cat-right

Palangre

Palangre. Lou Palangre. Etymologie : Grec panagron composĂ© de pan « tout » et agron « proie, capture ». Un palangre saisit donc toute espèce de poisson. Le mot français a Ă©tĂ© empruntĂ© Ă  l’occitan (TLF).

Dans ce site  vous pouvez voir un vidĂ©o de «Charles et son fils FrĂ©dĂ©ric, pĂŞcheurs aux petits mĂ©tiers de Mèze (bassin de Thau), qui font partie des quelques derniers « survivants » et qui pratiquent encore la pĂŞche au palangre, des lignes disposĂ©es au fond de l’Ă©tang pour capturer loups et anguilles.

Palangre « corde garnie de lignes munies d’hameçons servant Ă  la pĂŞche des gros poissons de mer ».(Alibert)

 

Ganha-Pan.

Ganha-Pan. Autour du bassin de Thau lou gagna-pan est une arseilhera sans dent (sans rateau) (Covès). Vu ce nom lou Ganha-Pan doit donner une bonne pêche. Voir Arseilhera.

Arseilhera

Article provisoire.

Arseilhera, arseillère  « une drague composĂ©e d’un râteau combinĂ© Ă  un filet, fixĂ©e Ă  une longue hampe ». ( Covès).  Elle est utilisĂ©e par les pĂŞcheurs embarquĂ©s pour gratter le fond d’un canal, de l’Ă©tang, Ă  la recherche de mourdures, de coquillages, palourdes en gĂ©nĂ©ral. Heureusement qu’il a marquĂ© que le Gagne-pan, ganha-pan est la mĂŞme chose mais sans dent (sans rateau), ce qui m’a indiquĂ© le chemin Ă©tymologique Ă  suivre, et j’ai trouvĂ© Kidman (non pas Nicole !), mais J.Kidman qui s’est intĂ©ressĂ© Ă  ce sujet : « Les emprunts lexicologiques du français Ă  l’espagnol des origines jusqu’Ă  la fin du XVe siècle ». Il Ă©crit que l’ancien français archegaie « javelot lĂ©ger » n’a pas Ă©tĂ© empruntĂ© Ă  l’espagnol azagaya « petite lance » (environ 1295) mais Ă  l’ancien occitan arsagaya,(1318) alsagaya (1347-1368) et que l’ancien occitan l’a empruntĂ© directement Ă  l’arabe az-zag +aya « javelot, lance », mot d’origine berbère, ou par l’intermĂ©diaire du catalan atzagaia.
L’apparition du -r- dans arsagaya serait due Ă  l’influence du mot archer.

Alibert donne arsagaia « zagaie », ce qui m’a amenĂ© Ă  français sagaie « javelot ». Le sens d’un mot s’adapte toujours au terrain. Les pĂŞcheurs du bassin de Thau ne travaillent pas avec un « javelot envenimĂ© pour chassser l’Ă©lĂ©phant » comme les chasseurs au SĂ©nĂ©gal. . ‘Je pense que la longue hampe Ă  Ă©tĂ© comparĂ©e Ă  une arsagaya. En cherchant sur Internet des images d’arseillère et de sagaie, j’en ai trouvĂ©es qui Ă©chafaudent cette hypothèse.

A Mèze En Afrique

La Sagaie. Pour la chasse Ă  ?

En ancien français est attestĂ© archegaie  « javelot lĂ©ger » (1306) et en ancien occitan de la mĂŞme pĂ©riode alsagaia, arsagaia, oĂą nous voyons l’article arabe al-. La grande variĂ©tĂ© des formes s’explique par le fait que les locuteurs cherchent toujours Ă  « motiver » les formes des mots, Ă  les rattacher Ă  une famille de mots avec des sens voisins. En moyen français a Ă©tĂ© crĂ©Ă© : lancegaie « lance courte ferrĂ©e par les deux bouts », ancien occitan lanzagaia.Voir aussi l’article sagaie dans le TLF.

2. Voici la deuxième hypothèse. La trouvaille de l’image d’un pĂŞcheur Ă  l’arseillère combinĂ© avec le mot « hampe » dans la dĂ©finition m’a peut-ĂŞtre mis sur une mauvaise route. Un visiteur m’Ă©crit qu’un nom courant en occitan pour la palourde est arcelli et que arseilhiera serait un dĂ©rivĂ© en -iera de arcelli. J’ai donc repris mon bâton de promeneur Ă©tymologique et l’abbĂ© de Sauvages (S1: arcĂŞli ) comme le TrĂ©sor de Mistral confirment :

Mistral DuCange

Italien arsella « s. f. nome popolare di varie specie di molluschi bivalvi marini commestibili. » Le mot arcella existe Ă©galement et signifie « grande caisse pour le transport ». En latin arcella signifie « petite boĂ®te », et est dĂ©rivĂ© de arca « coffre, armoire ». Au premier abord, la comparaison d’une palourde Ă  une petite boĂ®te ne me paraissait pas Ă©vidente, mais le nom le plus courant en occitan est clausisso, clauvisso qui vient du participe passĂ© clausus, du verbe claudere, dont le premier sens d’après Mistral est Ă©galement « boĂ®te »:

