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Fartalio fartaille

Fartalio (fartaille en  fr.rég.) « menues herbes potagères »(déjà S ; Job). « vieilleries »(Andolfi).

  à Bruxelles

Du latin fartalia (dérivé de fartum le part. passé du verbe farcire) attesté au VIe s. chez le médecin Anthimus, avec le sens « farce, hachis ».

Le mot, ainsi que les dĂ©rivĂ©s fartaiaire « marchand de jardinage »(Mistral) et fartaiá v.a.« cueillir et parer les herbages d’un potager, les prĂ©parer pour la vente », semblent ĂŞtre typiquement nĂ®mois. Pourtant dans le dictionnaire de 8 langues de Junius, Hadrianus (1511-1575): Nomenclator octilinguis j’ai trouvĂ© :

mais je connais pas l’origine de cette traduction en grec.

Frigoulo, farigoulo

Frigoulo « thym », vient du latin fericula un dĂ©rivĂ© de ferus « sauvage ». Un mot typique pour la rĂ©gion autour du golfe de Lion, cf. catalan frigola,  et  l’ancien occitan ferigola.

Normalement  fericula aurait dû aboutir à *fericla, mais c’est  peut-être sous l’influence des moines qui s’occupaient beaucoup des plantes médicinales et du latin, que l’évolution de la forme a été ralentie. Michel Chauvet me fait savoir que le mot se retrouve dans les parlers italiens (Penzig, Flora popolare italiana) :

Liguria : FerrĂągera (Bordighera); FerĂągula (Mortola); Ferigola, FrĂągola, Figoli (Nizza); FrĂągola, FurĂągola (Escarena)… En italien, ces formes sont normales, l’accent Ă©tant sur la syllabe prĂ©cĂ©dant le o / u. Pourrait-ce ĂŞtre une influence italienne, et alors pourquoi ?

En languedocien nous trouvons aussi le dérivé frigoulous « terre en friche rempli de thym ». Un autre dérivé, frigoulo, ou frigouleto  désigne le « serpolet » qui est très proche du thym. Depuis le XVIe siècle la férigoule se trouve dans des textes français mais toujours avec une référence au Midi, par ex. Pierre Larousse : « farigoule  nom du thym dans le midi de la France ». Il y a beaucoup de noms de lieu, par ex. :

L’abbaye St. Michel de Frigoulet. Magnifique!

Une recette trouvé sur internet : « Fricassée de volaille au pèbre d’ail et farigoule ». C’est devenu un nom de magasins, restaurants etc.

thym         serpolet

D’autres noms pour le thym pebrada, serpol, voir Thesoc.

Fatras

Fatras « haillon » (S). Probablement un dĂ©rivĂ© de fato, voir fataire. A cause de l’attestation tardive du mot français fatras  au XIVe siècle seulement et du mot provençal et languedocien au XVIIIe , von Wartburg pense que l’occitan l’ a empruntĂ© au français (FEW).

Vu le fort dĂ©veloppement du mot et des  dĂ©rivĂ©s de fato, en occitan, je pense qu’il s’agit plutĂ´t d’un dĂ©rivĂ© de celui-ci. Les mots expressifs en –as  sont très nombreux en occitan  et l’insertion du –r- peut s’expliquer par l’influence de mots comme  pataras « sale ». Il est Ă©galement possible que le  -r- a Ă©tĂ© insĂ©rĂ© par association avec  des mots comme fatrassou « petite guenille ; petit marmouset ». Fatrassou vient   de *fatelassou   Occitan  fatras  a  ensuite Ă©tĂ© prĂŞtĂ© au français.

Afatrassir 1. v.tr. »rendre mou, lâche » 2.v.r. « s’avachir » (Mathon ; Alibert ) composĂ© de ad + fatras ‘rendre comme un haillon’.

Alibert mentionne  faterassa « chiffon; molène « . Connaissez-vous la molène? Cliquez sur le lien! La description « Ses feuilles sont Ă©paisses et ovales, mais surtout laineuses au toucher » explique le nom. En Angleterre on en faisait des mèches de bougies et la plante s’appelle « candlewick plant »ou « flannel plant ».

Voir fato cremado ci-dessus s.v. fato.

Vim

Vim « osier » vient du latin vimen, viminis « osier ». Le mot latin est un dĂ©rivĂ© du verbe viĂ©re « tresser » et vimen dĂ©signe d’abord les brins d’osier qui servent Ă  faire de la vannerie et ensuite aussi l’arbre.

Vimen a dĂ» occuper une grande partie du domaine galloroman, puisqu’on trouve des restes jusqu’Ă  la frontière linguistique en Belgique et des emprunts dans le moyen nĂ©erlandais (wime « brin d’osier »). Mais au cours de siècles  vimen a reculĂ© dans le domaine d’oĂŻl jusqu’Ă  une ligne qui va de la Loire aux Vosges. En occitan nous trouvons le type vim, bim, vin (< vimen) dans l’est et vime, bime, qui repose sur un accusatif refait *viminem dans l’ouest. Dans quelques localitĂ©s (Corrèze, Cantal, Agenais) qui se trouvent Ă  la limite de la zone vige < vitex, nous trouvons des mots « combinĂ©s » type vinzo, vyenze qui ont ajoutĂ© Ă  vim la terminaison de vige. Voir Thesoc s.v.osier.

L’osier jouait un rĂ´le très important dans la vie de tous les jours. Nous trouvons par consĂ©quence de nombreux dĂ©rivĂ©s dans les dictionnaires : bimos « treillis d’osier » (Toulouse), binbignè < vimen viminarius « souche d’osier franc qu’on recèpe tous les ans » (Castres), bimade s.f. « rĂ©colte de brins d’osier ».

En dehors du galloroman, nous retrouvons le vim en catalan vim « osier; brins d’osier », espagnol mimbre, portugais vime « osier ».

Voir aussi les articles amarinier et vige

Vesenha, besego

Vesenha « gousse d’aĂŻl », le bezegno d’aĂŻl est « le cayeu de la gousse » d’après S1, veregno dans S2. Le mot est ensuite attestĂ© dans le Gard, la Lozère, l’Ardèche et Ă  Prades. Mistral donne besego, vesego pour le languedocien. En fin Ă  Lodève (ALF p.758) bedena et Ă  Agde bereno, Ă  Belmont dans l’Aveyron blezeno.

L’Ă©tymologie est inconnue (FEW XXI, 130b), mais j’ai le sentiment qu’il vient du verbe videre « voir », ou d’un dĂ©rivĂ© de celui-ci et que l’image qui se trouve derrière est « oeil » , comme les « yeux » des pommes de terre.

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