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emperau, imperaou

Emparau « Travail que fait un ouvrier après sa journĂ©e rĂ©gulière; temps qui reste Ă  l’ouvrier après sa journĂ©e rĂ©gulière ».(Alibert). Deux dĂ©finitions dans le style du Code du travail.
Impéraou :( Travailler plus, pour gagner plus ! )
Temps de travail supplémentaire hors horaire normal d‟un ouvrier agricole pour arrondir les fins de mois. (8 heures en été, 7 heures en hiver). Les jeunes ouvriers agricoles qui laissaient leur semaine à la maison, faisaient leur argent de poche avec ce moyen (adieu les 35 heures !) Définition du blog de marsillargues.

 

L’auteur des Mots de Marsillargues donne un exemple de travail pour les impĂ©raous

RĂ©guons :
Au printemps dans les vignes on dégageait le pied des ceps avec des solides
charrues a soc recourbé fabriquées en majorité à Potelières prés d‟Alés que l‟on
appelaient des sareuses ou des kerpis. Ces déchausseuses laissaient entre les
ceps une liste de terre qu‟il fallait enlever à la pelle, à la sape ou au râteau suivant la
nature du terrain pour bien dégager et aérer les souches. C‟est dans ces réguons
que l‟on mettait le fumier ou l‟engrais. Ce travail se faisant à journée ou à tant le pied,
était un des travaux privilégiés pour les impéraous.

Étymologie d’après Alibert : le verbe  emperar « dominer, rĂ©gner » du latin Ä­mpÄ•rare » (Ă  ajouter au FEW IV, 584 ). Le verbe emperer avec le sens « diriger le cheval’ est en effet attestĂ© en ancien français, mais rarement.Gaston Fesquet atteste le mot emperadou « impĂ©rieux » dans le canton de Lasalle-St.Pierre (Gard). Revue des Langues romanes vol.26 page 55.

D’après une note dans le FEW il s’agit d’un emprunt au latin, mais les donnĂ©es sont trop rares pour le confirmer. L’Ă©volution sĂ©mantique ne m’est pas très claire; peut-ĂŞtre s’agit-il d’une obligation pour les travailleurs de faire certains travaux qui ne permettent pas de dĂ©lais. Cela doit exister dans la viticulture.

Boutels

Boutels :
Grappillons : À la glorieuse époque de la vigne, hélas révolue, après les vendanges
c‟était le Maire du village qui fixait la date d‟autorisation du grappillage. Pouvait aussi
désigner des mollets .(La chanson en patois de Marion disait (méi boutels fasien tiba méi guêtra)s Marsillargues .

Bouteiller :
Grappiller : Les familles se transformaient en “Bouteillaïres“ pour faire leur provision
de vin ou leur cartagène en allant ramasser ces boutels. (Grappillons )

Bouteillier est aussi un nom de famille.

Etymologie : du latin buttÄ­cula « sorte de vase ». Les grapillons ont la forme d’une bouteille. Voir FEW I, 661 et commentaire

destrecha ‘pressoir’

Destrecha « pressoir pour les raisins ». L’Ă©tymologie est l’adjectif /participe passé latin  districtus  » resserrĂ©, Ă©troit, abattu, serrĂ© ».  D’après le Thesoc le mot est limitĂ© aux dĂ©partements  ARDECHE, GARD, et HERAULT.

D’après le FEW III, 100  destrech est  attestĂ© en occitan ancien et moderne avec le sens « passage Ă©troit entre deux montagnes: pressoir; machine Ă  bois Ă  4 piliers pour ferrer ou panser les chevaux vicieux ».  Le fĂ©minin destrecha signifie dĂ©jĂ  en ancien occitan « contrainte, amende, impĂ´t, austĂ©ritĂ© ».

Dans les Alpes destreicha a pris le sens de « repas qu’on fait Ă  la fin de la moisson », une Ă©volution sĂ©mantique Ă  expliquer.

