Etymologie-occitane » moyen_âge http://www.etymologie-occitane.fr Dictionnaire étymologique de l'Occitan Wed, 18 Apr 2018 13:34:11 +0000 fr-FR hourly 1 Bazacle, Les moulins de - http://www.etymologie-occitane.fr/2015/09/bazacle-moulins-toulouse/ http://www.etymologie-occitane.fr/2015/09/bazacle-moulins-toulouse/#comments Sat, 26 Sep 2015 12:55:01 +0000 http://www.etymologie-occitane.fr/?p=14858 Share
Le rejet par les économistes atterrés de l’économie libérale, m’a fait découvrir la première société anonyme  du monde 1, la Société des moulins de Bazacle. D’après plusieurs sites l’étymologie du nom Bazacle serait le latin vadum + aculum « gué » + un suffixe diminutif.  Cette étymologie pose pourtant deux problèmes:

Bazacle_Toulouse1. Le gué du Bazacle n’est  pas un petit gué.  Les  Toulousains du XIIe siècle auraient-ils été des rigolos?  Je ne suis pas le seul à douter de cette étymologie. JB  propose dans son blog que vadum  a pu signifier aussi ‘haut-fond ou passe dangereuse pour ceux qui naviguent ». Mais ce sens n’est attesté nulle part.

2.Il  est vrai que v- devient normalement b-  en languedocien, mais le mot latin vadum« gué » a abouti à ga, gua  (Goudouli écrit ga), parfois à gas,  ou à  gouat en Béarnais, comme dans presque tous les parlers galloromans. L’initiale n’est jamais un v-/ b-.  Le fait que pratiquement toutes les formes occitanes ont l’initiale g- i permet de supposer une origine ou très forte influence du germanique2 *wađ « gué »  (qu’on retrouve par exemple dans le néerlandais Waddenzee une partie de la mer qu’on peut traverser à pied à marée basse). En languedocien est attesté gazaire « l’homme qui transporte les gens sur son dos par les rivières » et en Lozère un gué est appelé gazel.

En 413, les Wisigoths envahissent la ville et choisissent Toulouse comme capitale de leur royaume. Ayant une culture et une religion différente, les Gallo-Romains et les Wisigoths se côtoient à Toulouse sans se mélanger jusqu’en 508 lorsque Clovis prend la ville, après avoir vaincu les Wisigoths à la bataille de Vouillé (en 507). (Wikipedia, Toulouse) (A vérifier si l’intégration des Wisigoth n’a pas eu lieu plus tôt. L’auteur ne donne  pas sa source).

Waddenzee   Waddenzee, Pays Bas

3/ Le suffixe -aculum   aboutit normalement à -alh, le féminin -acula à -alha et donne des mots pour nommer des instruments (Alibert, p.26-27).

Régulièrement vadaculum aurait abouti à *gazalh.   Bazacle doit donc être  une occitanisation ou francisation  de l’époque à partir d’un nom créé en latin.   Si j’adopte cette possibilité, vadaculum désignait à l’époque qu’il y avait un moyen ou instrument pour traverser la rivière, un gazel, un bateau, un cable ….. Un vadaculum crée en latin médiéval a pu être transforme en bazacle toulousain du XIIe s.

Notes
  1. Une primaire attribuée jusqu’ici aux Néerlandais avec la VOC
  2. Un w- initial des mots d’origine germanique présente en général un g-, gu-  en galloroman: cf. guerre , guide, gagner;  etc
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caoussido ‘chardon’ http://www.etymologie-occitane.fr/2015/08/caoussido-chardon/ http://www.etymologie-occitane.fr/2015/08/caoussido-chardon/#comments Sat, 08 Aug 2015 10:13:19 +0000 http://www.etymologie-occitane.fr/?p=14902 Caoussido caussido  ‘chardon aux ânes’ (onopordum acanthium) ou « chardon des champs »(cirsium arvense)  est répandu dans tout le Midi de la France. L’étymologie latin *calcita pose quelques problèmes.

