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carbonara, carbounat

Dans le site Druide, Histoire de mots, festival de pâtes, l’auteur raconte l’origine et le succès de la recette spaghetti alla carbonara.  Comme Ă©tymologie du nom carbonara il propose carbo « charbon » parce que les petits grains de poivre noir  se dĂ©tachent des pâtes blanches comme des grains de charbon.

Carbonara

Une bonne explication. En occitan  carbounat signifie « blĂ© niellĂ©; nielle ».  La nielle est une plante Ă  graines noires et toxiques, qui pousse souvent dans les blĂ©s. FEW II,358

Nielle_capsulecapsule de nielle

niellenielle de blé dans un jardin

 

Le niellage est une technique d’orfèvrerie très ancienne.

caoussido ‘chardon’

Caoussido caussido  ‘chardon aux ânes’ (onopordum acanthium) ou « chardon des champs »(cirsium arvense)  est rĂ©pandu dans tout le Midi de la France. L’Ă©tymologie latin *calcita pose quelques problèmes.

Cirsium_arvense0

chardon des champs (circium arvense)

Onopordum_acanthium_002

et chardon aux ânes (Onopordum_acanthium)

Caoussido  comme chardon  en français est utilisé pour des plantes qui appartiennent à des familles différentes.

La première attestation du latin médiéval calcida date du début du XIIe siècle, dans le Liber floridus de Lambertus de Sancto Audomaro. (consultable chez Gallica). Un très bel article avec de magnifiques illustrations dans Wikipedia.

Arbres symbolisant les Huit BĂ©atitudes

Arbres symbolisant les Huit BĂ©atitudes

En latin on ne trouve que les mots chalceos, calcetum et chalca chez Pline qui les a empruntĂ© au grec χαλκειος, χαλκη (chalkeios, chalkè) qui dĂ©signent une plante avec des Ă©pines.  Le petit problème qui se pose est la terminaison en -ido. Le fait que ce nom ne se trouve que dans le Midi permet de supposer qu’il y a Ă©tĂ© introduit  directement par les Grecs, surtout parce qu’il Ă©tait très utilisĂ© en mĂ©decine, en particulier pour le traitement des varices.

FEW XXI, 189 chardon

Oughes ‘hièble’

Oughes « hièble, yèble » plante annuelle qui ressemble au sureau  et s’appelle aussi « sureau-hièble ». L’Ă©tymologie est  le gaulois   ĹŹdĹŹcos « hièble »Â  attestĂ© en ancien provençal ooulgue et dans les parlers franco-provençaux et provençaux Ă  l’est du RhĂ´ne,  auguĂ© en Ardèche d’après Olivier de Serres (cliquez sur le lien pour voir les autres formes  FEW 7,324) 

J. Ubaud a fait une liste de noms de plantes en occitan donne 3 formes pour le languedocien et 2 pour le provençal, mais elle interdit toute reproduction; je reproduis donc sa source, le Trésor de  Mistral, qui est plus intéressante et qui donne plus de formes:

hiebleMistral

en suivant le conseil de Mistral :

CaussidoMistral

Marcellus Empiricus  un auteur mĂ©dical latin de l’AntiquitĂ© tardive Ă©crit qu’il s’agit  d’un mot gaulois (1). Les peuples germaniques l’avait empruntĂ© bien  avant les invasions barbares du IVe siècle et il a Ă©tĂ© conservĂ© dans plusieurs dialectes comme l’alsacien. Adik, adec « hièble » est mentionnĂ© dans les dictionnaires nĂ©erlandais jusqu’au XVIIIe siècle, mais peu usutĂ© depuis le XVIe. En ancien allemand  la plante s’appelle attach, attuch.

hieble

Ailleurs c’est le type ĕbulum « hièble » qui a donnĂ© dans les parlers occitans  èoule, aoule (Toulouse), Ă©bou, nĂ©boul (Aveyron), gĂ©ou (Gers).

