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Tafanari, Fanny

Tafanari ¬ę¬†fesse(s), cul¬† sp√©cialement de Fanny (voir les r√®gles de la p√©tanque)¬Ľ. Probablement emprunt√© √† l‚Äôitalien ou √† l‚Äôespagnol. A M√Ęcon le tafanari ¬†s‚Äôappelle tout court le fanny. A Lyon la forme prend un s-¬†: stafanari. ce qui indique un emprunt r√©cent.

     pour les collectionneurs : tafanari ou Fanny

J’ai surf√© un peu en cherchant l’origine des mots Tafanari et Fanny et j’ai √©t√© surpris que tafanari se retrouve non seulement dans le sud de l’Italie √† Cilento (note1) , mais aussi dans le Nord, √† Milan et √† Venise ainsi qu’en espagnol. L’auteur d’une liste des arabismes √† Cilento √©crit: « tafanario – s.m. deretano (= la parte posteriore del corpo; il sedere ) N460 ; sp. tafanario. » Comme √©tymologie il propose : arabe tafar + tafran  » qui n’a pas le sou » ; B.56 (note2) : tafran « homme malpropre. » Vedi S.(= voir S. =??) : tafnar ». Une autre source dit que tafanariu signifie « anus ».
Nous avons plusieurs propositions étymologiques pour tafanari :

  • 1) arabe tafar « croupi√®re ». ¬†Un visiteur m’√©crit : « le mot arabe est thafar (th = th anglais dans thin) ». Leo Spitzer dans la Z 51(1931) p.296 √©met des doutes pour deux raisons. D’abord pour une raison de principe. de recherche g√©n√©ralement admis. Il faut dans la mesure du possible expliquer l’histoire d’un mot en « interne », c’est-√†-dire dans la langue de la r√©gion.¬† Secondo, dans le cas de tafario , cela suppose une dissimilation -r- / -r- > -n- / -r- et en plus une d√©rivation avec un suffixe -ariu qui est plut√īt savante.
  • 2) arabe tafar + tafran « qui n’a pas le sou ». Embrasser Fanny ou baiser Fanny n’est pas une r√©compense. Cela veut dire perdre une partie sans avoir marqu√© un seul point! un grand 0.
  • 3) D’apr√®s un dictionnaire italien, le Garzanti, tafanario est un d√©riv√© de tafano « taon » √† cause de l’habitude de ces insectes de piquer les post√©rieurs des quadrup√®des ». Alors tafano serait comme notre tavan et fran√ßais taon. du latin tabanus. Spitzer penche pour cette √©tymologie donn√©e par Giuseppe Boerio dans son‚Äú Dizionario del Dialetto Veneziano ‚ÄĚ (Venise, 1856), s.v. tafanario. Celui-ci avait trouv√© dans un vocabulaire sicilien le texte suivant : « Eo quod ibi confluant muscae tabani translate de hominis sede » . Le mot serait alors d’origine italienne pour des raisons d’ordre phon√©tique, parce que la forme tafano < latin tabanus ne s’est d√©velopp√© qu’en Italie.
  • 4)Dans le Diccionario de la Real academia espa√Īola le mot tafanario est d√©fini comme « nalgas« . Comme mon espagnol ne va pas jusque l√†, j’ai cherch√© la d√©finition : « Chacune des parties charnues et rondes qui se trouvent entre le bout de la colonne vert√©brale et le d√©but des cuisses. » D’apr√®s le m√™me v√©n√©rable dictionnaire l’√©tymologie de tafanario est antifonario (un d√©riv√© de ant√≠fona) qui signifie : 1.livre des antiphones.¬†¬†¬†¬†¬† 2. cul ou fesses, c’est-√†-dire que antifonario c’est un synonyme de tafanario.
  • 5) Dans un autre site quelqu’un affirme que le mot arabe tafar signifie « fabricante y vendedor de lozas » (fabricant et vendeur de fa√Įence) et non pas « croupi√®re ». Difficile √† v√©rifier pour moi.
  • 6) En catalan existe le verbe tafanejar ¬†« fouiner, fureter dans des affaires de quelqu’un » et l’adjectif tafaner : d’origen incert, probablement alteraci√≥ de tofoner, der. de t√≤fona, aplicat inicialment a persones o gossos cercadors de t√≤fones que furguen i ho remenen tot]. Et le tofona qui vient d’un « cat. ant. t√≤fera,1507; ll. dial. *tufara, ll.latin cl. tubera, pl. de tuber c’est notre truffe.