L »abbĂ© de Sauvages donne la forme destrë  avec le description suivante :

destrë_S1

Le fĂ©minin de l’adjectif est dĂ«strĂ«chos,  comme il ressort de l’exemple  nozĂ«s dĂ«strĂ«chos. Je ne sais pas ce que sont des noix cingleuses ? Grâce Ă  l’attention d’un visiteur fidèle, j’ai pu vĂ©rifier dans la deuxième Ă©dition du Dictionnaire languedocien de l’abbĂ© Sauvages oĂą il corrige cingleuses en anguleuses.

 

truelh, triol ‘pressoir’

Triol, truelh « pressoir » Étymologie. Une visiteuse du site  m’Ă©crit :

J’habite Ă  Prades-le-Lez, village au nord de Montpellier dans une impasse appelĂ©e « Lou Triol », j’ai vainement cherchĂ© ce que le mot Triol pouvait signifier (lou = le), dans mon entourage personne n’a pu me renseigner. Avant la construction de notre lotissement en 1987 il y avait des vignes… je ne vois pas le rapport avec Triol. Si vous aviez une petite indication sur ce mot je vous en serais très reconnaissante.

J’ai pu lui rĂ©pondre:

Bonsoir,
Triol ou Truelh vient du latin tĹŹrcĹ­lum « pressoir », il s’agit donc probablement de l’endroit oĂą se trouvait le pressoir ou l’auge dans laquelle on Ă©crasait le raisin avec les pieds ».

truelh XVe s.

truelh XVe s. Wikipedia

TĹŹrcĹ­lu est devenu truey, truilh, triol, trel, truel, treu en occitan. Voir le Thesoc s.v; pressoir Ă  raisin.  et comparez la rĂ©partition gĂ©ographique du type truelh; truolh  avec les donnĂ©es du FEW XIII/2, 39  et vous verrez que la zone TĹŹrcĹ­lu est beaucoup plus grande qu’on ne supposerait avec les donnĂ©es du Thesoc. Elle s’Ă©tend grosso modo jusqu’Ă  la Loire.

DĂ©rivĂ©s : troulhiĂ© maĂ®tre du pressoir, trolhar « presser »,   l’auge pour Ă©craser le raison s’appelait trouĂŻadouĂŻro Ă  Alès.

L’article du FEW occupe 4 pages. Il y a pas mal de mots occitans qui viennent de torculum.

 

Clot. Planter une vigne avec le ‘clot’

« On plante au plantoir (plantadouira) ou Ă  la fourchette ou au clot Ă  l’intersection des lignes tracĂ©es par le rayonneur (enregaĂŻre).  Le «clot» est une tige de fer, un rondin de 12 mm pointu Ă  un bout que l’on plante Ă  l’intersection du rayonnage et avec la « trinca-fòrta« [trinqua-forta] on creuse Ă  cĂ´tĂ© une tranchĂ©e avec sur le cĂ´tĂ©, en repère, la cheville. Ensuite, on place le plant racinĂ© que l’on met Ă  la place du « clot » et on rebouche le trou. »

Raymond Jourdan de Montagnac.  Tous ces dessins viennent de sa description de la Culture de la vigne en Languedoc.  Un travail inestimable sur le travail de la vigne, Ă  partir d’un harmas jusqu’Ă  l’arrachage pendant le pĂ©riode entre les deux guerres.

Plantadouilho_Jourdan    trinqua_fortaJourdan  enregou_Jourdan  enregajealaprovençala

Enregaje_alcarrament

Etymologie : dans plusieurs parlers occitans est attestĂ© le substantif  clota « creux dans la terre; fossette » et le verbe cloutĂ  « faire des trous pour planter la vigne », dans le Gers ce verbe est dĂ©fini comme « faire des clots » ! Je pense qu’Ă  Montagnac  l’instrument pour faire des trous pour planter la vigne Ă  pris le nom du rĂ©sultat.   Un changement sĂ©mantique qui n’est pas rare.

L’origine est d’après le FEW un gaulois mais on n’a pas encore trouvĂ© des mots celtes qui soutiennent  cette hypothèse. Elle est basĂ©e sur la rĂ©partition gĂ©ographique.  Pour beaucoup plus d’info cliquer ici=FEW II, 796-798.

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