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Bano

Bano, « corne d’animal », « bosse » (Lhubac) vient  du gaulois  *bannom « corne ». Cf. cymrique  (langue celtique du pays de Galles) ban. En ancien occitan la bana est le « bois du cerf ».

Mot et dĂ©rivĂ©s comme par ex. bien embanĂ© « qui a de belles cornes », et au figurĂ© se faire embaner sont très rĂ©pandus dans le Midi. Une banasse est une « grosse corne ».

Banard, banarde adj. ou subst. « qui a des cornes; se dit surtout Ă  propos des ovins » (Camargue).

Banu, « qui a des cornes »  dérivé de bano ci-dessus. En français régional banut (Lhubac). Chot banut « petit duc » (Lhubac). Tavan-banaru « capricorne », cf. tavan.

Voir aussi le verbe banédja, 

Catalan banya.

             

Chot banut

Didoulo

Didoulo « jujube ».

  

En occitan nous trouvons au moins 11 formes pour « jujube »: 1) jousibo (St.Pons)   2) gijoula (Nice)    3) tchitchoulo (Marseille, Aix)    4) chichourla (Bouche du RhĂ´ne, Barcelonette)  5) dzindzourlo (rĂ©gion de MontĂ©limar)   6) chinchourlo (rĂ©gion de Loriol)   7) guindoula (Montpellier) 8) Dindoulo (Marseille,NĂ®mes, Alès) 9) didoule (Nimes) 10) guindoulo (PĂ©zenas, Ardèche) 11)guindola (Biterrois d’après Alibert). Dans la Pharmacie du maĂ®tre apothicaire Jean Andrieu Ă  Tarascon se trouvaient en 1529 : tres quarteyron de jujinbarum en latin tarasconais.(Revue des Langues Romanes 43(1900) p.30.

L’origine de ces formes, ainsi que du français jujube , empruntĂ© Ă  l’occitan, (puisque l’arbre est mĂ©diterranĂ©en) est le mot grec dzidzuphon, empruntĂ© par le latin comme ziziphus, et par dissimilation zizupus . Dans un texte du 3e ou 4e siècle, l’Appendix probi genre « dites ne dites pas » , nous trouvons : zizipu non zizups.

Ils discutent de l'orthographe

Au cours des siècles le mot a subi toutes sortes de dĂ©formations pour aboutir Ă  cette variĂ©tĂ© de formes dans l’occitan.. En ce qui concerne les formes occitanes avec -nd-, von Wartburgpense Ă  une influence du mot guindoul « grosse cerise, guigne » Ă  cause de la ressemblance des deux fruits. En effet d’après Alibert languedocien guindola a les deux significations.

Dans http://www.marseillais.org/dico98.html: est mentionné

Chichourle. Très rĂ©pandu, ce nom masculin dĂ©signe une « bosse », ou le « sexe de la femme ». L’affectif et le sexuel dominent, en particulier en composition avec l’expression fan de chichourle (chichoune). La chichourle est une sorte de jujube peu charnue, fruit sec aux vertus curatives de la dimension d’une olive que l’on achète principalement en cornets chez des marchands ambulants. Sa forme, sa petitesse le dĂ©signent comme un attribut sexuel fĂ©minin : « -Amuse-toi bien chichourle et quand tu vois les nègres, tu fais le dĂ©tour pour qu’ils te mangent pas ! » (CAU). Plus rarement, le mot est pris pour « gifle » : « -Un vrai distributeur de chichourles, la porte tournante de l’hĂ´tel » (Or.).

chichourle-ortolan

L’Ă©volution sĂ©mantique « jujube » > « bosse » se comprend facilement quand on regarde l’image du fruit ci-dessus : « bosse »> « gifle » est la cause pour l’effet. L’Ă©volution sĂ©mantique de « jujube » > « sexe de la femme » est analogue Ă  celle de berlingot « sexe de la femme ».

Notamment Ă  Barcelonette est attestĂ© au figurĂ© chichourle  » personne qui ne sait jamais prendre un parti », comme  Ă  Marseille « jeune fille Ă©cervelĂ©e » un sens qui se retrouve en picard (!) « individu un peu niais ».

Mistral : chichourle, chinchourle « bruant jaune » et il renvoie vers chi-jaune. L’Ă©lĂ©ment chi- dans ce mot est d’après lui une onomatopĂ©e du cri des certains oiseaux. De lĂ  une confusion avec l’ortolan?  Dans l’expression  enfant de chichourle, chichourle signifie «  »chiche, ladre »Â  et fait partie du groupe « jujube ».


Photo: Nicolas Pierrard

Pour le sens « jujube » il renvoie vers son article ginjoulo dans lequel il donne une dizaine de formes (voir ci-dessus). Il reprend l’expression  enfant de chichourle « chiche, avare ». En italien giuggiola « jujube » signifie au figurĂ© « sans valeur, sans importance ».  Catalan gĂ­njol « jujube », et l’expression mĂ©s content que un gĂ­njol « plus content qu’un jujube » = très content. Les formes avec un -n- sont peut-ĂŞtre dues Ă  une influence du catalan ou de l’italien.

