Etymologie-occitane » outils http://www.etymologie-occitane.fr Dictionnaire étymologique de l'Occitan Fri, 19 Jan 2018 09:33:13 +0000 fr-FR hourly 1 asagadouiro ‘pelle à arroser’ http://www.etymologie-occitane.fr/2014/06/asagadouiro-pelle-a-arroser/ http://www.etymologie-occitane.fr/2014/06/asagadouiro-pelle-a-arroser/#comments Sun, 29 Jun 2014 08:58:59 +0000 http://www.etymologie-occitane.fr/?p=13726 asagadouiro  « pelle à arroser, arrosoir » est un dérivé du verbe adagar devenu asagar « arroser » qui vient du participe passé  adaquatus du verbe latin adaquare « arroser », Dans les attestations en ancien occitan du XIVe siècle le verbe a aussi le sens « ajouter de l’eau au vin » et la « piquette » s’appelle adagat.

Le mot est commun au languedocien et le gascon. En languedocien c’est la forme asaga- , en béarnais la forme  adaga qui est conservée. Voir le Thesoc asagar ARDECHE, AUDE, AVEYRON, GARD, HERAULT, LOZERE, PYRENEES ORIENTALES. et surtout le FEW XXIV,134a-b

Ma fille m’a procuré une photo d’un modèle utilisé à Taleyrac (Valleraugue), avec le mode d’emploi : « On puise l’eau et on l’envoie à droite et à gauche. »

asagadouiro_Taleyrac   asagadouiro_Taleyrac2

A ma demande un visiteur m’a procuré une autre photo de l’utilisation de l’asagadouiro. J’ai l’impression qu’il s’en sert plutôt comme d’une vanne. Photo prise à La Coste, hameau de St-Abdré de Majencoules (Gard)

Asagadouiro_foto 2  détail  asagadouiro_foto 2Detail

Description de cet outil tel qu’il est utilisé encore de nos jours selon un témoignage personnel, se trouve dans Maison  rustique du XIXe siècle. Vol.1, page 254. :

Asagadouire_1  Asagadouire_2

A la page 255 de la Maison rustique vous trouverez plus d’informations sur l’arrosage dans les Cévennes.. Suivez le lien ci-dessus.

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Trenco ‘pioche’. le 28 juin 1914 http://www.etymologie-occitane.fr/2014/06/trenco-pioche-le-28-juin-1914/ http://www.etymologie-occitane.fr/2014/06/trenco-pioche-le-28-juin-1914/#comments Sat, 28 Jun 2014 09:02:33 +0000 http://www.etymologie-occitane.fr/?p=13722 Tranchée, anglais trenche.

Lisez l’article consacré à la Grande Guerre dans le New York Times.

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Trenco, trinca ‘pioche’ http://www.etymologie-occitane.fr/2014/06/trenco-trinca-pioche/ http://www.etymologie-occitane.fr/2014/06/trenco-trinca-pioche/#comments Fri, 27 Jun 2014 14:45:58 +0000 http://www.etymologie-occitane.fr/?p=13710 Trinquo forta, trinca forta (Raymond Jourdan, Montagnac) « pioche ouverte à angle de 75° à 85°, pesant 2 à 4 kg. 

ArpaRJourdan

Etymologie :  voir FEW XIII/2, 278a  *trincare « diviser en trois » . Aveyron trinqua « biner une terre » A la page suivante du FEW un grand nombre d’attestations surtout de l’occitan de trenca « pioche, houe » etc. principalement dans le domaine languedocien.  Voir aussi le Thesoc s.v. houe

Lisez l’article arpa de rompuda sur le travail pénible du défoncement d’une vigne avant 1914.

Tranchée, anglais trenche.

Lisez l’article consacré à la Grande Guerre dans le New York Times.

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Arpa de rompuda ‘trident’ http://www.etymologie-occitane.fr/2014/06/arpa-de-rompuda-trident/ http://www.etymologie-occitane.fr/2014/06/arpa-de-rompuda-trident/#comments Thu, 26 Jun 2014 13:49:19 +0000 http://www.etymologie-occitane.fr/?p=13694 Arpa de rompeuda « trident çà angle de 75 à 85°, pesant de 2 à 4 kg » (Raymond Jourdan, Montagnac)  fait partie de la famille de mots harpe « faucille ; griffe », que le latin a emprunté au grec άρπη avec ces deux sens. La plus ancienne attestation en galloroman vient de l’ancien occitan arpa « griffe d’un animal » (14e s.).  Il y a de nombreuses attestations dans tout le domaine occitan, de Die jusqu’en Béarn. H.Schook (Die) donne  arpa  « griffe »,   arpic « griffe, croc de bûcheron », arpic de pola « clavaire (champignon) » et arpion « orteil (familier) ». L’abbé de Sauvages : arpatëjha « marcher en tâtonnant » et arpiou « ongle d’oiseau » dérivé de arpo « griffe » (S2, p.50). Voir les nombreuses attestations dans le Thesoc s.v. griffe ;  et FEW IV, 385-388,

