cat-right

Machucar

Machucar ¬ę¬†meurtrir, accabler de coups¬†¬Ľ, Al√®s machug√° ¬ę¬†broyer¬†¬Ľ (S) d’un latin *matteuccare ¬ęfrapper avec une¬†massue¬Ľ d√©riv√© de*matteuca ¬ę¬†massue¬†¬Ľ.

Cette forme ne se trouve que¬† dans le nord de la France (Picardie, Flandres), en languedocien, gascon et dans le nord de l’Italie. Il semble qu’en proven√ßal c’est plut√īt le verbe massacr√°¬†(?). Voir aussi mascanhar .

Macip,mancip

Macip, mancip ¬ęserviteur, employ√©, jeune homme¬†¬Ľ, macipa « jeune fille », mancipeta « fillette ». Il y a beaucoup d’attestations en ancien occitan, la premi√®re date de 1188 mancip ¬†¬ę¬†clerc de notaire¬†¬Ľ.

Etymologie :¬† latin mancipium ¬ę¬†acquisition l√©gale¬†¬Ľ, > ¬ę¬†esclave achet√©¬†¬Ľ et mancipia ¬ę¬†esclave femme¬†¬Ľ. Le sens ¬ę¬†jeune homme, jeune femme¬†¬Ľ est probablement d√Ľ √†¬† l’influence du verbe √©mancipare ¬ę¬†affranchir de la puissance paternelle ou tutelle¬†¬Ľ.

Catalan macip m. ‘Esclau. | Home, esp. jove, al servei d’altri, encarregat de fer alguna cosa. l’aprenent’. (DIEC). C’est-√†-dire ‘esclave’ ou ‘apprenti’ !

Madièr

Madi√®r¬†« couvercle de p√©trin ». Etymologie : du latin materium, sg. de materia « ‘mati√®re » en g√©n√©ral et « bois; bois de construction »¬† en particulier.¬† Le sens¬† « couvercle de p√©trin » est d√©j√† attest√© en ancien occitan au XIVe s.

Le verbe materiare signifie « construire en bois ».

Le d√©riv√© madrier a √©t√© pr√™t√© au fran√ßais¬†:¬†¬ę¬†table grossi√®re de boulanger¬†¬Ľ (Larousse 1873). Le sens maritime ¬ę¬†varangue¬†¬Ľ de madier ou amadi√® (Palavas, Le Grau du Roi) a √©t√© emprunt√© au XVIe si√®cle aux¬† dialectes du Nord de l’Italie o√Ļ le mot avait pris ce sens. Espagnol madero ¬ę¬†poutre, varangue¬†¬Ľ et italien madiere.

 

3 = madiè

Madur, madur√°

Madur ¬†‘m√Ľr’. vient du latin maturus ¬ę¬†m√Ľr¬†¬Ľ.

Le maintien du -d- provenant du -t- latin est caract√©ristique pour le ni√ßois, le proven√ßal, le languedocien et le gascon,¬† √† l’exclusion¬† d’une partie du limousin et du dauphinois1 et rattache cette zone au catalan et √† l’espagnol maduro contrairement √† l’italien maturo qui a maintenu le -t- d’origine.

Voir la carte m√Ľr, m√Ľre¬† de l‘ALF carte 891 ¬† pour la limite de cette √©volution.

L’anglais mature « m√Ľr » et maturity « maturit√© » ont √©t√© emprunt√©s directement au latin.

Madur√° ¬ę¬†m√Ľrir¬†¬Ľ vient du latin maturare « m√Ľrir ».

Voir FEW VI/1,533 maturus

Notes
  1. Un visiteur m’√©crit que l’auvergnat maintient bien le -d-¬† <-t- :  » J’avoue avoir √©t√© tr√®s surpris √† la lecture de ces lignes, car absolument tout ‘ensemble de l’Auvergne et du Limousin linguistique ‚Äď sans exception aucune ‚Äď maintient ce -d- intervocalique, ainsi m√Ľr/m√Ľre/m√Ľrir s’y dit madur/madura/madurar comme en occitan moyen du sud… Seule la partie dite vivaro-alpine conna√ģt cette chute de consonne, ainsi m√Ľr/m√Ľre s’y dit ma√ľr-a.
    Dans un deuxième message il documente cette assertion :

    Moi-m√™me locuteur Auvergnat et ami de nombreux locuteurs dans toute l’Auvergne, j’ai √©galement eu de nombreuses fois l’occasion d\&#039;√©changer avec des patoisants limousins, et je peux vous certifier que cette source est absolument fausse… De plus, j’ai pris le temps de mettre le nez dans les quatre dictionnaires suivants afin de vous le d√©montrer plus clairement :