La forme égou  du languedocien (Sauvages S1), ,   est classé dans les deux articles du FEW avec la remarque que les deux types sont plus ou moins  confondus. ( FEW 3,202)

Sur le sens de  ĕbulum voir aussi le site  Dictionnaire étymologique des noms de plantes

1. .C’est Marcellus de Bordeaux qui nous donne le nom gaulois de l’hièble, « Herba quae … latine ebulum, gallice odocos dicitur » Marcellus de Bordeaux, De medicamentis liber, VII, 13. Probablement basĂ© sur une racine « od- » (sentir, puer), l’hièble Ă©tant particulièrement odorant.source

CoucarĂŞlo ‘nombril de VĂ©nus’

CoucarĂŞlo ‘nombril de VĂ©nus’. (L’umbilicus rupestris , qui a de nombreux noms en France; cf Wikipedia). L’origine est l’onomatopĂ©e kĹŹk- qui imite le d’abord le chant du coq, coco coco en latin, et devient ensuite le nom de l’animal en remplaçant le mot gallus (FEW II, 859.)

L’abbĂ© de Sauvages (S2) Ă©crit: CAPĂ‹LĂ‹TO

coucareloS2

coucareloL’onomatopĂ©e kĹŹk-  est Ă  l’origine d’un grand nombre de noms de plantes, dont le coquelicot est la plus importante. La couleur du coquelicot fait penser Ă  la crĂŞte du coq.  A Nice une coucourèla  est une « sorte de figue rouge Ă  l’intĂ©rieur ».  Le premier pas fait, d’autres suivent, sans qu’il soit toujours possible de connaĂ®tre la raison du transfert. Voir le FEW II,859a-b, qui mentionne entre autres coquelet, coqueret, coquerotte, cocquerelle comme noms du physalis alkekengi ou « amour en cage1« :

alkekengi

Amour_en_cage

ancolie

 

 

 

 

 

 

 

 

Ailleurs koklikot, coquerelles signifie « ancolie », coquelette « digitale », etc. Le nombril de VĂ©nus ne ressemble pas moins Ă  une crĂŞte de coq qu’une digitale.  Pourtant l’auteur du FEW a mis l’occitan coucarĂ©lo « nombril de VĂ©nus » , attestĂ© en Languedocien et empruntĂ© au XVIIe s. par la langue nationale coquerelle, dans les noms d’origine inconnue2.  Voir FEW XXI,170

D’après le CNRTL coquerelle signifie aussi « noisette dans sa capsule verte ».

Dans mon patois limbourgeois (NL) coquerel « toupie », kokerellen « jouer Ă  la toupie ».

Notes
  1. cĂ©rèy’so dĂ© jusious en provençal
  2. Le dĂ©rivé coucourelĂ©to  dĂ©signe en plus le « sein d’une jeune femme ». Peut-ĂŞtre le capĂ«lĂ«to  vue Ă  l’envers?

Esparcel ‘sainfoin’

Esparcel  » sainfoin. » l’Étymologie est le participe passĂ© latin sparsus du verbe spargere « rĂ©pandre ». L’explication de cette Ă©tymologie se trouve dans le fait que l’esparcel est semĂ© Ă  la volĂ©e.

Semeur_à_la_volée

Christine Becikowski  a consacrĂ© un article au Manuel d’agriculture et de mĂ©nagerie, avec des considĂ©rations politiques, philosophiques & mythologiques, dĂ©diĂ© Ă  la patrie, par le citoyen Fontanilhes, Ă  Toulouse, de l’imprimerie de la citoyenne Desclassan,  1794-1795. Fontanilhes  se proposait d’instruire ses lecteurs du moyen d’augmenter la production agricole en France, et plus spĂ©cialement en Ariège et en Haute-Garonne. Il utilise (consciemment ?) plusieurs mots issus de l’occitan que l’on peut considĂ©rer comme du français rĂ©gional, dont esparcel.

C’est l’agronome Olivier de Serres  originaire de l’Ardèche qui  a introduit le nom  esparcet  en français au XVIe siècle.

Voir  FEW XII,134b

sainfoin

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