    

tafanario ………………………. et ………………………….. antifonarios (espagnol)

Etymologie. Je suis le plus s√©duit par la proposition du Diccionario de la Real academia espa√Īola. Je vois bien un Espagnol dire √† un copain: « si√©ntate en tu antifonario »,¬† pas seulement parce qu’un antifonario est un gros recueil des chants liturgiques ennuyeux et r√©p√©titifs mais parce que les antiphones sont chant√©s par deux choeurs, alternativement. Dans le TLF antiphone est d√©fini comme : Psaume ou chant d’√©glise ex√©cut√© en alternance par deux chŇďurs, l’un disant les versets, l’autre r√©pondant par une antienne.

Amando de Miguel dans une rubrique Frases y palabras du 26 mai 2006 soutient cette¬† explication: « √Āfrica Marteache quiere saber el significado de tafanario. Como ella misma indica, es una variante jocosa de lo que por otros nombres es el culo, las asentaderas, las nalgas, el trasero, el pompis, el culete. Tafanario es una corrupci√≥n de « antifonario« , un libro de regulares dimensiones que figura en el coro de las catedrales, donde se recogen los textos de las ant√≠fonas o cantos rituales. Quiz√° sea la magnitud del objeto y sobre todo su √≠ndole ( caract√®re solennel) solemne y sagrada lo que determina que, por ant√≠frasis, se pueda aplicar al culo. Recu√©rdese una expresi√≥n que recoge ese mismo juego de la ant√≠frasis: « confundir el culo con las t√©mporas ».(confondre le cul et les quatre-temps = chacune des quatre p√©riodes (au d√©but de chaque saison) qui dans l’ann√©e liturgique comporte trois jours de jeune et de pri√®re).

Quelle histoire est la plus probable?¬† la proposition de Giuseppe Boerio, suivi du dictionnaire Garzanti, qui le rattache √† tabanus ?. Mais il faudra mieux conna√ģtre l’histoire du mot et surtout les dates des attestations dans les parlers italiens. Une origine sicilienne n’exclut pas l’√©tymon arabe thafar « croupi√®re ». En ce qui concerne le mot espagnol antifonario il faudrait √©galement savoir depuis quand il est utilis√© pour d√©signer las nalgas.

1) NIGRO, M., Dizionario Etimologico del Dialetto Cilentano. Centro Grafico Meridionale, Agropoli, 1990.

2) BELOT, J.B., Dictionnaire Al-Fared Arabe-Francais. Librarie Orientale, Beyreuth, 1964. tafar est suivi de la réf. B. 452; tafran de B56.

Rampelar, rampéou

Rampelar ou rampellar, v.tr et intr. « rappeler, battre le rappel, gronder grommeler; battre de l’aile; rench√©rir (au jeu) ».
rampeller « tra√ģner, lambiner » mais aussi positivement, comme conseil : rampelle ‘vas-y doucement » (N√ģmes et Manduel). Rampeller¬†¬† signifie aussi¬† « h√©siter longuement, ressasser invariablement la m√™me chose; installer des appelants dans la chasse aux oiseaux » et un rampel « qqn qui h√©site, ou ressasse; qqn qui r√©p√®te inlassablement les m√™mes remarques ». Souvent utilis√© dans la circulation √† N√ģmes, √† propos de « p√©p√©s » dans une Axam.(Joblot).

    

Ci-dessus des images du¬† jeu de ramp√©ou « rampeau » en fran√ßais, qui se joue encore en Gascogne et en P√©rigord;¬† un jeu de 9 quilles. Il y a une « Place du Rampeau √† 46700 Puy-l’Ev√™que (Lot) et des « Pr√© du Rampeau » ailleurs.
Andriu de Gevaudan m’√©crit : A propaus de « rampelar« . Lo dial√≤g de Las tres nimfas se p√≤r trobar dins Pierre Bec : Le si√®cle d’or de la po√©sie gasconne (anthologie bilingue), Les belles lettres, 1997. p.125 ss. Nimfa gascona:

S’en man mos hilhs av√®n lo temps passat tenguda
La pluma com lo hèr jo poirí rampelar,
M√®s entr’eths, d1inquio ac√≠ Pall√†s s’es vista muda
Car eths an mes amat plan hèr que plan parlar.
traduction 1

Dans les dictionnaires nous trouvons diff√©rents jeux, par exemple √† Voiron dans l’Is√®re, c’√©tait « un jeu des enfants qui consiste √† faire dans un carr√© trac√© sur la terre 9 petits trous qui re√ßoit chacun un num√©ro. On lance une boule vers ces trous; le joueur gagne en entrant dans le num√©ro 9, au milieu ».