    ‚ÄĘ Omelhi√®r (auvergnat) ‚ě°ÔłŹ madure/madura/madurar
    ‚ÄĘ Bonnaud (auvergnat) ‚ě°ÔłŹ mad√Ľr/mad√ľra/mad√ľr√Ę
    ‚ÄĘ Karl-Heinz Reichel ‚ě°ÔłŹ (auvergnat) ‚ě°ÔłŹ mad√Ľr/mad√ľra/mad√ľr√Ę/amad√ľr√Ę
    ‚ÄĘ Lavalade (limousin) ‚ě°ÔłŹ madur/madura/madurar

    M√™me les parlers de transition oc/o√Įl ‚ÄĒ dits du croissant ‚ÄĒ¬† maintiennent ce -d- intervocalique, c’est dire √† quel point ce ph√©nom√®ne est loin d’√™tre une particularit√© proven√ßo-languedociano.

    ‚ÄĘ Lexique de Maurice Roy (Croissant/Fresselines 23) ‚ě°ÔłŹ madu/madure/madura

    Et nous n’avons qu’√©voqu√© le cas de madur\ !

    Mais il en va √©videmment de m√™me pour des mots comme : badalhar (bailler), bordadura (bordure), chadena (chaine), chadeira/chadiera (chaise, chaire), coifadura (coiffure), fada (f√©e), levadura (levure), machadura (bleu, h√©matome), padela (po√™le), etc…

    Ainsi que le -d- intervocalique de -ada- correspondant au -√©e fran√ßais : armada (arm√©e), bofada (¬ęsouffl√©e¬Ľ = soufle), bramada (¬ębram√©e¬Ľ = cri ), butida (pouss√©e, impulsion), jornada (journ√©e), moneda (monnaie), maisonada (maisonn√©e), mudar (muer), tombada (tomb√©e), etc…

magalh ‘houe, pioche,’

Magalh ‘houe large, pioche, b√®che’ est un mot proven√ßal1 d’origine gr√®cque¬†őľőĪőļőĶőĽő∑ (mak√©l√® avec l’accent sur le -√©-) « houe du vigneron »¬† ou¬† őľőĪőļőĶőĽőĽőĪ (m√°kella¬† avec l’accent sur le -√°- ).¬† Wikipedia √©crit :

La culture de la vigne a √©t√© introduite en Gaule par les Grecs de Phoc√©e …. Max Rives, charg√© de mission √† l’INRA, l’a v√©rifi√© sur place √† Massalia, le premier comptoir phoc√©en √©difi√© six si√®cle avant notre √®re¬†:

¬ę¬†J’ai vu, au cours des fouilles du quartier de la Bourse, √† Marseille, les p√©pins de marc de raisin provenant de leur vinification et jet√©s dans des amphores, flotter dans l’arri√®re du Vieux-Port o√Ļ ces amphores-poubelles servaient de fondations √† une rue.
Les Grecs avaient √©videmment import√©s des vari√©t√©s de leur pays, ignorant que la vigne spontan√©e les avait pr√©c√©d√© de quelques dizaines de si√®cles47.¬†¬Ľ

Il n’y a pas seulement les p√©pins de marc de raisin mais aussi le vocabulaire comme entar, empeutar et magalh.

La premi√®re attestation maguayll vient de La vida de Sant Honorat, √©crit autour de 1300 par Raimond Feraud.¬† A Marseille¬† c’est devenu mag√°ou.¬† On a cr√©√© des¬† d√©riv√©s comme magaioun « sarcloir, petite pioche », magayar, magalhar « piocher » tous¬† en proven√ßal.

A propos de l’attestation ari√©geoise j’ai trouv√© une pr√©cision dans le livre de¬† A. Casanova, Paysans et machines √† la fin du XVIIIe si√®cle: essai d’ethnologie historique, Volume¬†415.Presses Univ. Franche-Comt√©, 1990 –

Extrait sur le magalh du livre de A.Casanova

Dans l’√©dition de 1820 du Dictionnaire languedocien¬† de l’abb√© de Sauvages, il y a dans l’article aissado¬† une description pr√©cise¬† de cet instrument. Il √©crit que l’aissado, le mot languedocien pour la houe,¬† comme la maigle¬† bourguignonne et la ch√®vre lorraine n’est pas une b√®che.

Noms de famille. D’apr√®s plusieurs g√©n√©alogistes¬† le nom de famille Magallon, Magal en Dordogne serait d√©riv√© de notre magalh.

Catalan magall : ¬ę instrument de cavar la terra que per un canto … »

magall catalan

Les repr√©sentants de la¬† forme őľőĪőļőĶőĽőĽőĪ¬† se trouvent¬† en ancien fran√ßais¬† maigle « pioche de vigneron » , m√©ye¬† √† Nuits-St.Georges, etc. Le mot a d√Ľ voyager avec le progr√®s de la viticulture du Midi vers le nord de la Gaule, tout en subissant une transformation phon√©tique.

