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Massacan

Massacan signifie aussi¬†  » grosse omelette avec de menus morceaux de viande » et une massacanayre devient une cuisini√®re sans finesse, gargoti√®re ».¬† D’apr√®s le FEW il s’agit d’un emploi au figur√© de massacan¬† « grand marteau, massue ». Voir l’article massacan. Mais l√† j’ai un petit doute.

Dans le TLF je trouve sous le mot masse : Du latin massa ¬ęp√Ęte; masse; tas¬Ľ, empr. au grec ‘madza’ ¬ęesp√®ce de grosse cr√™pe d’orge m√™l√©e d’huile et d’eau¬Ľ. Une grosse omelette ressemble beaucoup √† une grosse cr√™pe!

 

   

√† gauche « cr√™pe »¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† √† droite « omelette »

Massacan, mascagnar

Mascanhar « charcuter, manier malproprement » fait partie d’un groupe d’emprunts des parlers occitans aux voisins italiens, comme le pi√©montais mass√® « tuer », italien amazzare.
L’italien mazzacane,¬† litt√©ralement mazza + cane « tue + chien », est un mot des ma√ßons et d√©signe la « caillasse ». En ancien occitan est attest√© le¬† massacan  » pierre de blocage » (1427)¬† Dans la Vaucluse un massacan est « un caillou pour boucher les interstices des murs en pierre s√®che ».

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Des massacan

En languedocien le verbe¬† mascanhar a pris le sens p√©joratif¬† « charcuter » , mais¬† dans le Quercy il signifie ,¬† « travailler p√©niblement, fatiguer » d’apr√®s Mistral. Une estrang√®re¬† install√©e¬† √† Montauban confirme cette signification. Dans son site¬† elle elle √©crit :

Mascagner. Depuis que j‚Äôhabite ici , je n‚Äôai pas encore pu r√©ussir √† traduire ce mot ¬†. Je ne peux que vous l‚Äôexpliquer … plut√īt tenter de vous l’expliquer . C‚Äôest √† la fois peiner beaucoup mais surtout dans de mauvaises conditions , de force, de temps, de lieu , bref ce serait quelque chose comme ‚Äús‚Äôemmerdouillaminer‚ÄĚ . Et encore sans la certitude de r√©ussir !! Bref , je viens de ‚Äúmascagner‚ÄĚ pour vous traduire ce mot

Au figur√© massacan peut devenir  » grosse omelette avec de menus morceaux de viande » et une massacanayre devient une cuisini√®re sans finesse, gargoti√®re », d’apr√®s le FEW. Mais l√† j’ai un petit doute. Dans le TLF je trouve sous le mot masse : Du latin massa ¬ęp√Ęte; masse; tas¬Ľ, empr. au grec ‘madza’ ¬ęesp√®ce de grosse cr√™pe d’orge m√™l√©e d’huile et d’eau¬Ľ. Une grosse omelette ressemble beaucoup √† une grosse cr√™pe!

Ce groupe d’emprunts est d√©riv√© d’une forme *mattea « massue » qui n’est pas attest√©e en latin mais qui est √† la base de toutes les formes dans les langues romanes, comme par exemple ancien occitan massa « arme de choc form√©e d’un manche et d’une t√™te de m√©tal, souvent garnie de pointes ou √©vid√©e en ailettes » et fran√ßais masse « gros marteau », catalan massa, italien mazza, espagnol maza, anglais mace « sorte de mallet ou club de golfe », n√©erlandais matsen « frapper » (flamand; Maastricht matshamel « merlin »), d√©j√† chez Kiliaan : « mats-hamer fland. j. her-hamer. Cestra, malleus militaris ».¬†Giorgio (Facebook) m’a √©crit¬†: ¬ę¬†En pi√®montais, la « mass√Ļca » (le u se lit comme en fran√ßais) est encore la massue et nous disons « mass√Ļch » (le ch se lit c) √† une personne qui a la tete dure.¬†¬Ľ


Un d√©mon arm√© d’une massue enfourne les damn√©s dans la gueule du L√©viathan (Conques)

massa à ailettes et le massier

Mastra 'pétrin'

Mastra « p√©trin »en proven√ßal et est-languedocien,¬†¬†¬† l’√©tymologie¬† est¬† comme pour¬† mats, m√®it¬†¬† et fran√ßais¬† maie¬† un mot d’origine¬† grecque : őľőĪőļŌĄŌĀőĪ « p√©trin ».

pétrin provençal.

