cat-right

calandreto

calandreto      « alouette Ă  doigts courts »Â  et  calandreta « Ă©cole bilingue franco-occitane 1 « . Etymologie: diminutif du latin calandra empruntĂ© au grec Îș α ́ λ α Îœ ÎŽ ρ Îż ς « alouette » . FEW II, 56 .  Mistral  donne trois diminutifs diffĂ©rents, sans les localiser.

. calandrello, calandreto Mistral       calandreto

Avec ce lien vous pouvez Ă©couter le chant de l’ alauda brachydactyla , enregistrĂ© en Kazakhstan.  Dans le site il y a d’autres enregistrements. Plus sur les noms de l’oiseau.

Calandreto est le diminutif de calandro « Alouette mĂ©diterranĂ©enne Ă  gros bec jaune, Ă  calotte rousse et sourcil beige«  (Burn. 1970) » CNRTL.

Calandra dans Raynouard

Calandra dans Raynouard

Les poésies de Peire Raimon de Tolosa (1180-1220)  ont été publiés et traduits par J.Anglade dans les Annales du Midi 1919-1920 et sont  téléchargeables ici. en PDF  ou avec le projet Gutenberg  en différents formats, html, epub,  avec des commentaires, etc.

PeireRamonde Toolosa

Le mot français calandre  a Ă©tĂ© empruntĂ© Ă  l’ancien provençal. En français calandre appartient Ă  la langue poĂ©tique; c’est ce qui explique que ce nom a Ă©tĂ© empruntĂ© par l’allemand Kalenderlerche  et le nĂ©erlandais Kalanderleeuwerik.

Notes
  1. Vous pouvez Ă©couter les petits de Gaillac chanter ici.

Fricaud ‘Ă©veillĂ©’

Fricaud « qui a le teint frais » M vient du germanique friks friks« avare; vif, hardi ».   FEW XV/2, 171b : ( reprise de l’article publiĂ© dans le vol.  FEW III, 803 b)

Appartiennent Ă  la mĂȘme famille:

Barcelonnette : fric « coquet, pimpant »;

languedocien fricaud, fricĂĄu « Ă©veillĂ©, gentil »

languedocien fricaudĂ©to « moineau »,

Castres fricaudĂšl « amoureux Ă©veillĂ©, intelligent ».

moineau

Lagagno ‘euphorbe’

Lagagno « euphorbe »Â  est attestĂ© dans les B.d.RhĂŽne, Ă  Puisserguier et Ă  PĂ©zenas et dans 5 autres villages dans l’HĂ©rault ( Thesoc). Le sens le plus rĂ©pandu et attestĂ© en ancien occitan de laganha,  lagagna, lagagnes  est  « chassie1« . Le dĂ©rivĂ© lagan  signifie « goutte qui dĂ©coule des yeux  chassieux »,  laganhos, lagagnous  « chassieux »2

   

Il y quelques dĂ©rivĂ©s dont le lien sĂ©mantique avec « chassie » ne m’est pas clair, mais qu’un ornithologue pourra certainement expliquer: dans la DrĂŽme lagagnousa « fauvette », Ă  Marseille lagagnoua « roitelet » et Ă  Teste lagagnoun « sorte de coquillage ».

En provençal existent des dĂ©rivĂ©s  comme lagagnoro « pluie soudaine et de peu de durĂ©e » qui ont un lien sĂ©mantique avec la notion « goutte, larme ».  Le  sens « euphorbe » a le mĂȘme lien sĂ©mantique, comme le sens « pissenlit » , par exemple Ă  Toulouse lagaigno,  et lagaino « renoncule » dans le Gard.

L’Ă©tymologie d’aprĂšs le FEW IV,130  est le latin lagănum « gĂąteau fait de plusieurs couches de pĂąte, genre de feuilletĂ©e3 » empruntĂ© au grec  Î»Î±ÎłÎ±ÎœÏ‰Îœ « gateau ». Pour les formes occitanes le FEW Ă©crit qu’il faut supposer un dĂ©rivĂ© ancien *laganea, mais il y a en grec dĂ©jĂ  un dĂ©rivĂ© qui les explique:

Î»Î±ÎłÎ±ÎœÎčÎżÎœ « petit gĂąteau ».  Le lien sĂ©mantique serait la comparaison de la chassie Ă  un petit gĂąteau Ă  l’huile; comme en allemand la chassie s’appellle Augenbutter littĂ©ralement « beurre des yeux »; ik y a aussi l’anglais eye booger littĂ©ralement « crotte des yeux » ou crusty  qui sont plus proches du sens « petit gĂąteau ».  En occitan c’est la notion « goutte » qui a Ă©tĂ© retenue. Voir ci-dessus.

