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bouye, boier ‘escargot’

bouyĂ© « escargot » . Raymond Jour utilise ce mot dans  Culture de la Vigne en Languedoc. Voir le lexique1, Je le retrouvĂ© chez Mistral :
bouieMistral

et avec plus de peine chez Alibert qui l’Ă©crit boier comme en occitan mĂ©diĂ©val.

Le premier sens du mot est « bouvier » ce qui nous fournit en mĂŞme temps l’Ă©tymologie , latin bos, bovis + -arius.

Il y a pas mal de Boyer:

Boyer_Famille

J’avais seulement un petit problème avec l’Ă©volution sĂ©mantique : bouvier > escargot, mais Mistral l’explique « parce qu’il trace un sillon de bave ».

Qui dit mieux ?

Notes
  1. Montagnac dans la page Sources, liens

Ventabren ‘fanfaron’, NĂ®mes

Ventabren est un quartier de NĂ®mes et le nom d’un village dans les Bouches-du-RhĂ´ne. Étymologie. AimĂ© Serre pense que le sens « ventar lo bren1  » c’est-Ă -dire  « venter le son » est peu plausible parce que l’on n’a jamais ventile le son, Ă  moins qu’il s’agisse d’une dĂ©rision.  Et il cite Mistral qui traite le fanfaron de venta-bren.

Je ne peux pas savoir si les habitants de Ventabren et du quartier de Nîmes étaient-ils des fanfarons, mais ce toponyme existe comme substantif  avec ce sens à Nice et à Aix-en-Provence  . FEW XIV, 268 :

VentabrenFEW14_268

Ailleurs  c’est vento-boulofo, boulofo est une « balle de blĂ© », dĂ©rivé  de bulla FEW I, 610.

Dans Wikipedia vous trouverez d’autres hypothèses, dont une qui vaut le peine d’ĂŞtre vĂ©rifiĂ©e:

Le Larousse illustré nous précise qu’en 1145 le nom du village s’écrivait Ventabran, pour devenir Ventabren en 1154. L’étymologie en serait Vin’t (celto-ligure), vent, et Bren (gaulois), colline, rocher escarpé.

Notes
  1. bren  vient d’une racine brenno- dont nous ne connaissons pas l’origine. FEW I,516

dourna ‘cruche’

Un visiteur me demande:
« Bonjour, le mot « dourne » est bien occitan ? On m\’a racontĂ© qu\’il veut dire « pot » (et « tĂŞte »). »/

J’ai pu lui rĂ©pondre :

« En effet dourna « cruche » du latin urna idem. est occitan.  . Le sens « tĂŞte » n’est attestĂ© qu’en français urne,  chez Huysmans (1879). Voir FEW XIV, 63 et l’explication du d- p. 64. ».

Le mot est inconnu en provençal.

Dérivés avec la même étymologie:
dournado « contenu d’une cruche », dournedo, dournet « petite cruche »,  dournhè« Ă©vier »Â  (Toulouse).

Le PĂ©gorier donne les toponymes suivants: DourniĂ© : Ă©vier – Gers. Dourneto : petite cruche – Toulouse anc. Dourno nf. : cruche – Toulouse, Gers. Il y a aussi âs mal de familles Dournes.

Un peu de pub : Château de Dournès, F-81700 Blan, www.chateau-de-dournes.fr

Dournes Chateau de
,

Bouscarlo ‘fauvette’

Bouscarlo ‘fauvette’ . Etymologie : dĂ©rivĂ© de *bosc « bois ».  Mot formĂ© dans le domaine franco-provençal et occitan. Nombreuses formes dans  FEW XV/1, 200   Dans  le  commentaire p.208 l’auteur explique :  Le point de dĂ©part est manifestement un type *boscarula. Le suffixe a ensuite Ă©tĂ© remplacĂ© par -arde.  En occitan quelqques autres suffixes.  Egalement en catalan  boscarla, boscaler, bosquata.   Bolleti de dialectologia catalana 1922, p.62

Bouscarla FEW15_1_208

limon ‘citron’

D’après le Thesoc s.v. citron le type  limon « citron » est courant  dans  les  ALPES-MARITIMES, AUDE, GARD., le type limona dans l’  AUDE, GARD, HERAULT.
Alibert : Limon « citron; vallisnĂ©rie » .  Limona « citron; mĂ©lisse; potamot comprimĂ© »1

Etymologie. Les Romains ne connaissaient le citron que par ouĂŻ-dire. Vers la fin de l’empire ils ont cultivé en Italie le cĂ©drat  citrus medica. ( FEW XIX,109 )

cédrat

cédrat

Ce n’est que bien plus tard que les  croisĂ©s ont ramenĂ©s des limons   « Fruit du limonier, analogue au citron Ă  la diffĂ©rence près qu’il est plus acide et que son Ă©corce est moins Ă©paisse » CNTRL.  D’abord en Italie , le limone  » sorte de citron très acide » le Citrus aurantifolia

limon

limon

Le nom limone a Ă©tĂ© empruntĂ© Ă  l’arabe laimuĚ„n, les Arabes ayant introduit la culture du fruit dans tout le bassin mĂ©diterranĂ©en, mais l’origine de la plante et du nom liĚ„muĚ„n  en persan est la Perse, apparentĂ© au Sanskrit nimbu  » limon. » L’arbre et le fruit ont Ă©tĂ© introduits en France Ă  partir de l’Italie. Italien  limone  est devenu limoun  Ă©crit limon  (A).   Le nom limoun s’est maintenu en occitan, en tout cas dans les dĂ©partements citĂ©s plus haut.  L’espèce par contre a changĂ©. Les citrons cultivĂ©s appartiennent Ă  l’espèce  Citrus medica var. limon L. Nous  retrouvons  le nom en anglais:  lemon « citron », ainsi que dans plusieurs dialectes allemands Limone.  Le limon y s’appelle lime, empruntĂ© Ă  l’espagnol lima.  NĂ©erlandais limoen prononcez limoun, empruntĂ© au français, est tombĂ© en dĂ©suĂ©tude au XIXe siècle pour rĂ©apparaĂ®tre au XXe pour dĂ©signer le Citrus aurantifolia.   

Le nom français citron, composĂ© de l’Ă©lĂ©ment citr- de citrus et du suffixe -on de limon ne date que de la fin du XIVe siècle.  Citron a Ă©iĂ© empruntĂ© par le nĂ©erlandais : citroen, (prononcez citroun) .  Aux Pays Bas citrtoen est mĂŞme devenu un nom de famille Citroen (prononcez citroun). 

Wikipedia me fournit le compléments suivants:

Le nom CitroĂ«n possède toute une histoire. L’arrière-grand-père d’AndrĂ©, dĂ©nommĂ© Roelof4, est un marchand d’agrumes en Hollande. En 1810, lorsque NapolĂ©on Ier annexe le Royaume de Hollande, les juifs nĂ©erlandais sont soumis au code NapolĂ©on et doivent choisir un nom pour leur identification. Roelof choisit alors de se faire appeler Limoenman (« homme-citron »), surnom que ses clients lui donnaient5. Son fils, Barend, ne prend pas la suite des affaires de Roelof et se tourne vers le nĂ©goce de joyaux, qui connaĂ®t un essor important au XIXe siècle. Ă€ la suite de ce nouveau statut social, Barend francise progressivement son nom, dans un premier temps en Limoenman-Citron puis en Citroen6.

 

alt=Description de cette image, également commentée ci-après                

 

 

Notes
  1. Potamot   FEW IX,252b  3646 Potamogeton compressus Telebotanica    et nomenclature.
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