La premi√®re attestation date de 1351¬† √† Maguelone dans l’H√©rault. Le FEW donne sa source « ARom3, 371 ¬Ľ.¬† J’ai voulu v√©rifier, ce que je ne fais pas toujours parce que cela m’occuperait des journ√©es enti√®res.¬† J’ai « googl√© « Archivum romanicum 3″¬† et en effet en 3e position je le trouve.¬† Un certain Gulio Bertoni a d√©pouill√© le livre de A. Germain,¬† Maguelone sous ses √©v√™ques et ses chanoines.¬† Montpellier, 1869. Aux¬† pp.219-288 se trouvent les¬† Statuts de l’Eglise de Maguelone.¬†¬† Dans ces statuts il y a de nombreux mots occitans m√©lang√©s au latin.¬† Si cela vous int√©resse,¬† suivez ce lien .¬†¬† A la page 271 du livre de Germain est not√© notre mastra:¬† Extrahere pastam de mastras

Quand je vois cela, je me rends compte du travail de moine que von Wartburg a d√Ľ faire¬† pour le FEW et la chance que nous avons de disposer d’Internet.

Pratiquement toutes les attestations actuelles de mastra viennent du domaine proven√ßal, plus une de St-Andr√© de Valborgne (Gard), mais l’attestation de Maguelone prouve qu’autrefois cette zone √©tait plus √©tendue.

Les signifcations secondaires restent proches du sens « p√©trin ».¬† Dans la Dr√īme mastro¬† « huche de cuisine, armoire, auge √† porcs », √† Allos (pr√®s de Barcelonnette) « caisse dans laquelle on √©chaude les cochons » [1. voir la decription et le dessin dans l'article mats, meit ]. A Nice une¬† mastra¬† est aussi un « gros derri√®re ». La mastro ou¬† la grande mastro est un terme du jeu de la pierrette, qui consiste √† lancer des cailloux en l’air pour les recevoir dans le creux ou sur le dos de la main ». [2. Impossible de trouver une description sur le web.]

L’√©tymologie őľőĪőļŌĄŌĀőĪ >¬† mastra pose un probl√®me phon√©tique.¬† La suite -őļŌĄ- n’aboutit pas r√©guli√®rement √† -st-. Dans le sud de lItalie, la Magna Graecia,¬† o√Ļ le grec √©tait la langue courante, la suite -őļŌĄ-¬† a abouti r√©guli√®rement √† -tt-.¬†¬† Cette forme mattra¬† « p√©trin » est toujours vivante dans le sud de l’Italie et a conquis du terrain jusqu’en Toscane. Dans le nord de l’Italie¬† par contre , de Venise jusqu’au Piemont, est attest√©e la forme mastra,¬† qui doit venir d’une forme grecque r√©gionale *őľőĪőļőĺŌĄŌĀőĪ¬† avec un -xsi-.¬† Ce changement n’est pas un cas isol√©.¬† L’explication de la diff√©rence entre la forme du sud mattra¬† et celle du nord¬† mastra¬†¬† se trouve dans l’histoire politique.¬† Beaucoup de dialectalismes grecs ont √©t√© adopt√©s dans le nord de l’Italie pendant la p√©riode de l’Exarchat. Dans Wikipedia je trouve ceci