Cirsium_arvense0

chardon des champs (circium arvense)

Onopordum_acanthium_002

et chardon aux ânes (Onopordum_acanthium)

Caoussido  comme chardon  en français est utilisé pour des plantes qui appartiennent à des familles différentes.

La première attestation du latin médiéval calcida date du début du XIIe siècle, dans le Liber floridus de Lambertus de Sancto Audomaro. (consultable chez Gallica). Un très bel article avec de magnifiques illustrations dans Wikipedia.

Arbres symbolisant les Huit Béatitudes

Arbres symbolisant les Huit Béatitudes

En latin on ne trouve que les mots chalceos, calcetum et chalca chez Pline qui les a emprunté au grec χαλκειος, χαλκη (chalkeios, chalkè) qui désignent une plante avec des épines.  Le petit problème qui se pose est la terminaison en -ido. Le fait que ce nom ne se trouve que dans le Midi permet de supposer qu’il y a été introduit  directement par les Grecs, surtout parce qu’il était très utilisé en médecine, en particulier pour le traitement des varices.

FEW XXI, 189 chardon

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Escoussieres à Mirepoix http://www.etymologie-occitane.fr/2015/03/escoussieres-mirepoix/ http://www.etymologie-occitane.fr/2015/03/escoussieres-mirepoix/#comments Tue, 03 Mar 2015 15:17:25 +0000 http://www.etymologie-occitane.fr/?p=14470 Christine Belcikowski , autrefois La dormeuse  est revenu à son cher Compoix de Mirepoix:

J’ai cherché à localiser dans Mirepoix cette « maison avec chartreuse et jardin contigu, le long de la promenade du nord anciennement appelée les Escoussières, confrontant en corps de levant les héritiers Estupui, de midi la dite promenade, du couchant Victor Commelera, d’aquilon rue dite de la Tinité ». La promenade du nord, aussi appelée promenade Saint-Antoine, c’est l’actuel cours du Colonel Petitpied. La rue de la Trinité, c’est aujourd’hui la rue Vidal-Lablache.

En 2017 je reçois d’Alain Marmion nous fournit les compléments d’information1 et un lien vers son blog dans lequel il nous fournit un plan de la ville de Mirepoix établi d’après les données du compoix de 1661. http://aline.marmion.free.fr/mirepoix_terrier.htm Allez-y !

Il y a des années qu’elle m’a demandé de chercher l’étymologie du nom Escoussières, mais n’ayant rien trouvé, j’ai abandonné, mais j’ai gardé quelques images: EscossierePhoto  escossieresMirepoix escossieresMirepoixP

J’avais trouvé 2 autres attestations, une dans le site Le Patrimoine bâti du  vendredi 6 janvier 2006, par Geneviève Durand sur Clermon-le-Fort, qui écrit:

La cour du Fort et son puits

Un très petit nombre de maisons ont aujourd’hui une porte s’ouvrant dans cette cour. Mais cela devait être très différent lorsqu’une muraille les enserrait : il y avait toujours un espace, l’escoussière, entre la muraille et les maisons qui devaient alors s’ouvrir vers la cour intérieure. Le puits, avec la corde enroulée sur le tour, a servi jusque dans les années soixante. Il a plus de 20 m de profondeur.

et la deuxième intitulé « Un siècle d’administration communale  à Aucamville (Tarn et Garonne ») d’après les comptes consulaires (1346-1446), par F. Galabert et publié dans les Annales du Midi de 1908, pp.313-350 . A la p. 320 il écrit:

Les auvents construits, il fallut, un peu plus tard, s’occuper des escossières ou chemins de ronde que l’on répara durant plusieurs années. Cela coûta 5 moutons d’or en 1435,4 moutons d’or et 4 pegas de vin en 1441. On verra par les citations ci-dessous que ces chemins de ronde étaient couverts :

Item fesem repara xiiii brassas he xvii de las cossieras que héron casudas… he costeron de la ma des maistres v escutz d’aur, 1435 (f» 8).

