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Bandido

Bandido « l’accompagnement des taureaux retournant au bercail par les gardians Ă  cheval» (Camargue), est un « faux ami ». Il ne s’agit pas d’un emprunt Ă  l’espagnol, puisqu’en espagnol bandido signifie uniquement « bandit ». En ancien occitan existait  le verbe bandir « dĂ©ployer une bannière de façon Ă  ce qu’elle flotte au vent ». Le verbe  bandir  vient du gotique bandwjan  « donner un signe ».  Bandwjan  est dĂ©rivé  du substantif  bandwa « signe ».  Bandwa  est Ă  l’origine du mot  bande  « groupe de gens  »Â  sous-entendu « sous le mĂŞme signe ». C’est la notion « groupe, bande, troupeau » qui est essentielle.

 Bandido  médiévale

Dans les langues germaniques nous le retrouvons: allemand Bande « troupeau, groupe », nĂ©erlandais bende, anglais band, qui avec le sens « groupe de musiciens » est revenu en français. (Pour en savoir plus tapez « etymology band » sous Google.)

En occitan moderne dans les Hautes Alpes bandir est « lâcher, dĂ©livrer », dans le  Champsaur bandir les bĂŞtes « leur laisser tout le prĂ© », à  Marseille « exiler » Ă  Alès « chasser, lancer, envoyer ».   

Le sens d’origine du mot bandido a dû  être quelque chose comme « lâcher les taureaux au pâturage ». Je ne l’ai pas trouvé  dans les vieux dictionnaires du languedocien mais il est bien vivant en Camargue.

Les mot francais bandit, néerlandais bandiet  ont la même origine gotique, mais ils nous sont parvenus par l’intermédiaire de l’italien où le part. passé bandito  avait pris ce sens.

Le féminin bandita par contre y a gardé une signification tout près du sens camarguais : « droit d’usage d’un pâturage ».

Le PĂ©gorier mentionne un adjectif bandit  (bos)  avec le sens « bois dont l’exploitation est dĂ©fendue Ă  cause des avalanches » dans le Briançonnais. S’agirait-il d’une Ă©volution sĂ©mantique locale?

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