L‚Äôexarchat est une organisation de certains territoires p√©riph√©riques de l‚Äôempire byzantin, mise en place au VIe¬†si√®cle pour faire face √† la menace d‚Äôenvahisseurs. L‚Äôexarchat est dirig√© par un ¬ę¬†exarque¬†¬Ľ qui concentre les pouvoirs civils et militaires. Cette organisation visait √† r√©agir de fa√ßon optimale aux dangers mena√ßant l‚Äôempire dans ses r√©gions p√©riph√©riques, sans avoir √† attendre les ordres venus de Constantinople. Ils b√©n√©ficiaient d‚Äôun plus grand degr√© d‚Äôind√©pendance que les autres gouverneurs provinciaux….Seuls deux exarchats furent constitu√©s, √† Ravenne contre l’invasion des Lombards

C’est l’Exarchat de Ravenne qui nous int√©resse.

La forme proven√ßale mastra s’explique donc par¬† l’influence des parlers du nord de l’Italie, le pi√©montais et le ligure.

Ce n’est pas uniquement dans la langue que le grec byzantin¬† a eu une influence √† Ravenna.¬† Voir ci-dessous une mosa√Įque du Palais.

D√©tail d’une mosa√Įque faite dans un¬† atelier italo-byzantin¬† √† Ravenna, achev√©e en¬† 526 apr√®s JC par le ¬ęMa√ģtre de Saint-Apollinaire¬Ľ. Apr√®s la d√©faite de Th√©odoric, les mosa√Įques murales dans le Palais et la cath√©drale ont √©t√© refaits par les Byzantins pour enlever des √©l√©ments gothiques. Les chiffres dans cette mosa√Įque ont √©t√© remplac√©s par des rideaux, probablement en raison du manque de temps. Plusieurs vestiges des premiers travaux sont visibles, comme une partie d’un bras sur le troisi√®me pilier de la gauche.

L’√©tymologie peut mener tr√®s, tr√®s loin! De Maguelone √† Istambul par exemple.

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Mateusalem

Mateusalem ¬ę¬†tr√®s vieux¬†¬Ľ. D’apr√®s la Bible, le patriarche Mathusalem aurait vecu 996 ans (Mos.5,27). Dans toutes les langues europ√©ennes son nom est synonyme d’une longue vie, « vieux comme Mathusalem« . Voir TLF.

L’incompr√©hension du mot a caus√© des changements de la forme¬†: Valleraugue Motusolen (Atger p.59); Var martin-sara, lang. matieu-sarel et marti-sarellos, o√Ļ par √©tymologie populaire le d√©but du mot est remplac√© par un saint connu¬†: St. Martin ou St. Mathieu et la fin par un autre suffixe.

L’origine du sens¬† en fran√ßais de¬†Mathusalem « grosse bouteille de champagne » qui ne date que de 1962 ne m’est pas claire. Le publicitaire qui a invent√© ce nom √©tait¬† vers√© en histoire de la Bible:

1 Р10 L Magnum (1,5 L) · Jéroboam (3 L) · Réhoboam (4,5 L) · Mathusalem (6 L) · Salmanazar (9 L)
10 Р100 L Balthazar (12 L) · Nabuchodonosor (15 L) · Melchior / Salomon (18 L) · Souverain (26,25 L) · Primat (27 L) · Melchizédec (30 L) ·

Wikipedia.

    

Mato

Mato s.f. ¬ę¬†touffe serr√©e¬†; buisson¬†¬Ľ, en ¬† fr.r√©g. matte (Camargue). Autour du bassin occidental¬† m√©diterran√©en jusqu’en berb√®re vit une famille de mots dont la base est une forme *matta ¬†avec le sens ¬ę¬†buisson¬†¬Ľ, d’origine pr√©latine. En galloroman nous le trouvons jusqu’√† la Loire.

En languedocien mato est une ¬ę¬†touffe d’herbe¬†; c√©p√©e de jeunes arbres¬†¬Ľ (S) au Caylar une¬† ¬ę¬†haie¬†¬Ľ.

