cat-right

Vim

Vim « osier » vient du latin vimen, viminis « osier ». Le mot latin est un dérivé du verbe viére « tresser » et vimen désigne d’abord les brins d’osier qui servent à faire de la vannerie et ensuite aussi l’arbre.

Vimen a dû occuper une grande partie du domaine galloroman, puisqu’on trouve des restes jusqu’à la frontière linguistique en Belgique et des emprunts dans le moyen néerlandais (wime « brin d’osier »). Mais au cours de siècles  vimen a reculé dans le domaine d’oïl jusqu’à une ligne qui va de la Loire aux Vosges. En occitan nous trouvons le type vim, bim, vin (< vimen) dans l’est et vime, bime, qui repose sur un accusatif refait *viminem dans l’ouest. Dans quelques localités (Corrèze, Cantal, Agenais) qui se trouvent à la limite de la zone vige < vitex, nous trouvons des mots « combinés » type vinzo, vyenze qui ont ajouté à vim la terminaison de vige. Voir Thesoc s.v.osier.

L’osier jouait un rôle très important dans la vie de tous les jours. Nous trouvons par conséquence de nombreux dérivés dans les dictionnaires : bimos « treillis d’osier » (Toulouse), binbignè < vimen viminarius « souche d’osier franc qu’on recèpe tous les ans » (Castres), bimade s.f. « récolte de brins d’osier ».

En dehors du galloroman, nous retrouvons le vim en catalan vim « osier; brins d’osier », espagnol mimbre, portugais vime « osier ».

Voir aussi les articles amarinier et vige

Vencilh, bensilh

Vencilh, bensilh « lien du fagot », attesté dans les Htes-Pyrénées, Pyrénées-Atlantiques et les Landes, vinquèla*, vinzelo à Agonac en Dordogne. (Thesoc).

Etymologie : *vinciculum « lien ». La première attestation date de 1315 (Bayonne). Le mot est surtout connu en gascon avec le sens « hart dont on lie les fagots ».

A Bayonne le bencill‘ était une « houlette de berger » (une houlette est  un « Bâton de berger terminé par une petite plaque de fer qui permettait de jeter des mottes de terre aux moutons qui s’écartaient ».

Dans le FEW vincilh est rangé dans l’article *vinciculum « lien », un diminutif de vinculum « lien ». Voir ci-dessous vincla.

Vent, ventar

Vent « 1. vent 2. vent du sud 3. sud. » Latin ventus « vent » a eu un très riche développement dans toutes les langues romanes. Pour ceux qui veulent tout savoir, je ne peux que les renvoyer vers le FEW vol. XIV, 255-270. Il y a beaucoup de dérivés, comme ventas « gros vent », ventarau « vent très froid » etc., des emplois au figuré, des expressions et dictons.

Dans l’est du domaine occitan et en franco-provençal ven(t) a pris le sens de « vent du sud » par opposition au vent du nord, très froid et fort, le mistral. Il y avait un dicton : Le Mistral et la Durance, sont les fléaux de la Provence ». La Durance a été maîtrisée, le Mistral reste.Déjà au XIVe siècle est attesté le sens « sud » dans la même région. Par exemple dans un texte en savoyard de 1341 devers lo vent « vers le sud ».

Le verbe dérivé Ventarsignifie en occitan « jeter au vent, disperser » ce qui veut dire  en parlant des céréales « vanner ». Limité à l’occitan est le dérivé ventá  » van, tarare ».

L’étymologie ne semble poser aucun problème, mais je me demande pourquoi ventar « vanner » et surtout ventá  » van » est limité à l’occitan. Un van pour vanner s’appelle en néerlandais wan, considéré comme un emprunt au latin vannus, comme le mot français. Mais cet emprunt néerlandais wan, comme l’allemand Wanne, a rencontré  la forme indigène *winthan « vanner » , qui a donné en allemand winden « vanner » (Grimm), en anglais winnow, et en gotique diswinthjan « vanner » et  comme substantif winthi skauro « van », ventá en occitan. Il est possible que le ventá « vanner » occitan est d’origine gotique et qu’il a pu se maintenir grâce au soutien du ventus latin, qui motivait le mot.

   

                           Ventar    ou tarare                                                  Un vanneur, Jean-François Millet, vers 1848

Le tarare, ou vanneuse ou traquinet, est une machine utilisée lors du vannage. Il sert à remplacer le vannage manuel qui se faisait par jour de grand vent avec un van en jetant en l’air les grains pour les séparer des impuretés (balle). Source.

D’un vanneur de blé aux vents par Joachim du Bellay
A vous, troupe légère,
Qui d’aile passagère
Par le monde volez,
Et d’un sifflant murmure
L’ombrageuse verdure
Doucement ébranlez,
J’offre ces violettes,
Ces lis et ces fleurettes,
Et ces roses ici,
Ces vermeillettes roses,
Tout fraîchement écloses,
Et ces oeillets aussi.
De votre douce haleine
Éventez cette plaine,
Éventez ce séjour,
Cependant que j’ahanne
A mon blé que je vanne
A la chaleur du jour.

Ven(t) « vent » du latin ventus. Dans beaucoup d’endroits le mot ven désigne le « vent du sud ». Le vent joue un rôle très important dans la vie des Méditerranéens. Dans le dictionnaire Panoccitan je trouve déjà une trentaine de noms différents et il est loin d’être complet. Les noms  gras et soulignés en bleu sont les liens qui vous mènent aux articles dans mon site. Les noms qui sont les mêmes qu’en français n’ ont pas de lien.  Consultez les articles concernés dans le TLF .