Le Diccionari etimologic  du catalan propose une origine protohispanique, le basque  lakaiña, mais je n’ai pas rĂ©ussi Ă  en savoir plus.

Dans l’article Lachusclo j’ai dĂ©jĂ  parlĂ© de la pĂȘche Ă  l’aide de l’euphorbe la lachusclada  interdite au XVe siĂšcle Ă  Remoulins. La lecture de cette histoire a incitĂ© GĂ©rard Jourdan Ă  m’envoyer un extrait des mĂ©moires de son pĂšre, Raymond Jourdan, ouvrier agricole Ă , Montagnac (34), dont je le remercie cordialement! Le voici:

Mon grand-pĂšre paternel (Milou del Cougun) m’avait enseignĂ© un moyen facile et peu onĂ©reux de prendre du poisson. C’Ă©tait la « lagagno facile et peu onĂ©reux de prendre du poisson. C’Ă©tait la « lagagno(1)  » et un jour, j’avais 9 ou 10 ans, et avais une confiante infinie en mon grand-pĂšre, je me dĂ©cidai Ă  tenter le coup. La  « lagagno » ce n’est pas ce qui manquait Ă  Montagnac. J’en cueillis un « fai » un fagot, que je plaçai sur un sac et avec le battoir de lavandiĂšre de ma mĂšre, j’Ă©crasai les plantes, faisant exsuder le latex. Repliant ensuite le sac, je liai le tout et j’allai jeter l’ensemble dans un gourg de PoudĂ©rous(2) oĂč j’avais vu pas mal de poissons : sofis (hotus) en majoritĂ©. J’Ă©tais avec Marcel Dores et EugĂšne Nozeran, mes amis d’enfance, et le rĂ©sultat dĂ©passa nos espĂ©rances. Je pense que la totalitĂ© des poissons se retrouva le ventre en l’air et nous revĂźnmes triomphants et joyeux Ă  la maison. Mais nos mĂšres respectives soupçonneuses (Ă  juste titre, nous n’Ă©tions pas de petits saints), demandĂšrent l’origine et tout fiers, nous expliquĂąmes notre truc, et suprĂȘme affront pour moi, nous nous fĂźmes engueuler car, paraĂźt-il, les poissons empoisonnĂ©s par le latex des euphorbes Ă©taient immangeables et dangereux Ă  consommer. Je fus extrĂȘmement déçu mais n’ai jamais su si vraiment les poissons Ă©taient dangereux Ă  manger. Je pense qu’ils l’Ă©taient et que le latex tuait les sofis (hotus) mais n’Ă©tait pas nocif pour l’homme(3). Je n’ai jamais plus expĂ©rimentĂ© ce procĂ©dĂ©, peut-ĂȘtre aussi mon grand-pĂšre s’Ă©tait-il moquĂ© de moi ? Je ne le crois pas, sĂ»rement qu’il avait ainsi pĂ©chĂ© dans sa jeunesse et mangĂ© sans inconvĂ©nient le poisson.

1 Lagagno : occitan, l’euphorbe. Plante secrĂ©tant un latex, lait, « lach » en occitan, d’oĂč son nom et ce latex est, paraĂźt-il, toxique et ce fut vrai pour les poissons.
2 PoudĂ©rous : riviĂšre affluent de HĂ©rault, nĂ©e Ă  Sept-Fonts, de 8 ou 15 km de long et qui garde l’Ă©tĂ© venu de grands gourgs qui ne tarissent jamais. Le poisson remonte en hiver et au printemps de l’HĂ©rault et restaient parfois prisonniers dans les gourgs.
3 Dans certains pays africains, le latex d’euphorbe est utilisĂ© pour la pĂȘche (NdG)

Cette mĂ©thode de pĂȘche s’appelait lachusclada  Ă  Remoulins au XVe siĂšcle. Voir mon article  lachusclo.

_____________________________

Notes
  1. voir Thesoc s.v. chassie.
  2. GĂ©rard Jourdan m’Ă©crit Ă  propos de la marrana : « J’ai souvenir que nous traitions cette maladie de l’oĂŻdium avec du soufre qu’il fallait projeter sur le cep de vigne avec une soufrette (tu dois avoir le schĂ©ma dans le document de mon pĂšre) ce qui projetait du soufre un peu partout (y compris sur le visage (surtout s’il y avait un peu de vent) et nous rentrions Ă  la maison (le traitement se faisait tĂŽt le matin, justement pour Ă©viter le vent) avec des yeux « lagagnous » et gonflĂ©s.
  3. voir Zeitschrift 41,690 . Le FEW Ă©crit que lagagno ne vient certainement pas du gaulois lĂĄginon « euphorbe » comme propose Bertoldi Zeitschrift 44,112

Castagnes et marrons.

