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Boutels

Boutels :
Grappillons : À la glorieuse époque de la vigne, hélas révolue, après les vendanges
c‟était le Maire du village qui fixait la date d‟autorisation du grappillage. Pouvait aussi
désigner des mollets .(La chanson en patois de Marion disait (méi boutels fasien tiba méi guêtra)s Marsillargues .

Bouteiller :
Grappiller : Les familles se transformaient en ‚ÄúBouteilla√Įres‚Äú pour faire leur provision
de vin ou leur cartagène en allant ramasser ces boutels. (Grappillons )

Bouteillier est aussi un nom de famille.

Etymologie : du latin buttń≠cula « sorte de vase ». Les grapillons ont la forme d’une bouteille. Voir FEW I, 661 et commentaire

braietos ‘primev√®re; narcisse’

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Braietos, bra√Įettes en fran√ßais r√©g.¬† ‘primev√®re », √† Valleraugue (Gard) « narcisse des pr√©s ». L’√©tymologie est le celte braca  » pantalon ».¬† Cette formulation est¬† un bon exemple d’une √©tymologie de dictionnaire qui nous apprend rien.¬† Par contre¬† lhistoire de ce mot qui nous vient de loin, nous renseigne entre autres sur l’√©volution de l’habillement, bref¬† de la Mode. (FEW I,482)

Les Romains n’ont jamais eu l’id√©e de couvrir les jambes avec du tissu, √† Rome il faisait trop chaud pour cela. En conqu√©rant la Gaule, o√Ļ r√©gnait un autre climat, les centurions, jambes nues, voyaient les Ast√©rix et Ob√©lix avec des bracae¬† qui couvraient les jambes jusqu’aux chevilles. Malins,¬† ces Gaulois!

 

                                             centurions   guerrier celte

Les centurions¬† les ont certainement vite adopt√©es, en dehors des combats bien s√Ľr, et parfois ils¬† les portaient quand ils revenaient de la Gaule passer leur permission. ¬† A Rome c’√©tait consid√©r√©¬† barbare et ridicule. Au¬† premier si√®cle on les montrait encore du doigt, mais on n’osait¬† quand-m√™me pas trop se moquer de ces soldats. Deux si√®cles plus tard tout le monde portait des bracae.

C’est comparable √† l’histoire du jean en denim.

La Mode¬† s’en est occup√©e et le pantalon gaulois, tr√®s long, a √©t√© de plus en plus raccourci.¬†¬†¬† Au temps des M√©rovingiens on portait un genre de « short’ qui couvrait les cuisses qu’on appelait chausses:

v√™tements m√©rovingiensEnsuite au cours du Moyen √āge les chausses ‘s’allongent et couvrent les braies, qui changent de « classe sociale » et deviennent¬† « cale√ßon, culotte, pantalon de travail, langes », bref,¬† un v√™tement qu’on ne montre pas ou peu.

Avant que les braies disparaissent de la vue et de la rue, on a compar√© la fleur de la primev√®re¬† √† la jambe d’une braie :

Primula_veris0_clean     chausses longues

D√©j√† au Xe si√®cle nom coculobraca se trouve dans une liste de plantes en latin, une combinaison de cŇ≠cŇęlus + bracae, litt√©ralement « braies de coucou » ou « braies de niais ». S’agit-il d’un souvenir que la braie n’√©tait pas « classe »? En occitan braguet signifie aussi « canon de culotte.

Par abr√©viation braies de coucou ou coucu devient braies, braiettes, ou bien¬† couc√ľt, coouguioulo etc1 un peu partout en France.¬† D’apr√®s le Thesoc le type coucu est le plus r√©pandu.

La primev√®re et la narcisse des pr√©s ont deux traits en commun : elles fleurissent au printemps et elles sont jaunes. Cela suffit pour un transfert¬† du nom.¬† Par exemple √†¬† Saint-Andr√© de Valborgne, comme dans l’Aveyron et ailleurs (voir FEW II, 1454b) couc√ľt d√©signe aussi la « narcisse des pr√©s ». A Valleraugue c’est l’inverse¬† ce sont des¬† braiettes.¬†

Dans plusieurs parlers du Nord et dans les Ardennes le coucou/cocu a √©t√© remplac√© par le chat : braille de chat √† Maubeuge Ailleurs braies a √©t√© remplac√© par chausses; toujours dans l’Aveyron la primev√®re est aussi appel√©e calsos de couc√ľt. 2

PS. Le Thesoc  fournit  4 autres noms pour la narcisse des prés: coutèlo , courbadona, barbeluda et aneda.

bra√Įettes

Notes
  1. Latin cŇ≠cŇęlus¬†« coucou » devient r√©guli√®rement cocu,¬† forme qui en fran√ßais s’est maintenue jusqu’au XVIe si√®cle et de nos jours¬† dans l’occitan de l’Aveyron o√Ļ¬† la primev√®re s’appelle couc√ľt¬† ou bragos de couc√ľt (FEW II,1454).¬† En languedocien existe aussi le d√©riv√© coouguioulo « primev√®re »(FEW II, 1453).
  2. Dénomination qui est passé au flamand voisin kattekous.

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqu...