Matado ¬ę¬†touffe, c√©p√©e¬†¬Ľ. ¬† et ¬†s’amata ¬†¬ę¬†se cacher derri√®re une touffe, se dissimuler, s’accroupir¬†¬Ľ sont d√©riv√©s de mato.

En catalan il y a¬† matoll¬†  » formation v√©g√©tale constitu√©e par des buissons et arbustes plut√īt bas , assez clairsem√©s ».

Mats, mait, meit "pétrin"

Mats, mait, meit « p√©trin » nous vient du grec ¬†őľőĪő≥őĻŌā , őľőĪő≥őĻŐĀőīőŅŌā ¬ęp√Ęte, sorte de pain; plateau rond de balance; p√©trin¬Ľ, qui √©tait le nom usuel dans le sud de l’Italie, la¬† Magna Graecia. Ensuite ce nom a gagn√© Rome et les Romains l’ont latinis√©¬† sous deux formes : magis, magidis et plus simple en¬† magida.

Grande Grèce         

ma√Įt proven√ßal

Dans la r√©gion de l’Ile de France et par cons√©quent en fran√ßais c’est le type p√©trin (< petrinus) qui domine mais en province c’est le type maie de magidem.¬† Dans les parlers du Nord de la France¬† le type maie¬† est concurrenc√© par¬† huche (< hutica ) et par¬† arche (< arca), dans le Midi par les d√©riv√©s de pasta¬† et par mastra en proven√ßal et est-languedocien,¬† un autre mot d’origine¬† grecque : őľőĪőļŌĄŌĀőĪ « p√©trin ».¬† Cf. le Thesoc s.v. p√©trin [1. La distinction faite par le Thesoc entre le type mag¬† et le type maid¬† ne m'est pas claire. Pour les deux formes l'√©tymon est le m√™me.] Vous y verrez e.a. que le type¬† arche¬† est aussi pr√©sent dans le Sud-ouest (Creuse, Hte-Vienne) et que le type p√©trin¬† a gagn√© du terrain.

2. Le p√©trin, ou ¬ę maits √† pa√ģtrir ¬Ľ, √©tait une pi√®ce essentielle du mobilier paysan, comme en t√©moignent les inventaires successoraux et les estimations des apports dotaux dans les contrats de mariage. p.1454 note ¬≤ dans ¬† L’alimentation paysanne au G√©vaudan

A Castres est attest√© le compos√©¬† raymatch « coupe-p√Ęte dont se sert le boulanger pour d√©tacher la p√Ęte du p√©trin ».

Dans le sud-ouest m√®i, m√®it¬† s.f. d√©signe aussi le « support pour tuer le porc, consistant en r√®gle g√©n√©rale, en un p√©trin, mais retourn√© » d’apr√®s les dictionnaires locaux.¬† Dans les Hautes-Pyr√©n√©es le d√©riv√© m√®it√©to sert √† la m√™me action, mais il est creus√© dans un tronc d’arbre. Si vous avez une photo faites me la parvenir s.v.p.

A ma demande La vieille chouette,¬† sp√©cialiste de la cuisine locale et r√©gionale, m’a donn√© tous les renseignements sur la m√®i telle qu’elle est utilis√©e dans la r√©gion de Montauban quand on va « far lou tessou ». Je joins sa description savoureuse en format pdf.¬† la maie du tessou.¬† D’apr√®s elle la maie¬† sert √† « faire la toilette du tessou« . Pour le saigner on le suspend! Ci-dessous son dessin.

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Mauro

Mauro ¬ę¬†truie¬†¬Ľ du latin maurus ¬ę¬†habitant de l’ancienne Mauritanie, le royaume berb√®re, qui √† l’√©poque romaine s’√©tendait de l’actuelle Tunisie jusqu’√† la rivi√®re le Moulaye au Maroc.