Arpa « outil agricole » est aussi très répandu en catalan et en espagnol.  La graphie Harpa de rompuda de Raymond Jourdan montre que pour lui l’arpa a quelque chose d’un instrument de musique ( comme pour Alibert qui donne germanique Harpa comme étymologie).

Dans Culture de la vigne en Languedoc Raymond Jourdan[note1.]  donne une description détaillée de sa Création d’un vignoble. Le premier paragraphe est consacré au défoncement:

Le défoncement : appelé aussi le charruage, en occitan « roumpre ». Avant 1914, avec une pioche « trinqua forta » ou un trident « harpa de rompuda » (a=o].

ArpaRJourdan

Travail pénible et très long fait en « collas », groupe de plusieurs salariés agricoles : brassiers et journaliers. Le défoncement, ou « rompuda » consiste à labourer profondément (40 à 60 cm) pour installer une vigne nouvelle ou « mayol« .

Après 1914, la rompudo se fait avec des chevaux 2,4 ou 6 et une grosse charrue à versoir et à mancherons.

_________________________

1.J’utilise la graphie de Raymond lui-même. Il a écrit ce texte en 1978. Ce sont ses souvenirs du début du 20e siècle.  Son fils Gérard Jourdan a eu la gentillesse de me faire parvenir ce texte que j’ai lu comme un roman, avec la transcription dite classique, moins proche de la prononciation.]

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Leseno, alzena "alène" et français "lésiner" http://www.etymologie-occitane.fr/2012/02/leeno-alzena-lesiner/ http://www.etymologie-occitane.fr/2012/02/leeno-alzena-lesiner/#comments Mon, 20 Feb 2012 10:47:28 +0000 http://www.etymologie-occitane.fr/?p=7143 Leseno, alzena s.f. a  la même étymologie que le mot français « alène » à savoir un germanique *alisno  « poinçon  courbé pour coudre le cuir ». Le mot a dû être adopté assez tôt, avant le IVe siècle,  dans le latin parlé, parce que nous le retrouvons en italien  lezina,  catalan alena  et espagnol  alesna, lezna. En occitan les formes avec déglutination du a-  initial sont les plus répandues.

*alisno a remplacé le latin subula  « alène; outil pour polir des pierres », qui s’est maintenu en roumain sula  et dans des parlers régionaux italiens. Il y a aussi quelques attestations en moyen français sublot, subille « alêne » (DMF). Le fait qu’on le trouve également en moyen néerlandais : eyn suwel (< subula) off eltzen (< alisno) zuwele, suwel, subst. fem. Mnd. suwele;  et en moyen haut allemand mhd. siuwele, siule. (WNT) montre qu’il a probablement existé dans le domaine d’oïl.

Quelle peut être la raison de cet emprunt au germanique?     S’agit-il de la meilleure qualité des  alênes  germaniques?  Deutsche Qualität?  ou s’agit-il d’ alène de cordonnier « leseno » et d’alène médicale « subille »?

Plus intéressant est le lien avec le verbe français lésiner « épargner d’une façon raffinée et sordide jusque dans les moindres choses », dérivé du substantif  lésine   qui désigne ce genre d’épargne.  Lésine  a été emprunté à l’italien  lesina,  à la suite de l’énorme succès d’une satire de Francesco Vialardi intitulé Della famosissima compagnia della Lesina dialogo, capitoli, ragionamenti. Elle a été traduite en français  en 1618!

traduction de Della compagnia della lesinaSi vous voulez le lire, suivez ce lien.   Il y a  des avares qui vont jusqu’à coudre eux-mêmes leurs chaussures!  La devise de la  Compagnia     est sur la page du titre : Omnia vincit subula.  Cela va vous rappeler  L’avare  de Molière.

Voici un lien vers un site  qui en parle

Littérature facétieuse de la lésine

A la suite de la parution du recueil Della famosissima compagnia della Lesina (1598), une série de publications autour des plaisanteries relatives à la lésine voit le jour en Italie (1).

Ces textes sont traduits et imités en France dans le premier quart du XVIIe siècle (2).