Simbel,¬†« appelant » mais aussi « abruti, fou, emmerdeur (Cov√®s, S√®te √† dire).¬† Alibert¬† l’√©crit cimb√®l.

La graphie¬† cimb√®l impos√©e par les Occitanistes, pourrait √™tre l’occasion d’un d√©bat sur l’ORTHOGRAPHE de l’occitan.¬† Alibert nous fournit m√™me 3 graphies diff√©rentes suivant le sens du mot :

  • cimbala « cymbale »,
  • cimbel  » ligne, signal, enseigne’ Toulouse, C√©vennes; appeau, clochette, pour b√™tes √† cornes. » Rouergue «  »taureau conducteur »; au figur√©  » cause sujet, occasion » Far cimb√®l « √™tre dans l’attente ».
  • cimbol¬† « clochette, grelot ».

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué.

La justification de la graphie avec c- est l’√©tymologie cymbalum,¬†mais pourquoi pas¬†cymbel¬†?

Pour toutes les significations que cymbalum « cymbale » a prises¬† principalement dans les parlers occitans voir le FEW II, 1611.¬† lien direct.¬† Les sens¬† fournis par Cov√®s donn√©s ci-dessus, n’y sont pas. Il doit s’agir d’une √©volution locale, sugg√©r√©e par le mot simplet ??

Couté negre "cous noirs"

Cout√© negre « cous noirs » est le sobriquet des habitants de Marguerittes (Gard) et de Saint-Laurent d’Aigouze¬†¬† Languedocien cout√©, proven√ßal coutet¬† est un d√©riv√© de c√≤ta « nuque » attest√© en ancien occitan et par Mistral;¬† √† Nice cou√≤ta « nuque ». [1. Achard cite en plus les cots¬† « les go√ģtreux » pour les habitants de Cahuzac-sur-l’Adour (32), les cots gros « go√ģtreux » pour les habitants des Hautes Pyr√©n√©es et les cots longs pour les habitants de S√©m√©acq (64). Il n’est pas clair √† quel √©tymon il faut les rattacher]¬†¬† L’√©tymologie est le grec őļ√≥ŌĄŌĄő∑ « t√™te » ou plut√īt őļ√≥ŌĄŌĄőĻŌā « t√™te, nuque ». Il est¬† probable qu’il s’agit d’un mot que nous avons h√©rit√© directement des colonies grecques dans le Midi et qu’il ne s’agit pas d’un emprunt savant par les m√©decins.

L’association des ain√©s √† Marguerittes s’appelle¬† Li Cout√© Negre¬† ce qui montre que le mot est encore vivant chez nous.¬†¬† Il ne s’agit pas d’un sobriquet des miniers, mais des vendangeurs,¬†¬† qui avaient toujours la nuque au soleil.

coto Mistral    vendangeurs, la nuque au soleil

On trouve cette famille de mots surtout¬† √† l’est du Rh√īne jusqu’en Franche-Comt√©.¬† Le m√™me √©tymon est √† l’origine¬† du sicilien¬† cozzu¬† « nuque », du napolitain cozze et de l’espagnol cuezo.

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Negochin, negafol, neguati

Negochin « petit bateau de p√™cheur »¬† est¬† un mot plut√īt proven√ßal,¬† m√™me s’il est attest√© aussi dans leGard. L’√©tymologie est le latin necare + cane « chien ».¬† Le verbe necare¬†¬† signifie « tuer qn avec violence » en latin classique, mais son sens s’est restreint √† « noyer » dans presque toutes les langues romanes.

Ce nom est même passé en français. Dans le Grand Larousse de 1874  est écrit: 

N√ąGUE-CHIEN s. m. (n√®-ghe-chiain – du proven√ß. n√©gar, noyer, et de chiain, √† cause du danger de se noyer que l’on court en montant un de ces bateaux. Le mot p√©rissoire a une origine toute semblable). Tr√®s-petit bateau dont on se sert pour chasser le gibier d’eau. On dit aussi N√ąGUE-FOL.¬† NOIE-CHIEN¬† synonyme de n√®gue-chien.¬†

Negofol qui vient de necare + follis 1 est le mot courant de la rive droite du Rh√īne jusqu’√†¬† Toulouse, le Tarn et Agen, mais dans cette derni√®re ville n√®go-fol d√©signe la « renoncule aquatique ».

nègofol agenois

Mistral conna√ģt beaucoup d’autres compos√©s avec n√©go-:

        

Dans le Midi Libre du 25 juillet 2011, il y avait un article sur les activit√©s de l’association Siloe. « Le neguati a √©t√© sorti de l‚Äôeau il y a quelques jours; les travaux de restauration supervis√©s par Siloe commenceront √† la fin du mois. »

neguati article ML

J’ai l’impression que la forme neguati « barque traditionnelle des √©tangs de¬† Camargue »¬† donn√© par le Midi Libre est une adaptation r√©gressive au fran√ßais de la prononciation locale n√©gatchi > negati¬† mais je n’en suis pas s√Ľr.

¬†Voir aussi l’article ganchou

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Notes
  1. en latin classique ¬ę soufflet pour le feu; outre gonfl√©e; ballon; bourse de cuir ¬Ľ qui a pris √† basse √©poque en emploi adj. le sens de ¬ę idiot, sot ¬Ľ TLF
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