cat-right

perus(ses) ‘poires’

Perusses « poires sauvages »dans un livre¬† d’Adrienne Durand-Tullou , ¬†¬† perussiers « poiriers sauvages ». Etymologie *pń≠rŇęceus d√©riv√© de pń≠rum¬†« poire » devenu p ń≠ ra √† partir du pluriel collectif.

Per√ľ, perus est attest√© dans les parlers franco-proven√ßaux, ¬† proven√ßaux et est-languedociens.¬† Voir les attestations dans le FEW VIII, pp.575a-b. D’apr√®s le Thesoc¬† le type perus « poire sauvages » est rare, ( Alpes Maritimes et Charente),
Perus est masculin dans la plupart des parlers1.
L’explication de W. von Wartburg est¬†¬† que le suffixe -uceus donnait le sens « ressemble √† une poire » au mot *pń≠rŇęceus,¬† donc un fruit de moindre valeur,¬† et de l√† « poire sauvage ».¬†¬† FEW VIII, 577 note 19 . Pourtant ce sens est plut√īt rare dans les parlers modernes.

Il y a plusieurs autres dérivés avec ce sens, peron, perot, perassa. Le nom de la poire est en général pera.

Un compl√©ment d’information m’est parvenu du Piemonte italien par Franco Bronzat:

Gent Prof. Geuljan
Ai vist v√≤stre article sus lo mot perus, que es l’unic conoissut dins las Valadas per « pera ». La paraula es tamben en usatge dins una bona parti√° dal Piemont e a tamben donat la forma perussier < *PIRUCIARIU per l’albre ab√≥ totas las variantas dals derivats de -ARIUS.
Fauc un pichita remarca sus la grafi√°; aic√®sta chausa es istaa lonjament tractaa dins de re√ľnions dal Conselh de la Lenga Occitana. Alibert, e arribo pas de comprener sa chausi√°, a desidat que √ß duvi√° pas esser empleiat dins los diminutius dal temps que la lenga anciana, e per nosautri, tot lo corpus dals doments conoissut com vald√©s escrivia regularamnt cz&gt; √ß. En de mai de l’etimologi√° en n√≤stras valadas avem gardat la prononciacion fricativa interdentala¬† sie sorda que son√≤ra. Per aiqu√≤ fazem distincion entre √ß√≤ que ven de s latin o de C+E/I¬† √ß/z ( ai pas lo meian per esciure lo signe grafic just). Se la vos enteressa¬† agachat mon trabalh publiat dins los Actes dal IV Congr√®s Internacional de l’AIEO dal 1993. Aic√≠ avem chausit de zo escriure en estend que prononciem en maniera diferenta ( maniera anciana). Confrontar las N√≤rmas¬† Ortografica…de l’Occitan Alpin Oriental. Arribarei jamai de comprener la chausi√° de Alibert, totalament incoerentas !
Bon trabalh

C’est moi qui a mis la derni√®re phrase en gras.

Notes
  1. Je pense que la graphie perusses due √† Joan Guers qui a « normalis√© » la graphie d’Adrienne Durand-Tullou, sert √† indiquer qu’il faut prononcer le -s final

agrenas ‘prunellier’

Agrenas, agranas « prunellier » 1 est¬†¬† un d√©riv√© en -ń≠nus, -ńĀnus du latin acer « aigre », devenu acrus au IIIe si√®cle d√©j√†.¬† Ce nom est courant en proven√ßal et est-languedocien.2 Voir FEW XXIV, 97.

Hippophae_rhamnoides Wikipedia

¬†Il s’appelle aussi p√©tafouirier un compos√© de pńďditum et foria

Dans la pr√©sentation par Google de la Flore foresti√®re fran√ßaise: R√©gion M√©diterran√©ennePar Jean-Claude Rameau,Dominique Mansion,G. Dum√©, √† la page 711 vous trouverez plus d’info sur cet arbrisseau, notamment une carte de la distribution g√©ographique qui montre que l’argousier ne se trouve qu’√† l’est du Rh√īne.

Notes
  1. Hippophae ramnoides
  2. Les données du Thesoc sont très incomplètes.

Margouline, Font Marjolaine

 

La Font Margouline est devenue la Fontaine Margouline d’apr√®s Google. ??

MargoulineMapChemin de Font Margouline √† N√ģmes.

