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Fabre

Fabre, faure s.m. »forgeron »Â  Site : nom de famille : « En France : 39 592 personnes portent le nom de famille Fabre selon nos estimations. Le Fabre est le 66ème nom le plus portĂ© en France » . Pour les toponymes, voir A.Longnon,Les nom de lieux de la France,p.552 ss. Noms de famille très rĂ©pandu : par exemple le jeudi 29 mars; 1597 dans un jugement : « C’est prĂ©sentĂ© le sire Pierre Fabre, fils Ă  autre Pierre. A estĂ© sensurĂ© pour avoir conduict une putain, ou aportĂ©e en croupe sur une mule, nommĂ©e ladicte putain « La Muscadele ». Pour la suite de cette histoire cliquez!

Etymologie : latin faber « forgeron ». Le mot fabre, favre a aussi existĂ© dans le Nord, mais depuis le XIIIe siècle il y est concurrencĂ© par un dĂ©rivĂ© de fabricare > forger. Il a pourtant pu se maintenir dans la langue juridique jusqu’Ă  la RĂ©volution, par exemple dans des statuts des fèvres couteliers, des fèvres mareschal, et jusqu’Ă  nos jours dans orfèvre.

Fabre s’est maintenu en occitan et en franco-provençal. Dans quelques endroits le sens s’est spĂ©cifiĂ©, comme en Ardèche faure « serrurier ». A Toulouse et dans le Tarn-et-Garonne, les faures est la « vipĂ©rine commune » (Echium vulgare L. ) parce que posĂ©e sur une plaie elle calme la douleur brĂ»lante; autres noms qui confirment : herbe Ă  feu, brĂ»lotte. La plante contient de l’Ă©chiine, un poison paralysant le système nerveux comme le curare!

  faures

Déjà en latin faber était concurrencé par ferrarius. Ce dernier a donné catalan ferrer, espagnol herrero, portugais ferreiro. Faber vit en italien fabbro.

Mourgues

Mourgues, Mourguez « Monaco ».  Jusqu’au XVIIIe siècle, Monaco s’appelait Mourgues.   En  latin Portus Herculis Monoeci du grec Heraklès Monoikos « Hercule solitaire » .  Je ne sais pas pourquoi on a changĂ© ce nom.

Monaco (Wikipedia)

L’origine, le grec monoikos,  est la mĂŞme que celle de  mounjeto, et mounjo.
Il y a plusieurs toponymes Les Mourgues dans le Gard, e.a. Ă  Vauvert , Saint-Geniès-des-Mourgues   dans l’HĂ©rault.

 

Eiris

Eiris ‘hĂ©risson’.  Un visiteur me demande comment Ă©crire Deleris, son nom de famille, en occitan. Un problème …Ă©pineux. Si je lui rĂ©ponds que cela s’Ă©crit comme cela se prononce, j’attire les foudres des « maĂ®tres de la graphie classique », mais je serai Ă  l’abri du Mistral :

Mistral ;  Alibert a une autre variante graphique : eiriç.

Etymologie : le latin avait deux mots pour nommer l’hĂ©risson : erinacius et ericius. Seul le dernier a survĂ©cu dans les langues romanes. En occitan ericius a abouti aux formes donnĂ©es par Mistral. Nous n’avons pas d’attestations d’ericius dans le domaine de la langue d’oĂŻl, mais il a dĂ» exister vu le grand nombre de dĂ©rives directs comme ancien français hericier ‘dresser les cheveux’ > français hĂ©risser.

La forme eiris a subi une très forte pression de la langue d’oĂŻl qui avait crĂ©e très tĂ´t un dĂ©rivĂ© avec le suffix -one : hĂ©risson, qui l’a remplacĂ© presque partout, comme languedocien eirissoun (Mistral). Eiris ne s’est maintenu que loin de Paris comme dans l’Aveyron. Voir la page consacrĂ©e Ă  l’histoire des  mots qui dĂ©signent le  tablier pour comprendre le progrès du patois de l’Ile de France dans le domaine galloroman.

Le transfert de sens Ă  ‘bogue de châtaigne’ se trouve non seulement en occitan et en franco-provençal, mais aussi en italien et espagnol. Par la suite beaucoup d’outils ont pris le nom de hĂ©risson.