A Marseille un ramp√®ou √©tait « l’action de mettre sur une carte une forte somme » et vu la caract√®re des Marseillais « querelle, habitude de grogner ». Pour les chasseurs marseillais c’√©tait aussi un « sifflet d’oiseleur » ou « un oiseau qui attire les autres dans le pi√®ge par son chant ».¬† Le sens « querelle, bagarre » se retrouve en fran√ßais r√©gional de la haute vall√©e de l’H√©rault (Lhubac).

L’origine du mot est le latin appellare « adresser la parole √† quelqu’un » avec le pr√©fixe re- qui renforce la signification. Le sens « sifflet des oiseleurs; appelant » est tr√®s proche du sens du mot latin.

Dans certains jeux de quilles faire rampeau veut dire « faire partie √©gale », de sorte qu’il faut jouer une deuxi√®me fois. Ce sens se trouve partout en galloroman.
En occitan s’y ajoutent « rench√©rir au jeu de cartes » et « sifflet d’oiseleur, appelant ». Je pense que l’√©volution s√©mantique de rampeller dans la r√©gion n√ģmoise a d√Ľ √™tre : la notion r√©p√©titive dans rampel√° « mani√®re de battre sur la caisse en roulant ».
Chez l’abb√© de Sauvages nous trouvons encore ramp√īgno « noise , querelle d’Allemand,  » an toujhour c√Ęouco rampogno ils ont toujours maille √† partir » et rampougna « quereller, gronder ».

Si vous taper rampelaire avec Google, vous trouverez entre autres: Le groupe des Rampela√Įre (ceux qui battent le rappel pour rassembler les gens) dans les Alpes de Haute Provence.


Lei Rampelaire d’Ubajio

En fran√ßais moderne, au poker, rampeau a le sens suivant: « en cas d’√©galit√©, le rampeau est un coup suppl√©mentaire qui sert √† d√©partager les joueurs. Le coup nul est g√©n√©ralement suivi d’un rampeau. » Dans un autre jeu de d√©s: « Le jeu peut √™tre jou√© en 1 seul coup. En cas de rampeau (√©galit√©), un nouveau coup sec d√©partage les joueurs. »

Notes
  1. Si en mains mes fils avaient le temps pass√© tenue ».
    « La plume comme le fer je pourrais avoir des pr√©tentions »
    « Mais entre eux jusqu’ici Pallas s’est vue muette »
    « Car eux ont mieux aim√© bien faire que bien parler »

Quilhar

Quilhar verbe transitif et pronominal¬† « placer dans un endroit tr√®s √©lev√©; se percher », en fran√ßais r√©gional quiller (Manduel; Camargue); « dresser, empiler »(Alibert);¬† √™tre quill√©¬†¬† se dit d’un « joueur au loto qui n’attend plus qu’un seul n¬į pour crier quine »(Andolfi).

Le verbe¬† est¬† d√©riv√© de quilha « quille; plantoir, outil de gantier; jambe mince » d’origine germanique probablement ancien haut allemand kegil, allemand et n√©erlandais modernes kegel.

L’emprunt est¬† relativement r√©cent. En fran√ßais il n’y a pas d’attestations avant le d√©but du XIVe si√®cle et en occitan les premi√®res datent du d√©but du XVIIIe s.
C’est l’emploi au figur√© de quilha « jambe » comme fr. quille, attest√© depuis Fran√ßois Villon, qui est √† l’origine du sens « se percher ».

        

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Dans le FEW nous trouvons les significations suivantes: « se tenir sur une jambe, se jucher sur quelque chose d’√©lev√©, comme les poules ». Le sens « se percher » se trouve surtout dans la r√©gion de Marseille et dans est-languedocien.

