cat-right

gabion, mur –

Mur gabion. Dans le journal je lis que des Ă©lĂ©ments peu recommandables utilisent les « murs gabions » pour caillasser les bus municipaux dans le quartier de Valdegour Ă  NĂźmes. Le mot français gabion m’Ă©tait inconnu et un grand article trĂšs Ă©laborĂ© et intĂ©ressant dans Wikipedia m’a bien Ă©clairĂ©.

L’Ă©tymologie de gabion est l’italien gobbione » grand panier cylindrique rempli de terre  qui sert Ă  protĂ©ger les soldats et les travailleurs dans la tranchĂ©e »Â  devenu gabion en français. Gabbione est dĂ©rivĂ© du latin cavea « cage ». 1

Cavea est devenu cage en français, gabia, dzabia en occitan; Voir les attestations dans le FEW II, 552-553. Vous trouverez plusieurs significations dans mon article gabieu.

 

Des paniers gabions

Des paniers gabions de l’artillerie au XVIe s.

Les murs gabions sont trĂšs Ă  la mode et sont au service des caillasseurs-casseurs.

gabionJardin

Un mur gabion pour jardin (plus joli que les quérons).

Voir le Thesoc ‘cage’  pour les attestations rĂ©centes de gabja « cage ».

En provençal et langedocien existe le verbe engabia « mettre en cage ».

Un ami photographe Thomas Zumbiel a publié une belle photo de autos engabiadas:

Casse de Manduel vue du ciel

Aucune description de photo disponible.

En ancien occitangabion signifie  « petite piĂšce », ce qui semble ĂȘtre un emprunt aux parlers piemontais ou ligures voisins. Voir FEW II, 554

 

Notes
  1. Je n’essaie pas de rĂ©sumer les diffĂ©rents essais d’explication de l’Ă©volution phonĂ©tique. Si cela vous tracasse consultez les le FEW II, 554

chafre ‘pierre Ă  aiguiser’

chafre ou acou « un carreau de dalle autrefois un Queux ‘pierre Ă  aiguiser’ (Sauvages). Ce sens donnĂ© par l’abbĂ© de Sauvages s’est conservĂ© dans le Gard au moins jusqu’au  XXe siĂšcle. D’aprĂšs le FEW tsafre  a Ă©tĂ© donnĂ© dans plusieurs villages du Gard Ă  Edmond pour l’Atlas linguistique de la France. Des attestations plus rĂ©centes, d’aprĂšs le Thesoc  tsafre « pierre Ă  aiguiser » Ă  St Genies de Magloire  et chqfre dans l’Aveyron et la LozĂšre1.

Pierre a aiguiser Lombarde_23_cm

Pierre Ă  aiguiser naturelle, elle est d’une couleur gris-bleue.

En ancien occitan le mot safre est attestĂ© avec le sens « sablon pour colorer le verre ». Dans les patois modernes safre dĂ©signe toutes sortes de pierres,  de sable , de terre, de limon. Voici quelques exemples du FEW XI, 212:Safre_exemplesFEWSuivez le lien vers le FEW pour voir les autres significations !

L’Ă©tymologie est le grec  ÏƒÎŹÏ€Ï†Î”ÎčÏÎżÏ‚ (sĂĄppheiros) et non pas le mot latin sappÄ«rus ou saphÄ«rus parce que en gĂ©nĂ©ral la syllabe qui contient l’accent tonique est conservĂ©e Ă  travers les siĂšcles. En grec l’accent tonique se trouve sur le -ÎŹ-, et sĂĄppheiros est devenu chafre,safre, mais en latin l’accent tonique tombe sur le -Ä«- , ce qui a donnĂ© saphir.

Manque de documents, on ne connaĂźt pas (encore) comment le mot grec  ÏƒÎŹÏ€Ï†Î”ÎčÏÎżÏ‚Â  devenu safre est arrivĂ© dans la rĂ©gion parisienne, mais il est sĂ»r qu’il est passĂ© par la rĂ©gion de Marseille avant de passer au domaine d’oĂŻl.

Il y a des saphirs  de couleur rose, jaune, violette et d’autres, mais la variĂ©tĂ© bleue est la plus connue. InspirĂ© probablement par sa couleur gris bleu on a donnĂ© le nom d’une pierre trĂšs dure Ă  la pierre Ă  aiguiser .

L’Ă©chelle de duretĂ© relative des minĂ©raux  et des pierres Ă©tablie par Friedrich  Mohs date de 1812.   Le saphir est un corindon qui a la duretĂ© 9 sur cette Ă©chelle,  ce qui veut dire que pour rayer un saphir il faut avoir un diamant,  la pierre la plus dure, duretĂ© 10 sur cette Ă©chelle2.

