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Anona

Anona, annona s.f.. « bl√© ».¬† Au d√©but du XIIIe si√®cle, Peire Cardenal, t√©moin et acteur de la r√©sistance √† la Croisade contre les Albigeois, a √©crit un Sirventes intitul√© :

Vertat e drechura contre falsedatz e desmezura

Aras es vengut de Fransa                                             A présent est venu de France
Que hom non som√≥na ¬† ¬† ¬† ¬† ¬† ¬† ¬† ¬† ¬† ¬† ¬† ¬† ¬† ¬† ¬† ¬† ¬† ¬† ¬† ¬† ¬† ¬† ¬†¬† ¬†¬† cet usage de n’inviter
Mas sels que an aondansa                                            que ceux qui ont en abondance
De vin e d’an√≥na,¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† de vin et de bl√©,
E c’om non aia co√≠ndansa¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† et de ne plus avoir de relations
Ab paubra persóna,                                                           avec les pauvres gens,
Et aia mais de bobansa                                                 et que celui qui donne le moins
Aquel que meins dóna,                                              soit celui qui se montre le plus ,
E qu’om fassa major¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† et de choisir pour chef
D’un gran trafegador¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† ¬† ¬†¬† un grand trafiquant,
E qu’om eleia-l trachor¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† ¬† ¬† ¬† ¬† ¬† ¬† ¬† ¬† ¬† ¬†¬† ¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† d’√©lire le tra√ģtre
E-l just dezapóna,                                                                       et de destituer le juste.

Voir la  belle page que la  Dormeuse y consacre.

Anona vient du latin annona « r√©colte de l’ann√©e, provision de c√©r√©ales ». (FEW XXIV, 610a-611b), qui n’a √©t√© conserv√©e qu’en galloroman, mais a disparue dans le domaine d’o√Įl depuis le XVIe si√®cle. En occitan et en franco-proven√ßal anona est vivant jusqu’√† nos jours et le sens a √©volu√© comme celui de blat « bl√©, seigle » (du germanique *blad) en devenant plus sp√©cifique : « c√©r√©ale en g√©n√©ral » > « froment » ou « seigle », etc. suivant ce qu’on cultive dans une r√©gion. Dans les formes locales, le a- initial dispara√ģt parfois par aph√©r√®se (rattach√© √† l’article l-), comme √† Marseille nonari√© « march√© au bl√© » (M).

Toponymie. La forme occitane anoniera « magasin de bl√© » est √† l’origine des noms de lieux comme Noni√®res (Ard√®che) ou Les Noni√®res (Dr√īme). Le FEW remarque √©galement que Mistral a peut-√™tre raison en rattachant le nom de ville Annonay (Ard√®che) √† cet √©tymon.

Anglada

Anglada s.f. »angle, cr√™te; contenu d’un angle, coin de terre ». D√©riv√© avec le suffixe -ata du latin angulus « angle, coin ». Ce suffixe ajoute tr√®s souvent la notion de « contenu » √† la racine. Attest√© dans le Compoix de Valleraugue anglade, englade. Gilles Fournier, l’auteur du lexique, donne plus informations et il conclut : une anglade est sans doute « un coin de terre rocheux et inculte »

Langlade (Gard)

Il faudra visiter le village pour savoir quel sens s’applique ici.

Amalou, amaluc

Amalou, amaluc s.m. »t√™te du f√©mur »

Les mots embaluc, amalu, malu signifient aussi « omoplate, hanche »¬† et m√™me  »¬†fesses »¬† (omolu en Ard√™che). Dans le Nord Velay existe un d√©riv√©: malhon « t√™te du f√©mur ». Le mot ne se trouve qu’en occitan et en catalan maluc « les os qui forment les deux parties du bassin »¬†.