   

Agriculture et histoire

En agriculture les chĂątaignes  ne sont pas du tout la mĂȘme chose  que les marrons.  « Il existe une diffĂ©rence fondamentale entre la chĂątaigne et le marron. Elle est facile Ă  voir. L’enveloppe de la chĂątaigne, la bogue, est cloisonnĂ©e et elle contient deux ou trois fruits. Le marron, Ă©goĂŻste, mĂ»rit seul dans sa bogue.1.

L’un et l’autre, la castagno comme le marron nous sont parvenus de trĂšs loin. Les  fruits du chĂątaigner Ă©taient  un des premiers aliments des races primitives. Et cela a durĂ© longtemps Dans le Grand Larousse du XIXe siĂšcle, Pierre Larousse pouvait encore Ă©crire

« il forme  presque Ă  lui seul toute la nourriture des montagnards de l’Auvergne, des CĂ©vennes , de la Corse  ». Au moyen age il y avait l’expression parer  chastaignes Ă  quelqu’un ce qui voulait dire «  lui prĂ©parer un bon accueil », et aussi peler chastaignes Ă  quelqu’un  pour « lui dorer la pilule ».

L’origine du mot castagno est Ă  chercher en Asie mineure. En persan existe le mot kashtah « fruit sec, pĂ©pin » et les savants pensent que l’arbre et son nom sont introduits en Europe, notamment en GrĂšce Ă  partir de l’Iran.   Virgile (70-19 avant JC) connaĂźt dĂ©jĂ  le mot castanea  qui  donne dans notre rĂ©gion castagno ou costognos  (Aveyron) et castagne en français rĂ©gional.

Il y a de nombreuses « FĂȘtes de la Chataignes » dans notre rĂ©gion: En automne, le petit fruit Ă  coque piquante est au coeur de toutes les attentions gastronomiques et au centre des fĂȘtes traditionnelles du Languedoc-Roussillon. FĂȘtes, foires et autres castagnades lui font la part belle cet automne !

Avec ce mot dans votre vocabulaire,vous pouvez  voyager trĂšs loin: aux Pays Bas et en Belgique kastanje, en Allemagne Kastanie, en Scandinavie kastania, en Russie kashtanu en Pologne kasztan, en Lithuanie kasztanas et mĂȘme en Bretagne kistin et le pays de Galles kastan.  Les Anglais par contre ont empruntĂ© le mot chestnut Ă  la langue d’oĂŻl, oĂč par Ă©tymologie populaire ils ont ajoutĂ© un –t  au –chestne  pour ranger la chĂątaigne avec les noix (nut).

Il y a en languedocien pas mal de mots dĂ©rivĂ©s de castagna: castagniĂš « relatif aux chĂątaignes ou qui aime les chĂątaignes »(Mistral), castagnĂĄ verbe « rĂ©colter les chĂątaignes » mais aussi « dĂ©penser tout »,  languedocien castagnaĂŻro  « ramasseuse de chĂątaignes »  et  dans le Languedoc,  des castagneirou « petits chĂątaigniers » (Mistral). SpĂ©cial pour le Gard sont  castagnolo « roitelet » et castagno « sexe de la femme ». D’aprĂšs le Thesoc Ă  Maillanes (13) ce sont les testicules. A AlĂšs kastagnados  est la « veillĂ©e Ă  l’époque de la rĂ©colte des chĂątaignes », et comme on grillait des chĂątaignes pendant ces veillĂ©es il a pris le sens  « grillade de chĂątaignes »2.

En français  castagne  ou castagnole , empruntĂ©s Ă  l’occitan, servent Ă  dĂ©signer un poisson, le « sparus chromis »Â  (LinnĂ© 1758), mentionnĂ© dans l’EncyclopĂ©die de Diderot et d’Alembert. D’autres noms de petits poissons  comme castagnot ou castagneau, ou castagnole  viennent Ă©galement  du Midi.

TOPONYMIE. Beaucoup de noms de lieux oĂč poussent les chĂątaigniers sont dĂ©rivĂ©s de castanea.