Ils créent un fonds de bons mots et d’anecdotes, dont on retrouve plusieurs traces dans la comédie de L’Avare :

 

 

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Redable "tire-braise" http://www.etymologie-occitane.fr/2012/01/redable/ http://www.etymologie-occitane.fr/2012/01/redable/#comments Tue, 17 Jan 2012 10:59:07 +0000 http://www.etymologie-occitane.fr/?p=5156 Redable « tire-braise » vient du latin rutabulum « fourgon 1 , râble de boulanger, spatule » surtout avec le sens « tire-braise ».

Dans un site marchand, je trouve la description suivante:

Les outils du boulanger : Râcle, écouvillon, pelles. Vous les connaissez peut-être déjà sous des noms différents de ceux que je donne ici. Pas d’affollement !! Ils ont un nom par village… ou peu s’en faut. Le râcle (râble, etc.). Une plaque de 25 x 6 cm taillée dans les chutes de la tôle qui a servi à fabriquer la porte, 40cm de fer à béton de 8, quelques points de soudure et 2m de bambou. Le râcle sert à étaler les braises pendant la chauffe et à les retirer dur four après la chauffe.

 

La voyelle de la première syllabe varie dans les parlers locaux : ridable, radable, roudable et le -b- devient souvent -p-.

Le FEW suivi par le TLF rattachent le mots râble (surtout en parlant du lièvre et du lapin) à rutabulum.  Le Bloch-Wartburg suivi par A.Rey,  écrit que

le mot  râble (du lièvre) est probablement une extension de rable « fourgon spatule » par analogie d’aspect; certains instruments appelés râbles étant munis de fourchons fixés dans la barre comme l’échine est munie de ses côtes « .

Dans le FEW von Wartburg est beaucoup plus nuancé. Il y suggère la même comparaison, mais les formes occitanes avec -e- au lieu de -a- posent un problème d’ordre phonétique. La forme rièble se trouve déjà dans le Miroir de Phébus (1390) de Gaston comte de Foix.

Von Wartburg pense que râble  en parlant du lièvre est un mot de chasseurs, qui est passé  dans la langue générale au cours du XVIe  siècle. La première attestation en français de râble (1532) vient de l’auteur de Pantagruel et Gargantua! Le mot s’est répandu ensuite dans les dialectes. Il y a donc deux histoires.   Rutabulum > redable en occitan, ou  rouable, roable en ancien français avec le sens « tire-braise » qui a eu une évolution à partir du latin.  D’autre part  râble (de lièvre) qui s’est répandu à partir du XVIe siècle dans tout le domaine galloroman.  Les formes occitanes avec -e- s’expliquent peut-être par une influence du mot rèble(s) « de la blocaille: petites pierres pour remplir entre les parements d’un mur »(S1), du verbe reblar « remplir, garnir de blocaille » (S1) du latin replēre « remplir ». Cette explication ne me convainc pas à 100%. Une autre explication de C. Nigra dans l’Archivio Glottologico 14, p.374.

Pour le moment aucune étymologie est vraiment satisfaisante. Si vous avez une idée…

A Die et à Trièves les formes sont identiques: riable s.m. « dos » et « rivet du boulanger ». (Schook)

Notes
  1. Fourgon « Longue barre métallique ou longue perche garnie de métal utilisée pour remuer la braise ou la charge d’un four, d’une forge, d’un fourneau, ou pour attiser un feu. » (TLF). Le fourgon « automobile » doit probablement son nom à cette barre;  même mot que fourgon 1, ce mot ayant dû désigner successivement le « bâton de la ridelle » puis la « ridelle » et enfin la « voiture à ridelle » (ces deux derniers sens étant attestés en prov. mod. : MISTRAL, s.v. fourgoun) TLF
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Vedigana http://www.etymologie-occitane.fr/2011/11/vedigana/ http://www.etymologie-occitane.fr/2011/11/vedigana/#comments Thu, 03 Nov 2011 17:40:20 +0000 http://www.etymologie-occitane.fr/?p=5757 Vedigana,  bedigano s.f. »vigne sauvage » (Toulouse, repris par Alibert)  dérivé du latin vitex « sorte de saule, agnus castus ».

Vitex a abouti à veze, vedze, vige « osier » et se trouve partout en occitan  excepté le gascon. Cf. l’article  vige.   L’agnus castus est aussi appelé pèbre. Voir ce mot.

