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Sampa

Sampa nom f. 1. mare; 2. creux oĂą l’eau se rassemble loc.; 3. eau dormante loc. Le site Panoccitan qui fournit  aussi les dĂ©rivĂ©s sampada n. f. mare
sampeta n. f. petite mare loc.; sampon n. m. petit creux plein d’eau loc. mais je n’ai pas trouvĂ© les attestations.

La première attestation vient de l’abbĂ© de Sauvages (S2) sâmpo « Ă©gout ». Il ne se trouve qu’en languedocien (cf Thesoc, s.v. » mare ») et rarement en  gascon.

L’initiale varie suivant les localitĂ©s : champo Ă  Castres, tsompo Ă  Calmont (Aveyron), tchompo Ă  Espalion (Aveyron). La signification varie de « mare » Ă  « flaque d’eau », « creux de terrain oĂą l’eau stagne », « petite source », « bassin ».

D’après PĂ©gorier on trouve un diminutif sampeto, sampoun « petite mare, petit creux » comme toponymes en Provence. Une toute première attestation comme toponyme vient des anciennes coutumes le Lamontjoie (Lot-et-Garonne) qui datent de 1299, oĂą est mentionnĂ© un Galhaordo de Sampot. (le lien vous mène directement Ă  la page voulue!)

D’après Hubschmid (dans FEW XIII/2,344a-b) il s’agit d’une racine *tsampa « mare, flaque d’eau » prĂ©-indoeurpĂ©en. Si ce sujet vous intĂ©resse, veuillez googler dans la catĂ©gorie Livres : « Hubschmid + vorindogerm » et verrez qu’il est spĂ©cialiste dans ce domaine.

SpĂ©cialement dans l’Aveyron, il y a des formes avec -ou- , tsoumpo, soumpo « creux du terrain oĂą l’eau s’amasse et oĂą vont boire les bĂŞtes au pacage » ou « rĂ©servoir maçonnĂ© Ă©tanche et muni d’une bonde de vidange » qui sont rattachĂ©s au mĂŞme Ă©tymon.
Honorat mentionne une sambro avec le mĂŞme sens pour le Var.

Sambra_Honorat Extrait Honorat. Caussols (Wikipedia)

Comme Alibert, j’ai pensĂ© Ă  un lien avec l’allemand Sumpf « marais; creux oĂą l’eau se rassemble », mais je n’ai pas trouvĂ© de confirmations. Il doit y avoir des difficultĂ©s phonĂ©tiques. Voir l’article Sumpf chez Grimm qui fournit beaucoup de renseignements.

Usclar

Usclar v.tr et intr. « flamber, brĂ»ler, griller, roussir, hâler » et les dĂ©rivĂ©s usclada « partie de forĂŞt ou de lande brĂ»lĂ©e », uscle « odeur de brĂ»lĂ©, brĂ»lure, hâle » du latin Ăşstulare « brĂ»ler un peu, consumer; brĂ»ler en parlant du froid, attaquer » .

Rusclar  se trouve dans le Périgard,  et dans le Gard Rhodanien  ailleurs la forme usclar   et surtout brülar est prépondérant

Voir le texte d’Aramon !

L’abbĂ© de Sauvages (vol.2,p.349) cite le dicton A lou mâou d’un cat uscla, vâou mâi qĂ« noun parei : Il en est de lui comme d’un chat qui a le poil brĂ»lĂ©, il vaut mieux qu’il n’a d’apparence ».

Uscla, Usclada, Usclat  sont aussi des toponymes , avec le sens « terrain brulĂ© (par Ă©cobuage)  d’après le PĂ©gorier.

Voir l’article  ruscle

Rove, rouve

Rove « chêne blanc », XIIIe s., ancien provençal rover. Latin  robur. La forme avec –v-   se trouve surtout à l’est du Rhône, p.ex. à Le Beausset .

A Valleraugue, hameau de Taleyrac (Gard), se trouve la Pansieire du pré du Rouve.

A Montpellier rouve  un une « sorte de genêt »(osyris alba). Voir aussi  roire et rore .


rouve
osyris alba

Voir aussi roire ,  rore et l’article qui approfondit  les diffĂ©rentes dĂ©nominations des chĂŞnes en occtan : Cassanus, robur, quercus, carra.

Roumpude

La Roumpude  toponyme dans le Gard et l’HĂ©rault. Voir rompre, roumpre

Roumpre, roumpudo

Roumpre « dĂ©fricher ». rompudo « terre dĂ©frichĂ©e ».  En ancien français comme en occitan rompre, roumpre avait aussi le sens « labourer une terre pour la première fois après un long chĂ´mage ». L’origine est le latin  rumpere « briser, casser avec force ».

L’abbĂ© de Sauvages le traduit avec « dĂ©fricher » et il fait la remarque qu’en français rompre en ce sens est tout-Ă -fait impropre.  Raymond Jourdan (Montagnac)  Ă©crit:

CrĂ©ation d’un vignoble. Le dĂ©foncement : appelĂ© aussi le charruage, en occitan  roumpre.  Avant 1914, avec une pioche,  trinqua forta ou un trident harpa de rompuda  (a=o). Travail pĂ©nible et très long fait en colas, groupe de plusieurs salariĂ©s agricoles : brassiers ou  journaliers.  L’agenciment ou roumpuda   consiste Ă  labourer profondĂ©ment, 40 Ă  60 cm, pour planter une vigne nouvelle (mayol). Après 1914 la roumpudo  se fait avec des chevaux , 2, 4 ou 6, et une grosse charrue Ă  versoir Ă  mancherons.

trenca -harpa

La raison de cet article m’a Ă©tĂ© donnĂ©e par un visiteur qui m’a demandĂ© de lui donner des renseignements sur quelques toponymes de Barre-des-CĂ©vennes, dans un hameau abandonnĂ© en 1950 et repeuplĂ© dans les annĂ©es ’80. Il avait trouvĂ© des noms comme La Falguiere, et La Roumpude dans le cadastre.

La Roumpude est dans le dictionnaire de l’abbĂ© Sauvages et signifie « novale, une terre nouvellement dĂ©frichĂ©e et mise en labour; dĂ©frichement de terre » synonyme de issar. Les attestations donnĂ©es par le FEW de roumpude se trouvent dans le Gard et l’HĂ©rault. Pourtant le mot est très ancien.  Dans le  Du Cange est Ă©crit:

RUMPUDA, idem quod Ruptura, Ager nuper vel jam olim proscissus et ad culturam redactus. Vide in Rumpere. Charta ann. 1171. ex Tabul. Casæ Dei (Du Cange) et dans l’article PESZATA. Ut Pezada. Charta n. 2, J. 330, A. N., an. 1151, Bernardus Ato V, comes Nemausensis, tradit omnes cartos et taschas quos… in termino de Cavairaco… in futurum sibi ex novis rumpudis vel Peszatis accrescere poterunt. Concedo monachis S. Vincentii de Juncheriis duas pecias terrarum laboratarum et unum camerarium horti in riperia de Cauroncello, suptus Rumpudam, quæ fuit magistri Vitalis ().

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