    

Comme sobriquet urisson est attestĂ© depuis le moyen âge en dauphinois. Le passage d’un surnom Ă  nom propre est très courant. D’autre part j’ai trouvĂ© dans un dictionnaire Ă©tymologique des noms propres, que le nom Leiris ou Leyritz viendrait d’un nom de lieu identique qu’on trouve dans l’Ardèche, la Haute Loire, l’HĂ©rault et la Lozère, ce qui correpond Ă  peu près de la gĂ©ographie du mot eiris. S’agit-il de notre eiris ou de Leyris qui signifie ‘friche’ d’après PĂ©gorier? Le problème est que  je n’ai retrouvĂ© leyris avec ce sens dans aucun parrler occitan.
Le nom de famille Leyris est le plus frĂ©quent en Corrèze et dans le Gard. Le nom Deleris dans le Tarn et l’Aveyron.

Espinchar

Espinchar « lorgner, Ă©pier, observer, regarder du coin de l’oeil », espincher en français rĂ©gional.

Etymologie : germanique, probablement la forme francique *spehĂ´n « Ă©pier, guetter, regarder », croisĂ© avec le reprĂ©sentant d’un autre mot germanique, le verbe *wenkjan « chanceler » > occitan guinchar « gauchir, pencher », ancien occitan far ganchia  » recourir Ă  des subterfuges, refuser » (environ 1190).

Espinchar
est limitĂ© au provençal et Ă  l’est-languedocien. D’après le Thesoc espinchar « regarder », dans le Gard, l’Ardèche et la Lozère. En francoprovençal nous le trouvons dans le Lyonnais et le Forez. A NĂ®mes il est très vivant en fr.rĂ©g. Joanda, journaliste Ă  la Gazette de NĂ®mes, y a consacrĂ© un paragraphe, oĂą il Ă©crit que le verbe guinchar est un synonyme d’espinchar. D’après lui, una espinchada est « un coup d’oeil rapide » et l’espincha « la vue; les yeux ».
Il y a un village Espinchal dans le Puy de DĂ´me, dont l’Ă©tymologie doit ĂŞtre le mĂŞme  que celle de  espincher  « Ă©pier, guetter, regarder » un endroit qui permet de surveiller les environs.

NĂ©erlandais spieken « copier » utlisĂ© uniquement dans le langage scolaire, oĂą il faut regarder obliquement ! Français epier, espion etc. voir TLF; allemand spähen. Pour 30 autres langues suivez ce lien.

NOUVEAU : Il y a maintenant des vidéos étymologiques (!!!) e.a. espincher sur le web!

Esperar

EspĂ©ra(r) « patienter » espĂ©rer en fr.rĂ©g.(Camargue) vient  du latin sperare « attendre, s’attendre Ă  ».

Cette Ă©volution sĂ©mantique s’est produite principalement dans le Midi et plus spĂ©cialement dans le milieu des chasseurs, oĂą « attendre le gibier » est souvent synonyme de « patienter ». On n’y fait pas la chasse Ă  courre (du verbe courrir!). ĂŠtre Ă  l’espère « ĂŞtre Ă  l’affĂ»t » (Camargue), a l’espĂ©ro « Ă  l’affĂ»t »(S); espĂ©re Ă©tant le « lieu oĂą on l’attend un gibier »(Camargue). Dans la rĂ©gion d’Uzès un esperaire est devenu un « braconnier ».

Grâce Ă  Stendhal (Chartreuse, p.52) l’expression est entrĂ©e dans le TLF : comme rĂ©gional « Midi et Lyonnais »Â  :

« Il Ă©tait presque nuit; il lui (Fabrice) semblait ĂŞtre Ă  l’espère, Ă  la chasse de l’ours, dans la montagne de la Tramezzina.. »

Atger donne le dicton : (Ă©coutez espere) Cal bol de bel tens, cal quĂ© l’espèrĂ© : « Celui qui veut du beau temps doit l’attendre »

 

                    

L’Esperou (Valleraugue, Mont Aigoual), Ă©tait autrefois un endroit oĂą les chasseurs ou braconniers Ă©taient Ă  l’affĂ»t, mais maintenant c’est un endroit oĂą les skieurs patientent au pied du tĂ©lĂ©phĂ©rique.

Voici les plus anciennes attestations du nom de l’EspĂ©rou. A l’Ă©poque le  -n  final Ă©tait peut-ĂŞtre encore prononcĂ©.

(E.Germer-Durand, Dictionnaire topographique du Gard)

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