Dans les vieux documents, le cartulaire de Notre Dame de Nismes (1144)¬† jusqu’au compoix de 1671, elle est appel√©e¬†Margolina, Mangolina, d’apr√®s Aim√© Serre,¬†Les rues de N√ģmes.¬†Il rattache ce nom au mot¬†margolh¬† « boue » qui¬† vient d’un ‘√©tymon gaulois marga¬† « calcaire ».¬† Il y a en effet¬† pas mal de mots du type margouiller¬† avec le sens « patauger » ou « boue »1, mais la Font s’appelle¬†Margoulina et non pas *Margoulhina ou *Margouillina. Un probl√®me de phon√©tique historique.

C’est pourquoi je propose une autre √©tymologie, un peu plus po√©tique d’ailleurs, √† savoir le nom d’une plante assez courante l’oreganum vulgare ou marjolaine,¬† marjolena ¬†¬† marjoul√©no , mardŇĺoul√©no ou majourana dans les parlers occitans[2. FEW XXIV,384 article amaracus].

A l’origine du type¬†marjolena se trouve¬† le mot du bas latin¬† majorana,¬† conserv√© dans l’occitan majourana, majhour√Ęno (Sauvages). ¬† Dans la langue d’o√Įl ¬†majorana a √©t√© associ√© au nom de la Vierge¬† Maria , ce qui a donn√© l’insertion d’un¬† -r- : mariorana.¬† Ensuite a eu lieu une¬† dissimilation des deux -r-, ce qui a donn√©¬† mariolana, marjolena.¬† Margoline « marjolaine » esr attest√© dans l’Orl√©anais au XVe si√®cle.

Le FEW suppose que la forme marjolena est n√©e dans la langue d’o√Įl et a gagn√© du terrain au cours des si√®cles dans le domaine occitan. Si mon interpr√©tation de¬† Margolina dans le cartulaire de Notre Dame de Nismes qui date de 1114 !, est juste, c’est peut-√™tre l’inverse qui a eu lieu.

marjolaine

Notes
  1. Voir FEW VI/1, 320

Théorie des signatures

A plusieurs occasions, notamment √† propos de tigno « teigne; engelure; nid de mante religieuse « ,¬† agassin « cor au pied »,¬† priapolithes « bijoux de Castres »et de faouterna ,« aristoloche » j’ai parl√© de la th√©orie des signatures.

Guy Ducourthial , Docteur ès Sciences du Muséum National d’Histoire Naturelle, vient de publier  la Flore médicale des signatures
XVIe РXVIIe siècles.
Editions L’Harmattan, 06/2016. 672 p. ISBN : 978-2-343-09472-4.

Le compte-rendu par Michel Chauvet, ethnobotaniste, dans les Actualités de Telebotanica  commence ainsi:

La pivoine signale par la couleur rouge de ses fleurs qu’elle a des propriétés hémostatiques et les noix dont les cerneaux peuvent aisément évoquer le cerveau indiquent par cette particularité qu’elles ont la vertu de calmer les maux de tête. C’est du moins ce qu’affirment les auteurs qui ont rédigé des traités sur la Théorie des signatures appliquée aux végétaux.

Si ce sujet vous intéresse suivez  ce lien

Flore medicale

Alapeda ‘asphod√®le’

Alapeda « asphod√®le »,¬†attest√© √† Nice, Lezan (Thesoc) et √† Al√®s. L’√©tymologie¬† est inconnue, (FEW XXI, 188-18/9),¬†¬†L’abb√© de Sauvages l’appelle al√™do, attest√© aussi¬† dans l’Aveyron, le Gard et surtout dans l’H√©rault (Thesoc); dans l’Aveyron on dit ausst l’ orou√≥do, tous avec un changement de suffixe, √† Tarascon c’est al√®gue d’apr√®s Mistral.¬† Ces noms¬†¬† ,¬† seraient d’origine pr√©-indoeurop√©en.¬† A ne pas confondre¬† avec arap√®de¬† « mollusque ».¬† ¬† .

asphodèleWikipedia Asphodelus albus Mill., 1768

L’abb√© de Sauvages donne dans la 2z √©dition de son dictionnaire les noms que voici:

aledo S    et Coutelo_ aledo S

 Il y a donc encore des recherches à faire.

Un occitaniste a cru devoir  enrichir sa langue avec en empruntant asfodèl au français dans Wikipedia occitan:

Los asfodèls tanben nomenat correntament porraca o alapeda son de plantas vivaças monocotiledonas, apartenent a la familha de las Liliacèas dins las clissificacion classica e dins la classificacion filogenetica son dins la familha dels Asphodelaceae e del genre Asphodelus.

Pour l’√©tymologie du¬† nom asphod√®le voir l’article asphodelus du FEW, XXV, 491¬† en fran√ßais !

Page 1 sur 3812345‚Ķ102030‚ĶDerni√®re page »