Cette graphie, cossiera  un endroit couvert, permet de supposer par exemple qu’il servait à écosser les légumes (cossier « tiges et cosses sèches de pois » de cochlea « escargot; cosse ») FEW II,826b;

Le FEW range ce groupe de mots dans l’article cursus  FEW II, 1576

Pourtant le plus probable me semble être le latin excussorius « qui sert à battre et enlever », bref le « fléau », qui dans l’Aveyron a abouti à escoussouyro « aire », attesté depuis 1514 et à Barcelonnette à escoussouiro « chacune des planchettes mobiles qui forment le devant du coffre à grains ».

Excussorius  a pratiquement disparu des parlers galloromans et a été remplacé par fleau, mais le verbe excuter avec le sens « battre le blé » s’est maintenu dans beaucoup d’endroits. En ancien occitan escodre, eyscoyre , en occitan moderne escoudre, escoure toujours « battre le blé ».  FEW III, 286 ss.

Tout à fait au nord du domaine galloroman, en wallon, le mot escoussière existe également et là il désigne une meule spéciale dans les moulins pour l’épeautre, décrite ainsi:

Le grain était conservé dans ses enveloppes. La présence d’enveloppes tenaces autour du grain constituerait une protection contre les déprédations (oiseaux et charançons) et protégerait le grain contre les micro-champignons lors des conditions défavorables à la germination. Dans la zone de culture de l’épeautre en Belgique, les moulins à moudre les céréales possédaient un équipement particulier destiné à décortiquer l’épeautre, c’est-à-dire à débarrasser le grain de ses enveloppes, avant de le broyer1. Les moulins possédaient en général trois meules dont une servait uniquement à monder la céréale. Les parties travaillantes étaient des meules grossières, fortement trouées et plus écartées que celles destinées à moudre la farine. Les moulins que nous avons pu encore visiter possédaient des meules provenant du célèbre centre de production de pierres meulières de La Ferte -sous -Jouarre en France. Cette meule spéciale portait un nom particulier : l’esqueure  (charte de Nismes 1451), ou plus récemment l’escoussière  (enquêtes). (http://civilisations.revues.org/1425#tocto2n2)

Ces meules faisaient donc le travail pour lequel on utilisait  le fléau pour les autres céréales.  L’étymologie est donc probablement  la même.

Notes
  1. Dans le glossaire de langue romane (google book) p508, on peut lire :
    ESCOUSSIEIROS Remparts d’une ville sur lequel on se promène,
    ESCOUSSOUR Fléau à battre le blé
    2) concernant les propriétés du compoix de Mirepoix de 1766, tout est en ligne sur le site des AD09. Le livre 1, débute par un index alphabétique des propriétaires, avec un fol de renvoi. Sur le fol on trouve les biens tenus, avec pour chaque un numéro de parcelle qui renvoie au plan terrier également en ligne… Il n’y a donc aucune difficulté à localiser le bien d’une personne.
    3) Les escossières n’existaient plus en 1766, elles sont utilisées comme confronts dans le compoix de 1675, qui est en ligne mais sans plan. Pour la ville, j’ai donc réalisé un plan terrier de 1675, à voir en ligne sur mon site.
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Paratge ‘égalité’ http://www.etymologie-occitane.fr/2015/02/paratge-egalite/ http://www.etymologie-occitane.fr/2015/02/paratge-egalite/#comments Tue, 10 Feb 2015 13:04:45 +0000 http://www.etymologie-occitane.fr/?p=14371 Paratge

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Arrêt sur images. Dans la chronique de ce matin intitulé Les migrants, les crêpes et le routier, il y a le commentaire que voici:

Ah, ce droit d’asile! Ce lieu inviolable ou une personne en danger trouve refuge…ce lieu qu’on ne peut piller, inverstir, pénétrer

Ce paratge cher aux Occitans,  » Le Paratge, ce terme intraduisible littéralement dans d’autres langues, était à la fois le sens de l’honneur, l’amour courtois, le respect de soi et de l’autre, quel que soit son sexe, sa race, sa religion ou son origine sociale, ainsi que la négation de la loi du plus fort. »

L’étymologie de paratge  est le latin pār « égal, pareil, convenable, juste » > pair en français.