En¬† ancien proven√ßal mor, moro¬† signifie ¬ę¬†africain adj. et subst.¬†; musulman¬†¬Ľ et ¬ę¬†basan√©, marron, noir¬†¬Ľ.¬† En occitan moderne moure , morou (Al√®s) c’est le deuxi√®me sens qui s’est maintenu et d√©velopp√©:¬† A blanchi un moure se perd soun tems et soun saboun (Mistral). Aoc. maur ¬ę¬†noir¬†¬Ľ est attest√© en 1240 et la Roca Mauro pr√®s de Carcassonne¬† d√©j√†¬† en 1034.¬† Il y a de nombreux d√©riv√©s comme lang. ¬†neit maurello ¬ę¬†nuit sombre¬†¬Ľ et Gard agneu mouret ¬ę¬†qui a le poil noir¬†¬Ľ(M).¬†A Valleraugue (30) La Jasse du Mouret , toponyme.

Le sens ¬ę¬†brun, noir¬†¬Ľ a √©t√© transf√©r√© sur toutes sortes d’animaux et de plantes, comme ¬ę¬†truie, vieille truie¬†¬Ľ (H√©rault), proven√ßal¬† mouret ¬†¬ę¬†sagre, poisson de mer¬†¬Ľ,¬† des salamandres, t√™tards, canards, oiseaux, insectes et des noms de plantes¬† comme languedocien mouro ¬ę¬†vari√©t√© d’olea europea sativa¬†¬Ľ N√ģmes 1793, et oulivi√© mourau (M). Ce dernier¬† est m√™me entr√© dans l’ Encyclop√©die de Diderot sous ¬ę¬† moureau ¬†en Languedoc¬†¬Ľ. Il y a aussi les morilles et les cerises morelles

             

comme en¬† n√©erlandais¬† morellen ¬†et moriaan ¬ę¬†p√®re fouettard, un serviteur noir qui accompagne St. Nicolas lors de sa f√™te le 6 d√©cembre). Anglais morel « morille ».¬† Le ma√Įs et le sarrasin est appel√© blamauro √† St Andr√© de Valborgne, et il s’appelle blasarrasin ¬†en gascon.

Mayrial, Marinade et Bellemaire

Bellemaire, au Mayrial, à la Marinade, à la Condamine, à Mirepoix .

Il y a quelques semaines la dormeuse a donné la description que voici:

Situ√© au-del√† de Cariou, i. e. √† l‚Äôouest, sud-ouest du moulon, le hameau de Bellemaire, ou Bellemayre, s‚Äô√©tage sur la pente des collines qui bornent sur sa rive gauche le cours de l‚ÄôHers. Il doit sans doute son nom de Bellemaire, ‚Äúbelle maire‚ÄĚ ou ‚Äúbelle mayre‚ÄĚ, au caract√®re riverain de sa situation g√©ographique, qui est ici celle de bord ensoleill√© du ‚Äúlit d‚Äôun fleuve‚ÄĚ4, bord depuis lequel, abrit√© de ici de l‚Äôinondation, l‚Äôon jouit d‚Äôune ‚Äúbelle‚ÄĚ vue sur les rives de l‚ÄôHers et sur la colline de Terride ainsi que sur le ch√Ęteau du m√™me nom. Au pied du hameau de Bellemaire, le lieu dit ‚ÄúLa Marinade‚ÄĚ se trouve, lui, plus directement riverain du territoire de divagation de l‚ÄôHers, ou, conform√©ment √† l‚Äôacception plus large du mot ‚Äúmaire, mayre‚ÄĚ, plus directement riverain du ‚Äúfoss√© principal qui re√ßoit l‚Äôeau de ruissellement des collines environnantes‚ÄĚ5. A noter qu‚Äôau bord du cours actuel de l‚ÄôHers, on trouve au nord, nord, est de Mirepoix, le moulon du Mayrial, dont le nom renvoie lui aussi au sens de ‚Äúrivage‚ÄĚ. Bellemayre, La Marinade, le Mayrial -, ensemble les trois toponymes se souviennent des divagations qui furent au cours des √Ęges celles d‚Äôune rivi√®re connue pour l‚Äôamplitude de ses divagations et pour ses crues dangereuses, dont celle qui emporta en 1289 la premi√®re ville de Mirepoix.