Le transfert   « saule » > »osier  » se comprend parce que les tiges des deux plantes sont très flexibles et servent aux mêmes techniques. La bedigano est souvent utilisée pour lier les vignes, de là le sens « vigne sauvage ». Languedocien bedisso « scion d’osier » appartient à la même famille vitex.  Voir aussi lambrusquiero

La vedigano se trouve dans les segonnaux (morceaux de terre potentiellement exploitable compris entre un fleuve et ses digues)  du Rhône, et elles y atteignent une longeur démésurée.  Dans les temps anciens, spécialement en Camargue la « vedigano de lambrusco » ou lambrusquiero de vedigan  seule était tolérée dans les embarrages pour frapper les taureaux, car elles sont plus souples que les bâtons ordinaires. (Povéda, Le parler camarguais).

Roumanille a écrit un conte : La vedigano – La verge d’osier. Que vous pouvez lire en cliquant sur ce lien.

 

Nous voyons ici l’intérêt de l’ethnobotanique. Les noms des plantes et leur classification réfèrent à d’autres critères que la botanique scientifique.  Saule, agnus castus et vigne sauvage font des bâtons flexibles: vedigano.

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Talos http://www.etymologie-occitane.fr/2011/10/talos/ http://www.etymologie-occitane.fr/2011/10/talos/#comments Tue, 25 Oct 2011 15:16:39 +0000 http://www.etymologie-occitane.fr/?p=5443 Talos « imbécile, sot, maladroit » (Lhubac). J’ai retrouvé ce mot dans le Trésor de Mistral:

Voilà une évolution sémantique bien languedocienne. Le sens « imbécile, sot, maladroit » est pratiquement limité à notre région, à quelques exceptions béarnaises près. On perd un peu le Nord avec toutes ces significations données par Mistral. Même le FEW en a laissé traîner quelques-unes dans les volumes des Incognita.

Les Romains ont emprunté le mot thallus « tige verte; peut-être une tige de myrthe » au grec thallos. Il est resté en italien et espagnol tallo, en portugais talo « tige » et français talle « branche etc. » Nous le retrouvons dispersé dans tout le domaine gallo-roman.

     
tige de myrthe    el tallo

Dans le sud du domaine de la langue d’oïl et en occitan existe un dérivé talos avec le sens « morceau de bois qu’on attache au cou des bêtes pour les empêcher de vaguer ». Ensuite on fait la même chose avec les clefs actuellement surtout dans des hôtels. Les deux sens sont attestés e.a. à Castres. Je propose donc le mot talos pour français porte-clefs.


talos
et un talos usb

L’évolution sémantique dans notre région a dû être:

tige de bois > morceau de bois > bâton > bâton attaché au cou d’un animal > démarche maladroite d’un animal avec un bâton au cou > personne maladroite > imbécile. 

Les autres significations données par Mistral s’expliquent toutes à partir de ces différents stades. Pour Covès (Sète) talos est un adj. avec le sens « peu soigneux; qui a tendance à tout casser ce qu’il touche ».L’abbé de Sauvages donne en plus le dérivé taloussarié s.f. « bêtise, balourdise » et dans l’Aveyron la talouósso est un « vieux sabot ».

Beaucoup de renseignements complémentaires pour ceux qui comprennent le gascon, dans Lo blog deu Joan, trois pages, intitulées: faus-amics: talòs e talòs, talòssa e talòssa / talossa, pal e pau

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Serrar http://www.etymologie-occitane.fr/2011/10/serrar/ http://www.etymologie-occitane.fr/2011/10/serrar/#comments Tue, 25 Oct 2011 08:44:52 +0000 http://www.etymologie-occitane.fr/?p=5370 Serrar « scier ». Les Romains disaient serra secare « couper avec la scie », qu’ils ont simplifié en serrare vers le IVe siècle.

Serrare est donc un dérivé de serra « scie », qui est conservé dans presque toutes les langues romanes : catalan,portugais, serra, espagnol sierra, et dans de nombreux dialectes italiens.

En italien et dans de nombreux dialectes galloromans serra « scie » a été remplacé par seca, un dérivé de secare « couper ». La raison de ce changement a été qu’une phrase comme « Va serrer la porte! «  pouvait avoir des résutats au moins surprenants, puisqu’il y avait également le verbe serrer « fermer » du latin populaire *serrare « fermer ». (TLF).

  ou

Serra « scie » est attesté en ancien occitan depuis le XIVe s., et même au XIIIe s. à Avignon avec le sens « faucille ». Dans l’ouest du domaine occitan c’est la forme sarro qui domine. Parfois le sens se spécifie, comme à Barcelonette seàra « scie de scieur de long ». Le dérivé sareto est « la scie à main ». Le verbe serrar, sarrer, qui a aussi vécu en moyen français (voir DMF) se trouve surtout en occitan et dans les parlers de l’Est de la France. Les dérivés sarilho « sciure », seraire « scieur » sont très répandus en occitan.