Bernart de Ventadour :

paratge_Rayn

Le sens le plus courant de parage/ paratge en français et en occitan est  » extraction, noblesse, haute naissance ». Comme terme juridique paratge signifie : « égalité de conditions entre aîné et  puinés, malgré l’inégalité du partage de l’héritage ».

 

 

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grazaou ‘auge’ http://www.etymologie-occitane.fr/2015/02/grazaou-auge/ http://www.etymologie-occitane.fr/2015/02/grazaou-auge/#comments Mon, 09 Feb 2015 14:37:13 +0000 http://www.etymologie-occitane.fr/?p=14355 Grazaou « auge de bois » elle se fait d’une pièce de bois creusée dans la longueur en forme de canal, telle que l’auge des maçons. (Sauvages, 1756). Alibert veut qu’on écrive grasal, Mistral grasau.

Etymologie : latin crātis « panier tressé » FEW II, 1293 colonne b, où vous trouverez les différentes significations et formes dans les parlers occitans, à partir de Rochemolles, (Piemont en Italie) jusqu’en poitevin.  Grazaou fait partie du groupe de mots qui viennent d’un dérivé du latin tardif gradalis attesté au VIIIe s., XIe s.  d’après le CNRTL,  et qui a donné graal en ancien français. Voir Wikipedia  à propos du Graal.

Grazalé « une petite auge » et uno grazalado « une auge pleine de mortier, plâtre etc.  »

En vallée d’Aoste  une grolla  est une coupe de l’amitié, dans laquelle on verse du cafe corretto qu’on partage.  C’est la fête!

grolla2   grolla1

cafe avec le  corretto à part

cafe avec le corretto à part

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Anols, anoui ‘jachère’ http://www.etymologie-occitane.fr/2014/12/anols-anoui-jachere/ http://www.etymologie-occitane.fr/2014/12/anols-anoui-jachere/#comments Sun, 28 Dec 2014 15:51:24 +0000 http://www.etymologie-occitane.fr/?p=14245 Anols, anoui, noui, anous, anouï, anouias « friche, jachère, taillis ».

Dans la troisième partie de l’étude de Marie-Claude Marandet, Les campagnes du Lauragais à la fin du Moyen Âge, intitulée La Terre, pp. 83-189 elle nous fournit le riche vocabulaire qui concerne les friches. Plusieurs termes se trouvent déjà dans ce site, comme bartas et broga. Je ne connaissais pas le terme anols et ses variantes. J’ai pourtant parlé  de  annŭcŭlus dans l’article anoublo  « animal d’un an ». Elle écrit: « Après utilisation de divers lexiques occitan-français et consultation d’informateurs locaux, j’ai établi les équivalences suivantes : Anols : anoui, noui, anous : jachère ; anouï : inculte ; anouias : terrain inculte (F. Mistral).  »

Etymologie . Ces termes se trouvent en effet dans le FEW 24, 616b et note 4 p.617b  dans le même article annŭcŭlus « d’un an », et sont donnés comme des significations secondaires. Antoine Thomas (Mélanges, p.212-213) explique qu’une jachère est une terre qui n’a rien produit dans l’année ». Le sens le plus répandu des mots qui continuent le latin annŭcŭlus étant « femelle stérile ou  qui n’a pas fait de petits dans l’année », on comprend l’évolution sémantique.

