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faouterna, foterla

Faouterna « aristoloche » (Montagnac), foterla s.f. « aristoloche clĂ©matite » (BotaniqueArles).

Far fauterna « troubler la vue »Â  Ă  Agde d’après Alibert.  Comme le lien sĂ©mantique n’est pas clair, je ne sais s’il s’agit du mĂŞme mot. D’après Mistral  fauterno est une variante languedocienne de farfantello.

Le mot falterna « arristoloche » apparait pour la première fois dans un Dynamidia  du  Xe siècle,  un genre de guide mĂ©dical  sur utilisation des plantes . Ensuite il y a quelques attestations mĂ©diĂ©vales de la rĂ©gion picarde, normande et wallonne,  mais pour les parlers modernes les attestations viennent surtout du domaine occitan.  La première date de 1355.

On n’ aucune idĂ©e de l’origine de ce mot. Il n’y a aucune trace de falterna   en dehors des parlers galloromans.  En googlant j’ai trouvĂ© 3 suggestions :

Eras, quan plou et iverna
e fresca aura e buerna
s’atrai e chai e despuelha la verna,
fas sirventes per esquerna
d’amor, qu’enaissi s’enferna
que las joves an levad’a taverna.
Tant an apres de falterna
que lur cons vendon a terna:
plus son arden non es lums en lanterna.
10 Domnas tozas,   sofrachozas,   la vera paterna
vos cofonda,   e·us rebonda   selh que·l mon governa!
Qu’en Jausbertz   non es tan certz,   per los sanhs de Palerna,
qu’el pantais   del pel no·i lais,   si sec la vostr’esterna.

Si je comprends bien le texte  falterna  veut dire ici « voir trouble, sont aveuglĂ© ».  Faux! Heureusement j’ai demandĂ© au prof. GĂ©rard Gouiran de m’Ă©clairer. Il a retrouvĂ© son article citĂ© dans la note en bas de cette page, oĂą il avait Ă©crit:

Or cette plante passait au Moyen Ă‚ge pour aider Ă  l'accouchement.
On lit en effet, dans le Livre des simples medecines (ms. British Museum
Sloane 3525, 118 v°a) que R. Arveiller m'a fait l'amitié de transcrire :
Por delivrer la feme de sa porteure, prennez la racine d'aristologe et cuisiez la en vin et en huile et faites laver la feme del nombril desi as quisses. La racine doit estre cuillie quant i n'i a ne foille ne flor ; et la foille et la flor, quant elle i est, par ce qu'eles traient tote la force a eus.
On peut également songer aux vertus toniques et emménagogues
reconnues à cette plante. Au lecteur de choisir laquelle de ces propriétés
convient le mieux ici.

Il conclut aujourd’hui : « Je suppose que j’avais dĂ» parler de ce passage Ă  mon très regrettĂ© maĂ®tre Arveiller, qui Ă©tait très fort sur le vocabulaire de la botanique et il faut bien dire que, si l’on attribuait Ă  l’aristoloche la vertu (si j’ose dire!) de faire avorter, il ne me semble pas nĂ©cessaire de chercher autre chose. » Falterna_GĂ©rard Gouiran (texte complet de sa lettre)

DĂ©jĂ  l’abbĂ© de Sauvages  avait Ă©crit pudiquement  qu’il y a deux espèces, une avec des fleurs jaunes pâle appelĂ©e  sarasine, et la seconde est   « l’aristoloche ronde »; on l’emploie pour les maladies de femmes.   Mais elle est très toxique:

l’Aristoloche clĂ©matite possède de l’acide aristolochique au niveau de ses parties souterraines. Cette molĂ©cule est toxique pour l’homme avec de multiples consĂ©quences. (Wikipedia). Plus dans l’article en catalan:  Tinguda des de l’antiguitat sĂştilitzaven algunes espècies com a planta medicinal basant-se en la teoria del signe. És, però una planta tòxica i cal extremar la precuciĂł en qualsevol Ăşs que es faci. La bellesa de les seves flors en fan una planta de jardineria. (Wikipedia catalan).

Sur la thĂ©orie des signatures, dont je parle Ă  propos de plusieurs plantes et leurs utilisations, voir l’article dans Wikipedia français et les autres langues.

Le fait que faouterna « aristoloche »Â  apparaĂ®t dans  le glossaire d’un viticulteur de Montagnac s’explique par le fait qu’il faut Ă©viter d’en mettre avec les raisins, parce qu’il donne un goĂ»t âcre au vin.

Le nom faouterno  a Ă©tĂ© transfĂ©ré  Ă  la « morelle » en Lozère et dans l’HĂ©rault,  et  Ă  la fumeterre dans le Gard. Il s’agit peut-ĂŞtre d’erreurs?

        

Morelle (Solanum ambosinum)     Fumeterre

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[1.Edizioni critiche: William P. Shepard, «A Provençal débat on Youth and Age in Women», Modern Philology, 29, 1931, pp. 149-161, a p. 151; Fortunata Latella, «Un indiscusso caso di intertestualità trobadorica», Pluteus, 6-7, 1988-9, pp. 45-65, a p. 58. Gérard Gouiran, «Le cycle de la bataille des jeunes et des vieilles», in Per Robert Lafont: estudis ofèrts à Robert Lafont per sos collègas e amics, Montpelhièr-Nîmes 1990, pp. 109-133, a p. 127; John H. Marshall, «Les jeunes femmes et les vieilles: une tenso (PC 88.2 =173.5) et un échange de sirventes (PC 173.1 + 88.1)», in Il miglior fabbro. Mélanges de langue et littérature occitanes en hommage à Pierre Bec, par ses amis, ses collègues, ses élèves, Poitiers 1991, pp. 325-338, a p. 333.]

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