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Notes
  1. Il y a une seule attestation de l’Ari√®ge magalh « hoyau pour creuser les rigoles ». Alibert mentionne aussi magalh « houe » et au figur√© « imb√©cile » mais sans localisation en languedocien.

Magnan, magnanerie

Magnan (forme adopt√© par le fran√ßais TLF), magna, magnaou « ver √† soie »;¬† magnaghi√© ou magnassi√© « ouvrier charg√© de l’√©ducation des vers √† soie » (S). L’abb√© de Sauvages ajoute qu’il pr√©f√®re pour le fran√ßais le mot magnaguier √† nourrissier « parce qu’il est plus expressif et d√©j√† re√ßu √† Alais, un des centres o√Ļ l’on entend le mieux cette √©ducation ».

Magnanerie (TLF), magnaghieiro (S) n’est pas seulement le b√Ętiment ou le local mais aussi « la construction des pieds droits & des tables sur lesquelles on place ces insectes ». (Ce dernier sens n’est pas mentionn√© dans le TLF qui ajoute pour le sg. le sens « s√©riciculture »). Pour l’abb√© de Sauvages le mot magnagerie est le mot languedocien pour ‘l’art d’√©lever les vers √† soie » et il mentionne comme mot fran√ßais, invent√© un si√®cle plut√īt, la serodocimasie qui n’a pas pu s’imposer depuis.

   et 

D√©j√† en 1756 l’abb√© de Sauvages a √©crit que le mot magna, magnaou vient de l’italien mignato. En 1898, C.Nigra suivi par Sain√©an et d’autres, a repris cette √©tymologie, probablement sans conna√ģtre le dictionnaire de notre cher abb√©. D’apr√®s eux l’origine serait magnatto « ver √† soie » des dialectes du nord de l’Italie ou du mot italien mignatta « sangsue ».¬† Les deux¬† mots remontent √† une racine mi√Ī- qui est √† l’origine des noms du chat. A l’appui de cette hypoth√®se il cite les d√©nominations de la chenille issues de mots d√©signant le chat, telles que en Italie du Nord gat(t)a, gattina, gattola, ancien fran√ßais chatte-peleuse, anglais caterpillar, et fran√ßais chenille.

Je pense que les images suivantes montrent clairement que l’association ver √† soie /chat, chaton est directe et n’a rien √† voir avec la chenille.

            

                chatons                                                                    cocons de vers à soie                                                  chenille

Une autre proposition vient de Gamillscheg qui rattache magnan directement √† l’italien magnatto « ver √† soie » (que je n’ai pas pu retrouver avec ce sens pr√©cis) d’o√Ļ le fran√ßais maignat, magniaux du XVIe si√®cle, transform√© en magna par √©tymologie populaire, association √† magnar « manger », parce que le ver √† soie mange √©norm√©ment de feuilles de m√Ľrier. En tout cas¬†j’ai trouv√© dans un lexique du patois de Venise un magnat(t)o participe pass√© de magnare « manger »: « Anke io ho magnatto la carbonara ieri sera!! » Il semble que le verbe magnare signifie justement ‘manger beaucoup’! : Magnare a ufo est Mangiare ingordamente ; Magnare anca le broze de San Roco est Mangiare in modo insaziabile, consumare tutto ; Magnare fora tuto est Dilapidare ogni sostanza, consumare.

Une excursion dans le monde de la sériciculture.

Dans la premi√®re √©dition de son dictionnaire de 1756, l’abb√© de Sauvages donne une liste de mots languedociens qui se rapportent √† la s√©riciculture. Si cela vous int√©resse, vous pouvez les voir en cliquant p.Sauvages 286, p.Sauvages 287, pSauvages 288 (avec Adobe Reader . Si non t√©l√©chargez-le!).

L’abb√© √©tait un fin connaisseur de la s√©riciculture. Il a fait beaucoup de recherches √† ce sujet pour aider les C√©venols. Voir √† ce propos ma page Sources, liens s.v.Sauvages.¬† Il avait entendu parler du magnifique ouvrage de Anna Maria Sibylla Merian, 1647-1717¬† sur les insectes de Suriname, (Voir Wikipedia), dont il y a deux exemplaires √† la biblioth√®que nationale et dont vous pouvez voir les illustrations gr√Ęce √† la biblioth√®que d’Amsterdam, qui a fait un tr√®s beau travail de num√©risations. Magnez-vous!! C’est magnifique. En tr√®s haute r√©solution.¬† Une petite aide pour comprendre le n√©erlandais : beeld « image », beschrijving « description », terug¬† « retour », vorige¬† « pr√©c√©dent »,¬† volgende « suivant ».