Le type annŭcŭlus « animal d’un an » se trouve dans les parlers septentrionaux de l’Italie et en espagnol añojal « jachère ». ThomasMél pp.212-213 (et non pas 148 comme indiqué dans la note du FEW)

Les campagnes du Lauragais à la fin du Moyen Âge 1380 – début du XVIe siècle. Marie-Claude Marandet Presses universitaires de Perpignan,2006.  À partir d’une base documentaire abondante, près de 3000 actes notariés, dix-neuf livres d’estimes, des registres de reconnaissances et des listes d’aveux et dénombrements, traitée par l’informatique, Marie-Claude Marandet dresse un tableau des campagnes du Lauragais entre 1380 et 1520.

campagnesLauragais

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apiastro ‘renoncule scélérate’ http://www.etymologie-occitane.fr/2014/10/apiastro-renoncule-scelerate/ http://www.etymologie-occitane.fr/2014/10/apiastro-renoncule-scelerate/#comments Mon, 27 Oct 2014 13:49:49 +0000 http://www.etymologie-occitane.fr/?p=14037 Apiastro « renoncule scélérate ». Apiastro est un dérivé de apium « céleri »  devenu api, lapi en occitan. . D’après Rolland Flore le nom  apiastrum  est déjà attesté chez Pline, mais je ne l’ai retrouvé dans aucun dictionnaire latin. Dans mon article api « céleri », j’ai ajouté un paragraphe sur l’apiastro  copié  partiellement de Wikipedia:

 L’auteur de l’article Wikipedia écrit : « La plante était connue au Moyen Âge comme « Céleri du rire » car son ingestion provoquait un rictus sur le visage de la personne empoisonnée. », mais je ne l’ai pas retrouvé dans les articles en allemand ou néerlandais qui disent que son ingestion rend gravement malade. Par contre frotter la peau avec le lait de cette plante provoque des ampoules, un moyen pour les mendiants pour se faire prendre en pitié.

apiostra

apiostra

Ayant fait quelques recherches sur le nom céleri j’ai découvert que ce mot n’a été introduit en français qu’au XVe siècle (CNRTL céleri). En réalité elle s’appelait  ris sardonien  ou l’ (h)ache riante :

Extrait de: Grévin JacquesDeux livres des venins , ausquels il est amplement discouru des bestes venimeuses, thériaques, poisons & contre-poisons, par Jacques Grévin,… Ensemble les oeuvres de Nicandre,… traduictes en vers françois., Anvers, Plantin, 1568. En ligne sur Gallica

Dans Rolland Flore populaire I, pp. 55-56  vous pouvez voir que le ranunculus sceleratus ne s’appelait nulle part « céléri du rire »., mais ache de ris, ache de risée, etc. ou avec un adjectif dérivé de  sardonia , comme  herbe sardonique, ache sardoine en français. Ache de ris doit être une abréviation de ache de ris sardonique, le ris sardonique est défini pour la première fois par Ambroise Patré  (XVIe s.) comme « un rire convulsif causé par une contraction des muscles du visage et qui donne à la bouche un caractère de moquerie méchante ». (FEW XI, 229).

D’après Rolland Flore I, p.57 passait cette plante autrefois pour causer des empoisonnements qui provoquaient un rire particulier, le rire sardonique.La Seyne  tronche d’àpi est une insulte, ce qui pourrait être une réminiscence du rire sardonique.

En ancien occitan est attesté le nom apiastro pour le « ranunculus sceleratus« ,  la renoncule scélérate ou renoncule à feuilles de céleri, en français.

 

 

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Lachusclo 'euphorbe', lachusclada et ginouscla http://www.etymologie-occitane.fr/2014/03/lachusclo-euphorbe-lachusclada-ginouscla/ http://www.etymologie-occitane.fr/2014/03/lachusclo-euphorbe-lachusclada-ginouscla/#comments Thu, 27 Mar 2014 10:28:21 +0000 http://www.etymologie-occitane.fr/?p=13161 Lachusclo « euphorbe réveil matin » (Mistral. Voir l’explication du nom « reveil matin » en bas de la page). Mot provençal et est-languedocien jusqu’à l’Aveyron. Attesté dans l’Aude avec le sens « laitue ».  L’étymologie est un dérivé non attesté du latin lac « lait »  *lactūscŭla  ou  *lactŭscŭla,  cette dernière entre autres  pour la forme marseillaise lachousclo . Je ne peux mieux faire que vous donner l’article de A.Thomas, Mélanges d’étymologie française. Paris, 1902,  p.97.