A Marseille on appelle la mésange charbonnière la sarrofino. Il semble qu’il s’agit d’une étymologie populaire du nom serrurier. L’oiseau est appelé ainsi au 19e s. (Dict. Académie, 1842) parce que son chant ressemble au bruit d’une lime sur du métal. D’après Mistral la sarrofino est la nonnette (parus palustris. Lin) dont le roucoulement imite le bruit de la scie. Le Thesoc donne sarralhièr « mésange » pour plusieurs départements de l’Ardèche jusqu’à l’embouchure du Rhône.

                               

mésange charbonnière (avec son chant de serrurière                          la nonnette (avec son chant de scieuse!)

Serra prend aussi le sens « crête de montagne », attesté depuis le XIIe s. Le mot est surtout utilisé pour désigner des chaînes ou crêtes de montagnes et l’élément « longueur » y est prépondérant. L’évolution sémantique scie > crête ne pose pas de problème. Serra a gardé ce sens surtout dans les parlers des montagnards. Dans la plaine lou ser s.m. devient « une monticule, une colline ». Dans les Cévennes gardoises c’est le dérivé  seret qui prend le sens de « colline », mais dans l’Ariège un sarratch est une « crête de montagne ».

Serra, serran, serrange (Marseille) « scie de mer, poissons scie ou pristis » n’a pas besoin d’explication.

      

La sarrette ou sarriette (serratula tinctoria) du français non plus.

Un peu de pub pour les serres des Cévennes:

]]> http://www.etymologie-occitane.fr/2011/10/serrar/feed/ 0 Sauma http://www.etymologie-occitane.fr/2011/10/sauma/ http://www.etymologie-occitane.fr/2011/10/sauma/#comments Mon, 24 Oct 2011 14:35:55 +0000 http://www.etymologie-occitane.fr/?p=5342 Sauma « anesse; bête de somme; traverse d’un pressoir; coin de bois pour soulever une meule (Aveyron); gros boyaux (Aveyron); gros nuage(Aveyron); meule de gerbes ou de paille en dos d’âne.  Sauma  » et de nombreux dérivés (voir Alibert) viennent du latin sagma « bât » un emprunt tardif au grec « bât; couverture du bât; la charge d’un bât.

En latin classique le bât s’appelait sella baiulatoria.

          

Dans les langues romanes sagma est devenu sauma, soma. Par exemple dans les Gloses de Reichenau une sorte de Bescherelle® du VIIIe siècle : « sagma pro soma vel sella » ce qui veut dire: il faut dire « sagma » et pas « soma ».

En français moderne une somme signifie « une bête de somme » (TLF), mais l’ancien français connaissait aussi les sens « bât » et « charge, fardeau que peut porter un cheval, un mulet etc ». Le sens « ânesse » ne se trouve que dans le domaine occitan et franco-provençal., du Jura jusqu’en Béarn. Le mot somme, saume dans les anciens textes occitans a été traduit en général par « bête de somme », mais je pense que très souvent il s’agit plutôt de ânesses vu le sens du mot dans les parlers modernes. Il faudrait vérifier dans les contextes. En tout cas en France on a préféré l’ânesse plus douce que l’âne ou le mulet comme bête de somme. L’expression bête de somme ne date que du XVIe siècle.

A La Canourgue (Lozère) saumo (prononcez sáouma) est (aussi ?) le nom « d’une mûre d’un goût fade, qui traîne par terre ». L’explication de cette évolution sémantique se trouve dans le fait qu’en languedocien les deux mots latins asinus « âne » et acinus « grain de tout fruit à grappe » sont devenus homophones ase, aze. Il y a eu une association de la notion « âne » et de la notion « mûre ».

Comme le mot ase « âne », sauma ne pouvait pas échapper à un emploi dépréciatif: sáoumo « femme niaise » (Aveyron) élargi à saumasse en béarnais.

Ce qui est un « veau » en provençal : vedeou (< vitellus )« éboulis de terre » est une sáoumo de téro en languedocien.(Sauvages).  Je n’avais pas d’explication pour ces deux mots. Mais j’en ai trouvé une grâce à un visiteur. Voir l’article vedel.  L’image d’un mulet avec sacoches peut être à l’origine de l’emploi  saoumo de téro.

Les Occitans n’ont pas de problème à comprendre l’allemand qui appellent une bête de somme ein Saumtier.
Une lectrice qui connaît bien le basque me signale: Le latin sagma « charge, fardeau » a aussi été emprunté par le basque, d’où basque zama « charge, fardeau » et le dérivé latin sagmarius > basque zamari « cheval, bête de somme ».

Voir aussi l’articlesaumada

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