan il y a¬† matoll¬†  » formation v√©g√©tale constitu√©e par des buissons et arbustes plut√īt bas , assez clairsem√©s ».

Mats, mait, meit "pétrin"

Mats, mait, meit « p√©trin » nous vient du grec ¬†őľőĪő≥őĻŌā , őľőĪő≥őĻŐĀőīőŅŌā ¬ęp√Ęte, sorte de pain; plateau rond de balance; p√©trin¬Ľ, qui √©tait le nom usuel dans le sud de l’Italie, la¬† Magna Graecia. Ensuite ce nom a gagn√© Rome et les Romains l’ont latinis√©¬† sous deux formes : magis, magidis et plus simple en¬† magida.

Grande Grèce         

ma√Įt proven√ßal

Dans la r√©gion de l’Ile de France et par cons√©quent en fran√ßais c’est le type p√©trin (< petrinus) qui domine mais en province c’est le type maie de magidem.¬† Dans les parlers du Nord de la France¬† le type maie¬† est concurrenc√© par¬† huche (< hutica ) et par¬† arche (< arca), dans le Midi par les d√©riv√©s de pasta¬† et par mastra en proven√ßal et est-languedocien,¬† un autre mot d’origine¬† grecque : őľőĪőļŌĄŌĀőĪ « p√©trin ».¬† Cf. le Thesoc s.v. p√©trin 1 Vous y verrez e.a. que le type¬† arche¬† est aussi pr√©sent dans le Sud-ouest (Creuse, Hte-Vienne) et que le type p√©trin¬† a gagn√© du terrain.

2. Le p√©trin, ou ¬ę maits √† pa√ģtrir ¬Ľ, √©tait une pi√®ce essentielle du mobilier paysan, comme en t√©moignent les inventaires successoraux et les estimations des apports dotaux dans les contrats de mariage. p.1454 note ¬≤ dans ¬† L’alimentation paysanne au G√©vaudan

A Castres est attest√© le compos√©¬† raymatch « coupe-p√Ęte dont se sert le boulanger pour d√©tacher la p√Ęte du p√©trin ».

Dans le sud-ouest m√®i, m√®it¬† s.f. d√©signe aussi le « support pour tuer le porc, consistant en r√®gle g√©n√©rale, en un p√©trin, mais retourn√© » d’apr√®s les dictionnaires locaux.¬† Dans les Hautes-Pyr√©n√©es le d√©riv√© m√®it√©to sert √† la m√™me action, mais il est creus√© dans un tronc d’arbre. Si vous avez une photo faites me la parvenir s.v.p.

A ma demande La vieille chouette,¬† sp√©cialiste de la cuisine locale et r√©gionale, m’a donn√© tous les renseignements sur la m√®i telle qu’elle est utilis√©e dans la r√©gion de Montauban quand on va « far lou tessou ». Je joins sa description savoureuse en format pdf.¬† la maie du tessou.¬† D’apr√®s elle la maie¬† sert √† « faire la toilette du tessou« . Pour le saigner on le suspend! Ci-dessous son dessin.

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Notes
  1. La distinction faite par le Thesoc entre le type mag¬† et le type maid¬† ne m’est pas claire. Pour les deux formes l’√©tymon est le m√™me.

Mauro

Mauro ¬ę¬†truie¬†¬Ľ du latin maurus ¬ę¬†habitant de l’ancienne Mauritanie, le royaume berb√®re, qui √† l’√©poque romaine s’√©tendait de l’actuelle Tunisie jusqu’√† la rivi√®re le Moulaye au Maroc.

En¬† ancien proven√ßal mor, moro¬† signifie ¬ę¬†africain adj. et subst.¬†; musulman¬†¬Ľ et ¬ę¬†basan√©, marron, noir¬†¬Ľ.¬† En occitan moderne moure , morou (Al√®s) c’est le deuxi√®me sens qui s’est maintenu et d√©velopp√©:¬† A blanchi un moure se perd soun tems et soun saboun (Mistral). Aoc. maur ¬ę¬†noir¬†¬Ľ est attest√© en 1240 et la Roca Mauro pr√®s de Carcassonne¬† d√©j√†¬† en 1034.¬† Il y a de nombreux d√©riv√©s comme lang. ¬†neit maurello ¬ę¬†nuit sombre¬†¬Ľ et Gard agneu mouret ¬ę¬†qui a le poil noir¬†¬Ľ(M).¬†A Valleraugue (30) La Jasse du Mouret , toponyme.

Le sens ¬ę¬†brun, noir¬†¬Ľ a √©t√© transf√©r√© sur toutes sortes d’animaux et de plantes, comme ¬ę¬†truie, vieille truie¬†¬Ľ (H√©rault), proven√ßal¬† mouret ¬†¬ę¬†sagre, poisson de mer¬†¬Ľ,¬† des salamandres, t√™tards, canards, oiseaux, insectes et des noms de plantes¬† comme languedocien mouro ¬ę¬†vari√©t√© d’olea europea sativa¬†¬Ľ N√ģmes 1793, et oulivi√© mourau (M). Ce dernier¬† est m√™me entr√© dans l’ Encyclop√©die de Diderot sous ¬ę¬† moureau ¬†en Languedoc¬†¬Ľ. Il y a aussi les morilles et les cerises morelles

             

comme en¬† n√©erlandais¬† morellen ¬†et moriaan ¬ę¬†p√®re fouettard, un serviteur noir qui accompagne St. Nicolas lors de sa f√™te le 6 d√©cembre). Anglais morel « morille ».¬† Le ma√Įs et le sarrasin est appel√© blamauro √† St Andr√© de Valborgne, et il s’appelle blasarrasin ¬†en gascon.