En ancien français existait le mot safrĂ© ou  et ancien occitan safrat « ornĂ© de pierres prĂ©cieuses, d’or etc. » On ne retrouve le mot safre qu’en moyen français en 1580 avec un sens trĂšs technique « oxyde de cobalt, qui mĂ©langĂ© avec du silex calcinĂ© sert Ă  fabriquer le verre bleu ou l’Ă©mail bleu », et plus tard safre  devient le nom du verre fabriquĂ© ainsi.

safre

Notes
  1. Atlas linguistique et ethnographique du Languedoc oriental publié dans les années 1980
  2. Allez-voir le site de l’Atelier la Trouvaille si vous voulez en savoir plus. Mes fils Robert et Christophe ont une large gamme de matĂ©riel pour les gĂ©ologue, les minĂ©ralogistes et les gemmologues. bandeau3

Cabessaou ‘coussinet de tĂȘte’

Cabessaou « tortillon, coussinet qu’on met sur la tĂȘte pour porter un fardeau ». Étymologie : dĂ©rivĂ© du latin capitium « ouverture de la tunique par laquelle on passe la tĂȘte ». FEW II, 261b en bas de page.

La gĂ©olocalisation de ce mot avec ce sens  est limitĂ© Ă  l’occitan Ă  l’Ouest du RhĂŽne. Je ne sais si l’objet et son utilisation est Ă©galement limitĂ©?

cabessaou

cabessaou du XXIe siĂšcle

Le sens le plus proche du mot latin se trouve dans l’Aveyron lo cabesso,dans l’expression otopĂ  pel lo cabesso « saisir par le collet ».

Le sens le plus rĂ©pandu de cabĂšs   (chevet en français) latin est « traversin ».

Un chef 3*** a appelĂ© cabessĂ ou une crĂȘpe roulĂ©e ». Un visiteur me le signale:

Je viens de lire l’article consacrĂ© Ă  cabessaou et je voudrais signaler que ce mot dĂ©signait les » crĂȘpes roulĂ©es ». L';analogie de la forme de la crĂȘpe roulĂ©e avec la forme du traversin explique sans doute cela.
Cette dĂ©nomination pour les crĂȘpes Ă©tait en usage dans la rĂ©gion de Tonneins, Le  Mas d’Agenais Damazan et environs.
Amicalement

 

 

asagadouiro ‘pelle Ă  arroser’

asagadouiro  « pelle Ă  arroser, arrosoir » est un dĂ©rivĂ© du verbe adagar devenu asagar « arroser » qui vient du participe passé  adaquatus du verbe latin adaquare « arroser », Dans les attestations en ancien occitan du XIVe siĂšcle le verbe a aussi le sens « ajouter de l’eau au vin » et la « piquette » s’appelle adagat.

Le mot est commun au languedocien et le gascon. En languedocien c’est la forme asaga- , en bĂ©arnais la forme  adaga qui est conservĂ©e. Voir le Thesoc asagar ARDECHE, AUDE, AVEYRON, GARD, HERAULT, LOZERE, PYRENEES ORIENTALES. et surtout le FEW XXIV,134a-b

Ma fille m’a procurĂ© une photo d’un modĂšle utilisĂ© Ă  Taleyrac (Valleraugue), avec le mode d’emploi : « On puise l’eau et on l’envoie Ă  droite et Ă  gauche. »

asagadouiro_Taleyrac   asagadouiro_Taleyrac2

A ma demande un visiteur m’a procurĂ© une autre photo de l’utilisation de l’asagadouiro. J’ai l’impression qu’il s’en sert plutĂŽt comme d’une vanne. Photo prise Ă  La Coste, hameau de St-AbdrĂ© de Majencoules (Gard)

Asagadouiro_foto 2  détail  asagadouiro_foto 2Detail

Description de cet outil tel qu’il est utilisĂ© encore de nos jours selon un tĂ©moignage personnel, se trouve dans Maison  rustique du XIXe siĂšcle. Vol.1, page 254. :

Asagadouire_1  Asagadouire_2

A la page 255 de la Maison rustique vous trouverez plus d’informations sur l’arrosage dans les CĂ©vennes.. Suivez le lien ci-dessus.

Trenco ‘pioche’. le 28 juin 1914

Tranchée, anglais trenche.

Lisez l’article consacrĂ© Ă  la Grande Guerre dans le New York Times.

Page 1 sur 41234