Est-ce que les M√©ridionaux sont des tricheurs?¬† Le verbe¬† quilhonar signifie « jouer » , mais aussi « duper, tromper ». On le dirait. Nous trouvons la m√™me √©volution s√©mantique dans mar√©la « jouer √† la marelle ».

D’apr√®s Joblot s’enquiller est « partir √† l’improviste. Se sauver en profitant d’un moment d’inattention: « j’ai vu le voleur au moment o√Ļ il s’enquillait ». Le lien s√©mantique est peut-√™tre la notion « prendre ses jambes √† son cou » ou le sens « tromper, duper ».

Dans la moyenne vall√©e de l’H√©rault, G. Lhubac signale en fran√ßais r√©gional le verbe enquiller avec les sens

  • « se faire avoir »; √† mon avis il s’agit d’un euph√©misme pour « entuber, enculer « ; l’expression est se faire enquiller. En argot enquiller « entrer, faire entrer (depuis 1725), p√©n√©trer quelque part ». La m√©taphore est claire. Un visiteur me signale qu’ √† N√ģmes on dit enquiller une vis dans un trou, et enquiller des perles sur un fil. Je ne sais s’il s’agit de l’argot parisien qui est descendu dans le Midi ou de l’occitan qui est mont√© √† Paris.
  • au figur√© « endosser, assumer » comme en fr.populaire « caser, pourvoir d’une place » et en Sologne « endosser, mettre un v√™tement »
  • « supporter, blairer au fig. », dans une phrase comme Cinq ans de prison, il faut les enquiller. (Lhubac). Probablement li√© au sens « empiler ».

Dans le domaine galloroman le verbe quiller¬† et surtout¬† les d√©riv√©s esquill√†, resquill√† avec le sens « d√©raper, glisser »,¬† sont limit√©s au Midi. Nous les retrouvons¬† dans¬† la¬† zone italienne et ib√©ro-romane voisine, quiller et¬† les compos√©s avec¬† es- ou res- qui ont m√™me sens « glisser sur, d√©raper, patiner ». Proven√ßal resquilha, languedocien resquilha , esquilha. L’abb√© de Sauvages (1750) donne reskinla « glisser », reskinladou « glissoire »; jouga a la reskinleto « jouer √† √©corche-cul ». (Un lecteur me signale que Littr√© connaissait ce jeu: « En glissant, en se tra√ģnant sur le derri√®re. Ces enfants jouent √† √©corche-cul. » ), resqui√©to « glissoire ». Ce dernier signifie en proven√ßal aussi « ricochet qu’on fait avec une pierre plate sur l’eau ».

Fran√ßais resquiller « tricher » est un emprunt √† l’occitan.¬† Von Wartburg a joint cette famille de mots √† l’√©tymon kegil tout en faisant la remarque que la discussion reste ouverte parce que le lien entre quilha « quille » et esquilha « glisser », n’est pas clair ni du point de vue phon√©tique et surtout du point de vue s√©mantique.

Resquiller est entr√© dans le TLF, qui donne l’√©tymologie suivante:

Prononc.: [ Ä őĶskije], (il) resquille [-kij]. √Čtymol. et Hist. 1. 1910 intrans. ¬ę outrepasser son droit ¬Ľ (arg. des marins d’apr. Esn.); 1939 (Montherl., L√©preuses, p. 15); 2. 1910 trans. ¬ę obtenir sans payer ¬Ľ (arg. des marins d’apr. Esn.); 1918 arg. milit. (ds Esn. Poilu, p. 464: il avait resquill√© tout le reste du litre); 1924 resquiller une place dans une auto (ds Esnault, Notes compl. Poilu). Empr. au prov.resquilla ¬ę glisser, faire un faux-pas ¬Ľ (Mistral), d√©r. de esquilha ¬ę glisser, fuir, s’√©chapper; s’esquiver ¬Ľ, lui-m√™me d√©r. de quilho, v. quille.

Voir aussi esquil « grelot ».

Mars 2018, un visiteur me signale le verbe ; »desquiller » ce mot √©tait utilis√© dans l ‘H√©rault, dans le sens de  » faire tomber » . On desquillait une pigne en lui lan√ßant des pierres. On desquillait les quilles au jeu de quilles. Et, curieusement, « desquiller » voulait dire aussi, gal√©ger, exag√©rer, mentir. D’o√Ļ « desquilleur » pour une personne dont on ne peut prendre la parole au s√©rieux.