Photo de la Dormeuse

P√©gorier: maire, mayre¬† « lit ou source d’un fleuve » prov. et lang.

Etymologie : latin mater « m√®re », et « lit de rivi√®re » √† partir du Ier si√®cle.¬† Dans le domaine galloroman le sens « lit de rivi√®re » est limit√© au proven√ßal et¬† au languedocien, mais il a d√Ľ exister aussi en gascon, parce que le verbe desmayr√† « d√©border, sortir de son lit » est attest√© en b√©arnais. Nous retrouvons le sens « lit de rivi√®re » en catalan mare,¬† espagnol et portugais¬† madre.¬† Les rares attestations en moyen fran√ßais viennent d’Olivier de Serres et de Cotgrave, connus pour leurs occitanismes.

Le ri√®u meirau, rec m√Ęiral (S2) ou¬† la mayre del riu est « l’√©gout collecteur, foss√© m√®re ».¬†¬† La¬† mayre¬†¬† est aussi la « source d’un cours d’eau ». Dans l’Aveyron un « endroit o√Ļ se cache le poisson ».

Les 3 toponymes cités par la dormeuse : Mayrial, Marinade et Bellemaire  sont  bien occitans[1. Il y a des toponymes comme Bellemare   en Normandie, mais leur étymologie n'est pas la même], mais ils ne sont pas (encore?) attestés comme substantifs.

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Mazet, maset, mas

Maset « petite maison de campagne, petite ferme; maisonnette rustique o√Ļ l’on va passer le dimanche » est un d√©riv√©¬† en -ittu de¬† mas « ferme, maison, demeure ». D’apr√®s les dictionnaires de fran√ßais, entre autres par Littr√©, ce d√©riv√© est caract√©ristique pour la r√©gion de N√ģmes – Avignon. Un visiteur me signale le sobriquet mazeti√© pour les N√ģmois qui allaient chaque dimanche dans leur mazet‘. Cette photo vient du site de G. Mathon qui consacre une¬† page int√©ressante au maset n√ģmois.

Lou Maset du Jardin de la Fontaine

L’origine est le participe pass√© mansus du verbe latin manere « rester, habiter » qu’on trouve comme substantif dans des textes et des inscriptions depuis le Ve si√®cle avec le sens « maison  » et « domaine ».

Le mot a √©galement exist√© dans le nord de la France, comme en t√©moignent de tr√®s nombreux noms de personnes (Dumas, Delmas) et de noms de lieu (Metz, Meix, Mas), mais il y a perdu beaucoup de terrain depuis la disparition du syst√®me f√©odal concernant la propri√©t√© (un sujet √† approfondir!) Mas n’est vraiment indig√®ne que dans le Midi, o√Ļ il s’est maintenu jusqu’√† nos jours avec le sens « ferme ».¬† Il faut dire que les agents immobiliers¬† en abusent depuis que les prix ont flamb√©.

En fran√ßais il a √©t√© emprunt√© √† l’occitan au XIVe si√®cle.

Le¬† mas du Valdeyron √† Valleraugue o√Ļ j’ai habit√© pendant 20 ans

Autres d√©riv√©s: masada, masaria « tour d’une ferme, hameau »; masatgier « campagnard »; masi√®r, masi√®ra « qui habite un mas »; masuc « petite construction montagnarde o√Ļ les bergers d’Auvergne s’abritent et font leurs fromages en √©t√© »;¬† masag√© « campagnard  » forme rencontr√©e par un visiteur dans un √©tat civil du XIXe si√®cle de la r√©gion d’Albi : masag√© de Rafialou, d‘Ambialet.