La palourde ou clovisse est donc perçue comme une « petite boĂ®te » et arseilhière peut ĂŞtre un dĂ©rivĂ© de arcella . Il faudra savoir si arsella et arcella sont deux variantes du mĂŞme mot? (-ce- en italien = [tche]). Si cela est le cas il reste le problème du passage du fĂ©minin au masculin du mot arselli, mais le clausisso change Ă©galement de genre quand on va de la Provence vers le Languedoc comme l’indique Mistral.

3. Troisième hypothèse. Il s’agit d’un dĂ©rivĂ© du latin hirpex « herse ». C’est la mention du rateau qui ramasse les clovisses qui m’a fait chercher dans cette direction. J’ai trouvĂ© quelques images dans des sites italiens :


arseilhièra
d’amateur et professionel

Dans l’EncyclopĂ©die de Diderot et d’Alembert est mentionnĂ© un terme de marine français: « HERSILLIERES, s. f. (Marine.) ce sont des pieces de bois courbes qu’on met au bout des plats bords d’un bâtiment, qui sont sur l’avant & sur l’arriere pour les fermer. (Z) ». Il y a une planche dans le vol. 2; 28, p.9b, mais je n’ai pas rĂ©ussi Ă  la trouver…
Hersillières est classĂ© parmi les dĂ©rivĂ©s de hirpex, hirpicem « herse » dans le FEW vol.IV.
Mais français arcillière s.f. « chacune des pièces de bois cintrĂ©es et tournant sur place qui entrent dans la construction d’un bateau foncet » se trouve dans les Incognita  du FEW XXIII,102b, avec une correction dans le vol. XXV,126a-b oĂą arcillière est attachĂ© Ă  l’ancien fribourgeois archilliery « charpente de soutien d’une voĂ»te  » avec la note 44, p.137a, que la formation n’est pas tout Ă  fait claire, peut-ĂŞtre Ă  partir d’ arceler.


Source: http://projetbabel.org/fluvial/foncet.htm

Un visiteur me signale que Alibert donne sous l’entrĂ©e arca : arcèli « coquillages divers : vĂ©nus, lavignon ». Synonyme: clausissa. et arquièra: » dispositif pour prendre les coquillages ( râteau et filet) ». Arquièra serait donc synonyme d’arseillère.

Pour Mistral un arqueiro, arquieiro est une « meurtrière », pour labbĂ© de Sauvages un arkieiro une « barbacane ou chante-pleure (t. de maçonnerie); soupirail d’un suoir Ă  châtaignes pour laisser Ă©chapper la fumĂ©e; lucarne pour Ă©clairer quelque endroit de la maison » dĂ©rivĂ© de arcus. Mais Ă  Valleraugue (Gard) un orcjièro (<arcaria < arca ) est un « bahut » (Bel_tout p.185). Arca « coffre » et arcus « arc » ont donc survĂ©cu tous les deux!


Cherchez l’ arkieiro !

Je ne saurais dĂ©cider. Il n’est pas impossible que l’arseilhièra soit une adaptation locale de l’hersillière française.

Il y a des problèmes avec la palourde. D’après le site http://sextan.com/ il y a eu un plan de re-ensemencemnt de palourdes dans le bassin de Thau en 2005. A la fin de l’article l’auteur Ă©crit : L’espoir, Ă  terme, est de redĂ©marrer la pĂŞche Ă  l’arseillère. Voir aussi Borsa, Philip Recruitment of the clam Ruditapes decussatus in the lagoon of Thau,Mediterranean .1992 Estuarine, coastal and Shelf Science 35, 289-300.

Jean Fabrice, pĂŞcheur pro sur Thau m’Ă©crit :

Bonjour suis tombé par hasard su votre site je suis ravis. Je suis pecheur pro sur Thau issu d';une famille de pecheurs.
Pour l’arsseillere je pense que la version de la peche au palourde arcil est la plus probable.
car il existe 2 engins qui se ressemblent l\’arseillere avec les dents longues et pointues pour pecher les palourdes et la clovissiere qui etait beaucoup plus grande avec les dents carrĂ©es vu que les clovisses n’Ă©taient pas trop plates dans le sable. Arseille plus ou moins 14 dents. Clovisiere plus de 20.
le bouletchou en français c est la senne de plage.
Cordialement

 A ma demande Jean Fabrice m’a donnĂ© plus d’explications sur  les sennes, un mot français inconnu en occitan

Les sennes sont des filets encerclants. Il y a les grandes sennes pour pêcher les thons rouges. Les petites sennes pour pêcher a la mer poissons blancs . Les lamparo sont aussi des sennes.  Filet cale autour d’un banc de poissons tire par des treuils.Une fois le filet fermé ça fait une grosse poche. La senne de plage bouletchou est tirée du bord « de la plage » au lieu de faire  la poche elle est montée sur le filet c’est-à-dire qui a une aile de chaque cote qui se rejoignent dans un cul .ça ressemble au chalut ou au gangui.Cordialement. Fabrice

Grâce Ă  la rĂ©glementation j’ai trouvĂ© une belle photo pour « gangui ».