            

Tous les dessins de Merian sont coloriés à la main ! Un dessin superbe intitulé metamorphosis   sur votre écran, en cliqant ici.

Une page intéressante sur la magnanerie dans le Roussillon, spécialement à Cattlà.

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Magnin

Magnin ¬ę¬†ferblantier, chaudronnier ambulant¬†¬Ľ (Camargue).¬† Magnin¬† est la forme typique de l’occitan √† l’est du Rh√īne et du francoproven√ßal. La forme magnin ¬†a √©t√© introduite par les chaudronniers ambulants provenant des vall√©es alpines du Pi√©mont italien o√Ļ magnin a √©t√© form√© √† partir de la forme magnan par changement de suffixe. Il est devenu assez t√īt un nom de famille, attest√© d√®s le XIVe s. √† Grenoble. D’apr√®s un site il y a actuellement plus de 6500 Magnin‘s en France.

Magnan est la forme de l’ancien fran√ßais et des patois de la langue d’o√Įl.

L’√©tymologie de magnin n’est pas tout √† fait clair. Je r√©sume l’article *manianus > ancien fran√ßais magnan dans le FEW qui discute les diff√©rentes propositions parce qu’il montre que l’√©tymologie moderne doit tenir compte des facteurs historiques, g√©ographiques, phon√©tiques et s√©mantiques. Les attestations¬† jouent √©galement un r√īle important.

  • Diez « Etymologisches W√∂rterbuch der romanischen Sprachen » 1887, a propos√© machina Une √©tymologie impossible pour des raisons d’ordre phon√©tique : Quelles r√®gles pourraient d√©crire la transformation machina >magnin ?
  • Horning Z 9, p.510 propose comme origine le nom de la r√©gion auvergnate la Limagne, avec d√©glutination de li- compris comme l’article, mais il n’y a pas d’indications historiques que les Auvergnats parcouraient comme marchands ambulants ou ferblantiers non seulement toute la France mais aussi l’Italie (italien magnano).
  • Wiener pense √† *maskinanus ou un d√©riv√© de mango qui posent √©galement des probl√®mes phon√©tiques.
  • Sain√©an pense qu’il s’agit du participe pr√©sent magnant du verbe moyen fran√ßais maignier « manier », d√©riv√© de manus « main », mais un manianus est d√©j√† attest√© en 1250 √† Bologna. Italien moderne magnano « serrurier ».
  • L’hypoth√®se la plus probable √† mon avis est celle de¬† H.-E. Keller dans le FEW qui suppose qu’il s’agit d’un d√©riv√© de *mania une forme secondaire de *manua « anse ». En occitan existe en effet le mot manha « propri√©t√©, qualit√© propre de qch. », et en catalan manya f. « Destresa, habilitat. | Pressa. | donar-se manya « Enginyar-se » (DIEC), espagnol ma√Īa, portugais manha avec le sens « habilit√© » qui viennent d’une forme mania, comme catalan many√† « serrurier », manyana « serruri√®re ». Le probl√®me qui reste est qu’en occitan *manianus n’est pas attest√© et qu’en italien *mania non plus.
  • On pourrait encore supposer que *manianus a √©t√© form√© en occitan par changement de suffixe √† partir de manuarius, mais il n’y a pas d’attestations anciennes d’une telle forme.

Magnolia

Magnolia. C’est en 1703 que Ch. PLUMIER, dans son Nova plantarum americanarum genera, p. 38 a donn√© le nom magnolia √† cette arbre √† fleurs pour honorer Pierre Magnol, le grand botaniste et directeur du Jardin botanique de Montpellier . Le nom a √©t√© repris par Linn√©, qui avait de tr√®s bonnes relations avec les fr√®res de Sauvages¬† et l’universit√© de Montpellier. Ce n’est pas de l’occitan, mais j’ai √©t√© surpris par cette √©tymologie et le nom Magnol a bien un consonance occitane.
Voir l’article dans Wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Magnol.

               

Pierre Magnol 1638-1715                                                                agniolia

Magreb

Magreb « Maroc, Alg√©rie, Tun√©sie, ainsi que l‚Äôancien Espagne des Maures  » voir l’article garbi et Magreb

Mai

Mai ¬ę¬†plus, davantage ¬Ľ. Prononcez comme a√Įe¬† en fran√ßais.¬† SeguierI¬† donne les exemples suivants¬†: encore may, donna me n’enmay, un pauquet may, may et tant may. Du latin magis ¬ę¬†plus, davantage¬†¬Ľ. Tr√®s courant en fran√ßais r√©gional.

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