« Tu desquilles! »: je ne peux pas te croire, tu exag√®res..

 

Potona,poutouno

Potona adj. f. « mignonne ».¬† Dans l’Alibert apparaissent au milieu des nombreux d√©riv√©s de pot « l√®vre », les adjectifs¬† potonet (1), potoneta adj. MANI√ąR « craquant, craquante » ainsi que potonta nom f. « poup√©e », potonton nom m. « petit poupon » loc., potontonejar v. intr. MANI√ąR « pouponner ». L’id√©e que ces mots appartiennent √† la m√™me famille que poutou(n) est √† premi√®re vue tentant. A qui d’autre donner un poton qu’√† une potona?

Mais dans le dictionnaire de l’abb√© de Sauvages sont mentionn√©s¬† poutoto (S1) et dans S2 poutouno « mignonne » et son diminutif poutounero. Mistral cite poutounto « poup√©e » en Rouergue, poutoutoun√©ja « dorloter, faire sauter un enfant sur ses genoux ».

Un doute s’est install√© et en cherchant je trouve que le latin conna√ģt en effet un substantif pŇ≠tus « petit gar√ßon, enfant »,¬† une variante de pusus¬† (Gafiot) attest√© chez Virgile, qui s’excuse de l’emploi de ce mot familier! Il n’appara√ģt pas dans d’autres textes classiques, mais seulement plus tard dans des glossaires. Putto est encore vivant dans les parlers de la plaine du Po comme dans les parlers occitans. Il y a aussi quelques attestations du lyonnais .

Titre :  Putto con vase di fiori

Le FEW a rang√© dans le m√™me article pŇ≠tus, les noms proven√ßaux de petits poissons comme le poutino « cepola » (Var), ou des « petites sardines », nom qui est pass√© en fran√ßais dans la forme potini√®re « maille tr√®s serr√©e de certains filets avec lesquels on prend de petites sardines » (Littr√©). Poutiniero > fran√ßais potini√®re « filet √† mailles serr√©es » est rest√© dans les Larousse jusqu’en 1932.

poutino cepola rubescens

Plusieurs √©tymologistes (Diez, Dauzat) pensent que putana « prostitu√©e » est aussi d√©riv√©e de putus. Le FEW pr√©f√®re pour des raisons s√©mantiques et phon√©tiques l’√©tymologie putidus « pourri, g√Ęt√©, puant, f√©tide ».

Pétoule

P√©toule « crottes de ch√®vres, mouton, etc « , un joli petit mot connu dans les patois avec ce sens dans toute la Suisse romande, en vall√©e d’Aoste ainsi que dans le sud-est de la France: en Provence et en Languedoc jusqu’aux environs de Montpellier d’apr√®s nos sources.

Petoulo ou petouro comme on dit √† Marseille est un mot d√©riv√© du latin p√©ditum « pet  » prononc√© avec l’accent sur le e, le participe pass√© du verbe pedere, un verbe actif pour ainsi dire, qui n’a pas laiss√© de traces en fran√ßais moderne. Peditum par contre est bien vivant dans presque toutes les langues romanes : italien peto, portugais peido, catalan et pi√©montais pet etc. Une forme qui ressemble beaucoup √† notre mot occitan existe dans les patois wallons en Belgique: p√©tale avec la m√™me signification  » crottes de mouton etc. « .
(Il serait int√©ressant de conna√ģtre les autres types lexicaux et leur r√©partition dans le domaine galloroman.)

Dans notre r√©gion avec un parler vivant d’autres mots ont √©t√© cr√©e √† partir de petoule, par exemple en proven√ßal petouloun  » chose de peu d’importance  » et petouli√© « olivier sauvage » parce que le fruit, tr√®s petit, ressemble √† un crottin. Et ce dernier a m√™me r√©ussi √† p√©n√©trer dans le grand Larousse du XIXe si√®cle o√Ļ nous trouvons le p√©toulier, mais il a aussi vite disparu qu’il y est entr√©, c’√©tait du vent.