D’après Mistral il y avait Ă  NĂ®mes la Fiero di ginjourlo « la foire aux jujubes Ă  NĂ®mes, Ă  la St-Michel » (le 29 sept.). Georges Mathon, l’historien de NĂ®mes, dĂ©crit   cette foire  très ancienne dans son site!

Le tout est assez confus. Je pense qu’on a utilisĂ© le mot pour sa jolie consonance, sans savoir ce que cela voulait dire. Quand on reçoit une « gifle » d’une porte tournante, ca fait chi-chou!

Na

Na « dame », ou damna.  L’Ă©tymologie est le latin domina devenu très tĂ´t domna  en ancien occitan. D’après Alibert actuellement seulement dans la langue littĂ©raire. Je viens de recevoir une publicitĂ© pour:

« Na Balfet »,lo primièr roman de Sèrgi Viaule.Las edicions Princi Negue.

Une visiteuse du Tarn me donne les complĂ©ments d’information suivantes:

On trouve quelques noms de lieu avec cette appellation : Na Delmas par exemple qui indique que le propriĂ©taire Ă©tait une femme. (veuve le + souvent ) Vous avez rĂ©pertoriĂ© cela: Na de Dama ou Damna. Quand le propriĂ©taire Ă©tait un homme dans la plupart des cas on nomme le lieu : « en » {Ă©n} Ex: En Guilhèm, En Teste etc… je n’ai pas trouvĂ© « en »
ds le site .
Dans plusieurs villages quand on parle de  » la Dòna  » il s’agit de la Rivière
Le PĂ©gorier mentionne dona  comme toponyme dans l’Aveyron pour le XIIe siècle, et sous une forme francisĂ©e  done en occitan et dans les Alpes. Sous la forme na  en Gascogne en partculier.  Dona  « narcisse » dans le DauphinĂ©.
D’après le FEW dama  « narcisse des poètes » est aussi attestĂ© en Savoie et dans la DrĂ´me.  Sous la forme daou(a)neto  Ă  Bagnères (Hte Garonne) et madona  Ă  Barcelonnette. Beaucoup d’autres plantes ont des noms commençant par dama-
Certains animaux  sont aussi appelés dame, notamment la belette  en Gascogne: daounabere, daoune bere. 

A Marsillargues (34) dama est la « chouette » . A Castries (34) et Lafitte-sur-Lot (47) c’est la dama blanka. A Galargues (34) la damassa. (Thesoc). Une explication de cet emploi de dame se trouve probablement dans la symbolique des oiseaux. Voir les Bestiares du Moyen Age. Sur le symbolisme de la chouette, cliquez ici.

Voir aussi l’article damojano.

AgraĂŻo

AgraĂŻo, agralho, s.f., agralhoun s.m. « corneille, choucas » voir gralha

Caoucalla

CaoĂącalla s.f. « corneille » (HĂ©rault,Marcel de Serres d’après Rolland), dĂ©jĂ  en ancien occitan : caucala (Rouergue, Raynouard, qui ajoute : cf. anc.catalan cucala); Cacouleto (Gers, CĂ©nac-Montaut), Mistral donne pour le languedocien caucaleto « corneille ».

D’après le FEW il s’agit d’une onomatopĂ©e formĂ©e indĂ©pendamment dans ces localitĂ©s. Mais caucalla ressemble phonĂ©tiquement beaucoup Ă  un groupe de mots germaniques, comme nĂ©erlandais kauw « choucas » moyennl. cauw « corneille », ancien allemand kaa, norvĂ©gien kaje, anglais chough.
Le FEW suppose une origine franque*kawa pour les formes du Nord : ancien français choe « choucas », anglo-normand chouwe. En franco-provençal nous trouvons une forme tsawa « corneille » qui prolongĂ©e avec une suffixe -ia est aussi attestĂ©e en dauphinois et en provençal chauvio « corneille », chayo (Alpes Maritimes), chavo (Toulon, Rolland).

Nous avons ici un groupe de noms d’oiseaux internationaux; en plus des noms germaniques, il y a portugais cava, lithuanien kovas, russe rĂ©gional kava, tchèque kavka, irlandais cág. Le nom le plus courant en occitan est gralha, graula .

Nous pouvons conclure que, comme pour le chant du coq, nos oreilles perçoivent certains sons Ă  travers un filtre imposĂ© par la langue. Un Français distingue difficilement les  [i] de l’anglais dans bit et beat . J’ai vu Ă  NĂ®mes un restaurant qui s’appelle  IT! au lieu de EAT.
Cela vaut aussi pour les couleurs (pensez au vin rouge) et c’est un sujet d’Ă©tudes sĂ©mantiques très rĂ©vĂ©lateur. L es Français distnguent marron, châtain, brun; pour un NĂ©erlandais c’est tout du bruin.

Mais ce qui est plus important c’est que notre culture nous impose Ă©galement des notions comme prĂ©sident, libertĂ©, laĂŻcitĂ©, sĂ©curitĂ© sociale, et identitĂ© nationale … Le prĂ©sident  de la rĂ©publique française a une fonction totalement diffĂ©rente de celle du Presidente della repubblica  italiana, dont vous ne connaissez probablement mĂŞme pas le nom. . Et les « valeurs de la RĂ©publique » ne sont pas les mĂŞmes en France et en Italie.

Des sujets de débats interminables et un obstacle probablement infranchissable à la traduction automatique.

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