Dans le Trésor de Mistral il y a le dérivé :

Mistral

Sa source, le Cartvlaire de Removlins; recueilli, classé, annoté et pub. sous les auspices du Conseil municipal de Remoulins. 2. livr. by Charvet, Gratien, d. 1884. Remoulins, France. Conseil municipal.Published 1873,   a été  numérisé aux Etats Unis et il est consultable pour les Américains. Mais les Européens doivent l’acheter parce qu’il a été ré-imprimé par un Anglais, le British Library,  et  est vendu par Amazon !  Par contre si vous l’avez scannez-le et mettez-le en ligne!  vous avez le droit.

Heureusement, avant de publier le  Cartulaire..  Gratien Charvet a écrit un petit livret intitulé lesCoutumes de Remoulins, qu’on peut lire et télécharger sur Gallica. Ce que j’ai fait. Ces Coutumes  datent de 1500.  Ci-dessous l’extrait qui nous intéresse:

dans le note 3  nous trouvons

Le mot lachusclada  avait peut-être vieilli?  En tout cas lachuscle  était devenue lajuscle.

A la suite de cet article Gérard Jourdan m’a envoyé un extrait des mémoires de son père, qui à l’âge de 9 ans a encore pratiqué la lachusclada.  Son histoire savoureuse se trouve  dans l’article lagagno « euphorbe ».

Le mot montpellierain ginouscla1 dont parle Thomas dans la note reproduite ci-dessus,  se retrouve dans de grands dictionnaires2copié avec une coquille typographique:

Lachusclo « euphorbe réveil matin ». Dans RollandFlore vol.IX p.225 se trouve l’explication que voici:

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Notes
  1. D’après RollandFlore IX également attesté dans le Gard 
  2. dont Littré  qui définit « nom vulgaire de l’épurge »
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Rudo 'rue' plante http://www.etymologie-occitane.fr/2014/03/rudo-rue-plante/ http://www.etymologie-occitane.fr/2014/03/rudo-rue-plante/#comments Mon, 24 Mar 2014 14:03:06 +0000 http://www.etymologie-occitane.fr/?p=13325 Rudo « rue du jardin » (ruta graveolens L.), vient du latin rūta  même sens, peut-être emprunté au grec ρυτη, plus précisément au Péloponnèse.   La rue a joué un rôle important dans la médecine de l’Antiquité et du Moyen Age1 .

La conséquence de cette popularité a été que le nom  rūta a été conservé dans toutes les langues romanes (italien ruta, espagnol ruda) et a été emprunté au latin par l’allemand Raute, néerlandais ruit, et emprunté au galloroman  en anglais rue, basque erua, et  breton ruz.

Dans les Commentaires tres excellens de l’hystoire des plantes, composez premierement en latin par Leonarth Fousch medecin tres renommé :  Paris, 1549 (Gallica)  chapitre 236 (CCXXXVI) vous pouvez lire à quoi servait la rue.

Il  restait encore beaucoup de recettes populaires  à la fin du XIXe siècle.  Voir Rolland Flore IV, p.7 et suivantes, dont:

Extrait de la p.8 Roland flore IV,8.

Plus d’informations sur les effets de la rue

C’est grâce à un membre de la Société des Etudes scientifiques de l’Aude, qui a eu la gentillesse de m’envoyer une photocopie d’un manuscrit de la fin du XIXe siècle sur les Noms patois des plantes dans les environs de Carcassonne  que j’ai pu relever l’effet curieux de la rue que voici:

Dans un site sur les agrumes, l’auteur écrit :

Dans le jardin, la rue est un très bon compagnon pour le framboisier et les rosiers (eloigne ses principaux parasites). La plupart des chats n’apprécient pas la rue. Si des chats viennent anéantir vos nepetas (menthe et herbe a chats), plantez une rue à coté! On peut aussi obtenir une teinture rouge a partir de la plante.