Je retrouve cette notion  » quelque chose de peu d’importance ou de peu de valeur  » dans le m√™me Larousse, qui cite Mme de S√©vign√© :
P√ČTOFFE
s. f. (p√©-to-fe). Fam. Affaire ridicule, querelle √† propos de rien -.Votre sant√©, votre famille, vos moindres actions, vos sentiments, vos PETOFFES de Lambesc, c’est l√† ce qui me touche. (Mme de S√©v.), et plus r√©cent dans «  Le parler des m√©tiers  » de Pierre Perret, Paris 2002 : p√©tard  » veau maigre et de qualit√© inf√©rieure  » qui fait partie du vocabulaire des bouchers.

Les expressions et les mots √† base de peditum sont tr√®s nombreux en langue d’oc comme en langue d’o√Įl. Je me restreins √† quelques exemples provenant de nos parlers.
Dans le Larzac un petel√≥u  » un petit morceau de ce qu’on mange  » ( au MacDo?),¬† en proven√ßal un petouli√® est un » endroit o√Ļ les lapins viennent fienter « , mais attention, √† Aix en Provence un petoui√© est un  » g√ģte « !
A la Grande Combe un p√®touillon est  » un homme qui perd son temps √† des choses futiles « .
A Valleraugue le¬† p√©tadou est  » la m√®che de fouet « .
Un visiteur m’√©crit : Dans la conversation, elle [sa m√®re] m’a dit √† propos de certains m√©dicaments :¬†¬† « Ca fait p√©toule en trois actes !! » Pour dire qu’ils n’avaient aucun effet.

Parmi les nombreux d√©riv√©s et compos√©s nous trouvons quatre grands groupes de significations, en dehors des sens directement li√©s au sens  » pet « , m√™me si parfois il n’est pas facile de comprendre ce lien, comme par exemple le mot fran√ßais rousp√©ter. (Eh oui!). Par exemple, je ne sais √† quel sens se rapporte le petoulet suivant (il s’agit de Maurice Traintignant) :


Le « petoulet » pour les amis

Un visiteur le fait parvenir l’explication de ce surnom

J’ai trouv√© cette explication (donn√©e sous r√©serves…) de « p√©toulet ».
L’histoire semble plausible…
Pour participer √† la premi√®re course de l’apr√®s la guerre (le 9 septembre au Bois de Boulogne), il ressort sa Bugatti, qu’il avait cach√© dans une grange. Malheureusement pour lui, sa voiture √† des probl√®mes d’alimentation. C’est en cherchant la cause de ses tracas que Trintignant d√©couvre des « p√©toules » (crottes de rat) dans le r√©servoir. Il re√ßoit alors ce surnom de « P√©toulet ».

1. Des mots qui d√©signent des vessies d’animaux comme aveyronnais petor√®lo et de l√† aveyronnais  » se dit de l’eau quand¬† des bulles se forment¬† √† la surface sous la pluie « .

Peut-√™tre faut-il ajouter le petadou ‘un tambour √† friction’, avec l’accent sur le -ou. D’apr√®s les Ni√ßois l’accent sur le -a- ferait trop italien…..Voir le site ZICTRAD

2. Des noms de plantes ou de fruits: √† Tarascon petar√©ou  » bigarreau  » et d’apr√®s le dictionnaire de Mistral en languedocien peti√®  » micocoulier « . Dans l’Ard√®che et dans le Gard p√©tofron « digitale », parce que les enfants font √©clater les fleurs sur leurs fronts. Dans le Gard on dit aussi petar√©lo. Enfin il y a le petavin  » m√Ľre de la ronce  » attest√© dans un texte avignonnais de 1646.


1.petaréou 2.petiè 3.pétofron

3.Le clifoire d’enfant. Les gosses ne jouent plus √† cela, mais autrefois, avant la t√©l√©, ils s’amusaient avec des tiges de sureau dans lesquelles ils montaient un petit piston et avec lesquelles ils lan√ßaient de l’eau comme avec une seringue. En fran√ßais au XVIIIe si√®cle, cela s’appelait une canne-p√©toire. Dans un dictionnaire du patois d’Al√®s cela s’appelle un petarino; une autre forme utilis√©e dans le Gard petarouti√©.

4. Le roitelet, languedocien petouso.

C’est un mot qui¬† a √©t√© propag√© √† partir de la Provence. Dans la r√©gion lyonnaise c’est la forme rei peteret qui est dominante. Pourquoi le roitelet? C’est un tout petit oiseau et il y a une tr√®s vieille l√©gende que les fr√®res Grimm nous racontent ainsi :

En format PDF. Lou petoulo roi des oiseaux

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