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Anglada

Anglada s.f. »angle, cr√™te; contenu d’un angle, coin de terre ». D√©riv√© avec le suffixe -ata du latin angulus « angle, coin ». Ce suffixe ajoute tr√®s souvent la notion de « contenu » √† la racine. Attest√© dans le Compoix de Valleraugue anglade, englade. Gilles Fournier, l’auteur du lexique, donne plus informations et il conclut : une anglade est sans doute « un coin de terre rocheux et inculte »

Langlade (Gard)

Il faudra visiter le village pour savoir quel sens s’applique ici.

Amalou, amaluc

Amalou, amaluc s.m. »t√™te du f√©mur »

Les mots embaluc, amalu, malu signifient aussi « omoplate, hanche »¬† et m√™me  »¬†fesses »¬† (omolu en Ard√™che). Dans le Nord Velay existe un d√©riv√©: malhon « t√™te du f√©mur ». Le mot ne se trouve qu’en occitan et en catalan maluc « les os qui forment les deux parties du bassin »¬†.

Il vient de l’arabe azmal huqq « cavit√© articulaire »¬†. La m√©decine arabe a eu beaucoup d’influence dans l’Occident. Si vous voulez en savoir plus , vous pouvez consulter un des 5580 sites internet ou par exemple; le livre de Danielle Jacquart et Fran√ßoise Micheau « La m√©decine arabe et l’Occident m√©di√©val« .
D’autres mots qui viennent du m√™me √©tymon : Loz√®re demolucat « d√©hanch√© »¬†,
Nord Velay s’esmalhonar « se d√©bo√ģter la t√™te du f√©mur, se d√©hancher », Languedocien (Gard, H√©rault), amalug√† ¬†« meurtrir de coups »¬†. Dans amalug l’√©l√©ment mal- a √©t√© interpr√©t√© comme le mot mal « douleur »¬†, ce qui a donn√© √† Al√®s s’amaluga, √† N√ģmes « cogner » (Mathon) et en fran√ßais r√©gional s’amaluguer « se cogner » (Domergue)

marmite

Amalou ou lamalou d√©signe aussi des « grottes ». L’√©volution s√©mantique « cavit√© articulaire » > « cavit√© » > « grotte » ne pose pas de probl√®mes.
Dans le site de la CLPA je trouve: « Quand il sagit de r√©surgences ou de cavits s’ouvrant pr√®s de sources, de mares ou en bordure de cours d’eau, c’est bien √©videmment ces lieux qui ont influenc√© la toponymie des cavit√©s. Grotte du Lamalou (Brissac, 34) : Le terme de Lamalou d√©signe partout un cours d’eau ou un lieu proche d’un cours d’eau. Celui-ci √©tait d√©sign√© en 1332 comme suit :  » riperia da Amalo ; rivo de Amalo « . Ces noms semblent provenir d’un terme hydronymique incertain lamalo ou amalo d’origine inconnue ce jour. » http://membres.lycos.fr/clpa/etymologie.htm . Dominique Ros le webmaster du site m’a donn√© les sp√©cifications suivantes: Pour  »¬†rivo de Amal riperia da Amaloo  » en 1332 in « Cartulaire de Maguelonne » publi par J. ROUQUETTE, 6 vol, Montpellier, 1912-1927. J’ai √©galement « Raimundi de Amalo » en 1204 in « Cartulaire du chapitre d’Agde publi par O. TERRIN, N√ģmes, 1969 « 

Voir FEW XIX,14

D’autres chercheurs supposent des √©tymologies celtiques ou pr√©latines, mais connaissent-ils le mot languedocien amalou et son √©tymologie ?

Albar

Albar s.m. »peuplier, tremble » au sens propre « peuplier blanc ». Etymologie : latin albńĀris « blanc », qui en occitan a abouti √† trois sens diff√©rents:

  • « aubier, la partie tendre et blanch√Ętre qui est entre l’√©corce et le coeur de l’arbre ». Sens qu’on trouve dans l’ouest, Limousin, Agenais, Gascogne.
  • « saule blanc » √† l’ouest du Rh√īne jusqu’en B√©arn.
  • « tremble, peuplier blanc » en franco-proven√ßal et en ce qui concerne l’occitan principalement dans les d√©partements de l’Aude et de l’Ari√®ge (Thesoc).

Mme Germi mentionne la forme oubère s.f. pour le Champsaur.

D’apr√®s le FEW, l’√©tymon de cette forme est latin √°lbarus « populus alba L. » avec un d√©placement de l’accent qui semble assez fr√©quent en occitan pour les proparoxytons.¬† Cf. Mistral aubrero, aubro, aubrio, ourbrero.

  • Voir P√©gorier pour les tr√®s nombreux toponymes Aubaredo, Aubarou, Aubr√©e, etc.

salix alba populus alba

Aire,airiel

Aire, airiel

‘avec plusieurs membres quarantes deux cannes cinq pans aire airiels trelhatz et pollallier du cot√© du couchant trente quatre cannes’. (compoix Valleraugue 1625 tome 2 page 26)

Etymologie : latin area « espace libre, sol uni ». Eira ou aira en ancien occitan signifie « lieu vide et libre autour de la maison » ¬† ¬† ¬†¬† ( XIe si√®cle) mais d√©j√† √† la fin du XIIe aussi « aire √† battre le bl√© ».

Plus tard a √©t√© cr√©√© le d√©riv√© air√©e ou ayrie « quantit√© de gerbes qu’on met en une fois sur l’aire pour la battre », yerado ou eyrado dans le Gard, et naturellement on s’en est servi pour d√©signer cet espace et le verbe enair√° « mettre le bl√© sur l’aire ».

Dans beaucoup de villages occitans nous trouvons une Rue des Aires ».

La forme airiel, airiel du Compoix n’a √©t√© attest√©e nulle part ailleurs √† ce que je sache, mais je pense que le destrador local a voulu bien distinguer la place libre autour de la maison et l’aire √† battre le bl√©.


le cercle est l’aire √† battre le bl√©

Aigavers

Aigavers, aigovers « ligne de partage des eaux ; ar√™te d’une montagne » d√©ja attest√© en ancien occitan, qui avait cr√©e aussi le verbe aigaversar « faire le partage des eaux ». Il y a quelques attestations du XIXe si√®cle et 146 sites (Google) en occitan moderne!

Dans le Compoix de Valleraugue (1625) la forme a √©t√© orthographi√© aiguevers, ce qui me semble une francisation. Etymologie aqua + versare ‘eau’ + ‘retourner’. En ancien b√©arnais: « l’augabes a la part d’Ossau et deu port d’Anolhaas » Voir le Dictionnaire de l’ occitan m√©di√©val.


avec l aiguevers du Serre del col de Lunda

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