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Notes
  1. En tapant je dérivé « rutine » dans mon moteur de recherche, je vois que c’est toujours le cas.
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Espic, aspic 'lavande mâle' http://www.etymologie-occitane.fr/2014/03/aspic-valerane-lavande/ http://www.etymologie-occitane.fr/2014/03/aspic-valerane-lavande/#comments Wed, 05 Mar 2014 17:27:03 +0000 http://www.etymologie-occitane.fr/?p=13203 Espic, aspic, « Aspic ou spic. Nom vulgaire de la grande lavande ou lavande mâle (lavandula spica) de la famille des labiées . » (TLF). L’étymologie est le latin spica « épi » espigo s.f.  parce que les fleurs sont rangées en épi.  Mais il y a un petit problème; spica  ou  spica nardi   ne désigne pas la lavande, que le Romains connaissaient certainement1, mais le nard indien.

Le parfum du nard indien,  très apprécié dans l’antiquité (écrits de Théophraste, Pline, e.a.), est extrait du rhizome et du bas de la tige de la plante.

nard indien

Pendant le haut Moyen Age le commerce avec l’Orient avait fortement diminué ( fin de la globalisation !)  et on a remplacé le nard par la lavande tout en gardant le nom, au masculin cette fois: espic au lieu d’espiga,  comme en italien  spigo  et le catalan  espic.  L’origine de la forme avec a- répandue depuis la Renaissance  n’est pas tout à fait clair, mais elle est également d’origine occitane.  Le TLF suit le FEW :

la forme avec initiale a- est due sans doute a) à l’influence (par étymol. pop.) de aspic, désignation du serpent ou de la vipère dans nombre de dialectes cf. FEW t. 1, p. 157b, s.v. aspis (du point de vue de l’usage : la plante pouvant être utilisée contre les piqûres d’aspic − ou du point de vue de la forme : la feuille lancéolée pouvant être comparée à un aspic); b) peut-être aussi influence du syntagme lat. sav. lavandula spica.

Le nom occitan espic, ou aspic  s’est répandu assez tôt vers le Nord avec la plante: ancien français  espig, escpic (Godefroy) depuis 1190, aspic en moyen français.  Solerius écrit en 1542 que la lavande est un pseudonardus :

aspic   (ligne 4)— le nardus celtica pousse sur les hauteurs des alpes et il est encore appelé aspic par les paysans.. Et il y a deux sortes de faux (nardus) : un masculin appelé spigo par les Italiens: par les Gaulois et chez nous aspic; un féminin appelé lavande par tous les peuples de la Gaule: lavanda par les Italens. —

Le nom scientifque du  nard celtique est Valeriana celtica L. Voir RollandFlore la Valeriana celtica L. nardus celtica, nardoceltica,  ou spica celtica , spic celtique , saliunce, salvince, fr. du xv« s., J. Camus, et Cf.Valeriana celtica dans Telebotanica

Dans la page Pl@ntuse intitulée Noms populaires des plantes je retrouve une remarque que j’ai faite à plusieurs reprises, mais qui vaut aussi pour d’autres domaines:

Les plantes sauvages utilisées localement tendent à avoir des noms populaires très diversifiés, qui peuvent varier d’un village à un autre. Par contre, les plantes qui font l’objet d’une culture, d’un usage bien établi ou d’un commerce, tendent à avoir des noms plus stables, et des noms savants. Quand elles voyagent, elles le font souvent avec leur nom. Ceux-ci s’avèrent être des indices précieux pour reconstituer le cheminement de nos plantes usuelles.

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Notes
  1. Nous ne connaissons que le mot stoechas « variété de lavande »; le mot lavande est un emprunt à l’italien
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