Jean Fabrice a encore complété cet article avec un lien qui détaille le bouletchou:

J’ai trouve ce schema de senne de plage (bouletchou) qui ressemble a ce qu’on utilisait .les notre avait le cul plus long

https://www.researchgate.net/figure/Caracteristiques-de-la-senne-de-plage-utilisee-pour-lechantillonnage-des-poissons_fig1_282976050

Bouletchou schéma

Mor, mourre

Mor, morre 1) « museau, groin »Â  fait partie d’une grande famille de mots qui vit dans les langues romanes autour de la MĂ©diterranĂ©e, par exemple en catalan morro « museau; le devant d’une voiture, d’un avion etc. », fer morros « faire la moue », faire de mourres en occitan,  inflar els morros a algu = « casser la gueule Ă  quelqu’un ». D’après Raymond Covès il est très vivant en français rĂ©gional.

La rĂ©partition gĂ©ographique de cette famille de mots jusqu’en sarde suggère une origine prĂ©romane *murr- d’après le FEW.
A partir du sens « museau » on arrive facilement Ă  « nez, visage, figure » que nous retrouvons dans les dĂ©rivĂ©s comme ancien occitan morada « coup sur le museau ». La consĂ©quence d’une morada  est qu’on  devient morut « qui a de grosses lèvres » (aoc.). Quelqu’un qui fait de mourres  est un  mouru « bouru, incivil, maussade, d’une humeur sombre et farouche » comme l’Ă©crit l’abbĂ© de Sauvages. En parlant d’un couteau ou d’une aiguille mouru est « Ă©moussĂ© ». Lou bĂ© dĂ« las âoucos Ă«s mouru « le bec des oiseaux est mousse » dit-il.
A Alès le « rouget grondin » est appelĂ© mourudo , Ă  cause du grondement qu’il fait entendre quand il est pris ».

mourudo

Et d’après la forme du museau  nous avons dans le Gard le  moure pounchu « musaraigne », mais Ă  Puisserguier le moure pounchu‘ est un  » rychnite de la vigne ». Pour les nombreux dĂ©rivĂ©s voir Alibert, qui donne entre autres le composĂ© morre ponchut « sparaillon ».

    

En provençal et est languedocien le moure-pourcin est une plante, le « taraxacum officinalis » appelĂ© ainsi parce que le soir quand la fleur s’est fermĂ©e elle ressemble Ă  un groin de porc. L’image contenue dans cette dĂ©nomination  n’Ă©tant plus comprise, le mot a subi les pires traitements phonĂ©tiques dans les diffĂ©rents patois, au point d’ aboutir Ă  repounchou Ă  St Afrique par exemple.

Les habitants d’Aigues-Mortes sont appelĂ©s les morres pelats « museaux pelĂ©s » par les PĂ©rolais.  (Achard, p.412)

Voir aussi l’article mourre « colline ».

Dans le Nord de la France et mĂŞme en moyen nĂ©erlandais (morre « museau »), on trouve quelques attestations du type  *murr-. Le FEW suppose qu’il s’agit  d’emprunts Ă  l’occitan. Il faut admettre qu’en galloroman *murr- est pratiquement limitĂ© Ă  l’occitan et au franco-provençal., mais pas ses dĂ©rivĂ©s et les composĂ©s.  Je ne suis pas convaincu qu’il s’agit d’emprunts, parce qu’on trouve un mot comme mornifle composĂ© de la mĂŞme racine *murr- + nifler dans les patois du nord et pas dans le Midi. Un lien avec le germanique murren  » grommeler, bouder », nĂ©erlandais morren ou au moins une influence sĂ©mantique ne me semble pas exclu non plus . En catalan le morro «  groin, le museau, la gueule d’ une personne qui fait la gueule » ; et fer morros « bouder » c’est plus que faire la moue, 

Esturio

Esturio « filet de pĂŞche utlisĂ© dans les Ă©tangs du Bas Languedoc » (Mistral), en Gironde une estoueyre est un « sorte de tramail pour prendre des soles, etc ».
Etymologie : latin storea « natte » qui s’est conservĂ© autour de la MĂ©diterranĂ©e, dont l’italien stora, mot empruntĂ© au XVIIe siècle par le français  pour nommer les  stores.

En languedocien estori a pris le sens « incapable, imbĂ©cile, crĂ©tin, etc. » Cet emploi mĂ©taphorique ne m’est pas clair.??

Page 7 sur 9« Première page…56789