Mèlsa

M√®lsa s.f. « rate » organe lympho√Įde situ√© dans l’hypocondre gauche. Les Romains appellaient la rate splen, mot qu’ils avaient emprunt√© aux Grecs et qui a donn√© en fran√ßais spleen « √Čtat affectif, plus ou moins durable, de m√©lancolie sans cause apparente et pouvant aller de l’ennui, la tristesse vague au d√©go√Ľt de l’existence ». Spleen a √©te emprunt√© au milieu du 18e si√®cle √† l’anglais, qui l’avait emprunt√© √† l’ancien fran√ßais esplen « rate ».¬† Au moyen √Ęge la rate √©tait consid√©r√©e comme le si√®ge de la m√©lancholie. (TLF). Voir aussi hypocondriaque d√©riv√© de hypocondre « Chacune des parties lat√©rales de l’abdomen, situ√©es sous le bord inf√©rieur des c√ītes, de part et d’autre de l’√©pigastre » (TLF)

Spleen
Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l’esprit g√©missant en proie aux longs ennuis,
Et que de l’horizon embrassant tout le cercle
Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits

.suite….

Charles BAUDELAIRE

Le nom latin splen a abouti √† esplen en ancien fran√ßais (voir Godefroy) et ‘a √©t√© conserv√© en sarde et en r√©toroman. Ailleurs dans la Romania il a √©t√© remplac√© par un repr√©sentant du germanique miltia, n√©erlandais milt, allemand milz, en moyen anglais mylthe. Italien milza, catalan et occitan melsa.

Pour l’occitan les donn√©es du Thesoc sont loin d’√™tre compl√®tes, mais elles montrent que dans les d√©partements de ouest de l’occitan nous trouvons les deux mots rata et melsa pour « rate du porc ». Le type m√®lsa domine dans un grande partie de l’occitan, √† l’exception de l’auvergnat et du p√©rigourdin, en fancoproven√ßal, en franc-comtois, en lorrain et en wallon. L√† o√Ļ le mot plus ancien rata ou son d√©riv√© ratella s’est maintenu, le type melsa d√©signe la rate des animaux de boucherie. Il n’est pas improbable que le prestige de la langue nationale √† contribu√© √† cette √©volution, comparable √† celle du metge qui de « m√©decin » est devenu « v√©t√©rinaire ». Voir metge.

L’√©tymologie de rata ou ratella est inconnue. Le rattachement au n√©erlandais raat « rayon » dans honingraat « rayon de miel » (FEW XVI, 673) semble tr√®s douteux. Un type germanique (h)rata avec le sens « rayon de miel » est d√©j√† attest√© dans les Gloses de Reichenau comme explication du latin favum : « favum frata mellis » (Source). Ce type germanique a abouti r√©guli√®rement √† r√©e « rayon » en ancien fran√ßais (Gdf). Rate serait donc un emprunt r√©cent, mais le germanique rata ne signifie nulle part « rate ».

Troublant est la d√©finition de Uno m√®usso de porc « une raie de cochon » par Mistral. Quelle est sa source? Ou s’agit d’une faute de frappe?? rate > raie.
Il reste d’autres myst√®res √† √©lucider. Pourquoi et comment le mot germanique a-t-il pu se substituer au mot latin, non pas dans le domaine d’o√Įl, mais dans le domaine d’oc? La premi√®re attestation en ancien occitan date du XIVe si√®cle, une p√©riode o√Ļ les Gothes avaient disparu depuis longtemps. Comment expliquer la forme meufo qu’on trouve en francoproven√ßal mais aussi √† Marseille?

Melsat  » esp√®ce de gros saucisson fait avec de la viande de porc, de la mie de pain, des oeufs, des assaisonnements n√©cessaires »(Sauvages S2) est d√©riv√© de melsa.