Je cite le dictionnaire Panoccitan :  » vent nom m. 1. vent (TLF); petit ~ loc. autres choix: ventarèl nom m.; grand ~ loc. aurassa nom f.; grand ~ loc. ventana nom f.; grand ~ loc. ventàs nom m.; ~ chaud et étouffant loc. bugàs nom m.; ~ tourbillonnant loc. ecir nom m.; ~ frais et agréable loc. eissaure nom m.; ~ froids et secs FAM loc. lepafangas nom m.; ~ marin loc. vent du sud-est marin nom m.; ~ froid loc. rima nom f.; ~ arrière MAR loc. subrevent nom m.; ~ changeant loc. vent viraire; ~ violent loc. venta nom f.; ~ d’ouest loc. aura baissa; ~ d’est chaud loc.aura rossa; ~ d’est loc. autan nom m.; ~ du sud chaud et humide loc. calamandrin nom m.; ~ de nord-ouest loc. cèrç nom m.; ~ du nord-ouest loc. cèrs nom m.; ~ du nord loc. cisampa nom f.; ~ d’Espagne loc. espan nom m.; ~ du nord-ouest loc. galèrna nom f.; ~ du sud-ouest loc. garbin nom m.; ~ du nord-est loc. gregal nom m.; ~ du sud loc. ispanina nom f.; ~ du sud-ouest loc. labech nom m.; ~ du large loc. largada nom f.; ~ du nord-ouest loc. mistral nom m.; ~ de la montagne loc. montanhièra nom f.; ~ d’est loc. solana nom f.; ~ d’est loc. soledran nom m.; ~ de la pluie loc. vent pluèg; ~ des giboulées loc. vent vocairòl; coup de ~ du sud-ouest loc. garbinada nom f.; coup de ~ du nord-est loc. gregalada nom f.; coup de ~ du sud-ouest loc. labechada nom f.; coup de ~ d’est loc. levantada nom f.; temps du ~ marin loc. marinada nom f.; coup de ~ du nord-ouest loc. mistralada nom f.; coup de ~ d’est loc. soledrada nom f.; coup de ~ loc. ventada nom f.; coup de ~ loc. ventaròla nom f.; ~ qui fait pousser les feuilles loc. vent fulhièr.
Dans le site des Atlas linguistiques de l’Occitan, le Thesoc, vous en trouverez encore des dizaines d’autres,, avec des noms spéciaux suivant la direction d’où il soufle. Au campingLou Labech à Bouzigues, j’ai relevé en plus : lou levan (CNRTL), lou magistraou, la bonnança-pota, lou mi-journaou, lou tournejaire et lou pounent.

Vabor, babou

Vabor, babou « chaleur humide et étouffante, temps orageux ». La forme vabor donnée par Alibert ne se retrouve dans aucun autre dictionnaire occitan. Toutes les autres sources donnent une forme avec b- initial: Cahors bobour « chaleur excessive », Cévennes babou « vapeur » (M).

L’abbé de Sauvages explique qu’une boubourado est une vapeur chaude et étouffante qui sort d’un endroit renfermé .. qui est occasionnée par un temps couvert et orageux. La boubourado ou touffo est mortelle pour les vers-à-soie. Français touffe1. Ci-dessous une description de l‘aoûra-roussa et de la touffo tirée du livre du médecin  Rouger F.A. Topographie statistique du canton du Vigan. Montpellier 1819 :

Etymologie: latin vapor, vaporem bien sûr comme français vapeur (qui est un emprunt au latin), mais avec cette différence qu’une partie de l’occitan et le catalan (bubó) sont les seules langues romanes où le mot n’a pas subi de transformations sous l’influence d’autres mots.
Dans une partie de l’occitan le b- initial a été remplacé par un g-, gabou ou gabour « air étouffant » (Toulouse; Montauban) et à Castres une forme avec insertion d’un -m- : gamboul.

Toutes les formes  avec un -p- comme languedocien vapour, sont des emprunts au latin plus ou moins anciens.Cf. fr. vapeur.

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Notes
  1. Du prov. toufo, mêmes sens (v. Mistral), a. prov. estofar « étouffer, suffoquer » (xves. ds Levy Prov.), empr. à l’a. fr. estoffer (v. étouffer). TLF s.v. touffe²

Sàuse, sauset

Sàuse, sauset « saule » se prononçait en latin salix, salicem. L’étymologie n’est pas la même que celle du français saule qui est d’origine germanique : *salha « saule » (Cf.TLF saule).

Dans l’Ariège on utilise un dérivé sawzénko pour l’arbre et sawzinkédo pour la « saulaie ». En languedocien c’est une saousereda.

Dans le Sud-Ouest on a conservé un dérivé de salix qui existait déjà en latin classique salictum « saulaie »; de là le béarnais salheyt « grève plantée d’osiers ». Un dérivé en -ariu a donné en béarnais saliguè « saule », et enfin des dérivés en -icea > saletz , solès « saule » dans l’Aveyron, soléces « oseraies » dans le Cahors.

Dans le Gard et l’Hérault le « moineau » est désigné par un dérivé de salix : lou saouzin, à Toulouse il s’appelle saouzenat. D’après Alibert il  s’agirait du moineau friquet, passer montanus. (cf.Wikipedia). Le lien sémantique est peut-être la couleur des chatons?