Dans le Grand Larousse du XIXe siÚcle, vol. III, vous pouvez trouvez une description détaillée du travail de la chataigne : la récolte, la conservation, des recettes, etc. Il y  décrit entre autres le procédé que pour récupérer les chùtaignes,  dans la claie :

«On [les]chauffe ainsi pendant dix jours environ. Vers le cinquiĂšme jour, lorsque toute la rĂ©colte est rentrĂ©e, on retourne les chĂątaignes pour achever de sĂ©cher la couche supĂ©rieure. on considĂšre les chĂątaignes comme suffisamment sĂšches et prĂȘtes Ă  ĂȘtre blanchies, quand leur Ă©corce se dĂ©tache bien et qu’elles sont dures sous la dent. On les fait alors tomber sur le plancher infĂ©rieur (de la claie), dont on a enlevĂ© le feu et les cendres; puis on les dĂ©pouille de leur Ă©corce, soit en les plaçant dans des sacs que l’on frappe sur un billot revĂȘtu d’une peau de mouton … , .soit au moyen des soles, qui brisent moins les chĂątaignes.».

Par hasard j’ai trouvĂ© une liste des variĂ©tĂ©s de chĂątaignes cĂ©venoles Ă  l’UniversitĂ© des JĂ©suites Ă  New York :Source: « Recueil de MĂ©moires et d’observations de Physique, de MĂ©tĂ©orologie, d’Agriculture et d’Histoire Naturelle » par le Baron Louis-Augustin d’HOMBRES-FIRMAS, Nismes, 1838, volume 3, page 81: MĂ©moire sur le chĂątaignier et sur sa culture dans les CĂ©vennes (1819).

QUI LES RECONNAIT ENCORE DE NOS JOURS??? Contactez-moi

D’aprĂšs Andolfi la castagne est « un sport ancestral cĂ©venol qui se pratique Ă  mains nues
 » et castagne dans ce sens est synonyme du français marron. ChĂątaigne = marron est attestĂ© en francais depuis 1635 ; chĂątaigne signifie d’abord un « coup sur les doigts » et ensuite un « coup de poing » (D’aprĂšs Delvau A., « Dictionnaire Ă©rotique moderne » BĂąle, sans date ). Marius Autran est plus sĂ©rieux quand il Ă©crit Ă  propos de l’expression: ça va castagner ! « c’est de l’argot français qui n’est pas spĂ©cifiquement provençal. »

Le mot marron a le mĂȘme sens depuis 1835. A.Rey pense que le sens « coup de poing spĂ©cialement sur la tĂȘte », s’explique par mĂ©tonymie de la tĂȘte qui reçoit le coup (un coup sur le marron) au coup lui-mĂȘme . Mais le sens « tĂȘte » pour le mot marron n’est attestĂ© que depuis 1896. Von Wartburg est d’avis que c’est la couleur que prend la tĂȘte quand elle a pris des marrons qui est dĂ©terminante. Quoi qu’il en soit, c’est du pareil au mĂȘme, quand on les reçoit, ça peut faire trĂšs mal.

 

Notes
  1. Il y a quand-mĂȘme un risque de confusion de 12% : « Le castanĂ©iculteur est tenu quant Ă  lui de classer la production de ses arbres en chĂątaignes, si la proportion moyenne des fruits cloisonnĂ©s est supĂ©rieure Ă  12%, et en marrons, si cette proportion est infĂ©rieure Ă  12%.»
  2. . Dans les CĂ©vennes la « grillade » s’appelle rabanelo, voir le mot rabinar

Chicå, chiquer (pétanque)

Chicar, chiquer « taper sur la tĂȘte (la cabucĂšle, le closc) de la boule adverse » (RenĂ© Domergue, Avise, la pĂ©tanque!) vient d’une onomatopĂ©e tĆ ikk-  qui imite le bruit d’un coup.  Un chic  est un « coup sec et sonore ». A AlĂšs   faire chico  « rater (fusil) ».  Le verbe chica(r), devenu chiquer  en français rĂ©gional,  est attestĂ© Ă  Puisserguier avec ce sens. En provençal chicå   a pris le sens « bavarder, jaser ».  Les significations qui sont le plus proche de l’onomatopĂ©e d’origine se trouvent surtout dans le domaine occitan, ce qui permet de supposer que le sens spĂ©cifique dans le jeu de boules de chiquer  est d’origine occitane.

    bruant des roseaux

A la mĂȘme famille appartient l’occitan chicarrot « mortier de pĂąte d’argile que les enfants font claquer en le lançant sur une pierre plate ». et le nom du « bruant des roseaux« , que vous pouvez Ă©couter en suivant le lien, qui  s’appelle chic dei palus (Gard) ou chic deis sagnos (Bouche-du-RhĂŽne) ou chic bartassier Ă  Toulouse. Voir   FEW t. 13, 2, p. 371).

Page 2 sur 912345
DerniĂšre page »