Il vient de l’arabe azmal huqq « cavit√© articulaire »¬†. La m√©decine arabe a eu beaucoup d’influence dans l’Occident. Si vous voulez en savoir plus , vous pouvez consulter un des 5580 sites internet ou par exemple; le livre de Danielle Jacquart et Fran√ßoise Micheau « La m√©decine arabe et l’Occident m√©di√©val« .
D’autres mots qui viennent du m√™me √©tymon : Loz√®re demolucat « d√©hanch√© »¬†,
Nord Velay s’esmalhonar « se d√©bo√ģter la t√™te du f√©mur, se d√©hancher », Languedocien (Gard, H√©rault), amalug√† ¬†« meurtrir de coups »¬†. Dans amalug l’√©l√©ment mal- a √©t√© interpr√©t√© comme le mot mal « douleur »¬†, ce qui a donn√© √† Al√®s s’amaluga, √† N√ģmes « cogner » (Mathon) et en fran√ßais r√©gional s’amaluguer « se cogner » (Domergue)

marmite

Amalou ou lamalou d√©signe aussi des « grottes ». L’√©volution s√©mantique « cavit√© articulaire » > « cavit√© » > « grotte » ne pose pas de probl√®mes.
Dans le site de la CLPA je trouve: « Quand il sagit de r√©surgences ou de cavits s’ouvrant pr√®s de sources, de mares ou en bordure de cours d’eau, c’est bien √©videmment ces lieux qui ont influenc√© la toponymie des cavit√©s. Grotte du Lamalou (Brissac, 34) : Le terme de Lamalou d√©signe partout un cours d’eau ou un lieu proche d’un cours d’eau. Celui-ci √©tait d√©sign√© en 1332 comme suit :  » riperia da Amalo ; rivo de Amalo « . Ces noms semblent provenir d’un terme hydronymique incertain lamalo ou amalo d’origine inconnue ce jour. » http://membres.lycos.fr/clpa/etymologie.htm . Dominique Ros le webmaster du site m’a donn√© les sp√©cifications suivantes: Pour  »¬†rivo de Amal riperia da Amaloo  » en 1332 in « Cartulaire de Maguelonne » publi par J. ROUQUETTE, 6 vol, Montpellier, 1912-1927. J’ai √©galement « Raimundi de Amalo » en 1204 in « Cartulaire du chapitre d’Agde publi par O. TERRIN, N√ģmes, 1969 « 

Voir FEW XIX,14

D’autres chercheurs supposent des √©tymologies celtiques ou pr√©latines, mais connaissent-ils le mot languedocien amalou et son √©tymologie ?

Albar

Albar s.m. »peuplier, tremble » au sens propre « peuplier blanc ». Etymologie : latin albńĀris « blanc », qui en occitan a abouti √† trois sens diff√©rents:

  • « aubier, la partie tendre et blanch√Ętre qui est entre l’√©corce et le coeur de l’arbre ». Sens qu’on trouve dans l’ouest, Limousin, Agenais, Gascogne.
  • « saule blanc » √† l’ouest du Rh√īne jusqu’en B√©arn.
  • « tremble, peuplier blanc » en franco-proven√ßal et en ce qui concerne l’occitan principalement dans les d√©partements de l’Aude et de l’Ari√®ge (Thesoc).

Mme Germi mentionne la forme oubère s.f. pour le Champsaur.

D’apr√®s le FEW, l’√©tymon de cette forme est latin √°lbarus « populus alba L. » avec un d√©placement de l’accent qui semble assez fr√©quent en occitan pour les proparoxytons.¬† Cf. Mistral aubrero, aubro, aubrio, ourbrero.

  • Voir P√©gorier pour les tr√®s nombreux toponymes Aubaredo, Aubarou, Aubr√©e, etc.

salix alba populus alba

Aire,airiel

Aire, airiel

‘avec plusieurs membres quarantes deux cannes cinq pans aire airiels trelhatz et pollallier du cot√© du couchant trente quatre cannes’. (compoix Valleraugue 1625 tome 2 page 26)

Etymologie : latin area « espace libre, sol uni ». Eira ou aira en ancien occitan signifie « lieu vide et libre autour de la maison » ¬† ¬† ¬†¬† ( XIe si√®cle) mais d√©j√† √† la fin du XIIe aussi « aire √† battre le bl√© ».

Plus tard a √©t√© cr√©√© le d√©riv√© air√©e ou ayrie « quantit√© de gerbes qu’on met en une fois sur l’aire pour la battre », yerado ou eyrado dans le Gard, et naturellement on s’en est servi pour d√©signer cet espace et le verbe enair√° « mettre le bl√© sur l’aire ».

Dans beaucoup de villages occitans nous trouvons une Rue des Aires ».

La forme airiel, airiel du Compoix n’a √©t√© attest√©e nulle part ailleurs √† ce que je sache, mais je pense que le destrador local a voulu bien distinguer la place libre autour de la maison et l’aire √† battre le bl√©.


le cercle est l’aire √† battre le bl√©

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